« Heureusement, le président a pris la tête de la croisade pour mobiliser le Conseil de sécurité des Nations unies et puis la Ligue arabe et l'Union africaine. »
Claude Guéant, lefigaro.fr, lundi 21 mars 2011
Ses ailes de Guéant ne l’empêchent pas de se crasher. A
croire que le ministre de l’Intérieur est un agent stipendié de Kadhafi qui, au
lendemain des premières frappes aériennes sur son pays, dénonçait la « croisade »
de l’Occident chrétien contre son modeste personnage, promu martyr musulman. En
reprenant le même mot évoquant les expéditions moyenâgeuses pour aller « libérer »
le tombeau du Christ chez les Sarrasins, Claude Guéant a dit précisément ce que
le tyran de Tripoli voulait démontrer et les gens d’Al-Qaïda entendre. Avec un
Guéant au micro, les islamistes n’ont plus besoin d’attaché de presse.
Nicolas Sarkozy va quand même devoir calmer son thuriféraire.
A trop vouloir cirer les pompes, il arrive qu’on se prenne la semelle.
Promouvoir Nicolas Sarkozy en Geoffroy de Bouillon, il y a de quoi faire plier
de rire la terre entière, Maghreb et Machrek compris. Et susciter
d’embarrassantes comparaisons. Le
chef croisé du XIème siècle était en effet nettement moins « bling-bling »
que son successeur supposé, dix siècles
plus tard. La légende veut qu’il reçut un jour les cheiks arabes, assis par
terre car « l'homme doit se souvenir qu'il n'est que poussière et qu'il
retournera à la poussière ». Pas vraiment le profil « présidentiel »,
ce sacré Geoffroy.
Quant à Claude Guéant, il est en passe de réussir l’impossible : faire regretter
Hortefeux !