Laure Albernhe
Publié le 01/04/2011

Un an déjà...


Comme le temps passe vite avec vous! Voici un an que nous virevoltons ensemble dans les vents contraires. Un an de surprises, de joies, de découvertes… Un à un, vous êtes venus vous joindre à notre escadrille, les uns derrière leur écran, à la lecture, les autres, doigts sur le clavier, à l'écriture. Nous partîmes vingt chroniqueurs et, par un prompt renfort, nous nous vîmes… cent. Aujourd'hui, nous avons le joie et l'honneur d'accueillir notre numéro 100 : il s'appelle BAT, c'est le Billet des Auteurs de Théâtre qui, pas peu fier d'en être, consacre à ventscontraires.net son numéro d'avril.
Au menu : un édito de Jean-Michel Ribes, une interview de mon illustre co-rédacteur en chef Jean-Daniel Magnin, des textes inédits de Corinne Klomp, Dominique Cozette, des manuscrits de Martin Page, Pierre Cleitman qui répond questionnaire de Proust, l'hilarante "Visite au musée" de Christophe Alévêque, une BD métaphysique de notre dessinateur maison Stéphane Trapier, et puis il y a Jean Piero, Pierre Notte, Thomas Vinau, Sophie Jabès, allez donc vous y promener : BAT, ça reste un mois.
Laure Albernhe parle dans un micro, c’est son métier. Elle fait ça très tôt le matin et sur une radio qui s’appelle TSFJazz. Parce que le jazz, elle aime ça. Elle aime aussi beaucoup les mots, alors il lui arrive d’écrire, ce qu’elle a fait comme journaliste pour le quotidien économique La Tribune puis, bien des années plus tard, pour le Magazine Jazzman.
 

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Laure Albernhe

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Le 21 novembre 2013 à 10:00

Méfions-nous des dessous !

Dans le langage courant, on peut se retrouver dans le 36e dessous, autrement dit tomber dans une situation inférieure ou être déprimé. N'y aurait-il pas 36 situations dramatiques comme il y a les 36 raisons d'Arlequin ? Les dessous, au théâtre, renvoient à l'espace qui s'étend en dessous de toute la surface du plancher de scène et nécessaire à la manœuvre des décors ; dans un théâtre machiné à l'italienne, du moins. Les dessous comportent trois étages, sauf à la Comédie Française où il y en a quatre. Ces dessous peuvent être dangereux. Au XIXe siècle, dans les pièces à machines, les machinistes des dessous risquaient de se faire éborgner par le passage d'une hallebarde ou par une épée brisée qui traversait une costière – la rainure pratiquée dans le plancher de scène, destinée aux portants des décors – lors d'une scène de combat. De cette dangerosité, les artificiers d'aujourd'hui en savent quelque chose. Il n'empêche que les dessous peuvent être salvateurs... pour certains petits malins. F. Harel, le directeur du Théâtre de la Porte-Saint-Martin, avait des dettes, d'énormes dettes. Quand il était harcelé par ses créanciers, qui n'hésitaient pas à venir le relancer jusque sur la scène, il se dérobait à leurs poursuites de la façon suivante : de mèche avec un machiniste, il disparaissait brusquement ; il était passé dans le premier dessous ! D'après un chroniqueur du XIXe siècle, le premier et le second dessous étaient des endroits paisibles pour ceux qui y travaillaient. C'est ainsi qu'ils étaient plus gais que leurs collègues des cintres... des dessus. En même temps, comme ils partageaient saucissons à l'ail et bons mots, ils avaient développé un argot tout à fait savoureux. Mais le texte dramatique peut, lui-même, comporter des dessous. Ce que l'on appelle aujourd'hui le « sous-texte » ou l' « intertextualité ». Pour un acteur, jouer avec dessous, c'est rendre les multiples facettes d'un texte, jouer tout en nuances, mettre en valeur les deuxièmes, troisièmes dessous, les seconds degrés, voire les troisièmes.  

Le 13 juin 2013 à 09:54

Le relâche

Oui, vous avez bien lu : « relâche » s'emploie au masculin. Ce dont on ne se rend guère compte puisque le mot se trouve rarement seul : faire relâche, jour de relâche. Il s'agit de la fermeture temporaire d'un théâtre. La plupart du temps pour cause de congés annuels. C'est le relâche annuel. Au XIXe siècle, on parlait de repos des banquettes. Avant la Révolution, les causes de relâches étaient nombreuses. La mort du souverain ou celle d'un membre de la famille royale pouvait occasionner jusqu'à trois semaines de fermeture. Aujourd'hui, il y a le relâche hebdomadaire, généralement le lundi, accordé au personnel et aux comédiens. Quand le bâtiment exige des travaux de rénovation, c'est le relâche pour travaux. Quand une création demande la mise à disposition du plateau, c'est le relâche pour répétitions. En cas de deuil national, il peut y avoir le relâche exceptionnel. Bon vivant, le maréchal de Saxe, l'ancêtre de George Sand, voulant de la joue dans ses armées, tenait toujours en réserve un opéra comique. C'était le théâtre qui réglait l'ordre des batailles. L'actrice principale n'hésitait pas à annoncer : « Messieurs, demain relâche au théâtre, à cause de la bataille que donnera Monsieur le Maréchal ; après-demain, le Coq du village, les Amours grivois... Faire relâche peut avoir des connotations égrillardes quand il est l'équivalent d'afficher complet au Grand-Guignol, quand une femme a ses camélias, ses coquelicots. Ce qu'enregistre ce coquin quatrain : Il faut que tous les mois l'artiste se repose.Une affiche à la porte, affiche de couleur,Sur laquelle, en travers, une bande s'attache,Avertit le public, qu'ici l'on fait relâche.

Le 29 mars 2012 à 10:07

Une histoire de papier peint

Faire le papier peint , dans le domaine du théâtre, c'est faire de la figuration, faire de la frime, traîner la frimante.   Et, de manière plus imagée : apporter une lettre, faire le troisième hallebardier dans le brouillard ou un bec de gaz dans le lointain.   Le milieu du cinéma emploie : faire le papier peint dans le bastringue pour stigmatiser celui qui, quand c'est le coup de feu sur le plateau, reste les bras croisés à regarder.   Faire le papier peint, c'est ne pas jouer, ne pas participer. Quand, dans les bals, les jeunes filles restaient en plan, n'étaient pas invitées à danser, on disait qu'elles faisaient tapisserie.   Avec le papier peint, c'est l'idée de la minceur qui vient. La figuration est un rôle qui n'a pas de relief même s'il s'agit d'une figuration intelligente.   D'une femme très mince, on dit qu'elle peut passer derrière les affiches sans les décoller.   Cette femme, plate comme une limande, a le cul en papier peint, le cul gaufrette. A la Belle Epoque, on disait qu'elle aurait pu refaire son lit dans un canon de fusil.   Dans le domaine érotique, avoir la queue en papier peint, c'est ne pas être en mesure de bander, ne pas présenter de relief, ne pas avoir le profil grec. C'est, comme disait Serge Gainsbourg, bander foulard Hermès.   En revanche, décoller le papier peint, c'est entrer en érection.   Décoller est une injonction : dans le monde de l'édition, un livre qui ne décolle pas des étagères est un échec.   Ce qui n'a pas de relief est dévalorisé. Longer les murs n'est pas faire preuve d'une attitude bien glorieuse. Un revêtement couleur de muraille n'est pas attrayant.   Quoi qu'il en soit, il n'est pas agréable de faire partie du décor, des meubles.   Il est préférable d'être une tête de gondole ou une tête d'affiche.

Le 18 février 2012 à 08:36

Le vagabond des étoiles

Mince, la rue des Batignolles est encore bouchée ! Depuis le temps qu’on doit la mettre en sens unique… C’est ça, klaxonnez, bande d’andouilles ! On est coincés, c’est tout ! Dans le rétroviseur, des coudes, des bras ornés d’une cigarette, et puis, plus près... Tiens ? Un jeune homme, qui me sourit et me fait coucou d’un signe de la main…Il avance vers moi, se penche… - Salut monsieur… Je vais à Neuilly… Je peux monter ? Drôle de façon de saluer un vieux.- Salut jeune homme… Neuilly ?  Allez y… - Merci beaucoup… Il a la vingtaine, il est pas mal de sa personne, souriant, un livre à la main qu’il pose sur ses genoux : - C’est sympa ce genre d’encombrement… - Ouais.. vachement. Tiens ? Vous lisez quoi ? - Un truc génial : « Paris insolite » de Jean-Paul Clébert… - Ah…Ouais ? Aussitôt, ma gorge se noua… - Et tu aimes ? - Si j’aime ? Tu plaisantes ? Ces errances de vagabond à travers Paris, le grenier des maléfices, la nuit opaque et fatiguée de la salle d’attente de Saint-Lazare… Comment ne pas aimer ? - Ah ouais… Je me souviens… Le bordel de Fourcy, le tango du chat, le petit Bacchus de la rue de la Harpe… Mais c’est vieux tout ça… Tu aimes vraiment ? - Tu parles !  Cette langue est si belle et si intelligente qu’elle pointe le cœur en direct… J’adore ! On s’était tutoyés sans le faire exprès. Pourquoi la providence avait-elle placé dans ma bagnole un gars qui aimait le même livre que moi quand j’avais son âge ? On a commencé à parler... De Clébert, du Paris des années cinquante, de Giraud, de Doisneau…Libérés de l’embouteillage, l’après-midi s’est déroulé en discussions, en rires, en coups de gueule et en coups de rouge. Le soir venu, on a continué la tournée des bistros, on a traîné sur les quais de Seine déserts… La nuit… « Je suis à Paris. Ce seul fait est déjà une bénédiction. Combien de fois le nez dans la paille d’une grange ou le dos fouetté par la pluie sur la route, ai-je pensé à cet instant ? Mais combien de fois aussi vais-je maintenant rêver, les nuits sur les bancs, l’estomac vide et les engelures aux doigts, au soleil d’Espagne ou aux bordels d’Anvers ? Vagabondage… »   Le vagabond Jean-Paul Clébert a rejoint les étoiles le 21 septembre 2011. Il avait 85 ans.> Au sujet de Jean-Paul Clébert, vous pouvez aussi lire cette chronique de Thomas Vinau.

Le 28 mars 2011 à 10:31

Libérez la fiction !

Quand j’étais gosse, le dimanche chez ma grand-mère, je m’ennuyais ferme, je lisais tout ce qui me tombait sous la main. Ses magazines, parfois. Je me souviens, j’étais frappée par la mention Vu à la télé qui ornait les publicités. Dans les années 70, coller ce bandeau sur un produit c’était lui attribuer un sacré gage de fiabilité, la légion d’honneur. Ça faisait vendre. Depuis quelque temps, un label du même genre est apparu, sur les affiches de films. Vous avez le choix entre Inspiré de faits réels ou D’après une histoire vraie. Cette étiquette est elle aussi censée rassurer. Elle dit au spectateur : « Attention l’ami, ce que tu vas voir n’est pas né de l’imagination féconde d’un artiste, parle pas de malheur, c’est arrivé pour de bon. Certes, un scribouillard a mis l’histoire en forme, mais elle aurait pu être écrite par un autre, car l’auteur là on s’en tape. L’essentiel c’est que TOUT ce qu’on te raconte soit vrai. » Ce label Vrai de chez vrai, il me hérisse, et je reste polie. Pourquoi la réalité serait-elle plus intéressante que la fiction ? D’où ça sort, qui l’a décrété ? C’est juste une manière de museler les créateurs en laissant entendre qu’ils n’ont plus rien à dire, une façon sournoise d’endormir les spectateurs aussi, de bouter l’inventivité hors de la cité. La vraie vie est un matériau superbe, on le sait merci, mais elle n’est pas l’œuvre finale. Un artiste s’en nourrit par bouchées mais après il la digère, il la recrache avec ses tripes à lui, son point de vue. Créer n’est pas recopier. Jusqu’à présent, il semble que le théâtre soit à peu près épargné par ce fléau. Tant mieux. Car je ne veux pas savoir si Othello a existé en chair et en os, je me fous de croiser Vladimir et Estragon sur le trottoir d’en face. En vérité je vous le dis : j’ai horreur du réel !

Le 3 juin 2011 à 08:30
Le 15 mai 2013 à 13:27

N'offrez jamais d'oeillets à une comédienne

Au théâtre, l'habitude est de se lancer, exagérément, des fleurs, des flatteries. Même si, en coulisses, c'est un autre son de cloches. Mais les fleurs ne sont pas toujours métaphoriques. Ainsi, à l'issue de la Première, il est bienvenu d'offrir des bouquets, surtout aux comédiennes. Attention : pas n'importe quelles fleurs. Roses, tulipes, marguerites d'automne, si vous voulez, mais pas d'oeillets ! C'est un interdit. Comme de traverser la scène en sifflant ou de porter des costumes verts. Cet interdit remonte au XIXe siècle. Il est, donc, de tradition récente. Il s'explique ainsi :Les comédiens étaient, alors, engagés à l'année. Sans contrat écrit comme c'est le cas aujourd'hui. C'était le langage des fleurs qui était en jeu. Quand le directeur du théâtre envoyait des roses à une comédienne, c'est qu'il renouvelait son engagement. En revanche, quand il lui envoyait des oeillets, il lui signifiait qu'il se passerait de ses services. Un peu d'historique concernant les fleurs à offrir : si, au XVIIe siècle, la jacinthe a évincé la tulipe dans les champs de fleurs hollandais, la rose a remplacé l'oeillet à la fin du XIXe siècle. C'est ainsi que, pour faire la promotion des roses, un accord avait été passé entre les marchands de fleurs et la comédienne Sarah Bernhardt (1844-1923). Au moment des représentations de Lorenzaccio de Musset, en 1893, elle se faisait photographier – ce fut la femme la plus photographiée de son époque – entourée de roses... gratuites. Si l'on se réfère à la langue verte, recevoir des oeillets correspond à l'avoir dans l'os, dans le baba, dans l'oeillet. Les livres ne disent pas ce qu'il en était pour les comédiens. Recevaient-ils, aussi, des fleurs ? Ne leur envoyait-on pas plutôt une boîte de cigares en cas de non-renouvellement d'un contrat tacite ? Allez savoir...  

Le 30 septembre 2011 à 11:20

Oscar Wilde, le scandale du plaisir

D’après ce que nous enseignent les livres de sciences naturelles, des millénaires ont été nécessaires à la Terre pour donner naissance à Oscar Wilde. La gestation fut longue. Les époques qui ont précédé sa naissance n’ont pourtant pas été inutiles ; elles ont fourni un parfait compost. Bien sûr, il y eut un choix à faire. Pour qu’Oscar Wilde naisse les dinosaures ont dû disparaître. Ils n’auraient pu coexister, Wilde n’aurait pas toléré leurs manières grossières et leur habitude de piétiner les fleurs des champs. Il fut aimé et haï pour la même raison : on comprenait ses livres parfaitement mal. La haine est là, il faut la dévoiler sous les baisers et les applaudissements. Sans doute aurait-il vécu plus heureux et plus longtemps si on l’avait haï plus tôt. La haine vaccine quand elle est injectée dès l’enfance, laissant aux anticorps de l’indifférence le loisir de se développer. Il maniait la langue comme le plus efficace des fouets, capable aussi bien de gifler que de caresser. Il pensait avoir dompté l’Angleterre. Mais le vieux lion cessa de s’amuser et le dévora dans un tribunal. On porta les restes du prince déchu dans une cellule de la prison de Reading où, pendant deux ans, ses derniers muscles furent rongés par la fatigue et les rats. Né en Irlande, il acheva de mourir en France. L’Angleterre n’eut que sa vie. Oscar Wilde est aimé aujourd’hui, et il ne peut rien contre cet amour. On aime les artistes morts, car ils sont sans défense. La société les tue pour qu’ils deviennent le symbole de ce dont elle les accuse. Homosexualité et débauche étaient des accusations imparables sous le règne de Victoria. Les crimes de Wilde sont ailleurs. Son génie passe pour une génération spontanée d’idées brillantes. L’horrible vérité est qu’Oscar Wilde travaillait énormément. Il jouait la facilité par pudeur. Il faisait trop de bruit pour qu’on remarque combien il était humble. Il parlait trop de lui pour qu’on comprenne combien il était préoccupé des autres. Il prenait trop soin de son apparence pour qu’on voie à quel point il ne s’en souciait guère. Le grand scandale d’Oscar Wilde est le plaisir qu’il donne, plus que celui dont il parle. Il est aphrodisiaque quand il aborde la politique. Il est aphrodisiaque quand il écrit sur les fleurs, les costumes de scène, l’amour ou la morale. On ne pardonne pas à un écrivain d’avoir un style si excitant. Le faible lecteur se sent coupable. Habitué à souffrir pour apprendre, il en déduit que, s’il jouit, cela ne doit pas être bien sérieux. Wilde a réussi la fusion de l’intellect, de l’apollinien et du dionysiaque. On trouve Wilde drôle, brillant et inventif, on le couvre de qualités secondaires, pour ne pas voir qu’il est, avant tout, un artiste tragique et un penseur. Il y a des artistes qui éloignent le public par leur inaccessibilité. L’inaccessibilité de Wilde est son accessibilité. Peu de gens ont compris son désespoir et la profondeur de sa révolte. S’il n’était défendu de rire dans les amphithéâtres de philosophie, il serait considéré comme un des plus grands philosophes. Il faut lire ses contes, voir ses pièces et étudier ses essais pour se rendre compte qu’il fait partie de ce petit nombre d’artistes capables à la fois de nous émouvoir, de nous faire rire, de nous donner du plaisir et de changer notre regard sur le monde. Un seul de ses aphorismes constitue un repas complet : « Le succès, c’est aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme. » Il est mort aussi. Ce n’est pas le moindre de ses talents. Le propre des grands artistes n’est pas d’être immortel, mais de mourir. Dire que seuls les grands artistes sont immortels est une bêtise. La vérité est que seuls les grands artistes meurent. Le reste de l’humanité arrête seulement de respirer. Allez vous recueillir devant la tombe d’Oscar Wilde au cimetière du Père-Lachaise. Touchez la pierre et regardez le Sphinx. Vous comprendrez, alors, que cette tombe est le seul endroit de la planète où Oscar Wilde ne se trouve pas.   Article édité dans le catalogue Le Rire de résistance, BeauxArts éditions et Théâtre du Rond-Point (Photo Napoléon Sarony)

Le 28 août 2014 à 08:41

Travailler tue. Ne pas travailler aussi

La stratégie des dinosaures

Dès qu’on essaye de nous faire croire que des choses saines sont excitantes, il y a anguille sous roche. Comme ces gens qui disent que le travail, c’est la santé. N’importe quoi. C’est totalement idiot. Si c’était le cas, les médecins prescriraient du travail, pas des médicaments.Remettons les pendules à l’heure : le travail est une maladie. On ne s’en aperçoit pas, parce qu’on est payé pour cette maladie. La stratégie est brillante.Regardez les gens dans le métro à six heures du matin, vous verrez sur leur visage que le travail n’est pas une chose saine. Il est moins dangereux d'avoir la grippe ou un zona que de travailler. C'est un virus virulent qui vous pourrit la vie pendant quarante ans.Je pensais à ça après avoir vu un documentaire sur la disparition des dinosaures. C’est fascinant de penser qu’une espèce qu dominait la planète a subitement disparu. Il y a plusieurs théories pour l’expliquer. La principale est celle de la météorite qui s’écrase sur terre et soulève un nuage de poussière qui cache le soleil. Résultat : la faune et la flore s’éteignent.Avouons-le, l’explication est un peu simpliste.J’ai une théorie différente.Selon moi, les dinosaures ont disparu parce qu’ils ont refusé de travailler.Ils avaient atteint un stade de leur évolution où ils allaient accéder à la civilisation. Mais ils aimaient trop leur vie de loisir et de flânerie. Ils aimaient tendre lentement le cou pour manger de jeunes pousses sur les arbres, se rouler dans la boue et se réchauffer au soleil.Alors ils ont refusé de domestiquer le bétail et de développer l’agriculture, de construire des routes et des villages. Ils ont refusé de travailler.Ils se sont laissé mourir pour ne pas évoluer vers la civilisation.Il y a une grande sagesse dans la fin des dinosaures : plutôt que de gâcher sa vie à être utile et productif, pourquoi l'espèce humaine ne mettrait-elle pas en œuvre sa propre disparition ?  

Le 19 novembre 2011 à 09:00
Le 6 décembre 2011 à 08:39
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