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Publié le 02/03/2011
 

Laure Albernhe


Rédaction

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Ministre(s) démissionaire(s)


Carte postale d'Allemagne

Il avait été accusé de plagiat. Pas pour la biographie d'un homme célèbre, non, pour sa thèse. Sa thèse de doctorat, lue, donc, par les quelques membres du jury qui lui ont donné son diplôme. C'était il y a plusieurs années, mais le pot aux roses a été découvert récemment. Entre temps, il est devenu ministre parmi les ministres préférés des Allemands et de la chef du gouvernement, Angela Merkel. Et ce ministre beau comme Brad Pitt, Karl-Theodor zu Guttenberg, qui était à la Défense, vient de démissionner, demandant au passage des excuses à "ceux qu'il a offensés". Ici, dans ce bon royaume de France où, décidément, quelque chose est pourri, où l'on plante des tentes dans le jardin de l'Elysée pour un dictateur psychopathe, une ministre "amie d'un ami" d'un Tunisien enfui et un ministre condamné trois fois par la justice n'ont pas démissionné. Non, non. Ils ne sont plus ministres, c'est tout. Sans explication. Et ils n'ont fait aucune excuse…
 

Baudelaire, le rieur


C’est un texte majeur et pourtant méconnu de Baudelaire qui vient tout juste d’être réédité* : De l’essence du rire et généralement du comique dans les arts plastiques, paru initialement dans la confidentielle revue Le Portefeuille le 8 juillet 1855. Pour le spécialiste Alain Vaillant qui oublie toutefois Notes sur le rire (1947) de Marcel Pagnol, il s’agit même du seul essai théorique de toute la littérature française explicitement consacré à la question de l’humour si essentiel dans l’esthétique baudelairienne, lors même que son auteur était « l’âme véritable de la presse artistique et contestataire du Second Empire ». Que dit Baudelaire ? Que le rire, expression de l’orgueil et de la supériorité, est satanique et « donc profondément humain ». Pas trace de cette joyeuse morsure au Paradis Terrestre. « Le Sage craint le rire, comme il craint les spectacles mondains, la concupiscence. Il s’arrête au bord du rire comme au bord de la tentation. » Baudelaire distingue le comique significatif (Molière) et le comique absolu (Hoffman) qui est violence, férocité, grotesque, carnaval, tonnerre, cataclysme, ivresse. A celui-là, bien sûr, va sa préférence. « Pour qu’il y ait comique, c'est-à-dire émanation, explosion, dégagement du comique, il faut qu’il y ait deux êtres en présence ;
- que c’est spécialement dans le rieur, dans le spectateur que gît le comique ;
- que cependant, relativement à cette loi d’ignorance, il faut faire une exception pour les hommes qui ont fait le métier de développer en eux le sentiment du comique et de le tirer d’eux-mêmes pour le divertissement de leurs semblables, lequel phénomène rentre dans la classe de tous les phénomènes artistiques qui dénotent chez l’homme l’existence une dualité permanente, la puissance d’être à la foi soi et un autre . »
Quant au Sage, qu’il continue de trembler ! 

*Baudelaire journaliste. Articles et chroniques choisis et présentés par Alain Vaillant. GF Flammarion, 381 p., 8,90€.

Tahar Ben Jelloun : "Chaque religion a ses idiots"


Tahar Ben Jelloun : "Chaque religion a ses idiots" Théâtre du Rond-Point ventscontraires.net
Dominique Blanc vient de lire au Théâtre du Rond-Point son dernier texte "Par le feu", une fiction où Tahar Ben Jelloun reconstitue les jours qui ont précédé le sacrifice de Mohamed Bouazizi.
Occasion pour ventscontraires.net de lui demander son avis sur les actions des intégristes religieux catholiques contre les spectacles de Romeo Castellucci et de Rodrigo Garcia...

De qui se moque-t-on ?


6. Le froid

Le froid est une sensation désagréable. Vous en pensez ce que vous voulez, mais moi je n’y suis pas favorable. Intellectuellement, d’abord, je n’en vois pas la nécessité et, physiquement aussi, je dis non. C’est bien simple, tout mon corps se rétracte avant même d’en éprouver la sensation, à cette seule idée. Ma peau glabre se hérisse comme le poil d’un chat livré aux chiens. Mon sexe se replie, se recroqueville, quasiment s’invagine dans une tentative désespérée de trouver en lui-même la volupté dans ce monde hostile. Chose certaine, il ne se dressera pas, ne se tendra pas, ne pointera nulle direction qui serait encore celle d’un pôle, il ne veut rien avoir à faire avec le froid, ni briser la glace ni fendre du bois pour le feu. Le froid est un bien lamentable phénomène. Nous voici à claquer des dents comme pour mettre en pièces un gibier – et pourtant, quel maigre repas de squelette ! Nos lèvres bleuissent. La mort a posé son doigt sur elles. Nos mains gourdes ont renoncé aux caresses, à la musique, aux délicats travaux de couture ou d’écriture. Oui, nous pouvons encore assommer un phoque avec ces battoirs, et c’est à peu près tout. Nous nous couvrons. Nous sommes les prédateurs impitoyables du mouton. Nous le guettons depuis de hautes branches et nous lui tombons dessus avec une sauvagerie qui l’incline à préférer la compagnie du loup. Nous revêtons ses défroques ; jusqu’à ses pattes grêles qui nous fournissent inexplicablement deux paires de chaussettes épaisses. En grattant entre ses oreilles son crâne lisse et ras avec nos ongles, nous lui arrachons même un pompon pour notre bonnet. Peine perdue. Le froid s’infiltre sous ces lainages comme une lame. À son tour, il nous tond, il nous écorche vifs. À notre tour, nous ne savons que bêler dans le phylactère de buée attaché à nos lèvres. Quant au rhume, il nous pend au nez. La morve goutte à nos canalisations gelées. Transis jusqu’aux moelles, grelottant, nous n’éprouvons plus rien, aucune des sensations fines qui nous distinguent de la bûche ; à l’instar de celle-ci, d’ailleurs, nous rêvons aux flammes qui nous rendraient nos couleurs et notre esprit crépitant. Nous sympathisons avec les chenets à tête de sphinx ; immobiles et taciturnes, ils sont nos plus joyeux lurons et francs camarades. Alors que faire ? Je ne vois qu’une solution : chauffons ! Chauffons, mes amis, brûlons tout ! Ce monde inflammable ne demande qu’à s’embraser. Croyez-vous donc que la fine allumette qui ravage la forêt – première pousse de l’incendie qui sera le futur jardin d’Eden – laissera de bois nos charpentes, qu’elle laissera de marbre la banquise ? Puis nous irons sur les neiges fondues, sur les braises ardentes, sur les cendres moelleuses, dans un hammam aux dimensions du monde, attendris jusqu’à la pâmoison par la douceur nouvelle des choses.
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