Road-momie
Si le chat du Cheshire, inventé par Lewis Carroll, a la faculté de s'escamoter en ne laissant subsister que son sourire, c'est plutôt une grimace voire un rictus qui s'affiche à même la calandre du véhicule de campagne de l'ex-Président, après sa brutale sortie de route du 6 mai … Le malheureux serait si peu en mesure de se dissocier de cette épave, échouée dans ce no man's land, que jour et nuit il resterait prostré, nous dit-on, sur la banquette arrière défoncée. Espère-t-il que par le prodige d'une jouvence retrouvée la triste bagnole, redevenue roulante et même clinquante, voire bling-bling, lui permettra de remonter les Champs, certain jour triomphal du mois de mai 2017 ? Mais peut-être, à l'inverse, n'a-t-il remisé son petit corps entre les misérables flancs, rien moins que magiques, d'une carrosserie déjà déglinguée, que dans la seule espérance qu'il s'y momifie pour que les anciens idolâtres de sa présidentielle personne puissent aller en pèlerinage à ce tombeau de tôle, et tirer le portrait de sa dépouille plus desséchée que dans l'album de Tintin celle de Rascar Capac qui, frappée par la foudre, ne laissera d'elle que ses bijoux …Tout comme pourraient bien ne rester, de la momie elle aussi finalement foudroyée de Nick, en son sarcophage de métal et de rouille, que les iconiques Ray Ban et l'emblématique Rolex.