La Monstrueuse Université
Publié le 08/02/2011

Les avocats commis d'office du couple Fourniret


Comment défendre l'indéfendable ?

L'avocat du diable,affaire Fourniret,film d'Olivier Meyrou,Hold Up films,ventscontraires.net,Théâtre du Rond-Point
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Les avocats du couple Fourniret à la Monstrueuse Université du Théâtre du Rond-Point
le lundi 28 février à 19h30
- tarif réduit pour les aficionados de ventscontraires.net
Les avocats Richard Delgenes et Pierre Blocquaux parleront après la projection du documentaire d'Olivier Meyrou, L'Avocat du diable. Le film les suit dans leur parcours semé d'embûches lors du fameux procès Fourniret. Ils y avaient été  commis d’office à la défense du couple assassin le plus médiatisé de la décennie : Fourniret et sa compagne Monique Olivier. Comment défendre l'indéfendable ?
Réponse lundi 28 février, à 19h30 – en ouverture de la Monstrueuse université du Théâtre du Rond-Point qui réouvre pour une semaine exceptionnelle (voir liens ci-dessous).

L'Avocat du diable, un film d'Olivier Meyrou © Hold Up Films 2009
La Monstrueuse Université
lundi 28 février à 19h30
réservation 01 44 95 98 21
tarif réduit 9€ pour les lecteurs de ventscontraires.net
Les artistes conférenciers de la Monstrueuse Université du Rond-Point prouvent que le monstre canalise nos peurs et nos doutes, que son inhumanité n’est parfois qu’une projection de nos secrètes espérances. 

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Le 8 septembre 2013 à 05:13

Avant la Conférence Berryer, les 12 secrétaires répondent

Guillaume Vitrich, 8e secrétaire

Entre catch verbal et jeux du cirque, les 12 meilleurs avocats de leur génération s’affrontent et célèbrent le métier d’avocat dans une espèce de carnaval de l’esprit et de la parole. La Conférence Berryer se déroule habituellement à la Salle des Criées du Palais de Justice de Paris. Salvador Dali, Serge Gainsbourg, Catherine Deneuve y ont été invités. Au Rond-Point viendront Maître Eric Dupond-Moretti et Christophe Alévêque. Pour vous faire connaître les 12 protagonistes de ce grand oral désopilant, ventscontraires.net a interrogé chacun des 12 secrétaires du Barreau de Paris élus membres de la Conférence pour l'année 2013. Aujourd'hui le 8e secrétaire, Guillaume Vitrich.   Quand avez-vous entendu parler pour la première fois de la Conférence Berryer ? L’histoire dit que c’était à la maternité, j’étais déjà bavard. En vérité : en première année de droit. Un ami m’avait parlé d’une joute oratoire menée par 12 jeunes avocats. J’attendais de douces et feutrées plaidoiries, j’ai entendu le tonnerre de 12 hommes en colère, taillant en pièces de valeureuses victimes consentantes. Je me suis dit qu’un jour j’aimerais à mon tour faire tomber la foudre. Une manière très personnelle de définir la Berryer ?Avec la mer, mon dernier espace de liberté Y a-t-il un avocat parmi vos prédécesseurs à la Conférence dont vous êtes fier d'avoir repris la place ? Choisir est trop difficile, j’aime la lignée des huitièmes Secrétaires pour sa diversité et son originalité. J’ai forcément une grande tendresse à l’égard de celui qui m’a directement choisi, mon "père" comme on dit.    Comment s'est passée votre première Berryer ? La peur au ventre et l’esprit en fête, tiraillé entre la crainte de décevoir et la fierté d’honorer mon poste. Ce fut finalement une libération. N'est-ce pas une perte de temps, du gâchis ? Finalement, que vous auront apporté ces conférences ? Parler pour ne rien dire n’est jamais une perte de temps ! D’autant plus que lorsque la parole est totalement libre, elle n’est jamais gâchée. Il n'y sans doute rien de plus précieux que la parole libre, alors abusons-en. Plaider c’est partir au combat, contre vos adversaires et souvent contre vous-même, il ne faut jamais manquer une occasion de s’y préparer.   Laquelle/lequel de vos collègues à la Conférence est pour vous la/le plus indéfendable ? Pourquoi ?Sans hésitation notre premier Secrétaire (Alexandre Vermynck), pour une raison simple : il sait mieux que quiconque le faire lui-même ! Vous verrez. Imaginez une Berryer dans le métier de la pisciculture - Approchez ! Approchez Mesdames, Messieurs ! 5 euros le kilo de bar, la palette de 25 kilos pour 100 euros tout rond. - Mais Monsieur, vous vendez votre bar à prix d’or ! - Oui Monsieur, c’est de l’or en barre. - Peut-être mais vous placez la barre un peu trop haut, pour ce prix je peux m’offrir 25 kilos d’huitres. - Mais Monsieur vous confondez, je ne suis pas conchyliculteur ! - C’est bien ce que je dis, je vous conchie. Les 12 secrétaires de la Promotion 2013 : Alexandre Vermynck, Constance Debré, Nicolas Pottier, Thomas Klotz, Florian Lastelle, Victor Zagury, Marie-Pompéi Cullin, Guillaume Vitrich, Antoine Vey, Rémi Lorrain, Xavier Nogueras, Sanjay Mirabeau. > Les réponses de Nicolas Pottier, 3e secrétaire.

Le 27 septembre 2013 à 08:53

Avant la Conférence Berryer, les 12 secrétaires répondent

Alexandre Vermynck, 1er secrétaire

Entre catch verbal et jeux du cirque, les 12 meilleurs avocats de leur génération s’affrontent et célèbrent le métier d’avocat dans une espèce de carnaval de l’esprit et de la parole. La Conférence Berryer se déroule habituellement à la Salle des Criées du Palais de Justice de Paris. Salvador Dali, Serge Gainsbourg, Catherine Deneuve y ont été invités. Au Rond-Point viendront Maître Eric Dupond-Moretti et Christophe Alévêque. Pour vous faire connaître les 12 protagonistes de ce grand oral désopilant, ventscontraires.net a interrogé chacun des 12 secrétaires du Barreau de Paris élus membres de la Conférence pour l'année 2013. Aujourd'hui le 1er secrétaire, Alexandre Vermynck.   Quand avez-vous entendu parler pour la première fois de la Conférence Berryer ?Je ne sais plus. La dernière fois, en revanche, c'était il y quelques semaines, et on m'assurait qu'il s'agissait du prodigieux spectacle. Une manière très personnelle de définir la Berryer ?La réunion de personnes à l'esprit suffisamment noir, critique, acide…oserai-je écrire : lucide! pour savoir, par exemple, distinguer en la belle au bois dormant une apologie de la nécrophilie. Y a-t-il un avocat parmi vos prédécesseurs à la Conférence dont vous êtes fier d'avoir repris la place ?Tous. La dramaturgie de la Berryer leur confère un rôle qui m'interdit de dire le contraire. Vous verrez. Comment s'est passée votre première Berryer ?C'était étrange. J'obtenais des rires, mais aux mauvais moments. J'ai appris que j'étais drôle malgré moi. N'est-ce pas une perte de temps, du gâchis ? Vous semblez faire allusion à notre absence de rémunération. De ce point de vue, évidemment, la Berryer nous rapporte beaucoup moins qu'à vous. Mais ne me permettrait-elle que de fouler, le temps d’une soirée, les planches de votre théâtre, la Berryer me comblerait déjà bien assez.  Laquelle/lequel de vos collègues à la Conférence est pour vous la/le plus indéfendable ? Pourquoi ?Impossible de nous dissocier, nous sévissons en bande organisée.  Imaginez une Berryer dans le métier de la Banque.Un event exclusive mais relax, en mode wine & cheese, où anglicismes et fautes de liaison s'échangeraient sur le market contre des dérivés de contrepèteries. Besancenot y exposerait les vertus du communisme révolutionnaire, après quoi 12 banquiers lui répondraient, en substance: "Bravo ! vos idées sont excellentes! Appliquons-les! Tenez: vous essaierez de convaincre les riches de donner aux pauvres ; nous prendrons sur nous de persuader les pauvres de recevoir des riches !". Pour finir, Michael Douglas décocherait, pour les punir de leur cynisme, toutes les flèches des banques d'affaires sur les banquiers pénitents, leur offrant la rédemption dans le martyre (avis au public féminin : cette dernière scène ne doit être ratée sous aucun prétexte, mes frères de promotion étant tous plus beaux que le Saint-Sébastien de Botticelli). Les 12 secrétaires de la Promotion 2013 : Alexandre Vermynck, Constance Debré, Nicolas Pottier, Thomas Klotz, Florian Lastelle, Victor Zagury, Marie-Pompéi Cullin, Guillaume Vitrich, Antoine Vey, Rémi Lorrain, Xavier Nogueras, Sanjay Mirabeau.

Le 10 novembre 2015 à 10:19

Golgota Picnic : une pièce de théâtre en correctionnelle

Récit d'un procès, lestroiscoups.fr

J.-M. Ribes : « Je redirai ici ce que j’ai déjà dit à l’époque : on ne vous empêchera pas de croire, mais vous ne nous empêcherez pas de penser. » J.-M. Ribes : « Je redirai ici ce que j’ai déjà dit à l’époque : on ne vous empêchera pas de croire, mais vous ne nous empêcherez pas de penser. » Jean-Michel Ribes : « Je redirai ici ce que j’ai déjà dit à l’époque : on ne vous empêchera pas de croire, mais vous ne nous empêcherez pas de penser. » "On se souvient de l’affaire Golgota Picnic, de l’effroyable mobilisation contre le Théâtre du Rond-Point à coup de menaces de mort, de manifestations et d’actions coup-de-poing pendant les 9 représentations de la pièce de Rodrigo García. C’était au mois de novembre 2011 ; le procès, lui, se tenait vendredi 30 octobre." Ainsi commence le très détaillé compte rendu du procès en correctionnelle intenté par l'A.G.R.I.F contre le Théâtre du Rond-Point et les éditions Les Solitaires intempestifs, le 30 octobre dernier, quatre ans après les faits. Prise de note pointue par Lise Facchin et crobards noirs et blancs stylés de Frédéric Chaume, les envoyés spéciaux de la revue théâtrale lestroiscoups.fr  – bref si vous désirez en savoir plus, allez voir l'article complet ici. En attendant, quelques instants croqués et leurs verbatim ci-dessous : Maître Richard : « Oui, Rodrigo García provoque ! Bien sûr qu’il provoque ! Comme tous les artistes, qu’est-ce qu’une œuvre qui ne provoque pas ? (...) Quant à la prétendue unanimité de l’opinion des chrétiens sur ce spectacle, en tant que catholique, je ne me reconnais pas et ne me reconnaîtrais jamais dans l’A.G.R.I.F. » Maître Triomphe : « L’auteur peut dire ce qu’il veut, le titre parle pour lui : Golgota Picnic, c’est la crucifixion du Golgotha qui est le thème. » Mme le procureur : « L’avocat de la partie civile nous a posé la question de savoir quel était l’intérêt de cette pièce pour le débat public. Mais la question n’est pas là. La question est de savoir si la communauté chrétienne est délibérément visée par les propos incriminés, et je n’en suis pas convaincue. (...) Le parquet considère que la plainte de l’A.G.R.I.F. n’est pas caractérisée (…) et demande donc la relaxe. »

Le 14 mars 2013 à 07:16

La justice, Zidane et moi et moi et moi...

Où sont les limites de l’humour ? Je ne demande aucun passe-droit, aucun favoritisme mais une franche et réelle liberté pour exercer mon métier sans pratiquer l’auto censure, c’est-à-dire le pire du pire.  Peut-être faut-il en fixer ? Le débat est aussi intéressant qu’éternel. Ce débat aurait pu avoir lieu lors de mon deuxième procès en appel avec Zidane. Il n’en fut rien. Plus que la condamnation à 5000 euro de dommages et intérêts et 5000 euro de frais de justice, ce sont les conclusions des juges qui me sidèrent. Comment la justice peut-elle à ce point se contredire d’un procès à l’autre ? Comment des juges spécialisés dans la matière peuvent-ils avoir une position diamétralement opposée sur un même sujet sans aucun élément nouveau au dossier ?  Comment peut-on à ce point nier le fond au bénéfice de la forme ? Voilà pourquoi je suis en colère, donc en excellente forme pour exercer mon métier, positivons.   Voilà maintenant plus de deux ans, je fus attaqué en justice par l’icône du foot français pour injures à son égard dans le magazine « Sportmag » de janvier 2011, suite à l’encaissement par l’ancien numéro 10 de onze millions d’euro pour son soutien à la candidature du Qatar ( grand pays de foot devant l’éternel ) pour une future coupe du monde. J’ai utilisé des termes crus, des termes de mon cru. Jamais je n’en ai voulu personnellement à Zidane à qui je souhaite longue vie et tout le bonheur du monde. Il s’agit d’un humoriste qui éreinte un personnage public.  Vous le verrez, les juges en ont décidé autrement.  En matière d’humour, le sacré, le tabou et l’intouchable n’existent pas. C’est ainsi que je considère mon métier, pour le bien de tous. Mais le débat est ouvert. En février 2012, premier procès, je suis relaxé par un jugement du tribunal. La justice constatant que : la liberté d’expression et le droit à l’humour font obstacle à ce que l’infraction d’injure publique soit retenue à mon encontre.  Zidane fait appel de ce jugement. Le 24 janvier de cette année, je suis retourné devant la cour. Cette fois, l’ancien capitaine de l’équipe de France est présent et ne demande plus 75 000 euro de dommages, mais un euro symbolique. Cela commençait bien, d’entrée je venais de gagner 74 999 euro. La suite n’a pas été aussi agréable. Voici les conclusions des juges. 1 .Si la liberté d’expression constitue l’un des fondements essentiels de toute société démocratique et vaut pour les informations ou commentaires qui heurtent, choquent ou inquiètent, l’article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme prévoit en son deuxième paragraphe des restrictions et que s’il est reconnu à tout humoriste le droit de se livrer à des attaques contre des personnes connues du public, lesdites attaques ne doivent pas correspondre à la seule volonté de rabaisser la réputation d’autrui. Mais jamais ô grand jamais mon but n’a été de nuire volontairement à cet homme ! Je l’ai dit et répété à la cour, il s’agit d’un humoriste qui s’attaque à un personnage public. Je n’ai aucune animosité personnelle contre l’homme, je critique l’une des personnalités préférées des français, vue par beaucoup comme un exemple. Je ne m’exprime pas gratuitement, il y a un contexte que la justice a oublié.   2 .« Traiter un particulier, seulement connu du public comme un ancien sportif de haut niveau, moyennant son image auprès d’entreprises ou ayant une action de lobbyste pour le compte de l’Etat du Qatar, de « pute », de « con comme une bite », « juste bon à crever dans le yaourt » est d’évidence injurieux, la Cour relevant une gradation dans ces injures, car passé la formulation d’injures à connotation sexuelle, un désir d’élimination physique est, ainsi que le tribunal l’a relevé, exprimé. » Alors là, celle-là elle est forte : « Un désir d’élimination physique » ! Nous nageons en plein premier degré, l’humour est totalement  absent du débat. Mais si j’en voulais à l’intégrité physique de Zidane, je mériterais une peine de prison ! Que fais la justice ?    3. « Considérant de plus que retenir le fait que Monsieur ALEVEQUE s’est ultérieurement excusé est indifférent car s’excuser est, à l’inverse, généralement analysé comme la reconnaissance que son comportement ou ses propos ont choqué ou heurté autrui ».  Faux. Je ne me suis jamais excusé, hormis pour une seule phrase : «  Qu’il aille crever dans son yaourt ». Phrase « off » au cours de l’entretien, qui n’aurait jamais du apparaître dans cet article et qui voulait clairement dire au journaliste : passons à autre chose. Après des centaines d’interviews je me suis fais piéger, ça arrive.   Au tribunal comme devant la cour, comme depuis deux ans, j’ai assumé entièrement ce que j’avais déclaré. Comment faut-il s’exprimer pour être entendu clairement ?  Dans tous les cas, c’est une belle leçon pour ceux qui voudraient le faire, sachez que ces excuses deviennent une charge contre vous. 4. « La rémunération des sportifs n’intéresse que les personnes intéressées par le sujet et que ce sujet ne constitue pas un sujet d’intérêt général ». La meilleure de toute ! Voilà pourquoi cette affaire n’a pas été jugée sur le fond : mes critiques n’ont pas lieu d’être puisque le débat n’a pas lieu d’être ! C’est grave.  D’ailleurs, comme tout le monde l’aura constaté, cette question ne fait jamais l’objet d’un dossier ou d’une polémique dans les médias. Et ne parlons pas des matchs truqués, des transferts litigieux ou des salaires déguisés. Circulez, y’a rien à voir ! On se lève tous pour Danone ! En conclusion : mon attaquant ne demandait qu’un euro symbolique, la justice lui en a donné 5000.  Nous ne sommes finalement plus dans le cadre d’une diffamation publique, donc basée sur un raisonnement donnant lieu à des controverses et autres causeries, mais uniquement dans le cadre d’une injure. Dans ce cas, la liberté d’expression n’existe plus. Normal ; on n’a pas le droit d’insulter gratis. Je considère que ce n’est pas mon cas, mes critiques, bien que violentes, étaient fondées sur une réflexion. Les limites de l’humour sont fixées, mais d’un procès à l’autre, d’un tribunal qui relaxe à une cour qui condamne, elles sont diamétralement opposées. Comment s’y retrouver ?  Qu’aurait-il fallu que je dise ? Rien. C’est au-dessus de mes forces et puis merde, c’est mon métier. Que je m’exprime autrement ? « Monsieur Zidane me semble se comporter comme une dame qui vend ses charmes au plus offrant », « cet homme qui n’est pas Einstein ( moi non plus d’ailleurs) est décidément très mercantile ». Peut-être… Mais le débat qui a finalement eu lieu, y compris au sein du tribunal, n’aurait pas existé. Est-ce céder à la surenchère ? Faut-il être aussi vulgaire que ce que l’on dénonce pour faire mouche ? Honnêtement, je ne sais pas. Faut-il qu’un ouvrier licencié pour des raisons bassement boursières et injustes casse pour se faire entendre ?     Dans tous les cas cet arrêt devrait faire date. L’humoriste est aussi un garde-fou qui doit dénoncer les abus et dérives de la société, à sa manière. Sauf pour les intouchables, c’est ce que la justice vient de décider. Cela devrait donner des idées à d’autres. Trop souvent la population a la mauvaise impression qu’il existe des passe-droits pour les puissants. L’humour est une arme redoutable contre les pouvoirs. Normalement… Que faire maintenant ? J’avais décidé, quel que soit le résultat, d’arrêter les frais ( dans le sens propre du terme). Tout cela coûte bonbon. Et cela fait réfléchir…Oui je sais, vous allez me dire, nous sommes en pleine crise, le chômage suit la courbe d’une démographie resplendissante, les soupes populaires battent des records de fréquentation. Alors ton petit problème personnel et égocentré de liberté d’expression en péril, on s’en fout. Vous n’aurez pas tort et pourtant… Le vrai danger qui pend au nez de cette liberté est bien celui-là ! Tu finis par te calmer ou pratiquer l’autocensure parce tu n’as pas la surface financière pour faire face à des procès. La liberté de l’humoriste symbolise celle d’une société. Mais il y a des symboles qui coûtent cher et la menace est réelle, je la subis actuellement et je ne suis pas le seul.  Mais au-delà de la condamnation, les conclusions des juges me laissent pour le moins perplexe, pour ne pas dire passablement énervé. J’ai donc déposé un pourvoi en cassation à titre conservatoire. Ce qui me laisse le temps de réfléchir et de faire les comptes. L’argent n’est pas que le nerf de la guerre, il est aussi celui de la justice. Et ça, ce n’est pas drôle.

Le 28 novembre 2016 à 17:53

Kery James : faire se rencontrer les deux France

Rond-Point – Kerry James, pourquoi aujourd'hui écrire et interpréter une pièce de théâtre ? Kery James – Je veux faire de À vif une pièce dont on ne ressort pas indemne, une pièce qui marque, bouleverse parfois et peut-être même change les choses. Peut-être même une seule. Une pièce importante, sociale, nécessairement politique mais pas politicienne. En d’autres termes, une pièce qui participe à la vie de la cité. Ce sont là les objectifs que je me suis fixés tout au long de ma carrière musicale et je ne saurais faire autrement dans le théâtre, la peinture ou le cinéma. Cette pièce a selon moi la capacité d’intéresser un très large public car elle raconte la rencontre entre ce que j’appelle les « Deux France ». « Deux France » qui ne se connaissent pas ou s’ignorent. « Deux France » qui se méprisent parfois et qui continueront à avoir peur l’une de l’autre tant que seuls les médias et la classe politique leur serviront d’intermédiaires.   Ces deux mêmes France que l’on va tenter d’opposer en 2017, lors des élections présidentielles. Il est une évidence que les mots d’ordre pour les prochaines élections seront la division, la stigmatisation et l’exclusion d’une partie des Français du sentiment d’appartenir à la Nation. Il s’agira d’une course pitoyable à la séduction de l’électorat de Marine Le Pen.   Cette pièce ne règlera certainement pas le problème, mais proposera quelque chose de fondamental à la cohésion nationale : un dialogue. Elle tentera de briser les idées reçues et de mettre en évidence la complexité de ces deux France que certains tentent d’opposer en les présentant comme deux blocs compacts et soudés dans lesquels tout le monde vit et pense de la même manière.   C’est pourquoi tout au long de mon écriture, je me suis efforcé à ne caricaturer aucune de ces deux France. Les deux avocats se livrent tous les deux à une plaidoirie fortement argumentée et construite. Je n’ai pas cherché à favoriser une opinion plutôt qu’une autre. Ma conviction intime étant que tous ensemble nous pouvons parvenir à améliorer la situation des banlieues en France et le vivre ensemble.   En 2012, je me suis produit au Théâtre des Bouffes du Nord pendant trois semaines. Accompagné d’un clavier et d’un percussionniste, j’y ai interprété les titres les plus marquants de ma carrière. Le public amateur de rap dans une forme plus habituelle n’a pourtant pas boudé le concept, au contraire. Il s’est retrouvé mélangé au public habituel du Théâtre des Bouffes du Nord et aux curieux, qui ne connaissaient pas mon répertoire. En raison du sujet évoqué, en plus du public habitué à fréquenter les théâtres, À vif attirera des spectateurs qui habituellement n’y viennent pas car ils le jugent, à raison selon moi, trop abstrait et éloigné de leur réalité.   Les deux France se rencontreront au théâtre, dans le réel et peut-être même, échangeront. Ce sera déjà un petit pas vers le vivre ensemble. Les montagnes sont faites de petites pierres.

Le 12 juin 2012 à 10:37

Thierry Illouz : jeter sa robe d'avocat aux orties ?

Avant la lecture de son texte par François Morel

François Morel va lire "A ma troisième robe", texte témoignage de l'avocat et écrivain Thierry Illouz qui plaide pour la défense des assassins, des pédophiles, des dangereux récidivistes, des malades inguérissables, ceux qu’il faudrait à tout jamais exiler de l’humanité. Entretien avec Thierry Illouz Tu es à la fois écrivain et avocat. Est-ce que tu avais mis une séparation entre ces deux activités ou est-ce qu’elles étaient reliées ? Au départ je les pensais séparées, verrouillées  je voulais les tenir le plus éloigné possible et puis petit à petit elles se sont mises à se croiser à s’interpénétrer, à se nourrir l ‘une de l’autre. Je crois que c’est la vérité des choses, nous sommes indivisibles, et surtout l’écriture est une activité vampire qui fouille nécessairement dans toutes nos expériences pour y trouver sa substance même. Qu’on le veuille ou non.   Comment as-tu réagi à la proposition que nous t’avons faite d’écrire une conférence sur ton métier – et en particulier sur tes plaidoieries pour ceux qu’on appelle des “monstres”? D’abord j’ai redouté ce rapprochement total entre les deux activités.  il fallait à nouveau prendre les gants pour défendre ceux que je refuse de voir comme des monstres (ce n’est pas rien de pouvoir le faire par les temps qui courent), mais il fallait aussi cette fois parler directement de soi, parler  de son travail, de ses rencontres, de ses fatigues, il fallait ramener le réel sur la table. Mais les procédés de l’écriture, le dialogue avec ma robe, l’idée du lieu même du théâtre ont au contraire ramené le débat sur l’intime des sensations, sur l’histoire, sur le souvenir, sur les mots. Le réel est là, il est installé dans l’imaginaire.     Quel est le statut, pour toi, du texte que va lire François Morel, par rapport à tes autres écrits ? C’est un texte du dévoilement, tous les textes le sont, mais c’est aussi un texte de militant, de conviction. Est ce exactement du théâtre ?  C’est la question que je me suis posée et la réponse est sans doute que le théâtre est pour moi tout cela aussi : le verbe est une arme de conviction (le métier d’Avocat le sait). J’ai déjà parlé dans mes textes de la banlieue, de la dépossession,  du reproche social. Et le théâtre c’est aussi le lieu des cris, de la voix, du mouvement des corps, des costumes et des robes donc. J’y ai mis sans doute un peu tout cela plus frontalement au sens biographique que dans mes romans ou mes pièces, mais avec la même nécessité de dire, de parler aux gens. De tisser un moment. De le partager.   Tu l’avais lu toi-même il y a deux ans au Rond-Point. Comment ça s’était passé pour toi ? Et à présent qu’il est entre les mains de François Morel ? C’était un moment merveilleux d’intensité et terrible d’inquiétude, c’était plaider sans robe, sans protection, sans  filet. Mais j’ai appris ce qu'on ne peut comprendre que sur la scène (ce n’est pas  un tribunal, quoique...) : l’échange avec le public ( ce n’est pas un  juge, quoique...) ; le silence et la voix ; le vide au bord duquel les acteurs parlent. Et j’y ai connu la sensation d’avoir été entendu. Je ne voulais pas reprendre ce texte moi même, j’avais peur de ce qu’il contient de ma vie et que je ne peux me risquer à redire. Il faut que ce ne soit plus moi, il faut un personnage et si c’est François Morel ce sera forcément mieux que moi. Ce serait ça le rêve de toute écriture, soi et mieux que soi. La fiction c’est plus juste que la vérité et jouer c’est plus que vivre.   Alors, tu dis qu’un avocat n’use que trois robes dans sa vie. Alors ta troisième robe, ça se présente comment ? La deuxième  commence à montrer de sacrés signes de faiblesse, j’y ai découvert il y a quelque jours à l’audience un bel accroc ; il va falloir songer à prendre des mesures pour la troisième... à moins que je ne jette la seconde aux orties pour écrire. "La robe aux orties" c’est l’expression consacrée pour ceux qui quittent ce métier, je ne sais pas pourquoi les orties ?  Les blessures, les marques, les  brûlures peut être…   Propos recueillis par Jean-Daniel Magnin  

Le 20 septembre 2016 à 12:17

Pro-Fumiers contre anti-fumiers : le combat continue

Thomas Blanchard par skype avec les vrais personnages de son spectacle adapté d'un épisode de la série StripTease

La cour de ferme dont une aile a été transformée en pavillon avec pelouse et piscine. D'un côté les Dejousse qui viennent de Paris. De l'autre Nicole, qui passe ses journées à vider sa brouette de bouse sous leurs fenêtres. Ils sont en guerre depuis une dizaine d'années quand l'émission StripTease vient immortaliser leur combat et tous les témoins liés à cette affaire, comité de soutien "pro-fumier" en première ligne. L'émission filmée par Florence et Manolo d’Arthuys, diffusée sur FR3 le 23 septembre 2012 devient vite culte. Quatre ans plus tard, Thomas Blanchard adapte pour la scène Fumiers pour en faire un spectacle de théâtre, aujourd'hui au Rond-Point.   Thomas Blanchard – Ce conflit de voisinage est à la fois si petit et si énorme qu’il peut bien sûr renvoyer à tous les conflits. Disons que le spectacle utilise le brut de cette situation pour rentrer dans la matière du conflit, son essence. Et ce qui le nourrit, l’amplifie et lui donne un caractère particulier, c’est l’étrange et irrépressible plaisir que les protagonistes prennent dans la confrontation et la violence... Il y a en cela, je crois, une résonance avec un certain état d’esprit général en France actuellement. Mais où en est l'affaire elle-même ? Pour le savoir, Thomas Blanchard contacte par Skype Evelyne et Daniel, membres du comité de soutien de Nicole et protagonistes dans le documentaire de StripTease.   > L'épisode StripTease "Fumiers" (FR3) en intégrale  

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