Service Rond-Point
Publié le 01/04/2011

Poisson d'avril


Ça peut toujours servir

Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec.

Il vient, tenant dans ses mains - sales, sales, sales,
Un marteau lourd, un grand clou - pointu, pointu, pointu,
Un peloton de ficelle - gros, gros, gros.

Alors il monte à l'échelle - haute, haute, haute,
Et plante le clou pointu - toc, toc, toc,
Tout en haut du grand mur blanc - nu, nu, nu.

Il laisse aller le marteau - qui tombe, qui tombe, qui tombe,
Attache au clou la ficelle - longue, longue, longue,
Et, au bout le hareng saur - sec, sec, sec.

Il redescend l'échelle - haute, haute, haute,
L'emporte avec le marteau - lourd, lourd, lourd,
Et puis, il s'en va ailleurs - loin, loin, loin.

Et, depuis, le hareng saur - sec, sec, sec,
Au bout de cette ficelle - longue, longue, longue,
Très lentement se balance - toujours, toujours, toujours.

J'ai composé cette histoire - simple, simple, simple,
Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,
Et amuser les enfants - petits, petits, petits.

Le hareng saur,
Charles Cros
La rédaction de Vents Contraires se met en quatre pour résoudre les grandes énigmes du moment, vous offrir cadeaux & conseils, poser les questions qui vous préoccupent et y répondre à votre place. Bref le Service Rond-Point vous prodigue le service irréprochable auquel vous avez droit. 

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Le déchiffrement du langage des dauphins confirme qu'ils n'arrêtent pas de nous insulter

Une équipe de scientifiques a réussi apparemment à traduire ce qui semble être un langage propre au dauphin. Sans surprise, cela confirme que, depuis le début, le dauphin se moque de nous, nous ridiculise, et nous insulte de manière outrancière. Vulgaires et grossiers On savait les dauphins parfois enclins à certaines pratiques douteuses, on sait désormais qu’ils sont surtout vulgaires, grossiers et mal éduqués. « Quand j’ai commencé à traduire ce que le dauphin me disait, j’ai eu un choc » raconte Cindy Orson, qui a dirigé le laboratoire qui s’est chargé de traduire ce langage dauphin. « J’ai commencé à traduire une première partie du langage et j’ai réalisé que cet enculé de dauphin était en train d’insulter ma mère, avec des mots très très choquants » affirme-t-elle. Elle a alors réitéré l’expérience avec d’autres dauphins, certains en liberté et d’autres en captivité, chaque fois avec le même résultat. « Les paroles sont très outrancières, on a l’impression d’avoir affaire à des ados mal élevés qui se croient tout permis » ajoute un spécialiste. En outre, une analyse approfondie des bandes indique que le dauphin tient régulièrement des propos sexistes, racistes et antisémites. « Ils font ça tout le temps. Il n’y a pas un moment où ils n’en parlent pas entre eux, pour eux c’est normal. » explique la jeune femme qui précise que les dauphins n’ont strictement aucune pudeur, aucun tabou, aucune limite dans leur vulgarité. « Si vous saviez ce qu’ils disent sur les handicapés ou les autistes qu’on leur présente… On dit souvent que les dauphins veulent les aider, mais vous seriez très choqués et en colère » assure la scientifique. L’expérience a d’ailleurs dû être stoppée après qu’un des dauphins étudiés s’en est pris à l’un des chercheurs. Le mammifère marin a ainsi professé de nombreuses et violentes insultes à caractère antisémite et négationniste, mettant en doute la validité de la théorie officielle des attentats du 11-septembre. Le scientifique ulcéré s’est alors jeté dans le bassin du dauphin pour en découdre et aurait manqué de se noyer.

Le 10 mai 2011 à 11:30
Le 27 septembre 2011 à 11:18

Jean-Paul Clébert, clochard céleste

Portrait 25

Jean-Paul Clébert a été surnommé un temps, le clochard qui a failli avoir le prix Goncourt. Jean-Paul Clébert est né le 23 février 1926 et il est mort la semaine dernière, le 21 septembre 2011. Dans son nom, Jean-Paul Clébert est à une voyelle de clébard. Après avoir été cheminot, trimard, résistant puis avoir parcouru l’Asie, il tape la cloche dans le beau Paris Insolite des années cinquante. Ses compagnons de route ? Doisneau, Giraud, quelques surréalistes, quelques situationnistes. Il écrit au dos des paquets de gauloise après avoir découvert Bourlinguer de Cendrars. C’est lui qui l’introduira chez Denoël. Son seul maître, avec peut être Henry Miller à qui il fait visiter les bordels Parisiens. Clébert parlait des gitans, des arabes, des juifs, des caniveaux, des chiens, des petits matins rouges, des ficelles, des putes, des chineurs, de la faim et du vin. Il n’idéalisait rien et surtout pas la misère. Il montrait ce que personne n’en connaissait, sa beauté, sa fierté, son courage. Il était venu finir sa vie pas loin de chez moi, dans les collines du Luberon, loin du Paris frimeur qu’il ne reconnaissait plus, écrire des livres sur l’ail ou la Provence. Mais il sera resté jusqu’au bout du même bord ; «avec ces hommes qui crèvent de  faim, se foutent pas mal des beautés de la liberté et de la marche à pied, ont misé sur l’avenir et le boulot bien fait et dont on apprend du bout des yeux le décès dans la colonne des faits d'hiver, vieux et vieilles morts solitaires dans un taudis innommable, ou rongés tout vivants sur leur grabats par les rats». Les éditons Attila ont rééditées son Paris Insolite il y a deux ans.

Le 17 septembre 2011 à 08:55
Le 18 avril 2011 à 17:28

# 3 - Lost in radiation - mixtape

Seoul Juke Box

Mars 2011, quelques jours après le tremblement de terre, le Tsunami et la catastrophe nucléaire au Japon. Dans l’aéroport de Séoul, temple aseptisé de la modernité, on croise en plein milieu de la nuit une cohorte de ressortissants français expatriés au Japon, volontaires pour un rapatriement en France organisé par l’Etat.  Ils débarquent de Tokyo et Osaka hagards, épuisés. Beaucoup de pères de famille avec des enfants en bas âge issus de couples mixtes, les mères japonaises sont restées là-bas fidèles à leur famille, à leur travail.  Ils avancent en traînant le pas comme une armée napoléonienne en déroute, encadrés par les militaires spécialisés dans les évacuations d’urgence et par quelques membres de l’ambassade vêtus de chasubles jaunes fluo qui leur donnent des instructions à l’aide de mégaphones. Les voilà regroupés aux abords d’un lounge réquisitionné par l’armée et transformé en QG de crise. Des grands gaillards en treillis préparent des biberons de lait chaud pour les nourrissons, les autres s’agitent dans tous les sens et directions pour relever les identités, lister les partants et répondre à toutes les demandes. « Ici vous êtes en sécurité, pas de secousses sismiques, pas de radiations » rassure un grand chauve qui, dans son accoutrement jaune fluo, semble avoir été irradié dans sa tendre jeunesse. Une petite fille se lamente d’avoir abandonné son poisson rouge et zozotte en sanglotant « Ils vont le manzer, il va finir en zuzi ou en zazimi ».  Non ma petite, c’est fini, désormais on ne mangera plus de poisson. Et les thons rouges, menacés de disparition, reviennent en force la nuit le long des côtes de Fukushima, plus sanguins que jamais, électrons libres, les voilà qui clignotent de rouge dans les profondeurs isotopes de la mer et de la nuit nucléaire.   (Another Barbarian in Asia – Henry Halfwarm)

Le 13 juin 2011 à 18:00

Correspondance d'un sédentaire avec des morts

"Entretien" avec Baudelaire sur le sommet de l'environnement

CB. – La Nature est un temple où de vivants piliers. Laissent parfois sortir de confuses paroles FC. – Alors oui Charles, puisque vous me parlez d'écologie, que pense le poète du sommet pour l'environnement? CB. – L'homme y passe à travers des forêts de symboles. Qui l'observent avec des regards familiers. FC. – Oui vous pensez aux lobbies? Que le discours devrait prendre forme en actions c'est bien cela ? CB. – Comme de longs échos qui de loin se confondent. Dans une ténébreuse et profonde unité. FC. – Oui un écho aux différents problèmes que rencontre l'Homme moderne pour sa survie... Quelle place dans l'éducation de nos enfants pour que cela fonctionne? CB. – Vaste comme la nuit et comme la clarté. FC. – Oui ! CB. – Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants. FC. – Euh... Je crois que vous être en train de glisser vers autre chose là, si je... CB. – Doux comme les hautbois, verts comme les prairies.  FC. – Mais il suffit non! Vous… CB. – Et d'autres, corrompus, riches et triomphants. Ayant l'expansion des choses infinies. FC. – Ah… On vous récupère! Dieu merci! Que pensez-vous que l'Homme devienne d'ici 20 ou 30 ans même? CB. – Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens. Qui chantent les transports de l'esprit et des sens. FC. – Merci M. Baudelaire pour vos vues très précises sur la vie, le temps, la terre et pour ce formidable optimisme que vous partagez à merveille...

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