Souvenez-vous, en 1971 paraît
dans le Nouvel Observateur « Le manifeste des 343 », vite rebaptisé
suite à un dessin de Cabu « Le manifeste des 343 salopes ».
En signant cette pétition, ces
femmes ont eu le courage d’avouer qu’elles se font fait avorter et réclamaient
l’avortement libre. La suite, on la connaît. L’avortement est légalisé en
France en 1975 avec la loi Veil.
Ce succès me conduit aujourd’hui
à imaginer un nouveau sursaut, en faveur cette fois de l’officialisation de la
connerie féminine. A l’heure où ma conne sœur chroniqueuse radio Sophia Aram
connaît le grand bonheur de se faire publiquement traiter de petite conne par
un con frère pour avoir elle-même traité de gros cons sur les ondes les
électeurs du bas Front National, trop de femmes végètent encore contre leur gré
dans une connerie cachée.
Je lance donc l’appel suivant,
inspiré de son illustre modèle :
« Un million de femmes se
font traiter de connes dans l'ombre ou en petit comité chaque heure en France.
Elles subissent cela dans des
conditions inconfortables en raison de la clandestinité dans laquelle cette
insulte opère alors que celle-ci, claironnée à haute voix et sous contrôle verbal, est des plus simples et des plus efficaces.
On fait le silence sur ces
millions de femmes.
Je déclare que je suis l’une
d’elles. Je déclare avoir été conne, l’être encore aujourd’hui, et sans doute
demain.
De même que nous réclamons le
libre accès à l’éducation, aux moyens intellectuels et financiers ainsi qu’aux
sphères de pouvoir, nous réclamons la connerie libre. »
Et, comme aurait dit Kennedy, s’il
avait été femme : Ich bin eine Konne !
Merci de transmettre votre
signature à la rédaction, en vue d’une publication à la con, pardon, à la
conne.
Ne faites-pas l’amour le lundi. Sinon rien d’autre à faire les autres jours de la semaine.
Ne faites pas l’amour le mercredi. C’est le jour des enfants.
Ne faites pas l’amour le jeudi. Le CAC 40 est toujours au plus haut.
Ne faites pas l’amour le vendredi. Le thermostat est en panne.
Ne faites pas l’amour le samedi. C’est France-Angleterre.
Ne faits pas l’amour le dimanche. Madame Soleil l’a déconseillé. Et le petit Prince a dit.
Ne faites pas l’amour les jours fériés. Sarkozy a dit : au boulot !
Ne faites pas l’amour les 29 février. Risque de trou noir selon la météo.
Ne faites pas l’amour les jours de fête.
(-Pourquoi ? Ben, oui, pourquoi ?
– C’est l’enterrement d’Yvette. Vous savez, Yvette, la…
– On s’en fout d’Yvette.
– Vrai, qu’on s’en tamponne.
Des Bretonnes, du CAC 40, de Sarko , des mômes, du foot, de Madame Soleil et de madame Yvette. Poil à la qué… Non, ça c’est interdit tous les jours de la semaine. Même le… ? Oui, même.)
Avant sa lecture du texte de Jean-Pierre Martinet les 9, 10, 11 février
Denis Lavant : "Le monstre économique" ventscontraires.net Théâtre du Rond-Point
Du Richard III de Shakespeare au loup errant de Mayenburg, le comédien Denis Lavant a pu apprivoiser les infinies figures du monstre. Mais toutes s'effacent, nous dit-il dans cette vidéo, devant le monstre sans visage qu'est l'économie financière...
Venez l'écouter lire La Grande Vie, texte désopilant de Jean-Pierre Martinet, qui vous fera découvrir un monstre humain trop humain : l'homme sans désir. Un antihéros désabusé qui s’est fixé une ligne de conduite : vivre le moins
possible, pour souffrir le moins possible. Mais c’est sans compter sur
Madame C, sa concierge, véloce et veuve affamée, qui guette
amoureusement son passage du haut de ses deux mètres pour le contraindre
à ses plaisirs les plus fous...
Mark linkous connaissait
pas mal de choses. Connaître au sens biblique du terme. Connaître
dans sa chair. Mark Linkous connaissait l'histoire de ces étoiles que l'on voit
encore briller une fois qu'elles se sont éteintes. Il savait que la lumière
n'était pas ce qui allait le plus vite. Il savait que le coeur est un manche de
couteau que l'on marque d'une encoche à chaque nouvelle blessure. Il savait
jouer de la guitare et chanter aussi, accessoirement. Il savait également se
transformer en cheval. En brouillard. En fumée. En Bombyx du laurier. Il savait
parler la langue des signes avec le singe accroché dans son dos. Mark Linkous
est né en 62 et il est mort en 2010. Il a produit des album avec Daniel
Jonhston ou Danger Mouse. Tom Waits et Radiohead étaient prêts à lui porter ses
courses. David Lynch a essayé avec lui de transformer la nuit en Martinet.
Beck, Vic Chessnutt, les Flaming Lips ont travaillé dans ses limbes. Mark
Linkous était un Apaloosa neurasthénique. Un cauchemar de moineau. La dame
blanche au fond du grand canyon. Sparklehorse laisse une brassée de roses
noires et glacées. Une sorte de thé chaud âpre et délicat dont la buée
s'échappe de la tasse en forme de petites têtes de morts. Mark Linkous s'est
tiré une balle dans le coeur.