Janos Xantus, cinéaste et metteur en
scène de théâtre, vit à Budapest. En 1984, son film "L'esquimaude a
froid", est remarqué à la Quinzaine des Réalisateurs au festival de
Cannes. Hier il a manifesté pour protester contre l'entrée en vigueur de
la nouvelle constitution hongroise mais aussi pour réclamer l'avènement
d'une 4e République.
"En Hongrie, nous n'avons pas l'habitude de manifester car durant 40 ans
de dictature communiste, nous n'avons pas pu le faire. Ici, les
syndicats qui étaient des organisations fantômes commencent à peine à
exister. Il y a désormais de nouveaux dirigeants et c'est une joie car
ces nouvelles personnalités seront peut-êtres les politiciens de demain.
Viktor Orban ne reculera devant rien. C'est un politicien très arrogant
et ce sont les situations dangereuses, extrêmes, qui lui donnent sa
force. Cette constitution, c'est la partie visible de l'iceberg. Chaque
jour nous sommes surpris par ce qui peut encore se passer ici. Tous les
jours des lois absurdes sont proposées au Parlement. Nous voulons
construire la 4e République, celle d'après la constitution de Viktor
Orban. La manifestation d'hier a été l'occasion de rassembler
différentes organisations civiles, les syndicats mais aussi des
politiciens, de gauche surtout, et qui avaient pour consigne de ne pas
parler. Ce rassemblement était important car il a montré que les forces
démocratiques étaient capables de dire quelque chose ensemble, ce qui
n'est pas évident dans ce pays. C'est un point important car les
sondages montrent que les électeurs qui ne voteront pas pour le parti au
pouvoir, le Fidesz, ne savent pas à qui ils donneront leur voix lors de
la prochaine présidentielle en 2014. Je suis très optimiste de nature
mais une chose est sure, pour qu'une démocratie soit légitime, les gens
doivent agir pour construire le système dans lequel ils souhaitent
vivre. Les Russes nous ont rendu notre liberté mais il il faut la
travailler".L'article se poursuit par une interview d'Andras Sarato, directeur de Klubradio, la radio d'opposition en danger - avec un lien vers l'article de ventscontraires.net sur le même sujet :
"Les autorités n'accordent des entretiens qu'aux médias publics,
totalement contrôlés. Ils mentent tous les jours à propos de la
situation de Klubradio. Ils racontent que notre dossier n'était pas
sérieux. Le conseil des médias a décrété qu'il fallait davantage de
musique que de débats sur les ondes. Nous avons répliqué avec un
pied-de- nez : nous avons chanté les informations !..."
> L'ensemble du dossier consacré à la situation hongroise par Silvina Carbone est accessible ICI