Corinne Klomp
Publié le 15/08/2015

Toutes des connes !


Souvenez-vous, en 1971 paraît dans le Nouvel Observateur « Le manifeste des 343 », vite rebaptisé suite à un dessin de Cabu « Le manifeste des 343 salopes ». En signant cette pétition, ces femmes ont eu le courage d’avouer qu’elles se font fait avorter et réclamaient l’avortement libre. La suite, on la connaît. L’avortement est légalisé en France en 1975 avec la loi Veil. Ce succès me conduit aujourd’hui à imaginer un nouveau sursaut, en faveur cette fois de l’officialisation de la connerie féminine. A l’heure où ma conne sœur chroniqueuse radio Sophia Aram connaît le grand bonheur de se faire publiquement traiter de petite conne par un con frère pour avoir elle-même traité de gros cons sur les ondes les électeurs du bas Front National, trop de femmes végètent encore contre leur gré dans une connerie cachée.    
Je lance donc l’appel suivant, inspiré de son illustre modèle : « Un million de femmes se font traiter de connes dans l'ombre ou en petit comité chaque heure en France. Elles subissent cela dans des conditions inconfortables en raison de la clandestinité dans laquelle cette insulte opère alors que celle-ci, claironnée à haute voix et sous contrôle verbal, est des plus simples et des plus efficaces. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir été conne, l’être encore aujourd’hui, et sans doute demain. De même que nous réclamons le libre accès à l’éducation, aux moyens intellectuels et financiers ainsi qu’aux sphères de pouvoir, nous réclamons la connerie libre. »
Et, comme aurait dit Kennedy, s’il avait été femme : Ich bin eine Konne !
Merci de transmettre votre signature à la rédaction, en vue d’une publication à la con, pardon, à la conne.

Corinne Klomp a sévi quelques années dans la presse économique, côté marketing. Personne n’est parfait, elle encore moins. Un jour elle a tout quitté pour se consacrer à l’écriture scénaristique puis théâtrale. Depuis, sa vie, la vraie, a commencé. Elle écrit et joue la comédie pour les autres, mais ne chante que pour son pommeau de douche, et sur rendez-vous. Son patronyme n’est pas un pseudonyme. Non, même pas.

> http://blogs.mediapart.fr/blog/corinne-klomp

 

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Le 10 novembre 2015 à 09:55

Les animaux redisent leur totale confiance en l'Homme pour régler ce souci de réchauffement climatique

Alors qu’on apprend que l’Antarctique pourrait faire relever le niveau des océans de façon critique, l’épineux dossier du réchauffement climatique revient sur le devant de la scène. Cependant, de très nombreux animaux continuent malgré tout de penser que l’Homme reste le mieux placé sur Terre pour sauver la situation et éviter une destruction globale de la planète. Reportage. Il apparaît que l’Homme semble, selon des experts animaux, le plus intelligent et le mieux placé parmi tous les autres animaux. « Il est l’un des rares animaux qui soit capables de créer des outils, et d’agir sur son environnement immédiat » soulignent de nombreux animaux qui notent aussi que c’est également l’un des seuls à posséder les fameux pouces opposables, ce qui rend les choses extrêmement plus faciles au quotidien. « On ne peut pas imaginer que l’Homme n’ait pas pris conscience de la chose et qu’il reste impuissant face à cela » ont insisté plusieurs animaux. « Je pense que l’Homme sait qu’il a une certaine responsabilité vis à vis du reste de la planète et ce n’est pas dans ses habitudes de renoncer, enfin peut-être » ont-ils rajouté. Le réchauffement climatique est aujourd’hui pour beaucoup une réalité et quelques animaux ont cependant noté un léger retard pris par l’Homme dans l’application de mesures rapides et efficaces pour lutter contre. Simple oubli ? Volonté de nuire ? Les animaux restent divisés. « Je ne pense pas qu’il faille le blâmer, il doit être sans doute très très occupé en ce moment » ont répliqué les animaux qui sont certains que dès que l’Homme aura un peu plus de temps, il prendra aussitôt les mesures qui s’imposent et sauvera la totalité des espèces de la planète. « Ce genre de décision doit prendre du temps. L’Homme doit certainement être en train de réunir d’autres hommes pour mener tous ensemble à bien sa lutte contre le réchauffement » espèrent les animaux. Quant à la responsabilité de l’Homme dans le phénomène du réchauffement climatique, les animaux refusent de l’accabler publiquement, préférant se donner un délai de réflexion. « C’est un sujet bien plus complexe, il y a énormément de choses à la clé, on ne sait pas tout vous savez » ont-ils préféré dire, quelques secondes seulement avant qu’une demie douzaine de bulldozers traverse la clairière dans laquelle la réunion avait lieu.

Le 3 février 2011 à 08:00

Gary for ever

"On a envie de changer le monde, pour enfin l'envoyer se faire foutre."

Excellente nouvelle : l’exposition que le Musée des Lettres et Manuscrits de Paris consacre à Romain Gary est prolongée jusqu’au 3 avril 2011. Elle propose de redécouvrir le parcours de cet auteur d’exception à travers une sélection émouvante de ses manuscrits, cahiers toilés ou feuilles libres recouvertes de la même écriture puissante et ronde. On croit le connaître, mais au fond qui est Roman né Kacew, devenu Romain Gary (Gary signifie « Brûle ! » en russe) puis Emile Ajar (« Ajar », c’est la braise) ? On le sait écrivain prolixe qui a ravi ses lecteurs, trompé les critiques, génial mystificateur aux deux prix Goncourt (pour Les racines du ciel et La vie devant soi). Amoureux des femmes aussi, mais surtout amoureux de la vie au point de décider de la quitter d’un coup, avant qu’elle ne le quitte à petit feu. Gary l’aviateur, le diplomate, l’auteur, le réalisateur, le fils de sa mère, Gary l’inclassable qu’on a tenté, sale défaut de chez nous, en vain d'étiqueter. Il aimait à dire, se comparant au caméléon qui, placé au centre d’un tissu écossais, devient fou, qu’il n’était pas, lui, devenu fou. Il était devenu écrivain. A son sujet, beaucoup se souviennent de cette phrase élégante et digne qui clôt son manuscrit confession Vie et mort d’Emile Ajar : « Je me suis bien amusé. Au revoir et merci. » Pour ma part, je garde comme un talisman cette autre, qui me résume mon Gary à moi, du moins tel que je l’imagine, cet humaniste insolent dont on ne peut toujours pas, à se demander à quoi sont payés les éditeurs, trouver les œuvres complètes publiées décemment : « On a envie de changer le monde, pour enfin l’envoyer se faire foutre. »Pour en savoir davantage : museedeslettres.fr

Le 18 août 2015 à 07:26

Où sont les femmes ?

Où sont les femmes ? A cette question qui tracasse l’humanité depuis belle lurette, André Malraux répondit sans ambigüité dans  La condition humaine IV. Depuis, nous savons que les Femmes sont aussi des êtres humains.  Cependant cette identité connotée d’une reconnaissance  égalitariste était encore difficilement  reconnue dans les us et coutumes des  années 1930.  Formatés dans les écoles de la République par de grands  blessés du bulbe tels Alfred de Vigny et Henri de Montherlant, nous sommes restés  longtemps distanciés de cette conception féminine car le premier avait défini  la femme « enfant malade et douze fois impur » et le second  l’avait cantonnée dans le simple rôle d’objet sexuel, d’où deux aspects éloignés de son réel profil humain lequel passa au fil du temps d’une primate  africaine velue au stade sophistiqué d’abonnée au Figaro magazine. Il n’est pas étonnant que nous ayons mis un long temps à reconnaître le positionnement  évident de la Femme car, hors la nécessaire fonction de reproduction, nos ancêtres  lui laissaient essentiellement  la responsabilité  de faire le ménage et la cuisine Ce qui, à la limite, est une égoïste marque de confiance limitée au torchon et à  la vaisselle. Avant d’accéder au niveau d’une reconnaissance,  il fallut à la Femme qui était consacrée à ces activités peu valorisantes franchir plusieurs niveaux dans une échelle de valeurs bien éloignée d’un positionnement supposé biologique. Et dont les mâles se sont satisfaits parce que c’était bien commode. Pour faire court, passons sur l’anecdotique de la Femme à Barbe laquelle exposait son virilisme pilaire dans les foires populaires de jadis alors que le subtil Aragon avait déjà vu en elle l’avenir de l’homme Ensuite,  évoquons  rapidement la Femme Fatale. Sous la forme d’un destin  inexorable, cette  dernière  fut souvent la plaie des familles chrétiennes Et concluons avec la femmelette qui est identifiée par deux tout petits seins et des soutiens-gorge inférieurs au calibre 70. Cette malingre nous  fournit la conclusion  que  le regretté  Jacques Perret  formula ainsi : « Si tu épouses une femme qui n’a pas de seins, la vie, un jour, te paraitra un désert ». C Q F D   Claude Chanaud

Le 4 décembre 2014 à 11:30
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