version mobile
ventscontraires.net
version mobile
 
impact
Règles du jeu
Actus contraires
Gens contraires
Galerie foutraque
Cadeaux Rond-Point
Je lance ma chronique
Chroniqueurs
Ils en parlent
Les vidéos
Les sons
Les vidéos
Les textes
Les vidéos
 Go 
Newsletter
 je m'inscris 
Dans quel état sommes-nous ?
Publié le 01/04/2010
 

Franco Bolli


Le coursier qui a du flair

Partager
Golgota Picnic | Laure Albernhe | Christophe Alévêque | Kader Aoun | Alfredo Arias | Fernando Arrabal | Alexandre Astier | Jacques Attali | Au secours les mots | Florence Aubenas | Hélios Azoulay | Alexander Balanescu | Guy Bedos | Tahar Ben Jelloun | Enki Bilal | Romane Bohringer | Mathurin Bolze | Jacques Bonnaffé | Christophe Bourseiller | Xavier Boussiron | Zabou Breitman | Cabaret philosophique | Cabu | Cartes postales | Cartoonistes for peace | Charlie Hebdo | Eric Chevillard | Jean-Loup Chiflet | citations | Boris Cyrulnik | Marie Darrieussecq | Pippo Delbono | Manault Deva | Roland Dubillard | Etienne Dumont | Fabrice Eboué | Pierre Etaix | Michel Fau | David Foenkinos | Paul Fournel | Jean-Louis Fournier | Lewis Furey | Jacques Gamblin | Noël Godin | Jean-Marie Gourio | Le Grandiloquent Moustache Poésie Club | Jean-Claude Grumberg | Pierre Guillois | Peter Handke | Jean-Michel Helvig | Catherine Hiegel | Régis Jauffret | Yannick Jaulin | Denis Lavant | Alexis Macquart | Jean-Daniel Magnin | Sophie Marceau | Thierry Maugenest | Bernard Menez | Jacques Mérienne | Donatienne Michel-Dansac | Frédéric Mitterrand | Gérard Mordillat | Jean-Paul Muel | Christine Murillo | Thomas Ngijol | Marie Nimier | Stanislas Nordey | Pierre Notte | Michel Onfray | ORLAN | Martin Page | Stéphane Paoli | Fabienne Pascaud | Fred Pellerin | Christophe Pellet | Sophie Perez | Judith Perrignon | Tattoo & Piercing | Bernard Pivot | Plonk & Replonk | Eric Poindron | Jérôme Prieur | Gaspard Proust | Nata Rampazzo | Jean-Michel Ribes | Denis Robert | Patrick Robine | Michel Serres | Macha Séry | Sites recommandés | Pierrick Sorin | Sébastien Thiéry | Stéphane Trapier | Pierre Vial | Martin Winkler | Les Yes Men
Démocrite | Le post-anarchisme expliqué à ma grand-mère | Mam | boussard | christophe aleveque | communication | corbeau | crise | dette | espace | finance | foot | guéant | haiku | langue | livre | manger | ministre | mot | myrtille | police | presse | président | racisme | secret | ventscontraires.net | voiture | woerth | écrivain | égalitude .
a

Absence de commentaires sur ventscontraires.net


Courrier interne

Chère amie et co-rédactrice en chef,
J’ai repensé cette nuit à notre règle fondamentale : pas de commentaires des internautes… Cela ne risque-t-il pas d’être perçu comme un manque de respect pour nos lecteurs? Comme si nous considérions que leurs avis nous importent peu. Que nous savions, en quelque sorte, qu’ils vont être aussi mauvais sur notre site qu’ils le sont sur les millions de blogs qui infestent Internet ? Avons-nous eu raison d’interdire cette pratique considérée aujourd’hui comme un droit civique (“n’importe quel idiot a le droit d’écrire n’importe quelle connerie au sujet de n’importe quoi “)? Ne sommes-nous pas un peu inconscients de préférer au commentaire la contribution pure et simple ? Où allons-nous, chère amie et co-rédactrice en chef,
Jean-Daniel Magnin

Cher ami et co-rédacteur en chef,
Vous pensez la nuit, vous ? Non, je ne crois pas que nous manquions de respect à nos lecteurs, bien au contraire. Nous leur faisons gagner du temps, vous savez comment c’est, les zones de commentaires, les gens finissent toujours par s’y insulter ou échanger des conseils de jardinage. Notre ventscontraires.net a une force centrifuge, voyez-vous ? L’énergie ne s’y perd pas, elle y circule. Nous avons des chroniqueurs… qui chroniquent. Les lecteurs, eux, sont invités… à lire. Et s’ils ont envie de chroniquer, ils tentent leur chance dans « Piste d’envol », c’est drôlement bien fait. Ils n’ont qu’à s’inscrire, qu’à écrire… et à attendre. Si leur texte nous plaît, il est publié dans la rubrique « Piste d’Envol », et au bout de trois heureuses tentatives, hop, ils montent chez les chroniqueurs adoubés. Vous voyez que nous avons pensé à tout, cher ami et co-rédacteur en chef…  
Laure Albernhe


 

Jan Bucquoy


Les cracks méconnus du rire de résistance

Le turbulent conservateur du musée du slip (à présent itinérant) n’a jamais cessé de semer loufoquement le trouble en Belgique. On sait que chaque 21 mai, depuis 2005, brandissant un drapeau noir, le pendard prend réellement d’assaut le Palais royal de Bruxelles en enjambant acrobatiquement les barrages policiers dressés devant lui jusqu’à ce qu’il soit arraisonné, menotté et bouclé. Objectif du larron : convier les sans-logis à venir squatter les somptueux appartements inoccupés du roi Albert II et déclencher une insurrection ludique visant à métamorphoser les élections en une gigantesque loterie grâce à laquelle toutes les fonctions publiques, y compris les plus hautes, seraient désormais désignées par le hasard et pourraient dès lors être occupées quelque temps par votre poissonnier ou votre belle-sœur.
Mais Jan Bucquoy ne s’en tient pas à sa tentative de coup d’état annuelle. Ses happenings burlesques transgressifs ne se comptent plus.
•    Il a un jour convoqué le roi Baudouin par voie d’affiches à venir se faire décapiter sur la Grand Place de Bruxelles. Le souverain se faisant attendre au moment dit, le turlupin a coupé la tête de l’un de ses bustes avec une hache de bourreau vénitien avant d’être enseveli sous les gardiens de la paix.
•    Il a brûlé en 1971, au grand dam de la presse culturelle, une gouache de Magritte valant 7 500 euros et en a collé les cendres sur une toile de façon à créer une nouvelle œuvre : « Les Cendres de Magritte ».
•    Il a sorti en bédé une « Vie sexuelle de Tintin » qui lui a valu bien des désagréments. Les héritiers d’Hergé lui ont toutefois lâché la grappe dès qu’ils ont appris qu’il disposait de documents épicés sur l’antisémitisme de l’auteur de « Tintin au Congo ».
•    Lors d’une de ses expos de collages sulfureux, au Cirque divers de Liège en l’occurrence, il a reçu la visite du parquet de la ville qui a saisi l’ensemble des œuvres montrées pour « outrage à la famille royale » et « insultes envers des chefs d’états étrangers ». Le lendemain, Bucquoy a exposé dans la même galerie des photocopies géantes de ses travaux confisqués. Nouvelle saisie du parquet. Une dizaine de mois plus tard, venant récupérer ses biens au palais de justice de Liège, le sacripant a redéployé les matériaux saisis devant l’austère bâtiment en offrant du champagne et des petits fours aux passants effarés.
Les autres frasques « spitantes » du réalisateur-agitateur des 7 épisodes filmiques de « La Vie sexuelle des Belges » sont retracées gloupitamment dans « La Vie est belge » (éd. Michalon) et « Jan Bucquoy illustrated » (disponible aux Belles Lettres).

Marie Darrieussecq & Alfredo Arias : être une pute


Marie Darrieussecq & Alfredo Arias : être une pute, ventscontraires.net, Théâtre du Rond-Point

De qui se moque-t-on ?


10. Le cheveu

Le cheveu, si nous n’en avions qu’un, j’admets qu’il serait chose précieuse, le fil le plus fin du tricot de soi, le filament radieux de notre ampoule de tête ; rai de soleil ou trait de pluie nous liant harmonieusement au monde environnant. Mais cette quantité ! Ce mystère sans intérêt de leur nombre ! Si l’ennui a une origine, il faut la chercher dans cette mauvaise herbe proliférante. Le cheveu est un piège à guêpe, la tige de la pipistrelle affolée, un nid douillet pour le pou qui ne se défait que pour tremper dans la soupe ; au soir, il est un suffocant nuage de gaz carbonique, de graillon et de tabac. Puis il nous embrouille. Le visage le plus franc, la figure la plus candide disparaissent sous ce gribouillage. Il n’y a plus moyen d’être honnête. Alors le cheveu nous dénonce sur les scènes de crime malgré toutes les précautions prises pour ne laisser ni trace ni empreinte. Il veut nous voir en prison ; il fournit, pour notre cachot, la première brassée de paille humide.       Tout le hérisse. C’est un pleutre doublé d’un gardien sourcilleux de l’ordre et de la morale. Toutefois, il suffit que l’ennemi l’empoigne pour nous tenir à sa merci. Nous n’avons plus de secrets pour lui, voici les noms, voici les plans, voici les codes. C’est que la douleur a son siège à la racine du cheveu. Si onduleux et souple soit-il, nous n’en sommes pas moins criblés de crin, d’aiguilles, d’épingles, d’épines, voués à toutes les malédictions, à tous les envoûtements.       Ah ! si Dieu est un marionnettiste, devinez un peu quelles ficelles il tire pour nous manipuler, et pourquoi nous dansons misérablement sur le flot, et pourquoi nous ratons si souvent la marche.       Ah ! nous nous croyions définitivement descendus du singe, nos pieds touchaient le sol sous le cocotier, mais c’est encore par le cheveu que le chimpanzé nous retient en l’air ; sa main velue nous gratte paternellement l’occiput. Serions-nous si ébouriffés si nous en avions tout à fait fini avec la préhistoire ?       Et pourtant, comme nous prenons soin du cheveu ! Shampoing au lait d’amande, peigne de nacre, brosse en loupe de noyer, rubans, barrettes, fleurettes, rien n’est trop beau pour lui. Croyez-vous qu’il nous en sache gré ? Il se ternit plus vite que la pomme de terre pelée ; blond, brun ou roux au départ, il vire au gris, il tombe en cendres, il nous vieillit de dix ans du jour au lendemain. Le vent qui nous décoiffait hier disperse à présent la poussière dont nous sommes faits. Le cheveu est le premier à partir, il nous laisse grelotter dans les frimas. Ou alors, il nous trahit plus sournoisement encore : il s’accroche, au contraire, quand tout notre corps défaille, se lézarde puis succombe – il continue à croître après notre mort, doué d’une vigueur nouvelle, il se nourrit de notre cadavre comme un ver !       Que faire, mes amis, comment nous rebeller à notre tour contre ces mèches qui nous aveuglent, ces frisettes qui nous infantilisent, ces épis qui nous ridiculisent, ces brosses qui nous militarisent, comment nous soustraire à ces rets, à ce filet qui déjà nous coiffe et qui, si nous n’y prenions garde, s’enroulerait aussi bientôt autour de nos chevilles pour nous paralyser complètement ? Nous ne sommes pas démunis : le cheveu redoute les ciseaux, la tondeuse, la pierre ponce, le papier de verre et le rabot. Rasons-le, polissons, astiquons nos crânes ; alors enfin nous serons vraiment nus sous notre bonnet et, celui-ci ôté, la lucidité nous reviendra avec la lumière.
 Les règles du jeu   Actus contraires   Gens contraires   Galerie foutraque   Cadeaux Rond-Point   Je lance ma chronique   Chroniqueurs   Ils en parlent 
 Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes   Nous contacter   Accès chroniqueur
 Site administré par
© 2010 - CC.Communication 
  CC.Communication, création de sites web et édition de logiciels en ligne