
Andy Bichlbaum et Mike Bonanno nous
livrent leur conception du rire de résistance.
Héros du Net,
activistes altermondialistes héritiers des situationnistes ou de
Fluxus, les Yes Men ont porté la pratique du canular politique à
son apogée en se faisant passer pour des représentants des
multinationales, de l'OMC, cible privilégiée de leurs provocations
hirsutes.
"Le rire de résistance est notre outil de
prédilection pour des raisons pratiques. Notre but est de créer des
événements – ou des situations – qui agissent comme vecteurs
capables de véhiculer au plus grand nombre possible de gens des
messages importants à nos yeux. Nous les faisons d’habitude en
collaborant avec – ou, pour les esprits romantiques, en piratant –
les médias dominants. Vu le fonctionnement de ces médias, il ne
suffit pas qu’un événement soit important pour qu’il soit
couvert. Il lui faut au moins « être officiellement » important
(une déclaration présidentielle), ou violent ou drôle. Nous nous
en tenons à cette dernière option. Notre plus grand succès avec
cette technique eut lieu en 2004. Les médias américains (et
français) auraient bien volontiers ignoré le vingtième
anniversaire de la plus grande catastrophe industrielle de l’Histoire
– la catastrophe de Bophal – même si la date suivait de près un
événement d’importance : l’achat d’Union Carbide par
le groupe Dow Chemical. Cette coïncidence avait redonné espoir aux
militants de cette cause. Quand nous avons été alertés par leurs
soins, nous avons utilisé l’humour afin de propager la nouvelle
auprès des médias – avec pour résultats plus de 900 articles
dans les médias américains…"
The Yes Men