Macha Séry
Publié le 24/10/2011

Pierre Kroll


Dessinateurs et caricaturistes du monde entier (2)

Acide et impertinent, Pierre Kroll. Son premier album paru voilà quinze ans portait en exergue une phrase de William Boyd : « Se venger du monde est un travail à temps plein. Il ne faut pas mollir. » Dont acte pour ce stakhanoviste qui exerce sa veine caustique à la radio, à la télévision et dans la presse. A la réputation d’audace des Belges qu’ « on ne voit jamais venir », le dessinateur attitré du quotidien Le Soir et du magazine Télémoustique ajoute la satire à la française. Né au Congo, Pierre Kroll a grandi dans la banlieue industrielle de Liège à Seraing, bassin sidérurgique qui est le fief des frères Dardenne. A l’adolescence, il délaisse Spirou pour Pilote et prend des leçons de trait et d’irrévérence  chez « Reiser, Wolinski, Cabu, mâtiné de Schtroumpfs… » A 51 ans, il est le seul dessinateur, par sa notoriété, à se payer la tête du roi des Belges. Soit 25 ans de lèse-majesté, 25 ans de caricatures en peignoir et en pantoufles l’hiver, en short et tongs l’été. Leur première rencontre a eu lieu début février 2010 et s’est bornée à un bref échange. « On a toujours l’impression de vous déranger » a avancé Pierre Kroll, fait chevalier de l’Ordre de la couronne en 2005. Et le monarque de répliquer : « Vous avez bien raison ».

> http://www.kroll.be/
Oiseau de nuit féru d'humour noir dans un quotidien du soir. Critique de films et de spectacles ayant breveté un applaudimètre formé de deux rames en bois échouées sur une plage de Vendée. Romancière à tête perdue. A fait de la boxe et des claquettes. S'appelle Macha parce qu'elle n'est pas russe. 

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Si l'on donne de l'argent à Médecins sans Frontières, on peut bien boire un verre avec un sarkozyste.

Cette année, j'ai décidé de devenir ami avec mes adversaires politiques.

Je ne m'entends pas particulièrement bien avec les gens dont je partage les idées, alors je vais tenter ma chance avec les sceptiques de la pollution, les pourfendeurs du code du travail et les boursicoteurs satisfaits de l'ordre social.Fréquenter ceux qui nous ressemblent n'est pas la solution aux problèmes du monde. Je l'ai fait pendant des années et j'en vois aujourd'hui les limites. Certes cela tient chaud, mais au final on se sert de l'image caricaturale d'un ennemi pour justifier sa propre inertie.Si l'on désire changer la société, je crois que nous, les gens de gauche, n'avons pas de meilleure stratégie à mettre en oeuvre que de devenir amis avec des gens de droite. C'est un sacrifice, j'en conviens. Mais si l'on donne de l'argent à Médecins sans Frontières, on peut bien boire un verre avec un sarkozyste.Il ne s'agit pas de les rallier à notre cause. Ce serait peine perdue. Personne ne change de bord après une discussion : les opinions politiques n'ont rien de politique, ce sont des histoires de ressentiment, de jalousie, de fidélité familiale.En revanche, je pense que mon idée a des chances de changer les choses ; car si les gens de gauche fréquentaient des gens de droite, cela permettrait à ceux-ci de s'apercevoir qu'ils ne sont guère différents. Après tout, les gens de gauche sont contre la société de consommation, mais ils ne renoncent pas à consommer ; ils sont contre le travail des enfants, mais pas au point de renoncer à acheter des vêtements fabriqués par des enfants et oui, ils sont pour l'écologie mais ils ne vont pas pour autant cesser de prendre l'avion. Il y a plus de points communs que de différences entre ces ennemis politiques et c'est pour cette raison que la détestation est si grande.Bien sûr cette révélation risque de déprimer les gens de gauche. Le choc sera tel qu'ils n'auront d'autre échappatoire que d'aller encore plus à gauche, non pour des raisons politiques, mais par orgueil. Ils travailleront enfin à devenir de réels adversaires de cette droite qu'ils n'aiment pas, c'est-à-dire dont, principalement, ils n'aiment pas les manières.C'est une constatation mélancolique : ce n'est qu'en apprenant à découvrir ce qui nous rapproche de nos adversaires que l'on pourra commencer à s'en différencier.Illustration : Dupont&Barbier www.dupont-barbier.com         

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On ne choisit pas sa famille

- Bonjour, que puis-je faire pour vous ? - Je voudrais des cousins. Quatre ou cinq cousins. Comprenez, je n'ai pas eu la chance d'en avoir et ça me manque, pour la complicité et tout. - Il y en a un peu plus, ça ira quand même ? - Oui, oui, très bien... ah non, mais celui-là, il est tout petit ! Que voulez-vous que j'en fasse ? - C'est vendu par lots, monsieur. On ne choisit pas sa famille. C'est connu. - On ne choisit pas sa famille ? - Non, monsieur. On choisit ses amis. - Les miens, laissez-moi vous dire que je ne les ai pas vraiment choisis. - C'est votre problème, monsieur. - Tout de même, je trouve qu'on devrait pouvoir choisir sa famille. Après tout, la famille est le fondement de la société. Et qui bien choisit son fondement mieux bâtit sa maison. - Bon. Ok. Je reprends le tout petit. Mais c'était le rigolo de la famille, celui avec lequel vous auriez des souvenirs de bêtises de gosse. Celui qui vous aurait emmené faire les 400 coups. A la place, je peux vous mettre une cousine très religieuse. - Je ne pourrais pas avoir plutôt une cousine un peu... - Un peu... ? - Ben je sais pas, elle aurait deux ans de plus, elle m'aurait appris des gros mots et à cracher et puis elle m'aurait montré ses seins, aussi, quand on était petits et puis on aurait une grande complicité parce qu'elle ne s'entendrait pas trop bien avec ses parents ? - Vous avez vu ça dans un film français ? Non, on n'en fait plus, des comme ça. - Bon ben, je sais pas, mettez-moi quand même le cousin tout petit. - Il vient de partir, monsieur, dans une famille bretonne. - C'est très contrariant. - Oui. - Bon et en beaux-frères, qu'est-ce qu'il vous reste ?

Le 9 juin 2011 à 15:00

Attentat de Karachi : Owni publie 91 pages de documents de la DGSE

91 pages de notes, de télex et de rapports de la DGSE sur l’attentat de Karachi, publiés pour la première fois, permettront à chacun de se forger une opinion sur ce que les services secrets français savent de cette ténébreuse affaire. Permettant ainsi d’explorer l’une des questions de fond du dossier : celle d’un lien entre cet attentat du 8 mai 2002 contre les ouvriers français chargés de construire des sous-marins à Karachi (où onze d’entre-eux ont péri), et le contrat d’armement à l’origine de leur présence sur place, signé près de huit ans plus tôt, le 21 septembre 1994, par le gouvernement d’Édouard Balladur. La lecture de ces 91 pages comblera les esprits soucieux de reconstitution factuelle. En particulier, elle leur permettra de découvrir, en détail, les violentes tensions provoquées au Pakistan par le niveau de corruption sur ce contrat. Mais elle décevra les partisans d’histoires vites résumées, défenseurs de thèses définitives. Ceux-là seront frustrés d’y découvrir que la responsabilité d’Al-Qaida n’a jamais été prise au sérieux par les premiers enquêteurs. Ou que la DGSE n’a jamais rédigé, le jour de l’attentat, une note établissant un lien entre cet attentat et un arrêt de commissions décidé par Jacques Chirac dans le cadre de rivalités propres à la scène française (nous y reviendrons plus loin). Ces pages ont été déclassifiées en plusieurs fois, et adressées au juge Marc Trévidic en charge de l’instruction judiciaire, bien souvent sans soucis de cohérence. Nous avons décidé de vous les présenter en restituant l’ordre dans lequel elles ont été rédigées, entre 1994 et 2009. Et en les regroupant dans dix dossiers chronologiques, correspondant à dix moments importants de l’affaire. > Lire la suite de l'article sur Owni.fr

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