Marie Nimier
Publié le 03/07/2014

2m50


Encore une histoire de sexe

Ils sont dans l’obscurité totale, sous l’eau, à 1500 mètres de profondeur.

Ils mesurent 18 mètres de long, pèsent chacun leur trois tonnes, et possèdent à eux deux 16 bras et 4 tentacules.

La femelle ? Elle fait sa timide.

Ce que l’on comprend, quand on sait que l’organe sexuel de son partenaire mesure 2 mètres 50 de long et qu’il fonctionne comme une seringue hypodermique à haute pression. Son but pour assurer la survie de l’espèce est de percer le bras de sa dulcinée pour la féconder. Avec sa lance à incendie, il attaque tout ce qu’il trouve, et parfois, sans le vouloir, c’est à lui-même qu’il fait l’Amour.

Son nom est truffé de A : Il s'agit du calamar géant. Sa réplique minuscule pourra, farcie, frite ou à l'armoricaine, se retrouver dans nos assiettes et nous pénétrer de sa texture si particulière. Mon suc te remonte à la gorge, chantait Léo Ferré, avec son goût d’entre dégoût. C’est l’éternité qui dégorge, et la mort qui tire son coup.

Un autre animal, de la même façon, injecte son sperme dans n'importe quelle partie du corps de sa partenaire — le dos, le cœur, la tête. Un animal petit, noir, et non comestible que l’on trouve aussi sur les bureaux… Des fourmis ? Non, pas des fourmis. Des mouches ? Non, sur un bureau… Des trombones ? Non, pas des trombones, tu chauffes… Des punaises ? Bingo ! Les fameuses punaises de lit qui envahissent les capitales américaines, allant jusqu'à occuper les étages élevés de l'Empire State Building au grand dam des services de la morale sanitaire. Les mâles sont de formidables fornicateurs, ils font l'horrible chose plus de deux cents fois par jour. Avec d'autres mâles punaises, ou des femelles, ou n'importe quoi qui passe par là.

Un chat. Une cuisse. Une chauffeuse.

Ça laisse rêveuse.

Marie Nimier est née. Après avoir chanté au Balajo et fait la manche avec les Inconsolables, elle s'est mise à écrire des romans, une dizaine, publiés chez Gallimard et disponibles en Folio, dont La Reine du silence (prix Médicis 2004). Quand elle n'écrit pas, elle écrit des chansons, pour Juliette Gréco par exemple, ou des textes pour la scène. Elle a aussi un site internet où l'on trouve le détails de ces informations. Le plus simple, c'est d'y aller. http://marienimier.com 

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Marie Nimier

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Le 7 juin 2010 à 18:15

Des baisers

ventscontraires.net se prend le temps d'une interview pour un magazine féminin

Une centaine de très beaux garçons défileront sur les Champs-Elysées le 9 juin, avec pour seule mission de nous embrasser ! Nous, les filles, les femmes, les moches, les belles, les diplômées et les sans le sou, les mariées, les solitaires, toutes, sans distinction ! Rendez-vous à 15h en face du drugstore Publicis, pour une arrivée vers 17h à la hauteur du Théâtre du Rond-Point.Il n’y aura rien à vendre.Juste à déguster.Mais qui se cache derrière cette initiative ? Une certaine Sophie Bramly, créatrice du site Second sexe, productrice de films X créés par des femmes et auteur de « L’orgasme on s’en fout, éloge du plaisir féminin ».ventscontraires.net : D'où viennent ces créatures magnifiques qui vont défiler sur les Champs en distribuant des baisers, à deux jours de l’ouverture du Mondial ?Ils viennent tous d'une agence de mannequins. Je me suis accordée le privilège de les choisir un par un. Ils seront payés. Je dois avouer que je range dans mes fantasmes l'idée de payer les hommes, alors pour l’occasion, j’ai cassé la tirelire de la maison.ventscontraires.net : - Embrasseront-ils avec la langue ?De nos jours les garçons deviennent un peu timides. Je crains que certains refusent, fassent les farouches, rougissent même. J'espère bien qu'il y aura quand même des intrépides, un peu joueurs, qui succomberont au charme des parisiennes conquérantes, sur la plus belle avenue du monde.ventscontraires.net :  Est-ce qu'on aura le droit de leur toucher les fesses, comme le font les hommes dans les transports en commun, sans nous demander l'autorisation ?Là encore, il faut s'attendre à ce que certains soient choqués d'être hommes objets sans droit à la parole, victimes. Mais je suis sûre (parce que j'ai vu des yeux qui en disaient longs) que certains trouveront la caresse bien douce, ou mieux, excitante.ventscontraires.net :  Croyez-vous qu'humour et sexualité peuvent faire bon ménage ? Au moment de "passer à l'acte", ne font-ils pas chambre à part ?Hmm. Cela dépend de la manière dont on passe à l'acte. Dans un rapport charnel intense, avec vraie alchimie de phéromones et décharges maximales d'ocytocine, l'humour serait comme une goutte qui fait déborder le vase. Dans la manière moins engagée avec ce qu'il est de goût médiocre d'appeler "fuck friends", on peut inclure l'humour, mais on risque quand même de jouir moins fort, ce qui est dommage.ventscontraires.net : Un message spécial pour les lectrices de ventscontraires.net ?On s'est décarcassées pour vous trouver des hommes à tomber, et comme c'est pas tous les jours qu'il y a des cadeaux si doux et séduisants qui se présentent, je vous encourage vivement à les découvrir !ventscontraires.net : Et pour les lecteurs ?Nous aimons trop les hommes pour les exclure. Il y aura quelque chose pour eux vers la fin de l'année, mais qu'ils soient assurés d'ici là de notre considération distinguée et maximale et qu'ils n'aient crainte des changements qu'ils observent. Rien n'est castrateur dans la nouvelle tendance féminine, au contraire, une femme qui connaît son corps et aime jouir libère l'homme de demandes économiques quelques fois pesantes (rivières de diamants et cabanes au Canada) et en général prend du plaisir à en donner (du plaisir). Bref, une cascade de jouissances en vue !http://www.secondsexe.com/magazine/Avalanche-de-baisers-sur-les.html

Le 30 mars 2015 à 09:03

Vienne le temps des âmes incendiées

On dit parfois que la politique consiste dans la distinction entre l’ami et l’ennemi. On dit aussi que l’Autre est la figure de notre question ; qu’il est « notre » question parce qu’il est celui qui nous remet en question ou qui nous pousse à mettre en équation des principes qui, sinon, nous resteraient inaperçus. Mais cette question ne se pose jamais qu’imparfaitement ; cette question ne se pose qu’incomplètement. Dans le carnaval de l’être, l’autre et le même brouillent leurs identités à la première occasion. Ils échangent leur masque dès qu’on a le dos tourné. Au fond, même le plus ignoble des suprématistes racistes sait que l’Eskimo le plus éloigné de lui-même est capable de comprendre sa logique. Et même le plus parachevé des universalistes admet que son voisin de palier n’est pas fichu de saisir ses intentions. Au fond, il n’y a qu’un seul Autre qui soit vraiment Autre, et c’est celui ou celle dont l’existence nous fout en l’air. C’est celui ou celle dont la réalité nous bousille. Il n’y a qu’un seul Autre, c’est celui ou celle qui nous submerge, nous blesse, nous anéantit, nous réduit en miettes. Face à elle ou lui, nous nous retrouvons à parler comme Job dans son fumier : Mais si je vais à l’orient, il n’y est pas ;Si je vais à l’occident, je ne le trouve pas ;Est-il occupé au nord, je ne puis le voir ;Se cache-t-il au midi, je ne puis le découvrir.Ce que son âme désire, il l’exécute.Il accomplira donc ses desseins à mon égard,Et il en concevra bien d’autres encore.Voilà pourquoi sa présence m’épouvante ;Quand j’y pense, j’ai peur de lui.Cet autre, c’est celui qui a la clé de notre mort et qui se tient devant le seuil qui nous sépare de notre vie. Cet autre, c’est tout ce qui nous sépare ; c’est tout ce qui fait de nous un laissé pour compte, un abandonné, un exilé. C’est notre amour, notre assassin, notre double, notre ogre. Cet autre, c’est celui ou celle dont la force nous déconcerte, dont la faiblesse nous épouvante. C’est celui ou celle dont l’étrangeté nous remplit de haine et de désir. Cet autre, même si c’est le dernier des connards ou la pire des idiotes, et surtout si c’est le dernier des connards ou la pire des idiotes, c’est la divinité. C’est le visage de la divinité tourné un instant vers nous, portant le masque de notre persécuteur.Parce qu’il n’y a qu’une seule rencontre véritable de l’autre, c’est de tomber amoureux, et c’est pourtant la chose qui nous sépare le plus. Parce qu’on a goûté à deux la fusion unitive de l’érotique sacré, parce qu’on a vécu un instant la nostalgie de l’âge d’or, tout chez l’autre nous rend possiblement fou : ses absences, ses présences, ses silences, ses signes. Alors on revit, à la vitesse de l’éclair, la chute dans le Temps. On a retrouvé un bref moment l’Eden prénatal et on est violemment retombé dans l’Age de Fer. Viens, étoile absinthe. On a retrouvé les jours qui passent et leur horreur. Déjà la chute de la fusion érotique aux affaires du jour avait entraîné la colère, la haine, les jalousies maladives, les disputes incessantes. Si la passion amoureuse ne se soldait pas dans le double détournement, on chuterait encore et on deviendrait un couple ou quelque chose de ce genre. De guerrier on deviendrait commerçant. On commencerait à s’organiser ensemble, à faire nos comptes et à régler nos factures. Avant la dernière étape, la plus laide : celle des vieux partenaires domestiques d’où tout feu est éteint mais que rien ne peut séparer. Il ne leur manque que le boulet aux pieds pour ressembler aux pénitents auxquels leur résignation nous fait toujours penser.Lorsque notre grand amour nous quitte, c’est le plus beau cadeau qu’il puisse nous faire. Inconsciemment, il n’a pas supporté l’idée de voir le sacré se transformer en profane. Il a préféré la mort à la quotidienneté, la violence à l’ennui. La séparation est alors une blessure si béante que nous avons l’impression d’être troué ; l’impression d’avoir, à la place du cœur, une plaie : cette plaie seule apte à laisser filtrer la lumière. Ce n’est pas lui ou elle qui nous a quitté, c’est la divinité qui s’est retirée d’eux. Ce n’est pas l’amour de notre vie qui est devenu un étranger, c’est l’ange de lumière qui a quitté son corps et a regagné l’un des cieux de son âme.    L’amour n’est pas chose humaine. L’amour est la stratégie des dieux pour nous rappeler que la réalité n’est pas profane et que la vie n’est pas quotidienne. On devrait s’en moquer – que l’amour entre nous et l’autre s’arrête un jour. Ce qui devrait compter, c’est la pureté du sentiment amoureux initial, qu’il faut ensuite réussir à transférer dans nos actions de tous les jours. C’est la pureté de l’instant initial de l’amour qu’il ne faut cesser de fondre dans la matière du Temps – et chaque affaire que nous traitons doit être éclairée par la même ferveur que celle de la fusion érotique. C’est peut-être ça la sainteté : cet état où chaque geste que nous produisons est une lettre d’amour, où chaque rencontre est un transport, et chaque sourire une adresse à la divinité dont on voit la flamme brûler dans l’âme de l’autre. Comme disent les oracles chaldéens : « Espérance au contenu de feu sera ta nourriture. » Vienne le temps des âmes incendiées.

Le 30 mars 2015 à 13:39

Rodrigo García : "Nous ne savons pas aimer"

Rencontre avec l'écrivain, metteur en scène et directeur de théâtre Rodrigo García au resto du Rond-Point. 2e épisode : l'autre. "Pour moi, l'idée de l'autre est très simple : je ne peux pas croire qu'en cet instant même il existe dans le monde des millions de gens qui vivent leur propre vie, je ne peux pas le croire et moi je ne fais en aucune manière partie de leur vie, pourtant j'aimerais les connaître, j'aimerais qu'ils me connaissent, les Chinois, les Boliviens, les Vietnamiens, les Allemands... Ça me semble miraculeux, incroyable que tous ces gens vivent leur propre vie et que je n'aie aucune relation avec leurs vies. C'est quasiment une chose religieuse, je le vois comme si nous étions tous des éléments d'un même être et il y a un démembrement douloureux qui fait que nous ne sommes pas proches, que nous ne connaissons pas. C'est absurde, ridicule mais il y a un mal-être en moi généré par ça, une grande curiosité, un grand désir de voir ce qui arrive aux autres, mais aussi  peut-être une chose sexuelle, je pense que ça me plairait de baiser avec tous ces gens ! Ce qui me surprend c'est que les autres, c'est finalement comme  du spiritisme… Tu vis seul et tu meurs seul, toutes les relations que tu peux avoir dans ta vie – amitié, famille, enfants – je les considère comme des ombres, pas comme des choses réelles. Les seules choses réelles sont les choses physiologiques, la mort bien sûr. Le reste ce sont des inventions pour nous distraire de l'idée principale : nous vivons et que nous mourons seuls. Alors j'ai envie d'être au contact de tous les gens, mais dans le même temps, je sais que c'est impossible, je sais que c'est impossible même que nous soyons ensemble, tous les trois, là, à discuter. Il y a beaucoup de mondes, j'imagine, la réalité que nous avons ici, dans un théâtre à Paris, notre travail, notre manière de vivre ne ressemblent en rien à la vie que peuvent avoir les gens en Bolivie, en Alaska. C'est une question de mondes intérieurs. Je vis dans cette société capitaliste, occidentale, nous connaissons les règles du jeu plus ou moins, mais je pense que ce n'est pas vraiment ça le problème. Je remarque un autre modèle social, économique que je connais de près : c'est la pauvreté, ces gens qui vivent sans argent au Brésil ou en Argentine. C'est quelque chose que je connais bien parce que j'ai vécu là-bas et il y a quelque chose qui continue de me déranger, c'est une forme de moralité, de règles morales qui sont les pires selon moi. Ça n'a pas tant que ça de rapport avec le pouvoir d'achat ou la société de consommation, mais avec une morale horrible, castratrice, une morale catholique, je pense que c'est un problème finalement religieux, surtout en Amérique latine. Ça me préoccupe presque plus, l’égoïsme qui ne connaît finalement pas beaucoup de différences – que ce soit l'égoïsme d'une personne avec beaucoup d'argent, d'un banquier ou celui d'une personne qui n'a rien. Ce qui retient mon attention, c'est la difficulté d'aimer, le fait que nous ne sachions pas aimer. Je pense que c'est plus profond que ces problèmes économiques qui sont évidents. Je dénonce dans mes spectacles cette manière de vivre pour travailler, de consommer, etc., mais je pense que c'est en fait secondaire. Il y a surtout un problème dans la difficulté de trouver une forme de sérénité et d'être plus ouvert à ce qui arrive aux autres. Mais certainement, ce doit être humain de ne pas en avoir la possibilité." Traduit de l'espagnol par Vincent Lecoq

Le 2 juin 2014 à 07:00

Et au lit, comment ça se passe ?

l'Edito

Le sexe. Marronnier des marronniers pour une presse en panique de lecteurs : « sexe chez les ados », « sexe et politique », « comment être un bon coup », « tendances et nouvelles pratiques »… Notre intimité fait vendre, comme si le voyeurisme des médias venait redoubler notre curiosité pour une guerre sans précédent menée contre le plus secret des continents, peut-être le dernier : notre fort intérieur. La traçabilité des vies, des désirs et des âmes est en cours. Et tout se met en place pour qu’il ne soit même pas nécessaire de faire voler des drones à taille de moustiques au-dessus de nos alcôves : les corps iront gentiment se publier eux-mêmes, les pratiques sexuelles s’homogénéiseront autour du scénario standard élaboré par une pornindustrie qui se rêve d’être considérée comme l’accomplissement mondial des philosophies libertaires. Jouissance obligatoire pour tous. Voilà le décor, version film catastrophe. Sauf que nos vies se foutent d’être ou non dans la bible de la série, vous ne croyez pas ? Au lit ça me regarde. Et je t’y regarde. Je bois ta tendresse et les mots qui vont avec. Je crève d’en manquer. Au lit, j’y meurs souvent comme une viande lourde écrasée par la journée. Je m’y consume aussi, offert aux petites morts de l’amour, du sommeil et des rêves. Mon lit est le dernier carré de forêt libre où rester magicien. Il n’est pas à vendre. Il est à partager.

Le 17 juin 2014 à 10:40

Camille : "Pour moi, ça se passe bien"

Et au lit, comment ça se passe ? 

Camille se décrit comme épicène (adj. é-pi-sê-n’ : qui désigne indifféremment l’un ou l’autre sexe) et mauvais genre.  Il/elle écrit depuis maintenant une dizaine d’années sur la sexualité et pilote le blog Sexpress après avoir co-fondé Rue69. Ventscontraires.net lui a posé quelques questions.   Et au lit, comment ça se passe ? (pour vous, pour la France, pour le monde...) ? Pour moi, ça se passe bien, parce que j'ai la chance que mes pratiques sexuelles soient admises socialement. Si j'aimais qu'on me fouette, ça serait un peu moins bien. Si j'aimais les chevaux, je serai zoophile et je n'aurais pas le droit (depuis 2004)... Par contre, on peut attacher une jument pour la faire prendre de force par un étalon. Pour la France, là encore, pour moi, les choses vont plutôt bien. On est, certes, un peu pudibond : il est très grave que des gens vous voient faire l'amour mais l'interdit étant un gros stimulateur du désir, c'est pas si mal. Pour le monde... tant qu'on aura des dizaines de pays dans lesquels être homosexuel est passible de la peine capitale, ça n'ira pas très bien.   Pourquoi s'intéresse-t-on tellement à ce qui se passe dans le lit des autres ? Quid des religions et des ligues de vertu ? Parce qu'on s'intéresse à la reproduction et au contrôle des pulsions. Les religions et ligues de vertus sont dans cette double injonction de contrôle de la population. La société demande aux individus d'être transparents sur la sexualité mais de ne rien faire en public, c'est un peu paradoxal   En période de crise (économique, notamment), le lit est-il le dernier refuge ? Peut être... il parait que l'industrie du sex-toy n'est pas touchée par la crise!   La parité au lit, on en est où ? (les rapports de domination homme-femme ont-ils réellement évolué ?) Ca dépend où géographiquement. Mais le fait que les femmes gagnent en maitrise de la contraception change clairement les choses   Le tsunami porno, mythe ou réalité ? Quid de son influence réelle ou non sur la sexualité des jeunes ? Réalité au sens où ça change le rapport le rapport à la sexualité des jeunes. L'influence réelle est dans les pratiques (les jeunes femmes sucent, s'épilent....) mais pas tellement dans la construction des relations. Les jeunes restent très romantiques et dans la découverte.   En quoi Internet a-t-il, selon vous, changé la donne ? La question mériterait un livre... l'accès au porno tel que le racontait Richard Allan quand il était douanier et qu'il saisissait les films en provenance du Danemark n'est évidemment pas le même qu'aujourd'hui où il est difficile de trouver un gosse de 10 ans qui n'a jamais vu un extrait de film porno   Le succès de « 50 shades of grey » donne l'impression d'une démocratisation du SM. Vraie tendance ou épiphénomène médiatique ? Epiphénomène médiatique je pense ; il faudrait faire une enquête aujourd'hui pour voir si les pratiques ont vraiment changé. Intuitivement je n'y crois pas trop. J'avais posé des questions il y a 6 mois et cela restait "juste un livre", comme Harry Potter n'a pas changé le rapport à la magie des enfants ou le racisme dans le monde. La vraie démocratisation du SM est liée à des initiatives encore marginales comme l'érosticratie qui propose un festival d'explorations érotico-artistiques.   Le lit, espace de créativité ou bastion du conformisme ? Les deux... mais le conformisme c'est bien. Il y a une phrase de Jacques Brel que j'aime beaucoup:  "Passent aussi, indifférents
 Quelques jeunes gens faméliques
 Qui sont encore confondant
 L´érotisme et la gymnastique"   Comment imaginez-vous le sexe dans 10 ans ? 50 ans ? 200 ans ? Où ? Au Japon, je vois des sex-toys futuristes avec des sexes en plastique incroyables... Dans 10 ans, en France, je dirai un retour du poil qui s'amorce. Dans 50 ans, avec un peu d'optimisme, les hommes maîtriseront leur contraception eux-mêmes (sans passer par les femmes). Dans 200 ans, par contre, on aura bien eu une centrale nucléaire qui aura explosé.   On entend beaucoup parler de « bons coups » ou de « mauvais coups ». Qu'en pensez-vous ? Quelques conseils ? Ecoutez-vous, écoutez les autres... "Mes" bons coups étaient souvent musicien(ne)s. Je parlerais plutôt de "bons couples" et de "mauvais couples" mais clairement les personnes qui savent s'écouter et décrypter le corps de l'autre sont plus faciles pour prendre du plaisir ensemble.  

Le 12 mars 2018 à 17:29

Pierre Guillois : "Opéraporno, c'est pas moi qui ai eu l'idée !"

Opéraporno de Pierre Guillois et Nicolas Ducloux arrive le 20 mars au Rond-Point. Comme l'écrit Jean-Michel Ribes : la comédie, en faisant la satire de la pornographie "plutôt que de la rendre plus désirable encore en l’interdisant, n’est-elle pas la meilleure façon de lui ôter son venin ? Le cinéma s’en est parfois occupé, le théâtre un tantinet, l’opéra jamais. Voilà qui est fait grâce à Pierre Guillois et à Nicolas Ducloux." – Opéra ? Pierre Guillois — Il s’agit plutôt d’un bouffe ou d’un théâtre musical, mais accoler porno et opéra est irrésistible et indique mieux l’endroit de profanation sur lequel nous prétendons nous divertir avec les chanteurs. La musique légère connaît une tradition grivoise... Nous poussons seulement le bouchon un peu plus loin, époque oblige. Sous les atours « faciles » d’une œuvre libertine se cache un défi immense : celui de conduire une pièce lyrique dans les affres du sexe le plus déviant en relevant le pari d’une comédie réussie et d’une musique capable d’émouvoir.   — Porno ? — Notre opérette (donc) est plus ordurière qu’érotique. Est-ce encore de la pornographie ? Probablement pas. Mais scandaleuse oui et sexuelle absolument : l’ordre familial est pulvérisé et son ciment moral détruit à coup de sodomie, inceste, pratiques scatologiques et autres perversions particulièrement dégoutantes. Les interprètes ne seront pas exposés tels des acteurs de film X mais devront jouer de sensualité pour incarner dans toute leur complexité ces protagonistes lubriques lâchés au cœur de situations intolérables et terrifiantes.   — Comique ? — La seule clé de notre salut est l’humour. Le rire seul nous sauvera du véritable outrage. Il ne s’agit pourtant pas de prendre tout cela à la légère. En se jouant des plus grands tabous, des peurs les mieux enfouies, l’écriture prétend faire jaillir un humour particulièrement féroce. Le rire n’en sera que plus libérateur, plus puissant, provenant du plus profond, du plus intime, du plus secret de l’être – car nous avions oublié que toutes ces choses étaient possibles et combien elles étaient interdites   En partenariat avec Théâtre-Contemporain.net qui a réalisé cet entretien

Le 25 juin 2014 à 09:56

Agnès Giard / Sex in Japan #3

Ventscontraires.net a interviewé l'écrivain et journaliste Agnès Giard, spécialisée dans les questions de la sexualité, en particulier au Japon. On lui doit notamment Les Histoires d’amour au Japon. Des mythes fondateurs aux fables contemporaines (Glénat), Les objets du désir au Japon (Glénat) et L'imaginaire érotique au Japon (Albin Michel). Troisième et dernière escale au Pays du Soleil Levant. Diriez-vous que les Japonais sont plus libérés que les européens en matière de sexualité ?Dans nos cultures monothéistes, ce sont les instances religieuses (maintenant déguisées en instances médicales) qui - prenant en charge la gestion des sexualités -, ont mis au point une typologie des pratiques classées par catégories : « licite » et « illicite ». Au Japon, la religion qui domine les activités liées à la vie, c’est à dire le shintô, ne comporte aucune table des lois ni aucune liste d’interdits. La sexualité est donc « libre », pourvu qu’elle n’entre pas en conflit avec les règles de vie en société, c’est à dire l’obligation d’élever des enfants. On est marié, père ou mère de famille à l’extérieur. A l’intérieur, on est tout ce qu’on veut et si possible heureux. Tous les plaisirs sont dans la nature, considérés comme des besoins aussi naturels que la soif et la faim. Pour Itsuo Tsuda, adepte du seitai : « Quand un organe accomplit sa fonction normale, on éprouve un plaisir naturel. Il y a du plaisir quand on mange à sa faim. Je ne vois pas pourquoi on doit faire exception des organes génitaux. » La plupart des Japonais qu’il m’a été donné de rencontrer semblent adhérer à cette vision des choses… A noter que le mot hentai qui se traduit couramment « pervers » peut aussi se traduire « changement, mutation, transformation ». Il renvoie à des processus de métamorphose considérés comme les seuls moyens dont les êtres vivants disposent pour affronter le danger ou accéder à des niveaux supérieurs . La place de la femme y est-elle fondamentalement différente ?Au Japon, l’identité sexuelle relève de la performance. Le corps n’est que le véhicule temporaire d’une identité qui circule à travers des objets, des plantes ou des animaux, au fil des réincarnations ou des rêves… Certains représentants shintô défendent l’idée selon laquelle chaque humain possède quatre âmes, capables de voyager dans l'espace et le temps. Quant aux adeptes du bouddhisme, ils affirment que d’une vie à l’autre, l’être change de forme constamment. On peut donc renaître dans un corps de femme après avoir été homme, et retrouver une personne aimée dans sa vie précédente, tout en ayant changé de sexe biologique. Cet amour-là est-elle homosexuelle ou hétérosexuelle  ? La question n'a aucun sens. Les Japonais se contentent donc de souligner que le corps, par nature impermanent, n'est qu'un support d'expression. Il s'agit de se construire en fonction de désirs, aussi ambivalents que ces parts féminines et masculines qui nous portent à bouger, adopter des postures, des tons de voix, des manières de s’habiller et de se coiffer suivant des chorégraphies comparables aux kata des arts martiaux… Pour devenir femme au Japon, il suffit d'adopter un kata de femme. Les onnagata (littéralement «  forme de femme  »), acteurs de théâtre kabuki spécialisés dans les rôles de princesse ou de prostituée, avaient donc au XIXe siècle leurs entrées dans les bains des femmes, lorsque ces bains sont devenus séparés. Il aurait été choquant de les en exclure sous prétexte qu'ils n'avaient pas les «  bons  » organes génitaux. « Une femme n’est pas un trou » (onna ha ana ja nai). Le Japon, un pays à la pointe dans la technologisation du sexe ? Précurseur de ce que deviendra le sexe en Europe et dans le monde ?Le mot « technologisation » me semble péjoratif. Disons que l’industrie des objets sexuels est très développée au Japon, tout comme la production de ces autres adjuvants que sont les images érotiques ou pornographiques. A l’époque Edo, ainsi qu’Andrew Gerstle, historien spécialisé dans les «  images de printemps  » le précise : «  les valeurs véhiculées par les shunga sont celles du plaisir, partagé par tous. De nombreux ouvrages établissent que les hommes doivent apprendre les techniques et s'efforcer de procurer du plaisir aux femmes. Wagô (l'harmonie entre les sexes) est souvent présenté comme un idéal.  » En 1821, l’artiste Katsushika Hokusai publie un livre qui s'achève sur la représentation minutieuse de jouets sexuels. Ce livre s'intitule Manpuku Wagôjin, «  Les 10 000 dieux de l'harmonie entre les sexes  »… Tout comme ces «  images pour rire  » (warai e) dont le nom commence par la syllabe wa (harmonie), les «  instruments pour rire  » (warai dôgu) sont censés donner l'accès au bonheur, suivant une logique mimétique qui attribue au plaisir sexuel la valeur d'une expérience faste. La masturbation elle-même est une action bénéfique  : il s'agit d'attirer sur soi la félicité… en se la procurant. Dans les années 50-60, à la faveur de la libération sexuelle, les jouets pour adulte vont donc progressivement réapparaître sur le marché japonais comme des auxiliaires de jouissance, des ustensiles indispensables pour explorer son corps et apprendre à s'en servir mieux. Signe des temps  : au début des années 2000, la masturbation, synonyme de maîtrise, est associée à une pratique connue sous le nom de  sundome qui signifie «  contrôle » dans le vocabulaire du judo. Lorsqu'il est inscrit sur les jaquettes des vidéos d'AV, sundome signifie que l'acteur se masturbera jusqu’au point extrême du plaisir puis stoppera net juste avant l’éjaculation et cela, à répétition, tout au long d'une ascèse filmée à la manière d'une épreuve sportive. Epreuve assaisonnée de suspens : l'acteur parviendra-t-il à se retenir  ? Leader sur le marché des jouets masturbatoires, la firme Tenga, qui voit le jour en 2005, fait sa spécialité d'outils conçus comme des stimulateurs haute technologie, dont le design est calqué sur celui d'ordinateurs  : ce sont les «  équivalent d'Apple dans l'industrie du sextoy  ». Leurs noms  – Egg, Flip hole, 3D – jouent sur l'image de jouets issus de la recherche en réalité virtuelle et en cybernétique. Afin de démontrer l'efficacité de ces produits, Masanobu Sato, employé de la firme Tenga, participe en 2008 au concours international Masturbate-a-thon, à San Francisco. Il s'inscrit dans la catégorie «  endurance  » et enregistre le record de la masturbation la plus longue du monde  : il se maintient en érection pendant 9 heures et 33 minutes, à l'aide tout l'arsenal des produits Tenga et notamment d’une gaine masturbatoire appelée Egg. Un an plus tard, le 2 mai 2009, Masanobu Sato se réinscrit au Masturbate-a-thon et bat ses 50 concurrents à plates coutures en maintenant son pénis rigide pendant… 9 heures et 58 minutes. Il bat son précédent record de 25 minutes, devant un jury sidéré. A un journaliste du Nikkan Gendai, il explique: « J’ai une petite copine. Mais même quand elle prépare le dîner, je ne peux pas m’empêcher de me masturber. Je me masturbe depuis l’âge de 5 ans. Je dois mon endurance à cet entraînement intensif, à l’utilisation du Egg, à mon imagination mais peut-être surtout à mon alimentation. J’adore toutes les nourritures visqueuses: le natto (haricots de soja fermentés), l’okra (variété de poivron visqueux), le mekabu (partie génitrice de l’algue wakame)…». Il est stupéfiant de constater la permanence, depuis au moins l’époque Edo, de ces associations d’idée entre les aliments glaireux et le pouvoir qui leur est attribué. Manger du gluant : offrir à son corps une vie nouvelle. Se replonger dans les substances visqueuses : revenir aux origines. Le Kojiki raconte que les graines qui servent de nourriture aux humains sont sorties du corps d’un dieu en putréfaction. Il me semble qu’il y a un lien évident avec cet outil masturbatoire appelé Egg, si évocateur de la cellule fécondée, de la graine et du germe divin. Pour finir avec le Japon, diriez- vous que le Japon est « à la hauteur » de nos fantasmes sur ce pays ?Il y a surtout beaucoup de quiproquos. On fantasme un pays de couples sexless, de femmes soumises et de célibataires frustrés qui reniflent des culottes… en oubliant un peu trop vite la leçon de Montesquieu : comment peut-on être nippon ? > Première partie de l'interview

Le 11 août 2015 à 08:05

Etienne Klein : Pour comprendre le boson de Higgs, l'exemple du ski

Vous avez dit "boson de Higgs " ? #4

Quand le langage scientifique défait tout ce que nous savons du monde, il faut au moins le talent de conteur du physicien Etienne Klein pour nous le restituer à travers le grand bruit provoqué par la détection du boson de Higgs au CERN le 4 juillet 2012. Le boson de Higgs est à l'évidence une drôle de chose. Mais au fait, s'agit-il vraiment d'une chose ? La détection du boson de Higgs au CERN fut annoncée urbi et orbi le 4 juillet 2012, pas moins de 48 ans après que des physiciens théoriciens ont prévu son existence. Cette découverte est fondamentale en physique, mais pas seulement : elle a aussi des implications philosophiques qui viennent défaire le lien que l'on a l'habitude de faire, depuis la naissance de la physique moderne, entre le concept de matière et celui de masse. En général, nous pensons que ces deux notions sont ontologiquement intriquées : que serait en effet une matière dépourvue de masse ? Et comment imaginer une masse qui ne s'incarnerait pas en particules de matière ? Or ce que révèle la présence de bosons de Higgs dans l'univers, c'est que, contrairement à ce que l'on pensait, la masse n'est pas une propriété intrinsèque des particules élémentaires, seulement une propriété secondaire : elle résulte du fait qu’elles se frottent au vide, plus exactement au champ qu’il contient et qu’on appelle « le champ scalaire de Higgs ». On osera ici une analogie, imparfaite mais éclairante : tout se passe comme si les particules élémentaires étaient des objets sans masse, mais dotées de skis, se déplaçant sur un champ de neige qui serait l’équivalent du champ scalaire de Higgs ; les particules ayant des skis parfaitement fartés se déplacent sans frottement, donc à la vitesse de la lumière, et leur masse apparente est nulle ; celles dont les skis sont mal fartés glissent mal sur la neige, leur vitesse est moindre que celle de la lumière et leur masse est non nulle. La masse apparaît alors comme une mesure de la mauvaise qualité du fartage des skis des particules… > écouter le podcast audio complet

Le 10 avril 2017 à 09:52

Jean-Daniel Magnin : "Dans un canard", les influences

Ses pièces ont été jouées au Festival d’Avignon, à la Comédie-Française. Avec "Dans un canard", il écrit et met en scène une comédie grinçante qui épingle la drôle de catastrophe de la société du travail, ses dérives, ses failles, ses pièges, sa folie. Jean-Daniel Magnin — J’ai eu la chance d’avoir exercé trente-six métiers parallèlement à ma vie d’écrivain de théâtre, à tous les échelons et dans tous les secteurs. Mais c’était avant la mise en place de cette méthode de domination appelée  le benchmarking, avec ses coachs-évangélistes, ses autoévaluations mutilantes, la recherche de la qualité zéro  défaut qui contrôle, compresse et parfois tue. Si vous désirez en savoir plus, et si vous avez les nerfs solides, regardez sur le Net la formidable série documentaire La Mise à mort du travail de Jean-Robert Viallet, et aussi les analyses accablantes du psychiatre du travail Christophe Dejours.    La leçon que j’en tire ? La pièce campe un monde où les revendications syndicales, la défense des droits sont  oubliées ou perçues comme obsolètes. C’est la maladresse du héros qui va provoquer des catastrophes et révéler la souffrance de chacun au sein de l’entreprise. Je ne suis pas optimiste quant à la résistance possible dans le  monde du travail, mais je crois à une chose qui grippera à un moment ou un autre la machine, une chose qui réside au fond en chacun de nous : la paresse et la lâcheté, un peu comme autrefois dans le monde soviétique...  Cette pièce n’est pas un constat ni une leçon sur notre rapport au travail, mais plutôt une vision tendre et comique qui va contribuer, je l’espère, à nous rassembler un instant autour de cette question. Qu’est-ce qui est pire ? Travailler, ou ne pas travailler ? Je ne pense pas que la question soit celle du travail, mais plutôt celle de l’emploi. Dans le monde sans emploi et automatisé en train de se mettre en place, tout un chacun devrait pouvoir s’adonner sans souci à l’activité  qui le motive et le fait grandir. Qu’il s’agisse d’art, d’engagement associatif, de bricolage ou d’agriculture,  peu importe. Il faut regarder vers les pays qui commencent à mettre en place un système de revenu garanti  minimum, et considérer l’émergence croissante d’initiatives expérimentant une économie contributive qui  permettrait à chacun de se responsabiliser sur ces questions...    > en partenariat avec theatre-contemporain.net

Le 8 octobre 2010 à 14:48

Chocolat Show

Slam cacao

Je veux que mes mots prennent ta couleurQue mes paroles prennent ton odeur Que dans mon palais ça fonde quand je parle de toiMa passion ne sera ni brune ni blonde mais CHO-CO-LAT T’es bon t’es bonne My hot chocolate madoneDans mes doigts fondants je t’emprisonneTu es ma cortisone in every seasonCéleste boisson des Amériques Tu m’excitesJe veux te humer te lécher te verser te toucher t’étaler t’aduler t’acidulerTaciturne et insomniaque je dors juste pour te prendre au réveilTu es mon premier rayon de soleilYou are the sunshine of my lifePADAPAPAPAMPrunelle de mes yeux Tu me rends heureuxMes matinées s’enjolivent quand tu débarques dans mon colon Tu me files mon premier frisson Tu es mon absinthe matinale Que généreusement j’avaleGrâce à toi je suis de bonne bonne bonne humeur ce matin y’a des matins comme çaDévoué à ta cause sur l’autel de ma cuisineLe matin t’es plus chaude que ma copineMaître Banania frère Benco Laissez moi vous prêcher Je veux que mes mots prennent ta couleurQue mes paroles prennent ton odeur Que dans mon palais ça fonde quand je parle de toiMa passion ne sera ni brune ni blonde mais CHO-CO-LAT Je redeviens vierge chaque matin mon bol entre les mainsLike a virgin drinked for the very first timeTu glisses saveur réconfortante Sur ma langue devenue brûlante Troublante boisson Qui me fais revivre sans raison Le plaisir de tous ces matins Où j’allais à l’école retrouver mes copainsTu as le goût d’avant le divorce de mes parentsDe ces paquets colorés que je trouvais marrantsDe ces personnages de publicité toujours enjouésComme si un buveur de chocolat chaud ne pouvait jamais être triste« Ma femme m’a quitté Mes enfants me détestentJe viens d’être licenciéEt j’ai attrapé la pesteMais je bois du CHOOOOOOOOOOCOOOOOOOOOOLAAAAAAAAAAT »

Le 18 août 2015 à 08:12

Etienne Klein : Entrons dans le Large Hadron Collider du Cern

Vous avez dit "boson de Higgs " ? #5

Quand le langage scientifique défait tout ce que nous savons du monde, il faut au moins le talent de conteur du physicien Etienne Klein pour nous le restituer à travers le grand bruit provoqué par la détection du boson de Higgs au CERN le 4 juillet 2012. Le boson de Higgs est à l'évidence une drôle de chose. Mais au fait, s'agit-il vraiment d'une chose ? La détection du boson de Higgs au CERN fut annoncée urbi et orbi le 4 juillet 2012, pas moins de 48 ans après que des physiciens théoriciens ont prévu son existence. Cette découverte est fondamentale en physique, mais pas seulement : elle a aussi des implications philosophiques qui viennent défaire le lien que l'on a l'habitude de faire, depuis la naissance de la physique moderne, entre le concept de matière et celui de masse. En général, nous pensons que ces deux notions sont ontologiquement intriquées : que serait en effet une matière dépourvue de masse ? Et comment imaginer une masse qui ne s'incarnerait pas en particules de matière ? Or ce que révèle la présence de bosons de Higgs dans l'univers, c'est que, contrairement à ce que l'on pensait, la masse n'est pas une propriété intrinsèque des particules élémentaires, seulement une propriété secondaire : elle résulte du fait qu’elles se frottent au vide, plus exactement au champ qu’il contient et qu’on appelle « le champ scalaire de Higgs ». On osera ici une analogie, imparfaite mais éclairante : tout se passe comme si les particules élémentaires étaient des objets sans masse, mais dotées de skis, se déplaçant sur un champ de neige qui serait l’équivalent du champ scalaire de Higgs ; les particules ayant des skis parfaitement fartés se déplacent sans frottement, donc à la vitesse de la lumière, et leur masse apparente est nulle ; celles dont les skis sont mal fartés glissent mal sur la neige, leur vitesse est moindre que celle de la lumière et leur masse est non nulle. La masse apparaît alors comme une mesure de la mauvaise qualité du fartage des skis des particules… > écouter le podcast audio complet

Le 6 mai 2010 à 08:00

Répétitions

Nouvelle inédite de Marie Nimier

J'ai connu un homme qui jouissait exclusivement lorsque, ayant fourré son engin, on lui grattait gentiment les couilles. J'avais appris à passer mon bras sous nos deux cuisses réunies pour atteindre mon but par derrière. Le même geste devait être répété avec précision, au même endroit, avec la même intensité, et si d'aventure j'introduisais une variante j'étais rappelée à l'ordre par un grognement. C'était à la fois lassant, et très excitant de savoir qu'à ce moment précis, en accomplissant ce rituel minuscule, l'homme allait s'abandonner. Dès que je commençais la manipulation, il m'embrassait à pleine bouche - avec le vide de la bouche -, sans bouger les lèvres. J'aimais beaucoup ce moment-là. Après avoir éjaculé sur mon ventre, il s'endormait quelques minutes.Une nuit, j'ai demandé d'où ça lui venait, ce truc. Il fit semblant de ne pas comprendre, ce truc, quel truc, et comme je précisais ma pensée il se mit en colère : j'étais tellement vulgaire sous mes airs de sainte nitouche, il n'en revenait pas de découvrir mon vrai visage après tout ce que nous avions partagé, le voyage en Italie, les promenades, les lectures, les confidences... J'essayai de me justifier, il s'agissait là d'une manie peu encombrante en vérité, elle ne me gênait pas le moins du monde, j'étais juste curieuse, juste intéressée...Il alla se servir à boire. Je sentais qu'il se retenait pour ne pas me flanquer à la porte. J'ai prétexté un travail à terminer chez moi et, prenant les devants, je me suis retrouvée dans la rue à onze heures du soir avec mon sac bourré à craquer et ma couche de foutre sur le ventre, comme un vernis. Je n'avais pas envie de dormir. Longtemps j'ai tourné en rond avant de m'installer à la terrasse de ce café où il avait l'habitude de donner rendez-vous à ses amis. Une semaine passa, sans nouvelle de lui. Il ne répondit même pas à mes messages. Le mardi suivant, il réapparut à l'heure de l'apéritif. J'étais tellement émue de le voir que je me mis à pleurer. Il s'assit au bar, sans remarquer ma présence, et commanda deux martini blancs. La jeune fille qui le rejoignit presque aussitôt me ressemblait. Il lui parlait un peu trop fort, elle le trouvait drôle. Parfois, elle tortillait ses cheveux puis les relevait comme on fait la roue, en écartant les coudes. Ses yeux glissaient sur la chemise de son interlocuteur et, par petits coups pressés, empesaient sa braguette.En me levant, je regardai les mains de la jeune fille, ses doigts qui, après un petit brin de toilette pour enlever le gras des olives, caresseraient la douce peau fripée. 

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