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Publié le 01/04/2010
 

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Michel Onfray


Les grands riards

Depuis six mois Michel Onfray «décentralise» l'Université Populaire de Caen vers Paris, plus précisément au Théâtre du Rond-Point. Expérience positive, elle sera renouvelée la saison prochaine. Pour l'heure, il nous parle des philosophes qu'il préfère : ceux qui savent rire.
"L’histoire de la philosophie officielle aime les pisse- froids, les tièdes, les raseurs, les émétiques, les verbeux, les tristes figures, les barbants, les phraseurs. Nul besoin de donner les noms, la liste se superposerait à celle des auteurs officiels des programmes scolaires ou à celle des habituels totems universitaires. Or il existe une autre histoire de la philosophie, non officielle. Elle  n’est ni enseignée, ni éditée, ni traduite, ni diffusée, et pour cause : elle est subversive, elle défend le corps et la chair, le vin et les femmes, la vie et l’amour, la table et l’amitié, le théâtre et la poésie, le voyage et la musique, elle moque les puissants et rit des Princes, elle raille les honneurs et méprise l’argent, ces sucres d’orge des esprits bas.
Dans cette liste dont l’origine remonte au VIe siècle avant l’ère courante, on ne trouve que les grands « riards » comme dit Montaigne qui en fait partie, à savoir : Démocrite et les matérialistes, Diogène et les cyniques, Aristippe et les cyrénaïques, Philodème de Gadara et les épicuriens, Carpocrate et les gnostiques, Quintin Thierry et les Frères du Libre Esprit, Montaigne donc, Cyrano et les libertins, puis une pléiade de mauvais garçons dont les derniers furent, après Nietzsche, Foucault, Deleuze et Guattari.
Rire, voilà à quoi il faut philosophiquement tendre : rire des puissants et de leurs hochets, rire des politiques et des importants, rire des présidents de ceci, des roitelets de cela, rire des icônes du marché, rire du barnum télévisuel, rire des journalistes, ces demi-habiles qui jouissent d’un pouvoir sans contre-pouvoir, la définition de toute tyrannie, rire des sportifs, rire des philosophes en chambre, des penseurs en toc, rire des curés, de tous les curés, rire des dévots des religions, de toutes les religions, rire des uniformes, rire des partis, rire des uniformes, rire des écoles, rire des chapelles, rire du vulgaire de la plupart des comiques qui ne savent pas rire, rire des rubans à la boutonnière, rire des ministres, rire des professeurs qui n’aiment pas leur métier, rire, rire, rire….Et pour ce faire, philosopher en ayant présente à l’esprit l’invite rimbaldienne qui suppose « la philosophie féroce »…"

Michel Onfray, philosophe, fondateur de l’Université populaire de Caen

> l'Université populaire de Caen au Rond-Point


 

Rémi Sussan : les cerveaux collaborent mieux quand le corps s'en mêle


L'intelligence collective n'est pas l'apanage du web

Qu’entend-on généralement par “intelligence collective” ? Pour le monde du web, la messe est dite : c’est le produit émergent de l’interaction entre plusieurs milliers, voire millions d’individus, certains ne partageant avec les autres qu’une quantité minimale de leur réflexion. Et bien entendu, c’est le web lui-même qui est le média de choix de cette intelligence collective.
Pourtant, il existe une autre approche de l’intelligence collective, bien plus ancienne que le net ou le web : la “fusion” entre quelques esprits, le plus souvent seulement deux, pouvant aboutir à une explosion inattendue de créativité.
Pour réussir une intelligence collective, il faut prendre en compte plusieurs facteurs. Première surprise, la “bonne ambiance” importe peu. La motivation des participants n’est pas non plus fondamentale, ni le niveau intellectuel des individus impliqué. Les trois facteurs qui auraient effectivement joué sont d’abord la “sensibilité sociale” des participants, sensibilité sociale qui a été calculée en soumettant chaque sujet au test de “lecture de l’esprit dans les yeux”. Autrement dit, la facilité qu’à un sujet à déduire l’état émotionnel d’autrui en observant son regard (vous pouvez faire le test ici). Autre paramètre important : dans les groupes les plus efficaces, les participants tendaient à se partager plus ou moins équitablement le temps de paroles. On n’y trouvait pas une monopolisation de la parole par une minorité des membres. Enfin, troisième facteur, et non le moindre : le succès d’un groupe était corrélé au nombre de femmes y participant.
C’est donc bel et bien l’intelligence émotionnelle de ses membres qui apparait comme l’ingrédient fondamental au succès d’un groupe, dont la collaboration est avant tout physique, incarnée dans le corps.
L’intelligence collective devrait beaucoup au corps. Elle ne saurait se réduire à une pure communion platonicienne des esprits…
> lire l'article complet sur OWNI
Le journaliste Rémi Sussan travaille notamment à Internet Actu et a écrit les "Utopies posthumaines" (éditions Omniscience), ainsi que "Demain les mondes virtuels" et "Optimiser son cerveau" (éditions Fyp). Il collabore également à "l'Annuel des idées" (éditions François Bourrin).

Retrouvez Rémi Sussan à la Monstrueuse Université du Rond-Point  :
Rémi Sussan "Marché de demain : optimiser le cerveau"
jeudi 3 mars à 19h30
réservation 01 44 95 98 21
tarif réduit 9€ pour les lecteurs de ventscontraires.net

Illustration Albert Dubout : Justine

En transit...



Déjà 2012 ! Une année de plus en moins... et dire qu'on est en transit ici bas, avec ou sans douleurs d'estomac. On est tous des passagers de la vie en route vers le destin, les bagages pleins de doutes et d'espoirs clandestins.
Des passagers de la vie en route vers demain, le désir assoupi par un trop long chemin. Des passagers de la vie voyageant côte à côte, oubliant les envies qu'ils avaient l'un de l'autre. Parfois même des passagers en colère, des passagers téméraires qui ne cessent de lutter, qui ne veulent pas se taire, mais cherchent la vérité...
On est tous des passagers en transit, en partance pour un grand voyage qui sera un flop ou bien un hit... tous des passagers en transit...

Les Yes Men


Les cracks méconnus du rire de résistance


Leurs exploits sont tellement épastrouillants qu’on dirait des super-héros de comics strips. Et pourtant, ils existent, les mythologiques Yes Men, ingénieux en diable, follement téméraires, goguenards, perfectionnistes, insaisissables, prêts à tous les coups d’audace pour « démasquer l’imposture néo-libérale » en se fendant la pipe.   1993. Mike Bonanno écume les magasins de jouets pour y effectuer des opérations chirurgicales clandestines sur des poupées Barbie et les GI Joe parlants. Il intervertit leurs boîtes vocales. Ce qui fait que les Barbie trafiquées serinent dorénavant qu’« un bon Indien est un Indien mort ».   1996. Embauché pour programmer les petits personnages hypervirils s’agitant sportivement sur l’écran du jeu vidéo « Simcopter », Andy Bichlbaum sabote son turbin. Il introduit ni vu ni connu des lignes de codes dans le jeu grâce auxquelles des malabars en maillot de bain surgissent régulièrement pour se faire des bécots voluptueux. Le jeu est distribué à 80 000 exemplaires avant qu’on se rende compte qu’il a été amélioré. Le Wall Street Journal et des chaînes télé du monde entier relatent le détournement.   1999. Unissant leurs talents flibustiers, Andy et Mike se lançent dans les rectifications d’identités. « Nous avons identifié des individus et des institutions faisant des choses épouvantables au détriment des gens et nous nous sommes emparés de leurs identités pour dénoncer leurs magouilles. » C’est ainsi que les deux coquins créent un site, gwbush.com, s’apparentant fort à georgewbush.com, le vrai site du gouverneur du Texas en pleine ascension politique. On y souligne que le Texas est l’État le plus pollué de l’Union, que la trajectoire d’entrepreneur de Bush n’a été qu’un immense fiasco, qu’il a jadis sniffé de la cocaïne alors que « des milliers de Texans croupissent derrière les barreaux pour le même délit » et, dans la section « généalogie amusante », que son grand-père fricassait avec les nazis. La riposte calamiteuse en direct télévisé de George Bush à propos de ce site est passée à l’Histoire : « Il y a des limites, des limites, des limites à, euh, à la liberté… »   Six mois plus tard. Andy et Mike, via un de leurs sites ressemblant étrangement à celui de l’OMC, sont invités officiellement à une conférence internationale à Salzbourg en tant que représentants de l’OMC. Très crédible durant sa première moitié, l’exposé du docteur en droit de l’université de Columbia Andreas Bichlbauer, spécialisé dans l’expertise juridique, dérape peu à peu. Il en vient à proposer que les entreprises privées soient autorisées à acheter les voix des citoyens ainsi que d’autres énormités qui paraissent tout à fait raisonnables aux juristes présents à qui Andy distribue des bananes.   2000. À la veille des manifestations contre le G8 à Gènes, le porte-parole de l’OMC Granwyth Hulatberi est interviewé par CNBC en direct depuis Paris. « On peut même envisager des “ bons de justice ” qui permettraient aux pays qui commettent des violations scandaleuses des droits de l’homme mais qui veulent s’amender de changer progressivement de comportement sans pourtant détruire leur tissu social. » Le « torrent d’insanités » que débite Andy durant l’émission ne lui vaut que des félicitations.   2001. C’est cette fois le délégué de l’OMC Hank Hardy Unruth qui prend la parole devant 150 chercheurs à Tampere, en Finlande, en ouverture d’un séminaire sur « les textiles du futur ». Au beau milieu de son discours, Andy prône le rétablissement de l’esclavage sans susciter la moindre désapprobation. « En ayant recours à la violence, non seulement le Nord a commis une terrible injustice contre la liberté du Sud, mais il a aussi privé l’esclavage de sa libre évolution en travail délocalisé ». À la fin de son allocution, le Dr Unruth « agrippe la toile de son costume au niveau de la poitrine et de l’entrejambe et l’arrache d’un coup sec. Sous le costume apparaît alors une combinaison de lamé doré. Le Dr Unruth se saisit ensuite d’un cordon dans la région du périnée et tire dessus avec force. On entend un sifflement impressionnant et un phallus gonflable d’un mètre de long se déploie brusquement. Arborant triomphalement cet appendice turgescent, l’orateur lève les bras en signe de triomphe. On l’applaudit à tout rompre. » Unruth explique que sa combinaison futuriste devrait permettre aux employeurs de surveiller leurs salariés à distance.   2002. Le docteur Kinnithrung Sprat s’exprime sur « les nouveaux horizons de la mondialisation de l’agroalimentaire dans le tiers-monde » devant 300 étudiants de l’université de Plattsburgh, État de New York. En vue de résoudre les problèmes de la faim, il présente sous la bannière de McDonald’s une gigantesque machine métamorphosant, grâce à un processus de filtrage très élaboré, les excréments humains en impeccables hamburgers « parfaitement hygiéniques ».   La même année, au centre de Sidney, Kinnithrung Sprat du département pour le développement et la recherche économique de l’OMC s’adresse aux invités de l’Association des comptables certifiés d’Australie. Rappelant que « les politiques de libre-échange en vigueur ont fait augmenter la pauvreté, l’inégalité et la pollution », il annonce une restructuration globale de l’OMC « mettant en avant le bien-être des pauvres, la protection de l’environnement et la consolidation des valeurs démocratiques ». Applaudissements nourris. Un communiqué signé CPA Australia, section Nouvelles Galles du Sud, tuyaute les agences de presse de la planète sur la reconversion de l’OMC.   2004. Vingt ans pile après l’explosion de l’usine chimique de Bhopal, en Inde, s’étant soldé par 20 000 morts, le porte-parole de Dow Chemical incarné par Andy trompette devant les caméras de la BBC que « la société reconnaît enfin sa responsabilité dans la catastrophe et accepte d’indemniser les victimes ».   2007. Se faisant passer pour les émissaires d’un faux talk-show américain de droite , les Yes Men amènent Patrick Balkany à dévoiler sa vraie nature. Le député UMP des Hauts-de-Seine affirme dans leurs micros : « Il n’y a pas de pauvres en France. Il y a des gens qui ont choisi d’être sans-abris. Mais nous les nourrissons, nous les logeons, et nous les soignons. »   2008. Le 12 novembre, 100 000 faux New York Times distribués dans les métropoles américaines titrent à la une « Irak War Ends » et divulguent qu’on va nationaliser les compagnies pétrolières pour financer le développement des énergies renouvelables.   2009. En pleine conférence de Copenhague sur le climat, on apprend sur un faux site Internet que « le Canada s’engage à réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 ».   2010. Mike et Andy contrefont spectaculairement une campagne du pétrolier Chevron plusieurs heures avant le lancement de la véritable campagne « We agree ». « Nous sommes d’accord pour dire que les compagnies pétrolières doivent nettoyer leurs saletés et arrêter de mettre la vie en danger ».   Grâce aux Yes Men, héritiers rocambolesques inouïment imaginatifs d’Allais, Swift, Jarry, Machiavel, les Pieds-Nickelés ou des yippies US, l’imposture peut certes être enfin considérée comme l’un des Beaux-Arts.   À lire : Les Yes Men d’Andy Bichlbaum et Mike Bonanno, éditions La Découverte. Artivisme de Stéphanie Lemoine et Samira Ouardi, éditions Alternative. À visionner : The Yes Men de Chris Smith, Sarah Price et Dan Ollman, www.blaqout.com. The Yes Men Fix the World d’Andy Bichlbaum et Mike Bonanno, Arte.
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