DJ Kay Pop
Publié le 09/02/2011

#1 - Great Balls of Fire - Jerry Lee Lewis


Seoul Juke Box

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Jerry Lee Lewis a dix ans cet été 1945, lorsque deux colonels du Pentagone se penchent sur une carte scolaire.  Au hasard ils tâtonnent puis choisissent le 38ème parallèle pour partager en deux la péninsule coréenne occupée par les Japonais défaits. Les Russes délivreront le nord, les Américains le sud.  Sans se soucier des voies de communications, des évidences topographiques, des liens familiaux, de voisinage et de propriété, le trait est tiré, la messe est dite. Ainsi est tracée la frontière, le bord du gouffre qui va engloutir des millions de victimes quelques années plus tard. 
Des années 50, où le rock’n roll vient résonner au fond des bases américaines, jusqu’à nos jours où les croix en néons rouges des églises protestantes évangélistes envahissent le ciel de Séoul, le sud de la Corée est pareil au sud des Etats-Unis. Le fleuve Han coule ample et obscur comme le Mississipi, la campagne sent le bayou, les fidèles sont en transe lors des offices gospels et le son électrique de la musique du diable agite le plexus d’une jeunesse sexy qui boit jusqu’à l’aube pour oublier qu’à soixante kilomètres au nord de la ville sont dressées contre eux des centaines d’ogives nucléaires prêtes pour un Great Balls of Fire. 
(Another Barbarian in Asia - Henry Halfwarm)
Kay Pop réside au cœur du grand réacteur coréen de Séoul, l’une des plus modernes capitales de ce 21ème siècle.
De son home studio “Seoul Juke Box” Kay Pop joue à l’achimiste et opère la mutation d’une forme de création musicale et digitale : le “mash up”.
Kay Pop remixe et mélange des standards ou des musiques plus ou moins inconnues.
Il croise et fait converger les sons, les sources, les styles, les rythmes et les époques dans un nouvel alliage et un nouveau souffle.
Hold up surréaliste des œuvres d’autres artistes, mises en suites et superpositions dans l’esprit du “cadavre exquis” en direct de la nouvelle Asie.
 

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Le 11 septembre 2011 à 07:47

# 5 - Wealth - Kay Pop Remix (Talk Talk vs The Locust)

Carte postale de Mongolie - Seoul Juke Box

C’était l’été 2011, Séoul allait sombrer sous les plus terribles inondations et coulées de boue de sa moderne histoire. Après la rudesse d’un hiver glacial il fallait maintenant affronter une chaleur humide capable de liquéfier ce qui pouvait encore rester d’un peu solide sous les pluies torrentielles. Il était donc temps de quitter cet été moisi et de partir pour le seul endroit d’Asie encore épargné par cette mousson annonciatrice de l’apocalypse à venir : La Mongolie. Un peu plus de 2 millions d’habitants, à peine la population d’un quartier de Séoul pour un territoire représentant environ 6 fois la France. Grands espaces ouverts, vide absolu, ivresse des plaines et ciel en précipice au delà d’un horizon en ligne de fuite éperdue, voici l’un des rares endroits sur terre où survit « le monde invisible ». Là où l’homme n’est plus, là où l’homme est moins, la nature est de nouveau la résidence des esprits et autres entités transparentes qui donnent leurs chants au vent dans les dunes, leurs yeux à la surface des lacs, et leur mystères aux grandes forêts où se perdent les voyageurs la nuit tombée. Ici le règne animal étend son domaine. Chevaux, chameaux, moutons, aigles et faucons, ours, chiens, lynx et loups, le bestiaire sauvage domine l’imaginaire et s’incarne dans les métamorphoses des chamans en transe dans les lumières dansantes du feu et dans les battements sur les peaux des tambours.  Une étrangeté de la langue française définit les Mongoliens comme des trisomiques, et mongolisme cette déficience intellectuelle et morphologique conséquence d’une anomalie génétique. Imaginons un instant que dans la langue mongole le mot  « gaulois » désigne ainsi un malade mental et « gaullisme » la tare qui en serait la cause. Mais dans la Mongolie moderne, point de francophonie, l’heure est au business English et à la Mongolian goldrush, car la richesse du pays est sous terre. Ainsi l’or, l’uranium, le cuivre, les terres rares, attirent tous les « birds of prey », rapaces internationaux et multinationales de l’extraction minière. Cette richesse minérale fait naître de nouveaux Gengis Khan qui roulent des mécaniques, désireux de conquêtes, en voitures de sport à plus 400 chevaux. « Il est plus facile de conquérir le monde à cheval que de bâtir un état à pied » Gengis était cruel, mais, loin d’être un barbare, il fut le seul capable dans l’histoire d’unifier le continent de la Méditerrannée à l’Oural et d’établir un code de lois qui sera source d’inspiration pour les constitutions des démocraties à venir. Les nouveaux barbares mongols s’appellent des « Ninja miners » circulant en hordes, lourdement bardés d’armes automatiques sur des 4x4  de guerre, ils attaquent les mines dans la vallée du Zaamar et s’emparent de l’or que les trafiquants chinois et coréens passent en contrebande à Pékin ou Séoul. C’est dans l’un de ces 4x4 à demi calciné et abandonné dans le désert de Gobi que fut retrouvée, encore intacte, une clé USB gorgée de sons parmi lesquels ce remix de « Wealth », 3ème et dernier morceau de la face B du plus minéral et désertique disque de rock des années 80  : « Spirit of Eden » de Talk Talk.  (Another Barbarian in Asia – Henry Halfwarm)

Le 25 juin 2011 à 06:40

# 4 - Yesterday - Kay Pop remix - The Beatles - Count Basie VS Booka Shade

Seoul Juke Box

Yesterday, sort en 1965 sur l’album « Help » des Beatles et va devenir la chanson la plus reprise avec plus de 3000 versions et la plus diffusée par les radios du monde. Cet été 1965, le monde est une promesse d’avenir radieux, de jeunes étudiants amoureux se baignent dans le fleuve Han et prennent le soleil en écoutant Yesterday sur un transistor ramené des USA par les GI’s de la base. Cette même année, 3 ans avant 1968, le sociologue américain Seymour Lipset publie une thèse expliquant que la situation dans laquelle se trouvent les étudiants serait  propice à la contestation et à un changement de monde. Au même moment Che Guevara se rend en Corée du Nord et, faisant peu cas de la famine et la torture, déclare que « ce pays est un modèle révolutionnaire auquel Cuba devrait aspirer ». Séoul est à peine plus grand que Bordeaux, la partie sud du fleuve est une campagne marécageuse infestée de moustiques et personne ici ne boit du vin. Et les Beatles chantaient, un truc qui colle encore au cœur, au corps et au slip  : Hier, tous mes problèmes me paraissaient si loinAujourd'hui, on dirait qu'ils sont là dans le but de resterOh, je crois en hierSoudainement, je ne suis pas la moitié de l'homme que j'étaisIl y a une ombre suspendue au-dessus de moiOh, hier est venu soudainement Aujourd’hui on ne se baigne plus dans les eaux sombres et lourdes du fleuve Han. Seul le monstre de « The Host » y montre le bout de sa queue. La base et les Gi’s sont toujours là après le Vietnam, l’Irak, L’Afghanistan. Des millions de Nord Coréens souffrent encore de la torture et de la famine. Les jeunes étudiants manifestent contre le prix des inscriptions à l’université mais ne veulent surtout pas changer le monde. Des milliers de jeunes nantis branchés sud coréens portent des T shirt  avec le visage du Che et surconsomment leur vie en plastoc tandis que leurs pères se rejoignent au Cigar Club pour fumer de gros cubains. Les quartiers ultra modernes du sud du fleuve Han sont dix fois plus grands que Bordeaux. Les moustiques prennent l’ascenseur et se hissent jusqu’au 63ème étage de la tour et viennent sucer le sang sucré de l’élite qui déguste des grands crus de 1965 et réclame au dee-jay Kay d’Orsay dans une nostalgie chic et vintage de jouer le dernier remix de Yesterday, 3001ème version d’un 21ème siècle radieux actif.    (Another Barbarian in Asia – Henry Halfwarm)

Le 20 mai 2014 à 10:31

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Faut-il participer à la Fête des Voisins ?

OUI. Inutile d'être invité. Vous débarquez comme ça, les mains dans les poches: « Salut, je suis votre voisin. Vous me reconnaissez ? » Bien sûr, personne ne vous reconnait. Et pour cause : vous vous faites passer pour le voisin du dessus (ou du dessous), celui qu'on ne voit jamais, dont on ignore le nom et qui est peut-être un autre. Mais on trouve que vous lui ressemblez, il n'y a pas de doute là-dessus, encore que le voisin du dessous (ou du dessus) était peut-être en fait une voisine qui s'habillait en homme et portait la moustache. Là-dessus, les avis divergent : n'était-ce pas plutôt un bouc ? Et s'il s'agissait d'un bouc, y avait-il une chèvre dans l'appartement ? Quelqu'un s'insurge : « on devrait interdire les animaux dans l'immeuble, y compris les poissons rouges ! » « Pas d'accord ! s'écrie le chien du troisième, qui a déjà bien abusé de la sangria. » Le débat s'envenime. Il y a les pour, les contre, les partisans du Modem, les sans-opinions, les mangeurs d'oignons. Bientôt, on en vient à se jeter le taboulé à la figure, la salade niçoise, les merguez pas cuites, la dinde de Noël. C'est la guerre dans l'immeuble. Une guerre belliqueuse. Vous, bien sûr, vous ne faites que passer. Vous n'êtes qu'un observateur mandaté par l'ONU. Vous repartez incognito après avoir bu un dernier verre en douce. Vous titubez un peu. Votre vue se brouille. Pas grave ! Vous changez de quartier. Autre fête des voisins. On vous reconnait. Pas vous ! On vous tire par la manche. Vous résistez, mais mollement. On vous allonge sur la table. Vous pensez peut-être qu'on va vous faire cuire avant ? Non, pas du tout. On va vous mangez comme vous êtes. Tout cru.

Le 2 octobre 2010 à 09:54

Les Yippies

Les cracks méconnus du rire de résistance

On n’en entend plus guère parler. Et pourtant, flottant dans leurs pantalons « groovy » découpés dans des drapeaux américains chapardés, les yippies personnifièrent youpitamment, à la puissance mille, tout ce qu’il y eut de plus déraisonnablement libérateur et de plus burlesquement transgressif dans les années 68. En lançant à la mer la bouteille de tequila de « la révolution dans le plaisir sans entraves », le maxbrotheresque yip (Youth International Party) parvint à « foutre une belle merde » dans les rangs des piliers de l’establishment US comme dans ceux des contestataires psycho-rigides rêvant de substituer à l’oppression capitaliste un despotisme bureaucratique éclairé.C’est ainsi que, ne doutant de rien, les guérilleros loufoques yippies, galvanisés par leurs fuck-leaders Abbie Hoffman et Jerry Rubin, préconisèrent et pratiquèrent dans les seventies le sabotage branquignolesque des cérémonies lugubres, le déboussolage des horloges publiques, l’invasion malotrue des plateaux télé en direct life, la diffusion à grande échelle de vrais secrets d’État ou de fausses directives officielles, le déclenchement incongru des dispositifs d’alarme, l’attentat pâtissier à répétition, l’impression de faux diplômes, le coulage à pic bouffon des meetings électoraux, la mise en panique des Bourses à l’aide de fumigènes et d’avalanches de dollars, le travestissement gredin (« Prends l’habit de juges, de pasteurs, de flics, deviens un imposteur ! »), le cisaillage-surprise des cravates dans les endroits huppés ou la propagation de beaux appels au désordre : « La révolution, c’est abolir les programmes et changer les spectateurs en acteurs. »On se doute que quelques faits d’armes tirebouchonnants des turlupins yippies sont passé à l’Histoire.- En 1967, au grand gala des sénateurs libéraux, des galapiats yip yip s’étant fait engager pour renforcer le personnel de la réception entrent dans la salle du festin entièrement nus et servent aux sénateurs en lieu et place des quartiers de tartes aux pommes prévus… des têtes de cochons.- En 1968, des manifestants contre la guerre du Vietnam, chargés rudement par la flicaille et gazés, réussissent 24h plus tard à injecter les gaz lacrymogènes de la répression de la veille dans le système d’aération du Hilton.- En 1970, à différentes reprises, des adeptes du « Do what that wilt ! » camouflent leurs tires en taxis et viennent cueillir à la sortie de leurs hôtels des délégués de congrès de big boss pour « les débarquer de l’autre côté de la frontière de l’État ».- En 1971, le procès du « troublemaker » Abbie Hoffman, auteur du légendaire « Steal this book », est épique. « Quand nous sommes arrivés devant la Cour, le juge portait sa robe de juge, mais nous portions nous aussi des robes de juge. Nous nous sommes levés et lui avons dit : « Vous êtes tout seul, on est plusieurs, vous êtes coupable ! » (…) Nous avons fait de chaque audience un théâtre, un cirque, une école et le champ de bataille d’une lutte à mort. » Un soir, après des débats mouvementés, Abbie Hoffman, sur son 31, flanqué de son pote l’écrivain-cinéaste Norman Mailer et d’une poignée de comparses, vêtus aussi chiquement qu’eux, a surgi dans le club ultra sélect où son juge avait l’habitude de dîner et s’est installé avec sa bande à la table à côté de lui. « On lui a offert un verre. Le juge a demandé au garçon de transporter sa table à l’autre bout de la salle. Nous l’avons poursuivi avec la nôtre. »Et si, comme les tueurs à gags yip yip, nous prenions le pli de « recréer la réalité partout où nous allons en vivant nos désirs » frappadinguement ? Et si, à notre tour, nous devenions d’incontrôlables yippies en faisant voir de toutes les couleurs aux père la trique de toute farine ?Illustration : Abbie Hoffman

Le 1 juin 2011 à 08:30

La guerre des os

Histoires d'Os 12

La Guerre des os a bel et bien existé. Authentique western paléontologique qui opposa dans les années 1870, deux anciens amis, Edward Cope et Othniel Marsh, professeurs émérites des universités de Pennsylvanie et de Yale, lancés dans une guerre fratricide dont les nombreux cadavres gisaient au sein des sédiments des contrées inhospitalières de l’ouest.  Leur différend avait débuté le jour où le premier ayant invité le second à venir admirer sa nouvelle découverte - un dinosaure marin nommé Elasmosaurus - se vit reprocher par son confrère d’avoir négligemment placé le crâne de l’animal à l’extrémité de sa queue. Cette remarque avisée ne devait pas flatter le savant susceptible qui en prit ombrage et les deux hommes brouillés à vie se livrèrent, à sa suite, une concurrence impitoyable dont le but inavoué était de découvrir le plus grand nombre de dinosaures.  Au cours de cette course au fossile, tous les coups ont été permis, jusqu’à monnayer les services de l’illustre Buffalo Bill et de quelques guerriers crows familiers du terrain. On cachait à l’équipe adverse l’emplacement de ses fouilles, on missionnait chez elle des espions et des saboteurs déguisés en paisibles migrants et on pratiquait la débauche au sein des fouilleurs de l’autre camp. On allait même jusqu’à détruire les découvertes de l’adversaire et les coups de poings volaient aussi bas que les ptérodactyles. Tout juste si on évitait les échanges de coups de feu !  Après trente années de conflit, cette guerre des os devait prendre fin avec le décès d’Edward Cope. Elle se soldait par l’invention de plus de 80 espèces nouvelles de dinosaures  Dont le célèbre Diplodocus qui en sourit encore.

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