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Publié le 16/04/2010
 

Laure Albernhe


Rédaction

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Et pendant ce temps, les commentateurs... commentent


Un mot qui m'énerve.

Ça fait plusieurs fois ces dernières semaines que j’entends ce mot de « commentateurs » dans la bouche de nos hommes politiques, en l’occurrence (ne pas y voir de malice), ceux du parti présidentiel. La dernière fois, c’était dans celle de notre premier ministre et juste avant, dans celle du porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre. Les commentateurs, de ce que je comprends en écoutant mes dirigeants, c’est une masse informe et pleine de mauvaise volonté qui préfère parler, voire réfléchir, plutôt que d’agir. Ce qui, au royaume du pragmatisme, semble être le lèse-majesté suprême. Pour moi, et jusque-là, cette fonction avait un nom, ou plusieurs, le plus courant étant le terme générique d’ « opposition » ou, si je ne me trompe pas, de « journalistes », d’ « analystes » et même de « chercheurs ». Je gardais le terme de « commentateurs » pour des types qui hurlent dans des micros (alors qu’on les entend très bien hurler sans) dès que d’autres types poussant un ballon s’approchent d’un nouveau type aux grosses mains qui a l’air d’avoir très très peur dans sa cage en les voyant arriver (je ne voudrais pas être à sa place). Pour moi donc, les commentateurs, ce sont des gars qui crient très fort des choses que l’on ne comprend pas, alors qu’on les comprendrait très bien s’ils arrêtaient de crier. Ça m'énerve beaucoup. Et donc ça n'a rien à voir avec les individus sus-cités. Ce qui m'énerve encore plus.

 

"J'ai fait un dessin de la main gauche pour m'entraîner au cas où on me casse les doigts de la main droite"


Mazen Kerbaj, dessinateur libanais en résidence au Rond-Point (2)

Un de tes confrères caricaturiste, Ali Ferzat en Syrie, vient de se faire agresser ; on lui a cassé les deux mains… Tout ce qui passe en Syrie est très dur pour nous, Libanais. On a un rapport de haine et d’amour avec ce pays. C’est presque le même pays, c’est presque le même peuple. En ajoutant à cela que le type qui s’est fait agresser est un caricaturiste, effectivement ça me touche un peu plus. Il se trouve qu’hier, j’ai fini un dessin sur cette agression pour un journal auquel je collabore au Liban (L'Orient littéraire) pour un article qui parle de cette histoire. C’est une demi-page où je fais six dessins très mal torchés de la main gauche pour m’entraîner au cas où on me casse les doigts de la main droite. J'en avais fait un autre qui avait été refusé par la rédaction : c'était à propos d'un chanteur qu'on a retrouvé avec les cordes vocales arrachées probablement avant qu’on le tue. Il avait lancé une chanson contre Bachar el-Assad qui est toujours reprises dans les manifs. Alors après les doigts cassés et les cordes vocales arrachées, le dessin disait « Aujourd’hui, vous pouvez vous faire enculer gratuitement par le régime syrien en vous torchant cul avec le papier cul Bachar el-Assad ». J’avais dessiné un rouleau de PQ avec des photos de Bachar el-Assad…. Il faut dire que le lectorat de ce journal oscille entre 60 et 80 ans donc c’est surtout la bienséance qui a fait censurer ce dessin.
Ça me semble presque un gag débile de casser les mains ou d’arracher les cordes vocales. C’est le moyen-âge : celui qui a vécu par l’épée doit périr par l’épée. Ali Ferzat va apprendre à dessiner avec les doigts de pied, avec le nez… Personne ne voit le ridicule de ce régime ? > Mazen Kerbaj "Gens de Beyrouth - gens de Paris", rencontre-mini concert à la librairie du Rond-Point le samedi 17 septembre à 18h30 et exposition jusqu'au 14 octobre 2011
En partenariat avec les associations libanaises ASSABIL, les amis des bibliothèques publiques, et KITABAT, association pour le développement des ateliers d'écriture, et avec le soutien financier de la Région Ile-de-France

Le rêve de Jean-Marie


Econotrucs 5

Le cerveau est un labyrinthe brumeux dont les chemins mènent parfois au passé  : Alors qu’un ami me demandait pourquoi on ne fabriquait pas plus de voitures électriques, je n’avais pas de réponse précise (au contraire de lui, puisque les industriels, disait-il, gagnent plus d’argent en polluant, et qu’ils sont prêts à tuer nos enfants pour le pognon,). J’allais me lancer dans un laïus sur les difficultés à imposer des produits de dernière génération sur les marchés émergents et autres arguments entendus quelque part et ces questions sur le développement durable m’ont rappelé un rêve : un de ceux qui peuvent changer le monde, comme celui de Martin Luther King, ou de Justin Bieber.
Fermez les yeux, (mais pas trop parce que vous pourrez plus lire) et souvenez-vous :   An 1999 après Jésus Christ : la Gauche plurielle est au pouvoir, Nicolas Sarkozy démissionne de la direction du RPR et arrête la politique, Dieudonné chante la tolérance avec Zebda, et la France met la misère à tout le monde au foot. Surtout, un truc génial fait la une des journaux, l’internet : nouveau et artisanal, avec ses connexions aux cris stridents, ses images qui se chargeaient en moins de deux minutes, et ses jeunes patrons de vingt ans qui portaient des baskets et levaient des millions avec un fichier Power-point.   A cette époque, un patron a très bien imaginé les technologies d’aujourd’hui. En relisant ses interviews d’alors, on se dit que c’est un visionnaire, un génie. Ce patron, ce n’est pas Steve Jobs, c’est Jean Marie Messier aka J2M, quarantenaire superstar du CAC 40, qui faisait à la fois la une des Echos et de Gala, démentait une liaison avec Sophie Marceau un jour, et déjeunait avec Bill Gates le lendemain. Autrement dit, un mec sacrément cool… Les métiers historiques de Vivendi (ceux de l’ex-Générale de Eaux) n’intéressaient pas Messier et il cherchaient à prospérer dans un autre secteur, grâce à une idée d‘avenir : dès 1999, Messier voulait déjà mettre l’internet sur votre téléphone, connecter votre télévision avec votre box internet, ou vous faire écouter de la musique sur votre téléphone.   C’est grâce à cette idée d‘avenir (en fait une vieille idée remise au goût du jour : la convergence numérique) que Messier a pu faire passer Vivendi pour le futur leader mondial de l'internet mobile, et opérer la fusion avec un des leaders de l’économie de l’Entertainment américain, échangeant un tas d’actions Vivendi dopées à la bulle de l’internet contre celles d’Universal (et ses catalogues bien solides dans la musique et le cinéma). Le plus beau est que l’action Vivendi profitait de la bulle de l’internet alors que Vivendi était un nain dans l’internet. Mais l’entreprise avait des parts dans la télévision, la téléphonie mobile, les jeux vidéos, et cela suffisait à voir l‘avenir en rose, avec un Messier qui serait adulé comme Steve Jobs.   Le détail gênant, c’est qu’en 1999 aucune technologie ne permettait encore d’accomplir le miracle quotidien que vous vivez aujourd’hui (partager en un clic des vidéos de chats qui jouent du piano ou regarder “Le Grand Bleu” sur votre téléphone portable) et l’on s’est aperçu rapidement que cela ne pourrait pas être opérationnel avant plusieurs années. Dès lors, Messier a donné véritablement l’impression qu’il nous enfumait avec ses histoires de V-box, et son rêve s’est évaporé telles des brumes d’alcool au petit matin d'un lendemain de fête. Quelques mois après la fusion Vivendi Universal, on le sait, la bulle de l’internet s‘effondrait, et Vivendi avec.   On peut hésiter sur la morale de cette fable bien réelle : soit Messier était un génie incompris par son époque, arrivé un peu trop tôt, soit Messier aurait mieux fait de se renseigner auprès de ses ingénieurs avant de raconter n’importe quoi… Sans doute s’est-il renseigné, d’ailleurs, auprès d’ingénieurs qui lui ont répondu à peu près «J2M c’est trop de la bombe ton idée, mais là c’est super chaud, rapport au timing, à la bande passante, tout ça…» (oui parce qu’à l‘époque chez Vivendi on était jeune et cool). Mais AOL venait de fusionner avec Time Warner et pour Messier, il fallait bouger vite, quitte à être obligé de mentir un peu, et à se montrer « créatif », d’un point de vue comptable.   Aujourd’hui, Veolia (les métiers de la Générale des eaux) d’une part, et Universal d’autre part, existent toujours, mais séparément. Et le rêve de Messier a été porté et accompli par d'autres : la preuve, vous pouvez « liker » mon article sur Facebook. J2M est lui redevenu le petit banquier d’affaire discret et coincé qu’il fut jadis.   Cette petite histoire nous rappelle les difficultés qu’il y a pour un industriel à prendre certains virages technologiques. S’il les prend trop vite il peut se retrouver dans le mur, s’il les prend trop lentement il peut se faire doubler par tout le monde. Messier n’était pas un industriel, mais un banquier, Ceci explique peut-être cela.
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