Nicolas Brulebois
Publié le 20/02/2011

L'Origine du Monde censurée par Facebook



Les geeks sont horrifiés par ces gros draps blancs, représentés de manière tellement réaliste qu’ils leur font peur…
Nouvelles, chroniques culturelles, interviews et textes satiriques dans les revues : L’Itinérant, Zoo, Hara-Kiri (version 2000), Le Titre, Le Carrosse, Tant Pis Pour Vous, Hermaphrodite, Carbone, Siné Hebdo, Les Hésitations D’une Mouche, Microbe, Kamikaze, La Mèche, Fakir, Traction-Brabant, Dissonances, Verso, L'Angoisse, Zarma, etc. Un livre paru: "Le Monde Aigri, Le Monde Est Bleu", éditions Jacques Flament. 

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Nicolas Brulebois

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Le 21 juin 2014 à 11:24

La République dans de beaux draps

Depuis 1989, où des peines-à-jouir ont rebaptisé « Assemblée nationale »  la station de métro « Chambre des députés », il était à craindre que la République ne couche plus dans le même lit. La présidentialisation des institutions n’avait pas seulement gagné les esprits, elle avait aussi contraint les corps, au point que le chef de l’État du moment choisit deux palais officiels distincts pour domicilier ses deux familles. Depuis les portes n’ont cessé de claquer à l’Élysée, entre des femmes qui s’en vont et des Présidents qui vont et viennent, ce qui suggèrerait que la literie maison est à ressorts. Mais faute d’écoutes circonstanciées de la NSA,  la qualité des ébats présidentiels demeure un des derniers secrets d’État. Seules en parlent celles qui ne savent pas, celles qui savent demeurant mutiques sur le sujet en dépit de propositions éditoriales à sept chiffres. Par peur des représailles ?  Osons l’hypothèse qu’il est plus valorisant de porter le deuil d’un amour désintéressé, que le dépit d’un coup pourri, révélant en creux le sacrifice de ses propres sens pour la seule jouissance narcissique de s’être frottée au pouvoir suprême. Qui s’y frotte s’y nique ?  Dans une France où un roi devint légendaire pour avoir cru jusqu’à 40 ans (du moins le prétendait-il) qu’il avait un os entre les jambes,  les Français sont enclins à penser que le monarque républicain qu’ils ont élu est doté d’un tempérament à la hauteur de ses prérogatives, bref que la fonction crée l’orgasme. Sinon, à quoi bon, hein ? Certes il y a des exceptions : le général De Gaulle n’avait pour maitresse que la France à laquelle il avait roulé une pelle définitive le 18 juin 1940. Georges Pompidou avait des mœurs paisiblement bourgeoises et sagement éclairées.  Ses successeurs ont en commun d’avoir été longtemps députés, donc de bien connaître la buvette à laquelle on accède par la salle des conférences où est érigée une statue du bon roi Henri IV – le souverain sévèrement ossifié – dont le socle est gravé de cette citation : «  le violent amour que je porte à mes sujets me porte à trouver tout aise et honorable. » Ca peut donner des idées. Et même de plus précises encore si, les alcools aidant on rêve d’alcôves au vu des bas-reliefs de la buvette sortis de la Manufacture de Limoges, où de langoureuses naïades ne cachent rien de leurs corps dénudés. Mais attention ce n’est parce qu’il y a souvent le bordel en séance, que  le palais Bourbon tournerait au lupanar.  C’est au sens métaphorique que l’on doit interpréter  cet effet de tribune de Jean-Marc Ayrault du temps qu’il était député d’opposition : «  Monsieur, le premier ministre, l’Assemblée nationale n’est pas une chambre à coucher ! » Pourtant l’on y couche, l’on y couche à l’Assemblée nationale, la plupart des députés disposant de bureaux avec un couchage possible. Un simple canapé clic-clac utile pour les élus de province, pas forcément commode pour des galipettes crapuleuses. D’autant que la nuit (et même le jour) les cris intempestifs peuvent être entendus des voisins,  et que toute personne étrangère qui entre dans le bâtiment doit laisser sa carte d’identité à des huissiers assermentés.  L’ « escort » badgée peut nuire à une carrière bien bordée.  Et puis, les élus de la République n’ont pas toujours la tête à ça. Surtout en ces temps de débandade politique face aux défoulements populistes.

Le 1 mars 2013 à 10:15

Je ne m'aime pas

Je suis comme plein de gens, je ne m’aime pas. Mieux : je me déteste. Or, pour vous, c’est simple : vous vous détestez, bon, voilà, c’est dit. Mais pour moi, c’est terrible ! Car je suis juif ! Et je ne peux pas me piffer. Je ne peux pas me voir en peinture, je me hais, je me conchie. De nos jours, c’est ultra-grave : Je suis juif, je ne m’aime pas, DONC je n’aime pas les juifs. C’est de l’antisémitisme primaire ! Ça tombe sous le coup de la loi ! C’est très grave ! Oh, j’ai bien essayé de tourner la chose différemment : Je ne m’aime pas, mais c’est pas parce que je suis juif ! Hum… Ça revient exactement au même ! je ne m’aime pas mais quoi que j’en dise, je suis juif DONC je n’aime pas le juif que je suis DONC je n’aime pas les juifs. Il n’y a pas moyen de sortir de ça avec ce putain de syllogisme !Que faire ? C’est extrêmement dangereux, ces idées là ! On sait où ça mène ! Dans un train ! Et pas en première classe ! Et si j’étais arabe ? Vous imaginez ? On me collerait vite fait l’étiquette d’islamophobe ! Ou noir ? Pof, raciste ! C’est vite fait de vous cataloguer… Par contre, handicapé, femme, myope, nain, c’est déjà moins grave. Y a pas de lobby.Mais juif ! Cependant, moi, qui suis juif et qui ne m’aime pas, j’ai une chance, oh toute petite, de ne pas être poursuivi pour antisémitisme : Je ne suis pas circoncis, oui, un accident. Ah pardon, ce n’est pas un détail. Car je peux dire en toute innocence : je ne m’aime pas mais rassurez-vous : je ne suis pas circoncis !

Le 4 juin 2011 à 08:45

Entre adultes consentants

Jadis, la femme devait se plier au devoir conjugal : je passe sur la notion d’agrément ! Ce fut l'époque de la fameuse migraine des femmes. Vint la libération sexuelle. Et madame découvrit que c'était rudement chouette de prêter son corps à un artiste qui savait en jouer. La libération s'intensifia, porno à la télé, puis sur le web et découverte d'un autre type de sexualité, tendance lourde : l'éjac faciale, la tournante, le gang bang et autres facéties. Celles qui  critiquaient ces blagues ou ces jeux étaient exclues du groupe ou traitées de mal baisées réacs. En même temps, la lutte contre le sexisme se poursuivait aux USA où une sécu fut mise en place pour éviter tout malentendu : le monsieur faisait signer à sa partenaire un papier l’autorisant à des relations sexuelles librement consenties. Quel romantisme ! Aujourd'hui, le petit monde politico-médiatique fait mine de découvrir que les Français sont machos. Je n'ai plus l'âge d'être harcelée mais je pense que quand les dirigeants (au sens large) se décideront à admettre que les femmes ne sont pas qu'un cul, un pied, une bonniche/potiche mais qu'elles ont un cerveau adapté à mettre au service de tous, quand les problèmes de parité seront enfin réglés, les pratiques sexuelles de domination seront forcément moins lourdingues, moins violentes et donc moins criminelles. La France étant en 46ème position en terme de parité (octobre 2010), arrêtons de dire que ce pays est très respectueux des droits des femmes, merde, quoi  !

Le 12 mai 2011 à 13:32

Ce maudit orgasme

M le mot-dit

Racontez-nous votre M, votre mot-dit maudit du moment, justifiez votre haine et dépassez-la en détournant ou remplaçant le maudit… en maximum 2000 signes. Aujourd'hui Sophie Dulac déteste le mot "orgasme" :Avec son préfixe en or prétentieux et son final en consonance de maladie respiratoire, le mot fait pédant et dédaigneux. IL pue l’encyclopédie médicale bradée consultée à la va vite au fond d’une bibliothèque municipale poussiéreuse avec des sourires empruntés. IL s’imprègne des premières cigarettes, des petits émois d’adolescents amoureux qui s’instruisent en cachette avec les courriers du docteur Ruth. IL est le vilain point de mire des apprentis  libidineux. IL manque pourtant de dimension et la cible atteinte laisse un sentiment d’imperfection. La volupté est peut être ailleurs, dès les premiers effleurements, le froissement d’un déshabillé, un souffle sur l’oreiller, un corps à explorer, des murmures partagés. Lui le vaniteux de la jouissance transforme l’or en pacotille et  le trésor de se réduire en manifestation physiologique. Le mot plait pourtant, s’affiche, fait vendre. Entre le nouveau régime protéiné et les bons plans shopping, il conjugue les genres et  les styles. De la presse gay, économique, au glamour féminin ou plus populaire, on le décortique, on l’autopsie, passé au scalpel IL reste tout aussi laid comme un organe éclaté. Lui qui pourrait symboliser ce qu’il y a de plus beau n’évoque qu’un mécanisme, enterre la sensualité, allègue le sexe et oublie la chair. Sophie Dulac Vous désirez "mot-dire" à votre tour ? > c'est ici que ça se passe !

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