Thomas Vinau
Publié le 10/05/2011

Christopher McCandless (Alexander Supertramp), clochard céleste


Portrait 19

Christopher McCandless est né en 1968 et mort en 1992.

Christopher McCandless a un nom officiel et un vrai nom.

Le vrai nom de Christopher McCandless est Alexander Supertramp.

Christopher McCandless est un jeune idéaliste américain.

Christopher McCandless est déçu par le monde et les hommes.

Christopher McCandless n’est jamais déçu par la littérature et par le monde sauvage.

En 1990 Christopher McCandless décide de marcher à hauteur de ses rêves.

Il déchire ses papiers. Quitte sa famille. N’emporte que quelques livres dans son sac.

Il prend la route et traverse l’Amérique, en stop, à pied.

C’est là qu’il devient Alexander Supertramp.

En croquant une pomme sur un pont.

Alexander Supertramp traverse routes, montagnes, ruisseaux, champs, plaines, rivières, jusqu’en Alaska.

Il rencontre de vrais hommes, de vraies bêtes, de vrais problèmes, de vraies nuits, de vraies étoiles.

Alexander Supertramp connaissait par coeur les récits de Jack London ou les poèmes de Walt Whitman.

Alexander Supertramp voulait boire directement à la mamelle du monde le vrai jus de la vie.

Il est mort intoxiqué par une mauvaise plante, au milieu des grizzlis.

Krakauer en a fait un livre et Sean Penn un film.

Alexander Supertramp voulait boire directement à la mamelle du monde le vrai jus de la vie.

Il est mort à 24 ans, mais personne ne peut dire qu’il n’y est pas parvenu.

Né en 1978. Habite dans le sud avec sa petite famille. S'intéresse aux choses sans importance et aux trucs qui ne poussent pas droit. Est un etc-iste et un brautiganiste. Se prend parfois pour le fils de Bob Marley et de Luke la main froide. S'assoit sur le canapé. Se reprend. Décapsule. Ecrit des textes courts et des livres petits.
etc-iste.blogspot.com 

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Le 27 septembre 2011 à 11:18

Jean-Paul Clébert, clochard céleste

Portrait 25

Jean-Paul Clébert a été surnommé un temps, le clochard qui a failli avoir le prix Goncourt. Jean-Paul Clébert est né le 23 février 1926 et il est mort la semaine dernière, le 21 septembre 2011. Dans son nom, Jean-Paul Clébert est à une voyelle de clébard. Après avoir été cheminot, trimard, résistant puis avoir parcouru l’Asie, il tape la cloche dans le beau Paris Insolite des années cinquante. Ses compagnons de route ? Doisneau, Giraud, quelques surréalistes, quelques situationnistes. Il écrit au dos des paquets de gauloise après avoir découvert Bourlinguer de Cendrars. C’est lui qui l’introduira chez Denoël. Son seul maître, avec peut être Henry Miller à qui il fait visiter les bordels Parisiens. Clébert parlait des gitans, des arabes, des juifs, des caniveaux, des chiens, des petits matins rouges, des ficelles, des putes, des chineurs, de la faim et du vin. Il n’idéalisait rien et surtout pas la misère. Il montrait ce que personne n’en connaissait, sa beauté, sa fierté, son courage. Il était venu finir sa vie pas loin de chez moi, dans les collines du Luberon, loin du Paris frimeur qu’il ne reconnaissait plus, écrire des livres sur l’ail ou la Provence. Mais il sera resté jusqu’au bout du même bord ; «avec ces hommes qui crèvent de  faim, se foutent pas mal des beautés de la liberté et de la marche à pied, ont misé sur l’avenir et le boulot bien fait et dont on apprend du bout des yeux le décès dans la colonne des faits d'hiver, vieux et vieilles morts solitaires dans un taudis innommable, ou rongés tout vivants sur leur grabats par les rats». Les éditons Attila ont rééditées son Paris Insolite il y a deux ans.

Le 17 juillet 2011 à 09:27

Mark

Je reviens de loin, d’une sorte de rêve étrange. Certains appellent ça une catharsis, moi je me contente d’appeler ça un rêve étrange : il n’y a aucun mal à dire les choses différemment pourvu qu’on les dise avec honnêteté. Personne ne me jugera pour ça. J’ai fait ce que l’on appelle une EMI : une Expérience de Mort Imminente. En anglais, on dit : NDE : Near Death Experience. Je ne suis pas doué en anglais, mais « NEAR » ça veut dire « près » et « death », « mort ». Ce que j’ai fait, c’est être si proche de la mort que l’on revendique sa vie de manière si indécente qu’on oublie à peu près tout. Regarder directement dedans, bien rentré, à l’intérieur et cela tout en étant à l’extérieur. L’instant d’avant ça va bien et l’instant d’après, tout se perd. Near death Experience. Expérimenter. Experience. Expérience. La vie, c’est empirique, la mort, c’est autre chose. La mort, c’est perdre du temps à essayer de comprendre ce qui s’est passé dans la vie. La mort, c’est très utile, mais ça n’a rien de ressenti : c’est ailleurs et cet ailleurs, c’est à venir. Je me suis trouvé juste assez proche de la mort pour comprendre son sens et après je suis revenu à la vie. Certains appellent ça mentir, moi j’appelle ça se révéler : il n’y a aucun mal à dire les choses différemment. Personne ne me jugera pour ça. Ou tout du moins, personne ne le devrait, mais on n’est jamais à l’abri. En fait, il faudrait vraiment que j'arrête de bouffer des yaourts au Bifidus Actif parce que c'est franchement dégueulasse...

Le 17 décembre 2011 à 07:40

Ô Senescence !

Vieillir, c'est se suicider au temps qui passe. On ne le dit pas assez. J'ai remarqué que, arrivé à un certain âge, on devient épicurien de gré ou de force, dans le sens où on vit chaque jour comme le dernier. Il n' y a aucun remède contre cela, et la mort viendra à nous aussi sûrement que la joue vient au poing à qui sait la tendre. Dans notre société de consommation sans scrupules, même la sénilité fait recette. Les vieux sont prêts à avaler n'importe quoi pour rajeunir, comme le viagra, ou les crèmes anti-rides. Ou le concept des femmes cougars. Je m'excuse, mais une cougar, sans ses dents, ça fait pas courir grand monde ! Et notre Johnny, ils vont nous le tuer avec sa prochaine tournée, Cheveux blancs, idées noires. Ma grand-mère me donnait son avis sur la question l'autre jour : « Tu veux que je te dise ? La jeunesse, c'est dans la tête ! » La pauvre. Elle ne se rappelle même plus qu'elle a Alzheimer. Mon grand-père me disait à ce propos : « Regarde cette photo sur le mur. Elle était belle à dix-huit ans, ta grand-mère. Cette photo c'est un peu le portait de Dorian Gray, mais à l'envers. » La vie est une vaste blague et la mort en est la chute. Parfois, c'est une chute qui n'en finit plus de chuter. Chute des cheveux, chute des dents, chute de tension, chute dans la baignoire et, pour finir, chute dans l'oubli. Sans rigoler, on en finirait presque par se demander si ce ne seraient pas les plus courtes les meilleures.

Le 7 septembre 2010 à 17:26
Le 13 mars 2011 à 20:35

Les secrets de Jean Piero

Ventscontraires.net vous ouvre les coulisses de ses "Pièces Montées", diffusées dans le journal 3D sur France Inter

Jean Piero n’est pas vraiment journaliste, il vient de l’univers du spectacle, par la chanson, et de celui des arts plastiques. Pourtant, on pourrait s’y tromper, puisqu’il se balade avec un micro en posant des questions, autour d’une thématique imposée chaque dimanche par Stéphane Paoli pour son émission en direct du Rond-Point. Le résultat radiophonique (ses "Pièces Montées" dont vous pouvez entendre quelques pastilles sur ventscontraires.net), c’est un joyeux mélange de voix, d’idées folles et de vérités aussi. Et évidemment, lorsqu’on est auditeur, on se demande quel est son secret de fabrication… D’abord, il lui faut trouver un lieu, le plus silencieux possible, pour des raisons techniques évidentes. Donc il fuit les bistrots, qui sont aujourd’hui pollués par les musiques d’ambiance (ça l’énerve) et leur préfère les jardins publics, les galeries, les beaux magasins. Il faut que les gens y soient prédisposés à la beauté.Ensuite, il choisit ses voix à leur air disponible, et les aborde avec le matériel d’enregistrement le plus discret possible. Lorsque toutes ces conditions idéales sont réunies, il peut poser ses questions, dans un ordre bien précis. A écouter Jean Piero, tout est dans la question, longuement pensée. Après, il faut laisser faire : "Si on fait confiance aux gens, on a souvent des bonnes surprises. Chacun a de la poésie en soi, on est tous, quand on le veut, de grands producteurs de surréalisme, ne serait-ce que dans nos rêves." La psychanalyse, d’ailleurs, n’est pas bien loin… "J’écoute la signification des mots et je rebondis. C’est de l’interprétation libre : en suivant le sens des mots, on peut aller dans des endroits totalement inattendus." Alors, pas de trucage ? "Parfois, quand on trouve un bon mot avec quelqu’un, je le lui fais répéter. C’est une écriture commune, où tout est permis". Il peut aussi organiser des dialogues entre des personnes qui ne se sont pas vues. Ça, c’est le boulot de montage, lors duquel il travaille aussi le rythme, l'équilibre, les respirations, bref, tout ce qu'on attend dans son poste et qui a l'air de couler de source… Jean Piero a un site, on peut y entendre ses séries radiophoniques des années précédentes, écouter ses photos et y voir ses images : jpiero.com. Et entendre sur ventscontraires.net quelques-unes de ses pièces montées.(image Jean Piero)

Le 25 décembre 2014 à 09:17

Rester vivant, de Yves-Noël Genod

Déclaration d'amour d'une spectatrice

Oui c'est infiniment beau. C'est le geste théâtral de Yves-Noël Genod et de ses hôtes magiciens au son, à l'image et d'une magicienne sculpturale, furtive passante insaisissable et du diablement père spirituel et charnel, ce génial Charlot métaphysique grandiose de la poésie, qui sait puissamment piétiner ce qu'il adore. Vous serez dans la chute d'Alice au fond du trou du Pays des merveilles, et dans le geste théâtral de Yves-Noël Genod. Vous serez dans le ventre de la baleine aux côtés de Jonas et de Pinocchio et dans le geste théâtral de Yves-Noël Genod. Vous serez dans la soute du navire qui traverse le Styx avec un Charon millénaire et sans âge, enfantin, grâcieux, délicieux, fils d'Hélios le Soleil et de Gaïa la Terre, et dans le geste théâtral de Yves-Noël Genod. Vous serez dans l'Atelier imaginaire de Léonard de Vinci qui peint, pense, s'envole, Joconde... et dans le geste théâtral de Yves-Noël Genod. Ici la couleur du silence prend cette teinte douce, ouatée, de ce noir plein d'âmes qui nous emporte dans un “on ne sait où“ fabuleux . Il y a un "Noir Genod“, comme il y a un “Noir Soulages“ ou un “Bleu Klein“. C'est une nouvelle mythologie qui s'invente devant nous. Elle est faite de notre fibre la plus humaine et la plus prodigieuse, du meilleur et du pire de nous toutes, de nous tous. C'est un voyage hors du temps et dans le temps, hors du texte et dans le texte, sans corps et comme si on entrait dans le corps de cette voix dont le clavier va et vient, ose des basses presque obscènes, monte en spirale jusqu'à des cieux que même Borges n'aurait pas su écrire. Ne manquez pas cette rencontre, cette chance d'être AVEC ce geste exceptionnel qu'est le geste théâtral de Yves-Noël Genod. Vous êtes à Paris, la plus belle ville du monde avec tout près de vous vivant, si vivant le plus magnifique geste de théâtre du monde. Vu trois fois ce “Rester vivant“. Je reviendrai. Non je ne suis pas folle, non je n'exagère pas, tous les gens que j'ai amenés avec moi vous le diront... : ) Vivante, je le suis encore plus que jamais par ces rendez-vous réussis ! Ne les ratez pas ! > Rester vivant, un spectacle d'Yves-Noël Genod

Le 13 juin 2011 à 18:00

Correspondance d'un sédentaire avec des morts

"Entretien" avec Baudelaire sur le sommet de l'environnement

CB. – La Nature est un temple où de vivants piliers. Laissent parfois sortir de confuses paroles FC. – Alors oui Charles, puisque vous me parlez d'écologie, que pense le poète du sommet pour l'environnement? CB. – L'homme y passe à travers des forêts de symboles. Qui l'observent avec des regards familiers. FC. – Oui vous pensez aux lobbies? Que le discours devrait prendre forme en actions c'est bien cela ? CB. – Comme de longs échos qui de loin se confondent. Dans une ténébreuse et profonde unité. FC. – Oui un écho aux différents problèmes que rencontre l'Homme moderne pour sa survie... Quelle place dans l'éducation de nos enfants pour que cela fonctionne? CB. – Vaste comme la nuit et comme la clarté. FC. – Oui ! CB. – Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants. FC. – Euh... Je crois que vous être en train de glisser vers autre chose là, si je... CB. – Doux comme les hautbois, verts comme les prairies.  FC. – Mais il suffit non! Vous… CB. – Et d'autres, corrompus, riches et triomphants. Ayant l'expansion des choses infinies. FC. – Ah… On vous récupère! Dieu merci! Que pensez-vous que l'Homme devienne d'ici 20 ou 30 ans même? CB. – Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens. Qui chantent les transports de l'esprit et des sens. FC. – Merci M. Baudelaire pour vos vues très précises sur la vie, le temps, la terre et pour ce formidable optimisme que vous partagez à merveille...

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