«Je me casse. Fait chier»
Eric Besson, ministre de l'Industrie, de l'Energie et de l'Economie numérique, enregistrement de l'émission Capital sur M6, mercredi 15 juin 2011.
C’est à des petits détails comme çà qu’on
mesure toute l’évolution d’un quinquennat. « Casse toi » lançait
Nicolas Sarkoy à un importun le 23 février 2010, « je me casse »
jette Eric Besson seize mois plus tard au journaliste qui l’interroge avec
insistance sur la sécurité nucléaire
qui, en France, ne serait peut-être pas comme un ciel sans nuage (de Tchernobyl).
De la présidence impérieuse au
gouvernement déserteur, de l’injonction à l’objection, le bilan le voilà.
Le ministre de l’Industrie y ajoute sa propre
touche fécale (un désir pressant de Dame Pipi serait-elle la vraie raison de
ce départ inopiné ?), mais le
symptôme clignote : parti pour rester quand le président de la République se la
jouait Rambo au salon de l’Agriculture, le pouvoir s’apprêterait à partir tout
court dès lors qu’un ministre vire à l’ado boudeur. Pas si simple.
Le Verbe façonne l’Histoire des années
sarkozystes, mais dans tous les sens.
Au commencement le président était Bling-Bling, sa présidence s’achève
sur une note Areuh-Areuh, suite à la grossesse de Madame officiellement
affichée à la face du G8. De la téléréalité à télétubbies, ce serait un
changement de programme. Une sorte de recommencement qui peut faire craindre à
d’aucuns qu’au lieu de se « casser » pour de bon, le régime en place
envisage de prendre racine. Il fut un temp où le président était l’hôte de
l’Elysée, désormais il y crêche.