Chère amie et co-rédactrice en chef, Je vous interroge sur un problème que je qualifierais d’éthique. Madame X (je tais le nom mais son avatar a des ailes de papillons, vous voyez qui je veux dire ?) a parcouru avec succès toutes les étapes de la Piste d’envol. Trois de ses innombrables posts ont fini par être acceptés par nos soins et ont été publiés dans cette section réservée aux internautes. Jusque là tout va bien. Simplement, comme le veut la règle de notre revue fort ludique, certes, mais extrêmement rigoriste quant à son fonctionnement, Madame X a légitimement le droit devenir une chroniqueuse officielle de ventscontraires.net. Ce qui a été fait en grande pompe : Stéphane Trapier, l’illustrateur illustre, lui a dessiné l’avatar de ses rêves (avec des ailes de papillons donc). Madame X vient de nous envoyer une quarantaine de nouvelles inédites qu’elle n’est jamais parvenue à faire publier. C’est infâme, chère amie et co-rédactrice en chef : infâme. Que pouvons-nous faire ? Dites-moi vite ! Jean-Daniel Magnin
Cher ami et co-rédacteur en chef, Vous avez voulu être chef, maintenant, il faut assumer. Votre neutralité suisse dût-elle en prendre un coup. Un chef, ça fait des choix. Madame X peut avoir toutes les ailes de papillon qu’elle veut, si ses textes ne méritent pas d’être publiés dans notre revue fort rigoriste et néanmoins ludique, ils ne le sont pas. Même chose pour nos chroniqueurs de choix, même chose pour vous, cher ami et co-rédacteur en chef. Et même chose (aïe) pour moi. Pas de collier anti-éthique, dura lex, sed, vous savez… lex. Laure Albernhe
Sonia écoute des chants
de Noël et elle vomit.
Elle ne fait que ça.
Elle écoute des chants de
Noël et elle vomit.
C'est automatique.
Sinon, elle travaille
chez Mc Donalds.
Elle bouffe des Big Macs.
Toute la journée.
Et le soir, lorsqu'elle
rentre chez elle, elle écoute des chants de Nöel et elle vomit pour faire
sortir tous les Big Macs.
Sonia possède cette sorte
de constance qui fait qu'elle aurait pu s'appeler Constance.
Mais non, son petit nom à
elle, c'est Sonia, avec un a.
Si précisément avec un a.
Trouvées
en
abondance
dans
les
faluns
de
Touraine,
les
crapaudines
sont
considérées
comme
une
pierre
précieuse
de
peu
de
valeur.
De
couleur
noire
ou
vaguement
brune,
elles
sont
utilisées
en
joaillerie
sous
le
nom
d’œildeserpent
ou
d’œild’oiseau.
Loin
de cette vocation futile, les sorciers et autres guérisseurs
tenaient ces fameuses crapaudines pour des concrétions organiques
formées dans la tête des crapauds et leur prêtaient le pouvoir de
soigner les empoisonnements et les troubles de l’épilepsie. Pour
qu’elles soient efficaces, il fallait néanmoins respecter un
certain protocole : elles devaient être crachées par un vieux mâle
crapaud qu’on avait préalablement stimulé à l’aide d’un
chiffon rouge.
Cette
singulière corrida ne manque pas de pittoresque. Mais on doit à la
vérité de rappeler que les crapaudines n’ont rien à voir avec le
paisible batracien malgré ses incroyables capacités de métamorphose
princière. Elles ne sont que les dents de différentes dorades
fossiles, animaux disparus depuis plusieurs millions d’années et
assez peu sensibles à l’agitation d’un chiffon.