3D Jean Piero
Publié le 25/02/2011

Portable ou poing levé ?


Pièce Montée sur le printemps arabe



Mes « Pièces montées » ? Des morceaux choisis d'esprit, de mots, de rires et d'envies glanés à la pointe du micro.
Chaque dimanche, ces brefs bobinos ponctuent le journal « 3D » de Stéphane Paoli – diffusé par France Inter en direct du théâtre du Rond-Point entre 12h à 14h...
« La Pataphysique, c'est la culture physique des patates ! », lança Jean Piero sur l'antenne de France Inter un matin de l'été 2002. Dès lors, la France entière sut à quoi s'en tenir sur ce polyartiste sévissant dans l'insolite lunaire et terre-à-terre en même temps. France Inter devint son nouveau terrain de jeux, il y fit résonner  et déraisonner  «  Le Journal des jours nuls », « La Minute élastique », « Le Vide-Grenier pataphysique », « l'Agence Nationale Pour l'Emploi Imaginaire », « Les Voyages intersidérants » etc.
Actuellement, chaque dimanche, ses  « Pièces montées »  ponctuent le journal « 3D » de Stéphane Paoli diffusé en direct du théâtre du Rond-Point entre 12h à 14h.

> le site de Jean Piero
> le site du journal 3D de Séphane Paoli, France Inter
 

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Jean Piero

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Le 10 février 2014 à 09:19
Le 25 juin 2011 à 06:40

# 4 - Yesterday - Kay Pop remix - The Beatles - Count Basie VS Booka Shade

Seoul Juke Box

Yesterday, sort en 1965 sur l’album « Help » des Beatles et va devenir la chanson la plus reprise avec plus de 3000 versions et la plus diffusée par les radios du monde. Cet été 1965, le monde est une promesse d’avenir radieux, de jeunes étudiants amoureux se baignent dans le fleuve Han et prennent le soleil en écoutant Yesterday sur un transistor ramené des USA par les GI’s de la base. Cette même année, 3 ans avant 1968, le sociologue américain Seymour Lipset publie une thèse expliquant que la situation dans laquelle se trouvent les étudiants serait  propice à la contestation et à un changement de monde. Au même moment Che Guevara se rend en Corée du Nord et, faisant peu cas de la famine et la torture, déclare que « ce pays est un modèle révolutionnaire auquel Cuba devrait aspirer ». Séoul est à peine plus grand que Bordeaux, la partie sud du fleuve est une campagne marécageuse infestée de moustiques et personne ici ne boit du vin. Et les Beatles chantaient, un truc qui colle encore au cœur, au corps et au slip  : Hier, tous mes problèmes me paraissaient si loinAujourd'hui, on dirait qu'ils sont là dans le but de resterOh, je crois en hierSoudainement, je ne suis pas la moitié de l'homme que j'étaisIl y a une ombre suspendue au-dessus de moiOh, hier est venu soudainement Aujourd’hui on ne se baigne plus dans les eaux sombres et lourdes du fleuve Han. Seul le monstre de « The Host » y montre le bout de sa queue. La base et les Gi’s sont toujours là après le Vietnam, l’Irak, L’Afghanistan. Des millions de Nord Coréens souffrent encore de la torture et de la famine. Les jeunes étudiants manifestent contre le prix des inscriptions à l’université mais ne veulent surtout pas changer le monde. Des milliers de jeunes nantis branchés sud coréens portent des T shirt  avec le visage du Che et surconsomment leur vie en plastoc tandis que leurs pères se rejoignent au Cigar Club pour fumer de gros cubains. Les quartiers ultra modernes du sud du fleuve Han sont dix fois plus grands que Bordeaux. Les moustiques prennent l’ascenseur et se hissent jusqu’au 63ème étage de la tour et viennent sucer le sang sucré de l’élite qui déguste des grands crus de 1965 et réclame au dee-jay Kay d’Orsay dans une nostalgie chic et vintage de jouer le dernier remix de Yesterday, 3001ème version d’un 21ème siècle radieux actif.    (Another Barbarian in Asia – Henry Halfwarm)

Le 31 mars 2012 à 08:26
Le 30 mai 2012 à 09:29

Poke menteur

On m'a demandé une chronique « plus facebookienne ». J'aime ça. Je ne sais pas si vous en avez entendu parler, mais Facebook est entré en bourse. Et ça ne s'est pas très bien passé. C'est normal. Facebook, c'est simple. On aime, on partage, on remet à jour ses 4280 paramètres de sécurité pour éviter que le monde ne sache qu'on aime, on se fait spammer parce qu'on a voulu savoir ce qui est arrivé à cette malheureuse qui a bêtement oublié d'éteindre sa cam sur msn :D. La bourse, en revanche, c'est compliqué. « Le Libor a clôturé à la baisse en raison d'incertitudes sur le marché des changes liées à la publication des chiffres du chômage nord-américain », c'est quand même moins efficace que « 42 personnes aiment ça ». Et surtout, ça ne fait pas très sérieux. J'imagine un peu les traders et dans leurs foulée les boursicoteurs se dire : « Zut, Joe Smith de Tallahassee vient d'annoncer sur son profil Facebook que son entretien d'embauche s'était mal passé, allez hop, je revends toutes mes actions Nestlé ! » et, franchement, je me demande si on a été bien raisonnables de laisser ces gens-là diriger le monde. Mais peut-être que je ne comprends pas bien les rouages de l'économie mondialisée. Et du coup, ça aurait beaucoup mieux marché si la Bourse était entrée en Facebook, plutôt que le contraire. « Le CAC40 a perdu 4 fans aujourd'hui, alors que le Daxx a fait le buzz grâce à sa vidéo d'un chaton avec un haut-de-forme », tout de suite, ça parle aux gens.

Le 12 novembre 2010 à 12:05

Au secours les mots : Eric Pessan défend le mot "grève"

Délivrons les mots récupérés et dévoyés!

Parce que la langue est le lieu d'un champ de bataille idéologique, il faut s'occuper des mots dénaturés ou vidés de leur sens par les politiques et les médias. Klemperer Junior invite des auteurs à les réhabiliter. Postez vous aussi vos contributions ici.Un jour de grève d'octobre 2010, quelque part en France…" Font chier avec leurs grèves"." Mes enfants, je les ai mis à Saint-Blaise, là-bas les profs ne font jamais grève », entends-je ce matin, en accompagnant mon fils à l’école, alors que je suis occupé à regarder le ciel par-dessus le village, magnifique éboulement de nuages tirant sur l’orangé. Le ciel est vaste en haut de la rue du Coteau, et toujours beau. Je le regarde, ce ciel, et me demande si le mot "grève" a un rapport avec la grève, celle du bord de mer ou de rivière, où on peut perdre pas mal de temps à observer l’eau couler sans rien faire. Effectivement, l’arrêt volontaire du travail par les salariés dans un but de protestation doit son nom à la place de la Grève à Paris (maintenant place de l’Hôtel-de-Ville) où avaient lieu les exécutions et où les ouvriers attendaient chaque matin une hypothétique embauche. La place de la Grève, elle, était nommée ainsi parce que située sur une grève de la Seine. CQFD.Ce matin, il a gelé, à peine, un voile blanc sur les champs en contrebas. C’est la grève, ceux qui la font roulent sous les insultes de ceux qui la subissent, on nous répète à loisir que la grève est irresponsable, puérile, idiote, inutile. On vomit un mot, on le brandit comme une menace, comme une malédiction, une erreur, une folie.Partout, la grève provoque de l’attente. Les mains bien au chaud dans mes poches, je fais un petit détour par les vignes avant de rentrer de l’école pour rejoindre mon bureau. L’attente d’un train, l’attente d’un métro ou d’un tramway. L’attente dans le piétinement lent des manifestations : la grève renvoie chacun à la patience matinale des ouvriers qui – chaque jour – espéraient être choisis et gagner le droit d’aller travailler. L’attente est devenue insupportable, le moindre retard ou le moindre report viennent heurter notre routine. C’est la grève, donc, et je me dis que lorsque l’on attend, les yeux dans l’eau ou les yeux dans le ciel, on se met à penser. C’est sans doute pour cela que la grève est belle, que ce mot est magnifique : sur la grève, face aux flux sociaux, aux remous et aux courants, on est seul et on réfléchit.Eric Pessan écrit des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre et des fictions radiophoniques. En un mot, il est auteur. Il collabore avec des artistes plasticiens, ainsi qu'à de nombreux ouvrages collectifs, comme au site remue.net. Ses derniers ouvrages : Un matin de grand silence (avec Marc Desgrandchamps, Ed. du Chemin de Fer), La fête immobile (avec Hervé Plumet, Ed. Presque Lune) et Tout doit disparaître (pièce de théâtre, Ed. Théâtre Ouvert, coll. Tapuscrit).Illustration : Dupont&Barbier www.dupont-barbier.com    

Le 28 septembre 2011 à 08:26

Rock'n'roll high school

Je suis si heureux car aujourd'hui, j'ai rencontré mes amis : ils sont dans ma tête

On m'avait dit « Plus rock'n'roll, ta chronique ! » Du coup, je me suis dit « Je vais me faire une liste. » J'aime bien les listes. Ça aide à structurer sa pensée. Je suis quelqu'un de super structuré. Par exemple, quand je mets mes chaussures, c'est toujours les mêmes gestes. D'abord la gauche. Toujours. Sauf que là, en fait de liste, il s'agissait d'une playlist. Ce qui n'aide pas du tout à structurer sa pensée. Mais ça peut s'avérer utile : l'autre jour, je me suis dit « Tiens, si je me mettais au jogging, car il est important de prendre soin de sa santé. » Comme je n'avais pas structuré ma pensée, j'ai opté pour la lecture aléatoire des chansons contenues dans mon lecteur de mp3. Eh bien ! Figurez-vous qu'à cause du rythme trop effréné des premiers morceaux, j'étais essoufflé comme un bouvier bernois après seulement cinq minutes de course. Donc pour ne pas être essoufflé avant la fin du paragraphe, j'ai décidé de préparer une playlist pour cette chronique. Avec du Nirvana dedans, vu que c'est leur anniversaire, ça leur fera plaisir. Puis j'ai lu un article sur le nouveau Facebook et cette option qui fait que dès que vous écoutez un morceau sur Spotify, c'est immédiatement publié sur votre mur, alors je me suis lancé dans une diatribe sur l'inaliénable liberté d'expression, et si on les laisse faire bientôt jusqu'où iront-ils ?, et j'ai retiré deux Vincent Delerm et un Louise Attaque de ma playlist. Ensuite, je me suis souvenu que je n'utilisais pas Spotify.

Le 5 octobre 2011 à 18:25

Tu veux pas appeler Carla ?

Actutweets : #tuveuxpastwitterbarbier

Quoi de neuf sur les réseaux sociaux ? Pas la peine de vous déplacer : Eole Contrario vous livre les dernières tendances en direct du front. Quand on est journaliste, que l'on soit éditorialiste ou reporter de guerre sous les bombes, il faut savoir prendre des risques. Les serviteurs les plus zélés de l'information sont prêts à tout pour satisfaire à cette mission sacrée. Ainsi, lorsque l'actualité l'exige, le directeur de la rédaction de l'Express, Christophe Barbier, est capable de décrocher son téléphone pour aller à la source, au cœur de l'info la plus brûlante. Le 4 octobre dernier, au péril de sa vie (et de sa crédibilité journalistique), il a ainsi osé contacter la première dame de France pour lui poser des questions cruciales et écrire sur son blog une des plus belles pages de l'histoire de la presse : « Ayant la chance de connaître Carla Bruni-Sarkozy, je lui ai parlé ce matin au téléphone. Elle n’est absolument pas à la clinique et, comme toute femme enceinte, ne connaît pas au jour près le terme de sa grossesse. Par ailleurs, elle est désolée que l’actuel emballement médiatique trouble le travail et le quotidien du personnel de la Clinique de La Muette. » Instantanément, les commentateurs de son blog ont exprimé leur admiration pour cet insolent usage de la liberté d'informer. Bien sûr, il s'en est trouvé quelques uns pour critiquer un prétendu journalisme de connivence et pour menacer de suspendre leur abonnement au magazine.   Pour répondre à ces critiques, Christophe Barbier a repris son clavier aujourd'hui pour expliquer la motivation profonde de son appel de la veille : n'écoutant que son sens du dévouement, il a répondu au SOS d'un collègue « las de faire le pied de grue devant la clinique de la Muette ».   Devant tant d'abnégation, la communauté Twitter s'est empressée de saluer le geste de l'homme à l'écharpe rouge en créant, à l’initiative du compte @Solferishow, le hashtag #tuveuxpasappelerCarla pour transmettre à Christophe Barbier ses soucis du quotidien : lave-linge en panne, recherche de colocation, demande de conseil vestimentaire... Les invocations twittesques ont pris rapidement de l'ampleur et le sujet s'est installé dans le peloton de tête des tendances françaises sur le réseau social. Sûr qu'avec un tel intercesseur auprès de Carla Bruni-Sarkozy, les doléances des internautes ne manqueront pas d'être entendues. Vive le journalisme libre. Et vive la France.  

Le 3 septembre 2015 à 11:20

Kim

Le progrès c'est quoi, enfin je veux dire, le progrès c'est ça alors dis-moi, hein, c'est quoi le progrès et dis, quand et est-ce qu'on y est ? Quelque part sur une plage turque, un enfant de même pas quatre ans fait comme s'il dormait alors qu'il est mort, la tête dans le sable et les pieds dans les vagues, bien mort comme ça, l'air de ne pas y toucher ou de n'y rien comprendre. Il est migrant mais aucun pays n'en veut. Il n'a rien demandé à personne mais tous décident pour lui jusqu'à sa non-nécessité d'être compté parmi les vivants, mais bon, ça fait de belles photos sur Facebook cette tête d'enfant mort du mauvais côté de la vie, c'est déjà ça, ça fait des « like » et des indignations en carton, alors, je veux dire, hein, oui, quoi, c'est ça le progrès ? Quelque part encore, du haut d'une tour, un connard qui domine le monde du haut de son bureau et de l'entreprise qu'il a dirigée quitte cette dernière, déficitaire, avec une jolie prime de plusieurs millions. Il contemple le monde qu'il domine. Ils sont plusieurs à se partager toutes les richesses du monde de cette façon, pour eux-mêmes, bien sûr, mais aussi pour le plaisir d'avoir une masseuse attitrée pour chaque couille et de pouvoir dire sur Facebook « moi, j'ai une masseuse attitrée pour chaque couille », faire des « like » et ça n'empêche pas le monde de soi-disant avancer ni tourner, alors bon, c'est peut-être ça aussi le progrès, d'être un Midas bien burné, je dis ça, bon, pourquoi pas. Quelque part enfin, Kim Kardashian montre ses fesses pour un photographe new-yorkais pédophile parce qu'elle n'a trouvé que ça pour exister alors elle montre ses fesses encore et encore et quand elle s'ennuie elle montre ses fesses, et puis là elle montre ses fesses et elle fait la couverture des magazines avec ses fesses qu'elle montre, et montre, et montre ses fesses et puis elle dit qu'elle est féministe avec ses fesses, qu'elle fait des courses avec ses fesses, qu'elle fait un truc à un moment de la journée genre acheter quelque chose avec ses fesses ou manger un machin avec ses fesses et elle montre ses fesses pendant qu'autour d'elle le monde progresse mais Kim Kardashian, elle, elle s'en fout, elle est féministe et elle montre ses fesses, elle aime ses fesses, elle montre ses fesses sur Facebook et ça génère du « like » et on passe à autre chose en oubliant très vite les millions indécents qui font l'or des couilles de nos dirigeants, la photo de l'enfant mort avec la bouche pleine du sable de notre saloperie de soi-disant progrès, et on vomit le monde sans plus même s'en apercevoir parce que c'est de l'ordre du réflexe. C'est du sable. Du satané sable. Et il s'écoule. Inexorablement dans le bordel ambiant...

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