Vincent Lecoq
Publié le 11/05/2011

Wauquiez, oncologue de choc


Bricoleur d’images, de sons et de mots, il a débarqué sur ventscontraires.net via la Piste d’envol et s’est tellement incrusté qu’il a fini par en devenir le responsable éditorial. Il est également l’auteur d’une pièce de théâtre et a collaboré à plusieurs fictions TV.

 

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Vincent Lecoq

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Le 16 avril 2010 à 03:03

Et pendant ce temps, les commentateurs... commentent

Un mot qui m'énerve.

Ça fait plusieurs fois ces dernières semaines que j’entends ce mot de « commentateurs » dans la bouche de nos hommes politiques, en l’occurrence (ne pas y voir de malice), ceux du parti présidentiel. La dernière fois, c’était dans celle de notre premier ministre et juste avant, dans celle du porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre. Les commentateurs, de ce que je comprends en écoutant mes dirigeants, c’est une masse informe et pleine de mauvaise volonté qui préfère parler, voire réfléchir, plutôt que d’agir. Ce qui, au royaume du pragmatisme, semble être le lèse-majesté suprême. Pour moi, et jusque-là, cette fonction avait un nom, ou plusieurs, le plus courant étant le terme générique d’ « opposition » ou, si je ne me trompe pas, de « journalistes », d’ « analystes » et même de « chercheurs ». Je gardais le terme de « commentateurs » pour des types qui hurlent dans des micros (alors qu’on les entend très bien hurler sans) dès que d’autres types poussant un ballon s’approchent d’un nouveau type aux grosses mains qui a l’air d’avoir très très peur dans sa cage en les voyant arriver (je ne voudrais pas être à sa place). Pour moi donc, les commentateurs, ce sont des gars qui crient très fort des choses que l’on ne comprend pas, alors qu’on les comprendrait très bien s’ils arrêtaient de crier. Ça m'énerve beaucoup. Et donc ça n'a rien à voir avec les individus sus-cités. Ce qui m'énerve encore plus.

Le 12 août 2010 à 14:38

Je ne comprends pas

"Merci", "S’il te plaît", "Pardon", ce sont des formules simples, faciles d’emploi, et qui rendent le monde plus agréable. Il y a d’autres formules, qu’on garde pour soi par timidité, ou par fierté mal placée. Parmi elles, il y en a une qui devrait être réhabilitée d’urgence, c’est le « je ne comprends pas ».  En disant « je ne comprends pas », on résiste aux discours formatés des conseillers en communication, grands manipulateurs de l’information. Je ne comprends pas pourquoi un individu deviendrait moins dangereux une fois déchu de sa nationalité ; pourquoi les fournisseurs d’accès à l’Internet devraient être tenus pour responsables du filtrage du net en ce qui concerne les jeux en ligne, alors qu’ils ne l’ont jamais été en ce qui concernait les sites pédopornographiques.   On résiste aussi aux campagnes publicitaires destinées à nous créer de nouveaux besoins. Je ne comprends pas pourquoi j’aurais besoin d’un écran plat, d’un téléphone 3G, d’une palette graphique…   Et enfin, on résiste à la culpabilisation qui s’abat sur nous lorsqu’on essaie de sortir de la norme. Je ne comprends pas pourquoi je n’aurais pas le droit de vivre dans une grange ; pourquoi, sous prétexte que mon petit frère télécharge ses dessins animés préférés, on veut me couper mon accès Internet, alors que j’en ai besoin pour mes études. Bref, le jour où tout le monde dira « je ne comprends pas » d’une seule voix, on arrêtera peut-être de nous prendre pour des imbéciles.

Le 30 septembre 2012 à 08:45
Le 11 janvier 2011 à 08:00

Au secours les mots : Alice de Poncheville défend le mot "transparence"

Délivrons les mots récupérés et dévoyés!

Parce que la langue est le lieu d'un champ de bataille idéologique, il faut s'occuper des mots dénaturés ou vidés de leur sens par les politiques et les médias. Klemperer Junior invite des auteurs à les réhabiliter. Postez vous aussi vos contributions ici."Il faut accroître la transparence des politiques financières et monétaires." Rapport FMI 29 septembre 2010.Un peu comme avec un de mes amis qui a le sens inverse de l’orientation — il faut aller à gauche quand il tourne spontanément à droite —, je sais qu’un homme politique ou qu’une organisation qui parle de transparence a toujours quelque chose à cacher. Le mot transparence a la puissance des formules magiques. Entendez-le prononcé et la volonté d’aller vérifier par vous-même s’évanouit."Tout est transparent dans notre organisation, nos évaluations, notre stratégie, notre management. Nous sommes des êtres de verre, pas fragiles pour autant, car par l’augmentation de notre masse, nous créons de la solidité. Faites-nous confiance." Mais les employés sont fabriqués dans une silice de moins bonne qualité, ils s’effritent, se fendillent, se jettent par les fenêtres et se fracassent sur le sol en mille morceaux. "Nos comptes sont clairs, venez y mettre votre nez." Mais le nez s’écrase contre la vitre de l’immeuble moderne derrière laquelle s’active le grand corps complexe de l’entreprise ou du pouvoir.Rien n’est transparent. Une analyse ne rend pas le patient transparent. L’amour ne rend pas l’amoureux transparent, même s’il peut le rendre lumineux. La création n’est pas transparente, même si elle peut être limpide. La sexualité n’est pas transparente, même pratiquée en pleine lumière. Le mot transparence, utilisé comme il l’est aujourd’hui, m’évoque la pornographie. Comme si en montrant ce qui entre dans les corps, de très près, on pouvait voir autre chose que la mort sinistre de l’imaginaire et de la liberté.Je pense au travail de la femme qui s’extasie devant la transparence de ses vitres pour laquelle elle s’est donnée tant de peine. Au raisonnement alambiqué et pourtant si transparent de mon petit garçon quand il veut obtenir quelque chose de moi. A l’écrivain qui cherche à rendre compte d’une sensation et qui hésite entre les mots éblouissement et transparence qui paraissent opposés. Il choisira les deux, militant pour l’oxymore qui est, au fond, la figure qu’il préfère. La transparence est fragile comme les images qu’elle fait naître. Et je regarde, fascinée, la transparence de ces grains de raisins aperçus sur la toile d’un maître obscur, au détour des pages feuilletées d’un magazine, un soir où tout est beau et sombre.  Alice de Poncheville a été comédienne, elle est devenue réalisatrice de films courts. Elle écrit aussi des romans pour la jeunesse (Ed. de l'Olivier) et son seul livre pour les adultes est un recueil de nouvelles, La Martre, est paru aux éditions de l'Olivier. Elle pratique également la menuiserie.

Le 5 mai 2011 à 09:20

Ceci n'est pas une Porsche

En tombant sur la photo qui fait trembler les murs de Solférino actuellement, c'est l'image subliminale du parapluie de Kadhafi qui m'est immédiatement revenue en tête, avec la conscience toutefois que les deux n'ont rien à voir. Encore que...          Alors que quelques inconditionnels du sondage s'émoustillent de la date fatidique à laquelle le Messie fera son apparition dans le cercle des primaires disparues, un signe qu'on n'attendait plus surgit d'une manière quelque peu désobligeante pour le prétendant partisan apparemment des envolées mystérieuses. La Porsche de DSK fait jaser, parce qu'elle ramène à quelque chose qu'on connaît bien et qui rappelle quelqu'un. La Porsche de DSK serait-elle le petit Fouquet's de Sarkozy qui s'annonce trop tôt ? C'est en tout cas à deux pas de ce lieu désormais emblème du sarkozysme que la photo a été prise. Nous sommes ici bien loin de la radieuse DS des Trente Glorieuses plébiscitée par le Général de Gaulle et dont Roland Barthes disait: "Jusqu'à présent, la voiture superlative tenait plutôt du bestiaire de la puissance ; elle devient ici à la fois plus spirituelle et plus objective… la voici plus ménagère, mieux accordée à cette sublimation de l'ustensilité que l'on retrouve dans nos arts ménagers contemporains…".Et nous, on la sent bien loin, cette gauche Porsche, bien loin de nous et de nos petits "arts ménagers" du quotidien... Alors à quand une gauche Deuch' ?---Sur le même sujet, lire aussi la chronique d'Eole Contrario, SuPorscherie.

Le 28 mai 2010 à 11:05

« A vue de nez, ça me chiffonne un peu le nez »

Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, Grand Jury RTL-Figaro-LCI, 16 mai 2010

Un Cyrano déclamant : « si j’avais un tel nez, il faudrait sur le champ que je me le chiffonnasse » froisserait les oreilles. La porte-parole des écolos a eu la métaphore audacieuse en attribuant en outre des affects politiques à son appendice nasal. Invitée à faire part de ses sentiments sur une  candidature de Dominique Strauss-Kahn à la présidentielle, elle a répondu en un alexandrin bancal qu’elle avait le directeur du FMI dans le nez à cause de sa fonction, reconnaissant ensuite qu’elle n’avait jamais reniflé l’homme de près. En un certain sens, tant mieux pour elle.C’est, néanmoins, une étrange alchimie celle qui confère à la relation entre le nerf optique et le nerf olfactif un tel pouvoir de suggestion, sauf à être né avec des narines en tissus ou de papier. Mais, après tout, une expression populaire n’est pas un art figuratif. Par exemple, « ça me troue le cul »  qui est la version hard de « ça me chiffonne le nez »,  présente aussi ses incohérences anatomiques.Cécile Duflot a une spontanéité rafraîchissante ; qui d’autre qu’elle, dans sa corporation, est capable, dans une émission sérieuse, de dire « Machin…truc » pour résumer à la va-vite, une démonstration supposée déjà connue de tous ? Elle est plus glaçante quand elle cède à un discours où le goût politique est commandé par des odeurs.

Le 2 novembre 2010 à 16:51

"Vous m'emm... mènerez pas sur ce terrain"

Jean-Louis Borloo, Canal +, dimanche 1 er novembre 2010.

En fait de terrain, c’était du verglacé. Poussé dans ses derniers retranchements sur les vacheries proférées à son égard par le premier ministre en place, le ministre de l’Ecologie a failli verser dans le fossé. A la 36e minute de l’émission "Canal + dimanche", son quart de seconde d’hésitation entre la première et la deuxième syllabe du verbe emmener, lui aurait valu plus qu’un quart d’heure de célébrité s’il avait poursuivi sur ce qu’il avait manifestement en tête (et en bouche) à l’intention de la journaliste  : "Vous m’emmerdez avec vos questions." Des psycho-linguistes avanceront que le choc des syllabes et le poids des impensés sont facteurs de grands vertiges intérieurs. On l’avait déjà observé avec "inflation" et "fellation" (R. Dati) ou encore "ministre" et "premier ministre" (L. Chatel). Mais cela n’explique pas tout. Quand Hervé Morin déclare sur Beur-FM que « c’est difficile d’expliquer à des cons… à des.. hommes et des femmes… » la guerre en Afghanistan, c’est le sur-moi du ministre de la Défense qui a déserté. Jean-Louis Borloo, qui avait perdu des points en se conduisant en planqué durant la guerre du carburant, a donc failli voir sombrer dans le ridicule son ambition primo-ministérielle. Mais il aurait été dommage d’être prématurément privé d’un homme public dont le « calme » affiché est aussi trompeur. Ça bout du dessous chez Borloo, et cela devrait fuser, pour notre grand ravissement, s’il est encore plus sous pression à Matignon.

Le 11 octobre 2011 à 11:30
Le 13 février 2011 à 08:43

"La France c'est un immense paquebot dans un monde qui est devenu un village"

Nicolas Sarkozy, «Paroles de Français », TF1, jeudi 10 février 2010

Le jour où les paquebots traverseront les villages, les hélicos se poseront sur le toit de l’Eglise. Le préposé aux « éléments de langage » avait dû fumer la moquette de l’Elysée, avant l’émission du Président. Ou bien saturé son i-pod de Michel Sardou pleurant le destin du « France », devenu trop grand dans un monde trop petit. Sauf que c’est l’inverse aujourd’hui. La France fait figure de coquille de noix sur l’océan de la mondialisation. En fait, le message subliminal était peut-être  que si le paquebot tricolore flotte encore c’est grâce à son « immense » capitaine, dont chacun devrait savoir qu’il va bientôt accueillir les nains de jardin du G20. L’arrière-pensée électorale était en tout cas audible aux oreilles les moins exercées. Elu en 2007 sur le thème vous allez voir ce que vous allez voir, persistant jusqu’à l’année dernière dans le registre ça va marcher puisque je vous le dis, le président à la barre et qui entend bien le rester, avertit que ça prendra plus de temps que prévu. Bref, qu’un second quinquennat ne sera pas de trop pour arriver à bon port. Car il est connu que la force d’inertie des grands bâtiments qui vont sur l’eau rend les changements de cap assez longs à opérer. Pour un changement d’équipage, il faudra quand même attendre la prochaine escale. Elle est programmée en 2012. Prévoir des gilets de sauvetage, si jamais la relève n’était pas au rendez-vous.

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