Eole Contrario
Publié le 05/05/2011

SuPorscherie


Même nos chroniqueurs se font enfumer

Le 3 mai, dans les colonnes du Parisien,  une photo d’Anne Sinclair et Dominique Strauss-Kahn illustrait un article évoquant la recherche d’un QG de campagne par le candidat putatif. On les découvrait aux abords d’une Porsche Panamera d’une valeur de plus de 100.000 $.

Il n’en fallait pas plus pour que les détracteurs du président du FMI s’emparent du cliché pour le transformer en symbole.

Sur son site, le blogueur influent  et consultant en communication politique, Emery Doligé s’emploie à monter en épingle les photos prétendûment compromettantes avec une approche d’une finesse rare. Comment sous-entendre que DSK roule en Porsche sans le dire explicitement et s’exposer à la contradiction. Le procédé est simple et bien connu de tous ceux qui souhaitent faire décoller une information et augmenter son référencement sur les moteurs de recherche. Il suffit de poser « naïvement » la question : DSK roule en Porsche ? Notez que le blogueur, pourtant lettré, ne prend pas la peine de formuler correctement la question « DSK roule-t-il en Porsche ? ». Ainsi l’URL de son billet devient tout naturellement « dsk-roule-en-porsche » et le tour est joué.

Inattaquable, Emery Doligé (MRY) n’a fait que poser une question anodine et son enquête s’arrête avant même d’avoir commencé. Il existe des photos de DSK à côté d’une Porsche, une d’Anne Sinclair montant à bord du bolide : tout est dit et le blogueur s’empresse de conclure : CQFD… SK. Pour être sûr que l’information capitale bénéficie de l’audience qu’elle mérite, MRY la twitte à cinq reprises pour que ses 10.000 followers n’aient aucune chance de passer à côté de LA nouvelle. Le buzz est lancé et très vite, le « topic » Porsche se hisse parmi les tendances France de twitter. Même ventscontraires.net est tombé dans le panneau.

Evidemment l’entourage du Président de la République, par la voix du conseiller spécial Brice Hortefeux, s’est emparé de l’affaire pour fustiger «une évolution curieuse du Parti socialiste» et ironiser sur « la Porsche au volant » qui succède au « poing et la rose » de 1981.

Peu importe désormais que le couple DSK-Sinclair n'est pas propriétaire de la voiture de la honte, l’expression « gauche Porsche » vient de faire une entrée tonitruante dans le vocabulaire de la campagne présidentielle et aucun démenti n’y fera rien : le mal est fait !

Dans toute cette histoire, on peut malgré tout, comme le blogueur Versac, noter une bonne nouvelle : DSK Porsche a désormais supplanté « DSK juif » dans les suggestions de google associés à DSK. C’est déjà ça.

Eole Contrario est l'envoyé spécial de ventscontraires.net sur les réseaux sociaux. Il explore et analyse tout ce qui s'y twitte, poste et diffuse et nous rapporte des pépites, des tendances et des phénomènes étranges. 

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Le 5 mai 2011 à 09:20

Ceci n'est pas une Porsche

En tombant sur la photo qui fait trembler les murs de Solférino actuellement, c'est l'image subliminale du parapluie de Kadhafi qui m'est immédiatement revenue en tête, avec la conscience toutefois que les deux n'ont rien à voir. Encore que...          Alors que quelques inconditionnels du sondage s'émoustillent de la date fatidique à laquelle le Messie fera son apparition dans le cercle des primaires disparues, un signe qu'on n'attendait plus surgit d'une manière quelque peu désobligeante pour le prétendant partisan apparemment des envolées mystérieuses. La Porsche de DSK fait jaser, parce qu'elle ramène à quelque chose qu'on connaît bien et qui rappelle quelqu'un. La Porsche de DSK serait-elle le petit Fouquet's de Sarkozy qui s'annonce trop tôt ? C'est en tout cas à deux pas de ce lieu désormais emblème du sarkozysme que la photo a été prise. Nous sommes ici bien loin de la radieuse DS des Trente Glorieuses plébiscitée par le Général de Gaulle et dont Roland Barthes disait: "Jusqu'à présent, la voiture superlative tenait plutôt du bestiaire de la puissance ; elle devient ici à la fois plus spirituelle et plus objective… la voici plus ménagère, mieux accordée à cette sublimation de l'ustensilité que l'on retrouve dans nos arts ménagers contemporains…".Et nous, on la sent bien loin, cette gauche Porsche, bien loin de nous et de nos petits "arts ménagers" du quotidien... Alors à quand une gauche Deuch' ?---Sur le même sujet, lire aussi la chronique d'Eole Contrario, SuPorscherie.

Le 6 mai 2011 à 09:36

Mort de Ben Laden

Le web pourri par de fausses citations

Le 2 mai dernier, en écho à la mort de Ben Laden, un internaute nous proposait de publier une citation de Mark Twain, "Je n'ai jamais souhaité la mort de quelqu'un, mais j'ai lu quelques nécrologies avec grand plaisir ! ". En recherchant sur le net l'origine de cette phrase, la rédaction de ventscontraires.net a très vite découvert que la version anglaise de la phrase circulait déjà massivement sur les réseaux sociaux, Twitter notamment. Dans la langue de Shakespeare et de Mark Twain, cela donnait : "I've never wished a man dead, but I have read some obituaries with great pleasure". Pour des milliers d'internautes, la citation était l'illustration parfaite de leur sentiment à l'égard de la mort du leader d'Al Qaida : un mélange de satisfaction et de refus de se réjouir de la mort d'un homme, quel qu'il soit.Parfaite illustration mais peut-être un peu trop parfaite. Car la phrase de Mark Twain a quand même un petit défaut : l'écrivain ne l'a jamais écrite ou prononcée. Il existe une autre référence avérée cette fois mais elle est l'oeuvre de Clarence Darrow, avocat américain né en 1857 et mort en 1938 : "“I have never killed a man, but I have read many obituaries with great pleasure." / "Je n'ai jamais tué un homme mais j'ai lu de nombreuses nécrologies avec grand plaisir". D'après certaines explications, la citation de Darrow se serait retrouvée à proximité d'une phrase de Mark Twain dans un recueil de citations en ligne et c'est de cette proximité que la serait née la confusion, amplifiée ensuite par la viralité d'Internet.Sur les réseaux sociaux, toujours à l'occasion du décès de Ben Laden, une autre phrase est devenue un best seller. Elle était cette fois attribuée à Martin Luther King : "I will mourn the loss of thousands of precious lives, but I will not rejoice in the death of one, not even an enemy" / "Je pleurerai la perte de milliers de vies précieuses, mais je ne me réjouirai jamais de la mort d'un seul, pas même un ennemi". Cette fois encore, l'auteur de la phrase n'était pas celui qu'on croyait. Il s'agissait en fait de quelques mots personnels postés dans un statut facebook par une certaine Jessica Dovey, une Américaine de 24 ans, professeur d'anglais au Japon, en exergue d'une véritable citation de Luther King. Les mots de la jeune femme attribués par erreur au pasteur américain ont ensuite été relayés sur son compte Twitter par un acteur et écrivain américain du nom de Penn Jillette. Et comme le brave Penn Jillette compte la bagatelle de 1 600 000 "followers", il n'en a pas fallu plus pour que la "citation" fasse le tour du monde et des réseaux sociaux.PS : la citation du titre n'est pas de Saint Matthieu.

Le 27 août 2011 à 08:07

Et la terre trembla...

Je me demande quelle est la probabilité pour qu'un tel évènement se produise: qu'un homme prenne la parole pour présenter sa justice et ayant à peine prononcé trois phrases, que la terre tremble sur les plus hautes villes du pays, s'attaque au Pentagone, le temple des armées, fasse exploser ses canalisations, mette à l’arrêt, bloquant même ses systèmes de secours, la centrale nucléaire de North-Anna en Virginie.Il y a dans les anciennes mythologies des interventions divines de cette nature, quand les devins scrutent le ciel et les éclipses. Et soudain au moment de l’attaque, la terre tremble. Certes, nous sommes matérialistes et ceci n'est pour nous qu'un tremblement de terre force 5, 9, totalement inhabituel en ces contrées. Sans aucun rapport avec aucun évènement humain. Mais je ne le ressens pas ainsi. Je crois que la terre en a ras le bol.  Ras le bol de l'homme, de ses compromissions, de ses mensonges, de sa puanteur, de sa facilité de céder à l'intérêt. Ce jour-là cet homme devait prendre la parole au nom de la justice. Mais il ne prit la parole qu'au nom de sa carrière. Il présenta une femme qui avait menti face à un accusé qui avait menti, hier et aujourd’hui, dans un pays où il y a un nombre insensé de menteurs, dans la presse, dans les sphères boursières et gouvernementales, dans le monde d'une justice qui s'offre avec impudeur à l'argent. C’est le pays où un staff gouvernemental se fait photographier en prenant des airs effrayés quand il regarde le dernier épisode de « Desperate housewives. » Et la terre trembla… Je crois qu'elle en a marre des mensonges des hommes, de la lâcheté des justes et de la pourriture de leurs maîtres. De leurs intérêts et de leur science sans conscience. Marre de voir les cinq éléments suppliciés. Les atomes explosés, la terre éventrée pour son sang noir, l’air chargé de poison, l’eau, la plus pure des créations, la plus avilie, les pluies charriant la mort sur tous les continents, elle la bienfaitrice, la porteuse de moissons, désormais porteuses d’isotopes mortels. Marre des dauphins  étouffés du pétrole de Louisiane, des saumons entassés dans des cuves, eux autrefois les plus libres des animaux, des thons rongés de métaux et nous qui les mangions parce que leur splendeur libre nous nourrissait, aujourd'hui abêtis et abrutis par leur chair, nous sommes gavés des poubelles de nos industries. Il pleut des oiseaux morts, les rivières, soudain sont débordantes de cadavres. Il n'y a pas de profondeur qui ne soit souillée, irradiée, poubelles d'un profit aveugle. Les coraux sont des champs de plastique à l'infini. Les neiges éternelles sont des photos. Et la terre trembla et le pyramidion de l'obélisque fut fissuré. Et des flèches néo-gothiques de la cathédrale tombèrent. L'ouragan Irène court vers New York.... Si j'étais DSK, je regretterais , vraiment, de n'avoir pas mis, ce matin-là mon peignoir en sortant de ma douche!

Le 4 septembre 2011 à 10:36

« Dans l'Essonne, où notre Coréen national va avoir chaud aux plumes »

Alain Marleix, chargé des élections à l'UMP, Public Sénat, vendredi 2 septembre 2011

Alain Marleix a chaud aux fesses depuis qu’il a proféré cette boutade aux relents xénophobes à l’égard de Jean-Vincent Placé, le bras droit de Cécile Duflot.  L’allusion aux racines biologiques de l’écologiste adopté dès son plus jeune âge par des parents normands, a provoqué un tollé. Même Jean-François Copé, camarade en chef du parti de Marleix a « regretté » un tel propos. L’élu du Cantal voulait souligner que Jean-Vincent Placé, candidat aux sénatoriales sur une liste PS-EELV dans l’Essonne, allait avoir quelques soucis avec une liste dissidente. Il n’a sans doute rien appris à l’intéressé qui a la réputation de faire, chez les écologistes, un peu le même boulot que Marleix à l’UMP. Ce n’est évidemment pas une raison. Alain Marleix pourrait bien sûr plaider qu’en associant « notre », « coréen » et « national » il a procédé à une sorte de régularisarion bienveillante de Jean-Vincent Placé. Même si, en faisant de l’impétrant un petit chef  emplumé, Marleix semble se représenter le pays du matin frais comme une réserve apache. Quand on ne s’occupe que de cartes électorales, on peut avoir des lacunes en géographie tout court. Et puis il n’y a pas péril en la demeure. Brice Hortefeux, auvergnat d’adoption comme Marleix (ils sont tous deux nés en région parisienne et parachutés au pays des Arvernes), a dû lui souffler que quand il y a un Coréen ça va, c’est quand il y en a beaucoup  qu’il y a des problèmes.

Le 18 octobre 2011 à 09:05

«C'est le rêve français que je veux réenchanter»

François Hollande, après le second tour de la « primaire citoyenne », dimanche 16 octobre 2011

A tout prendre une bouille molle avenante est plus sympathique qu’une bouille dure sectaire, ce n’est pas une raison pour taire la perplexité où nous a plongés, dès sa première déclaration, le candidat de la gauche socialiste, citoyenne, etc. Quand on reprend, posément, mot à mot, sa profession de foi, elle interpelle quelque part au niveau de la comprenette. Réenchanter un rêve, cela sous-entend qu’il y a des rêves désenchantés. En un certain sens, oui. Mais il n'est nul besoin de rêver la désespérance sociale, elle s’impose dès qu’on ouvre les yeux. Un aspirant président, son terrain de jeu ce n’est pas le sommeil agité de ses concitoyens mais les angoisses de leur quotidien. Bref qu’il parvienne seulement  à « réenchanter » la vie, le Merlin qui a terrassé la Martine, et ce serait déjà pas mal. Encore que la formule a des relents de calotte (signe ostentatoire commun aux monothéistes)  qui offusquent les narines rationalistes. Ainsi, quand Max Weber parlait du « désenchantement du monde » pour constater, en sociologue, que l’avènement des sciences et des techniques privait de sens, sinon de magie et de merveilleux les sociétés humaines, d’aucuns prétendaient qu’il régressait en deçà du « Siècle des Lumières.»  Dans ce cas, « réenchanter », serait plutôt réactionnaire. Au risque d’une autre régression, la remise en service du bon vieil « ascenseur social » aurait l’avantage de dire la même chose, de façon plus « normale ».

Le 1 mars 2011 à 19:07

Ceci n'est pas un parapluie

A l'heure où un collectif de diplomates dénonce la politique étrangère de la France sous le pseudonyme de "Marly", les équipes présidentielles de l'Élysée ont sans nul doute été sujettes à d'abondantes sueurs froides. On imagine bien la crise de panique élyséenne, entre deux bains de sang libyens, pour tenter de retirer quelques photos compromettantes de Nicolas Sarkozy offrant des courbettes disgracieuses à son ami Kadhafi à qui il déroula le tapis rouge quelques semaines seulement après son élection. Cachez donc ces amis que l'on ne saurait voir; et civilisez-moi donc ce web! Dans le même temps, une image subliminale aussi brève qu'une phrase de DSK inonde les télés du monde entier, nous forçant à nous gratter la tête : le parapluie déployé du colonel criminel nous interpelle, sans doute destiné à nous livrer, à nous les "chiens", un message en bonne et due forme. Officiellement, l'objectif était de prouver qu'il n'avait pas pris la fuite vers le Vénézuela. Rien sur cette image (qui s’apparente à une hallucination collective) ne permet de définir le lieu où elle a été tournée. Mais de quelle symbolique le parapluie est-il le nom? Si l'ombrelle est un symbole solaire, le parapluie serait associé à l'ombre, au repli sur soi, et symboliserait le besoin de protection, la crainte de la réalité, le manque de dignité et d'indépendance. On ne sait pas, en revanche, s'il s'agit du parapluie qu'on déploie ou de celui que l'on tient fermé comme un bâton de pèlerin. Toujours est-il qu'il pleut du sang en Libye et que tout n'est peut-être qu'une question de (trop longs) jours avant que celui qui prétend vouloir mourir en "martyr" ne finisse par rejoindre le clan des despotes renversés.

Le 9 novembre 2011 à 16:35

« Est-ce du courage de mentir, de basculer dans la démagogie, de taire la vérité, de vous accrocher à des vieilles lunes socialistes qui vous ont certes conduit par effraction au pouvoir en 1997 ? »

François Baroin, Assemblée nationale, mardi 8 novembre 2011.

J. K. Rowling va devoir se remettre à l’écritoire pour ajouter un huitième volume à sa saga. Voilà en effet un ministre français qui a la tronche de Harry Potter, mais parle comme Voldemort à qui on serait venu voler le pensionnat de Poudlard. Ca tombe bien puisque le tome 7, épisode ultime à ce jour, se déroule autour de 1997, l’année même où la gauche a pénétré « par effraction » dans les palais de la Chiraquie. La trame est fournie par le ministre de la Magie, pardon de l’Economie, interpellant aux questions d’actualité les cambrioleurs socialistes toujours en liberté. Que fait la police ?  La propriété du pouvoir est à droite, sa confiscation est de gauche. Harry Baroin qui était alors un « bébé-chirac » (avant de devenir un ado-Sarko pour croûter) en garde un souvenir terrible. Une scène primitive où dans des bacchanales de 35 heures et plus, les voyous pluriellement de gauche forniquaient dans les meubles d’une famille spoliée. Il se trouvera bien encore des  Moldus pour prétendre que gagner des élections ce n’est pas forcer les serrures, mais c’est qu’ils ne comprennent rien aux forces obscures menaçant l’ordre des choses. Chirac qui avait dissout par distraction, a pris le risque d’inscrire au chômage  la génération des Baroin. Il en suffoque encore d’indignation le Potter de Bercy.

Le 25 mai 2011 à 15:00
Le 24 mai 2011 à 19:30

Ça bouge sur les réseaux

Sit-in devant la Bourse 8

Je viens de recevoir un message sur mon smartphone, on dirait que ça bouge sur les réseaux :"Nous, jupes roses et sans-culottes, cagoules et bonnets, mitaines et foulards imbibés de citron, masques de latex et lunettes de plongée, communiquons à tou.te.s notre volonté de passer à l’action, ce jeudi 26 au matin, contre la finance organisée et ses réseaux mafieux. Nous appelons une horde débonnaire et clandestine à venir nous rejoindre le jeudi 26 mai à 9h à la Rotonde de la Villette (Métro Stalingrad) pour un départ groupé en direction d’un symbole bien connu de la manigance capitaliste, en vue de son occupation.Nous avertissons copains et copines que le risque juridique sera faible, mais que la jouissance sera grasse, car nous avons prévu de nous maintenir dans ledit lieu jusqu’à la dissolution de la dette grecque et du déficit de la sécu française.Nous avons prévu de monopoliser l’espace, d’y faire du boucan et d’y jeter des paperasses, d’y crier notre mépris pour le pognon et la magouille. Toute participation insolente et désinvolte de votre part ne nous rendra que plus forts et plus aguerris pour les batailles suivantes.Prenez avec vous tout ce qui agace les nanti.e.s et les cadres, quirend nauséabond l’atmosphère et réjouit les compagnon.ne.s révolté.e.s.JEUDI 26 MAI à 9H00 pétante,Place de la rotonde (Métro Stalingrad)Premiers signataires : Collectif des Allumés de la Fraude (CAF), Organisation des Téléspectateurs Anarco-Nihilistes (OTAN), Fédération Malgache des Insoumis (FMI), Groupe Invivable des Garçonnières du Nébraska (GIGN), Union Nécrosée des Lessiveurs de Parpaings, Association des fossoyeurs du Pole Emploi, Le collectif “Bien Assez de Conneries !” (BAC), le Cercle des Amis de l’Intifada, l’Union Radicale Survivre SAns Fessebouc (URSSAF), L’Internationale vegan pour une revanche des animaux, Collectif “Vivons bien, vivons couchés”, le Syndicat Démocrate Individualiste contre la Guerre (SDIG) et le Syndicat Démocrate pour l’Abolition du Téléthon (SDAT)..."Et j'ajoute mon nom à la liste des signataires : Fleur Ho!> épisode suivant> premier épisode

Le 8 juin 2011 à 12:00

« Je vous laisse fantasmer, je ne sais pas de quoi vous me parlez. »

Henri Emmanuelli, couloirs de l'Assemblée nationale, 7 juin 2011.

Au cours d’une partouze verbale, un ancien ministre a été surpris par la police vidéocratique en train de commettre, avec le majeur de sa main droite, un acte que la morale réprouve. Henri Emmanuelli, ci-devant secrétaire d’Etat aux DOM-TOM et au Budget (1981-1986), a coupé court à la rumeur malveillante le désignant, par ce renvoi des journalistes qui l’interrogeaient à leurs propres dépravations. C’est que le sujet est sensible chez les socialistes dont l’une des figures éminentes aurait commis,  dans une chambre d’hôtel new yorkaise, bien davantage qu’un digitus impudicus comme disaient les Romains. Certes la droite n’a pas à se poser en parangon de vertu, alors qu’un des siens, ancien ministre à son tour, aurait usé des pieds d’autrui pour forcer des intimités rétives. Mais l’image demeure de ce doigt en érection, réflexe musculaire à un propos ironique du premier ministre François Fillon évoquant les socialistes allemands qui, eux, auraient accompli en leur temps les réformes utiles que le gouvernernement français est en train d’accomplir. Alors à qui la main qui, ce jour-là, au Palais Bourbon, s’est livrée à ce simulacre de pénétration vengeresse ?  Aux dernières nouvelles, Henri Emmanuelli aurait fini par admettre qu’il aurait pu agiter un membre ( la main) de façon équivoque, mais non intentionnelle. A l’appui de sa bonne foi, il emprunterait un élément de langage en vogue: « cela ne me ressemble pas. »

Le 27 juillet 2015 à 08:41

De la Burqa invisible

Le voile intégral a une fonction : cacher la femme du regard et de la convoitise sexuelle des hommes. Je ne ferai pas ici d’étude socio-politico-religieuse de la question, je me garde cela pour d’autres lieux. Non, ce qui m’intéresse aujourd’hui, ce sont d’autres voiles intégraux que nous nous mettons sur la tête ou que nous nous laissons imposer : les voiles symboliques. Ils sont la somme de plusieurs facteurs. Naître garçon ou fille induit de la part des jeunes parents et de l’entourage du nouveau-né, un comportement différent. On ne parle pas de la même façon aux bébés filles qu’aux bébés garçons, par exemple (il y a de nombreuses études sur l’ensemble des comportements face aux nouveau-nés, auxquelles je vous renvoie, afin de bien percevoir tous les mécanismes différenciés que nous mettons en place dès la naissance d’un individu). Ce comportement sérié selon le sexe ne va pas s’arranger en grandissant. Nous ne sommes pas du tout traités de la même façon que l’on soit né mâle ou femelle. Si vous avez des enfants des deux sexes, faites l’expérience quelques heures/jours. Notez le nombre de fois où vous vous adressez aux uns ou aux autres, la façon dont vous leur parlez, les demandes que vous leur faites, l’amorce de vos phrases, etc. C’est édifiant. Et même si l’on est attentif à la problématique, même si l’on « fait attention » à ne pas faire de différence, on se rend vite compte que malheureusement on n’agit pas de façon similaire. La prédominance de l’environnement sur les différences d’attitudes entre les filles et les garçons, est un fait. Les filles vont alors « rentrer dans le moule » qu’on leur a assigné*. Et enfiler leur voile. Parce qu’en le faisant elles répondent à une injonction, et qu’il est très compliqué de passer outre, de se rebeller, de dire « NON » (ce qu’on ne leur a pas – ou mal – appris, au demeurant). Plus que les garçons, les filles vont faire ce qu’on leur demande (les parents, la société, ...) : être confortables, se tenir correctement, ne pas faire (trop) de bêtises, ne pas prendre de risques (laissons cela aux garçons ces casse-cous, puisqu’il a été seriné aux filles, depuis leurs 10 mois « Attention tu vas te faire mal ! » à chaque tentative de nouvelle acquisition motrice : autant dire que ça forge la trouille du risque physique, bien souvent surévalué). Les filles vont se conformer à ce que l’on attend d’elles. Élèves plus « scolaires », filières littéraires qu’elles envahissent par la suite (je vous renvoie au séminaire de Pascal Huguet, au Collège de France, intitulé « Les stéréotypes de genre », c’est simplement hallucinant : les expériences réalisées sont à voir, car même si l’on est concerné, que l’on s’intéresse à ces questions, on reste estomaqué face à l’ampleur des dégâts, notamment au niveau de l’appréhension de la réussite scolaire ). Les filles pensent qu’elles vont moins réussir, que c’est moins important et vont ainsi s’intéresser à d’autres choses afin de laisser la place – leur place –, aux garçons. Le voile s’allonge. Or, un voile peut être confortable. Car s’y cacher, c’est devenir invisible, ne plus être vue. Ce qui peut avoir des avantages. Ou du moins considérés comme tels. Ne pas être « dans le monde » est un gage de paix et de tranquillité, relatives. Du moins on peut s’en persuader. Le voile rend toute chose interchangeable. Tel est le prix à payer du Niqab invisible. L’ôter ou le refuser c’est se rebeller contre la société patriarcale et risquer l’opprobre. Les femmes libres le savent. Celles qui refusent la maternité, celles qui refusent le couple, celles qui refusent le foyer, trois dimensions hors desquelles une femme n’a plus de raison d’être, d’utilité à être, dans une société encore pleine de relents de judéo-christianisme. Il y a celles qui refusent d’être financièrement dépendantes d’un homme, qui vont rejeter, toujours, cette possibilité, qui pourtant leur serait aisément « pardonnée ». Puisqu’elles sont femmes, elles ont ce « droit ». C’est inscrit dans l’inconscient collectif. Il y a celles qui se refusent à ne pas donner le meilleur d’elles-mêmes. Et à qui on va demander plus encore qu’aux garçons, lorsqu’elles réclament leur part. Parce qu’elles vont devoir « payer » d’une façon ou d’une autre, leur choix de ne pas se recouvrir du voile symbolique qui est un des attributs les plus douillets qui soient pour les autres (au-delà du fait qu’il puisse leur faire penser qu’il l’est pour elles-mêmes). Pour les hommes, bien sûr. Parce qu’en rentrant dans la danse, les femmes multiplient les facteurs de rivalité, qu’ils subissent déjà beaucoup trop entre eux. Mais aussi pour les autres femmes, qui sont souvent les premières à les rejeter. « Recouvre-toi. Comme tout le monde. Ne fais pas l’idiote, regarde c’est si simple. » Parce que le risque sous-jacent serait – ce qui pourrait être entendu par une telle requête d’indépendance – : ne pas avoir besoin d’homme dans un monde d’hommes. Et ça c’est un discours insupportable. L’égalité ne peut passer que par un affrontement symbolique et par une pédagogie de tout instant. Les féministes ne veulent pas castrer leurs congénères ni voler leur place. Elles ne souhaitent que vivre en harmonie avec eux, à leurs côtés, et leur faire comprendre qu’ils ne risquent rien à accepter qu’elles jouent sur le même terrain, si elles en ont envie. Car, par les différences qui existent entre les deux sexes, l’égalité ne pourra être que source d’enrichissement pour tous. C’est promis. P.S : tu as vu, aujourd’hui je suis polie. * Les garçons aussi, je ne dis pas le contraire, et je sais bien que ce n’est pas forcément toujours évident pour eux non plus.  Dessin : James

Le 17 mai 2011 à 08:15

Soubrette

Que Dominique Strauss Kahn ait droit à la présomption d’innocence face aux accusations gravissimes portées à son encontre, c’est normal, et légal. Et même, c’est sain. Mais que la femme de ménage qui l’incrimine n’ait, elle, pas droit à la présomption du traumatisme subi, là il faut qu’on m’explique. Depuis dimanche, pas un mot sur elle dans les médias français, ou dans la bouche de nos politiques (à l’exception notable de Jean-Luc Mélenchon) sollicités en boucle sur ce qui est d’ores et déjà devenu « l’affaire DSK ». Pourquoi ? Si les faits qu’elle reproche au patron du FMI sont avérés, ne peut-on pas légitimement supposer que cette femme souffre des conséquences d’une telle agression ? Ne peut-on avoir une pensée pour elle, sans pour autant tirer à boulets rouges sur son agresseur supposé ? Certes ils ne sont que deux à connaître la vérité, mais pourquoi parler toujours de lui, jamais d’elle ? Pourquoi la tenir à l’écart de nos colonnes médiatiques comme on le ferait d’une maladie honteuse ? D’ici à ce qu’on retombe dans les travers habituels dès lors qu’il y a viol ou soupçon de viol, sur l’air de : « elle l’a cherché, elle l’a piégé », il n’y a qu’un pas. Espérons qu’il ne sera pas franchi, avant que la lumière ne soit faite sur cette lamentable histoire. Gageons que si elle n’était pas femme de ménage mais femme de pouvoir et/ou d’argent, nos journalistes et politiques nationaux se souviendraient qu’elle existe et que derrière sa plainte se cache un être humain, qui ment peut-être mais qui peut-être aussi dit la vérité. Mais elle est soubrette, et la France s’en fout. Car il ne fait pas bon être pauvre et sans grade dans notre beau pays. On le savait. Mais ça va mieux (du moins moi je vais mieux) en l’écrivant.

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