Plonk & Replonk
Publié le 04/12/2014

Dans la série "religions renouvelables"


L’association Plonk & Replonk Editeurs est un collectif de créateurs, fondé en 1997 basé à La Chaux-de-Fonds, Suisse.
Jacques et Hubert Froidevaux en sont les principaux membres actifs.

Nous travaillons essentiellement dans le domaine de l’image, et plus spécifiquement du photomontage humoristique.
Nos créations sont diffusées en librairies (Suisse, France et Belgique) sous formes de cartes, de livres et d'autocollants, ainsi que dans la presse.
À noter que Plonk & Replonk est un des principaux leaders sur le marché européen du nain de jardin bétonné, un secteur à forte croissance.

http://plonkreplonk.ch/

 

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Le 25 octobre 2010 à 12:07

Feuilles et branches

Chroniques de mon jardin à moi

Dans mon jardin, il y a des feuilles. Mortes. Des feuilles qui ne tiennent plus aux branches et se laissent tomber au sol. Des feuilles qu’il faut rassembler avec un râteau, ramasser avec une pelle et un balai. Des kilos de feuilles humides qui sentent le moisi et qui emplissent ma poubelle jusqu’à la gueule. Des saletés de feuilles d’automne dégoulinantes de pluie grise et acide. Dans mon jardin il y a des arbres, plein d’arbres qui perdent plein de feuilles. Des arbres qu’il faut élaguer en novembre. Et ça fait des branches qu’il faut ligoter en fagots. Ou découper en morceaux pour compléter les poubelles de sales feuilles. Des putains de vieilles branches poisseuses couvertes de mousse et de cacas d’oiseaux. Dans mon jardin y’a des rosiers. Des dizaines de rosiers qui font des centaines de saloperies de roses avec des pétales qui s’envolent au moindre coup de vent et bouchent les gouttières. Des conneries de rosiers avec des conneries de ronces qui t’arrachent la peau, te déchirent le pantalon, t’enveniment le derme, font des conneries de plaies qui s’infectent sous les ongles et te provoquent des conneries de gros panaris. Et ces putains de bordel de saloperies de rosiers ont besoin d’être taillés, tous les ans, toutes ces enfoirées d’années à la con, juste avant l’hiver, quand on se gèle les mains et qu’on piétine dans l’eau glacée. Et dans mon jardin, au-delà des arbres dénudés, j’aperçois les yeux de ceux qui sont bien au chaud dans leur HLM et qui me regardent. Et je me demande : Quand ? Quand n’aurai-je plus, enfin, les moyens d’entretenir mon jardin ? Quand irai-je, moi aussi, dans une saloperie d’appartement pourri regarder des fleurs en plastique, des arbres de papier peint, des jardins chromos sous verre et des roses en carton parfumé dans des cartes d’anniversaire poussiéreuses ?

Le 12 mai 2011 à 08:00

Tout est chaos ? A côté !

Je sais pas vous, mais tout est chaos   Entre la gare et le lieu où je travaille, il y a un gymnase*, dans lequel des hordes d'adolescents apprennent les équations différentielles pour pouvoir un jour présider aux destinées de la nation. Tous les jours, donc, je partage un bout de chemin avec eux et même que parfois, je traverse au rouge. Cela me permet de me tenir au courant des aspirations de la « génération Z » (au passage, si quelqu'un connaît quelqu'un au nommage de générations, j'aimerais bien leur dire deux mots), ce qui tombe super bien puisque je dois être « plus transgénérationnel ». Or, l'autre jour, alors que je tentais un dépassement hasardeux, quelle ne fut pas ma surprise d'entendre un jeune homme, muant et florescent, affirmer : « J'adorais ça quand j'étais petit. » Sans être vieux jeu ou quoi que ce soit, il me semble que les jeunes d'aujourd'hui sont nostalgiques de plus en plus tôt. Je suis ouvert d'esprit, j'ai moi-même, sans aller jusqu'à la nostalgie, eu quelques accès de mélancolie pendant mon adolescence, mais je ne sais pas si c'est bien, si vite... Oh, oui, on y pensait, on en parlait entre nous, on regardait avec envie ceux qui pensaient déjà que c'était mieux avant. Mais ça se faisait différemment, de manière plus naturelle. Je comprends, ils vont sur Internet, ils voient des sites nostalgiques, ils ont envie d'essayer eux aussi mais est-ce bien raisonnable ? Sinon, l'honneur est sauf, il avait aussi une coupe de cheveux ridicule.* NDLR : En Suisse, le gymnase est un lycée.

Le 15 novembre 2011 à 09:10

"Je me méfie des blasphémateurs sacrés"

Entretien avec Noël Godin

Toi qui es l’auteur d’une somme sur la subversion carabinée, peux-tu nous dire si tu as repéré dans l’Histoire quelques coups de main contre l’intégrisme calotin dont tu ne peux que saluer le panache ?   Je porte un toast-souvenir au foudroyant raid sacrilège réalisé par quatre trépidants mécréants franco-belges et par moi-même le dimanche 8 septembre 1996 à la cathédrale Saint-Pierre de Nantes. Ce jour-là, quinze jours avant le pèlerinage de Jean-Paul II en France, la grand-messe est dite non seulement par Monseigneur Gaston Lequimener, conseiller spirituel de la station « Radio Fidélité », mais aussi, du jamais vu, par cinq autres serviteurs divins intégristes dont trois évêques et un diacre. Et, au moment de la consécration, alors qu’on entend des « Gloup ! Gloup ! » retentissants dans toute l’église épiscopale, une dizaine de turlupins remontent les travées de la nef, surgissent dans le chœur et balancent de somptueuses tartes à la crème sur les prestigieux officiants. Pendant que d’autres indévots déploient une banderole pro-condoms et lancent aux quatre coins de la cathédrale des préservatifs remplis d’eau non bénite. Une anecdote à peine croyable à ce propos. Le soir même de l’attaque, une parente d’un de nos complices travaillant au secrétariat de « Radio Fidélité », qui a retransmis la cérémonie en direct, lui a garanti qu’un quart au moins des nombreux auditeurs ayant téléphoné à la station calotine en fin de matinée avaient très sérieusement demandé si le « Oh, oh, oh, oh, oh ! » carillonnant qu’ils avaient perçu soudain signifiait qu’à cet instant précis, celui des entartements en rafales, il y avait eu… un miracle.   Tu as entarté Jean-Luc Godard car il avait accepté de retirer son film « Je vous salue Marie » d’un cinéma proche du Vatican… D’autres lâchetés face aux intégrismes que tu punirais volontiers ?   Une des lâchetés courantes les plus agaçantes, c’est la tolérance béate. Comment arriver à réellement tolérer que des personnages estimables à plus d’un titre s’agenouillent crapoteusement devant « un grand linge sale » comme disait Sade ou bien Picabia. N’hésitons pas à jouer de mauvais tours aux bien-aimés se rendant imbécilement à la messe. Entrons, par exemple, dans l’église derrière eux. Et puis tout à coup, d’une voix tonitruante, proposons à l’assemblée des fidèles cette belle prière de Benjamin Péret : « Vierge Marie sur qui je pisse après l’amour, je vous encule, je vous dévore comme un cochon ».   Qu’est-ce qui distingue l’attentat pâtissier du jet d’huile de vidange ou d’œufs pourris ? Une question de gastronomie ?   Le jet d’huile de vidange ou d’œufs pourris, ça a beau être pas mal plouc, ça peut faire de beaux dégâts chez les crapules ivres de pouvoir, mais ce n’est pas près d’égaler, bien sûr, la portée symbolique des attentats pâtissiers. Une tarte à la crème s’écrasant sur un visage pète-sec, ça renvoie directement, évidemment, à l’essence du ciné burlesque, du slapstick, ou à celle de la belle époque du cartoon agressif quand les yippies avant la lettre Bugs Bunny et Woody Woodpecker balançaient des pâtisseries dégoulinantes sur des raseurs. Et puis, sur le plan esthétique, une explosion tartesque, c’est plus joli qu’un jet d’œufs ou d’huile. Notons que les cocasses inventeurs de la tartapulte, Benoît Delépine et les autres fauteurs de troubles grolandais, ont fait également construire par les compères du Théâtre royal de Luxe de Nantes, connus pour leurs marionnettes géantes, un superbe canon à œufs bio. Le hic avec lui, c’est qu’un œuf propulsé à une folle vitesse, par exemple, sur Claude Guéant risque de traverser littéralement sa tête de part en part.   Le droit au blasphème est-il sacré ?   Pas du tout. Je me méfie des « blasphémateurs sacrés » à la Antonin Artaud – il se définissait comme ça – terriblement iconoclastes par moments mais englués par ailleurs dans des stéréotypes mystiques débilitants. Et puis, je n’aime pas plus les droits, à la paresse, au plaisir, à l’insolence, que les devoirs. Réclamer un droit, c’est présupposer qu’il existe des instances habilitées à nous l’accorder ou à nous le refuser comme l’a fort bien décrit Max Stirner dans L’Unique et sa propriété. À nous de nous permettre tout ce que nous ressentons comme souhaitable pour peu qu’on ait un minimum de lucidité critique sur nous-mêmes et sur le monde à réinventer.   Si Noël Godin était Dieu, que ferait-il pendant la semaine ?   Je veux bien être Dieu comme je veux bien être Diable à condition que tout le monde le soit aussi dans la galaxie. À nous tous les plaisirs les plus pimentés dans un nouveau monde amoureux féerique et burlesque comme celui imaginé par Charles Fourier.   Ça va bien en ce moment ?   Ça va toujours bien quand je m’encanaille avec Jean-Daniel, avec Jean-Michel et avec les autres espiègles fers de lance du rire de résistance du Théâtre du Rond-Point.   Les trois principes essentiels de la subversion carabinée à inculquer à ses enfants…   1. Être clairvoyant. Comprendre les mécanismes qui font qu’une veule complicité s’est souvent établie entre les gouvernants et les gouvernés les maintenant au pouvoir par leurs flaccides soumissions. Réaliser de surcroît que le seul art qui vaille encore d’être pratiqué, c’est celui de construire passionnément, ludiquement, rigolotement sa vie en niquant au mieux toutes les formes de contraintes. 2. Se rendre compte qu’absolument n’importe quel lustucru en pétard, à commencer par soi-même, est à même, s’il le désire vraiment, de jouer des tours très pendables aux puissants du jour et aux raclures autoritaires de toute farine. 3. Ne pas oublier que nos guérillas contre les pouvoirs constitués ne sauraient percer de vraies brèches si elles ne se menaient pas autant qu’il se peut dans le plaisir et la drôlerie, et aussi la tendresse, ajouterait le Tiqqun, ainsi que le préconisaient les hippies des années soixante-dix.   Et pour finir, que t'inspire ce dessin de Stéphane Trapier  ?   Stéphane Trapier réveille en moi une vieille idée qui m’a déjà valu quelques convocations ubuesques à la police : celle de suggérer à des gaillard(e)s condamné(e)s par d’impitoyables maladies à nous quitter bientôt de s’offrir un baisser de rideau grandiose en se métamorphosant subitement en kamikazes chantilly s’élançant tartes à la main, sous des pluies de balles, vers des cibles historiques, le président de Chine, de Russie, des States ou le pape.

Le 21 juin 2014 à 09:08
Le 13 décembre 2014 à 08:26

Dieu : « J'aimerais tellement que les gens comprennent que je n'existe pas »

On croyait Ses voies impénétrables mais Il a pourtant choisi de se mettre en travers de notre chemin. Dans le journal La Croix daté d’aujourd’hui, le Seigneur a décidé de prendre la parole à l’occasion d’une interview où Il s’exprime sans détour. Le souverain céleste regrette notamment que les êtres humains ne soient pas davantage lucides sur le monde dans lequel ils vivent. Il condamne entre autres tous ceux qui affirment qu’Il existerait bel et bien et serait tout puissant. « Un dogme stupide et dangereux » Dans cette fameuse interview publiée ce matin, Dieu emploie un langage plutôt rude à l’égard de tous les croyants, au risque de choquer ses plus fidèles fidèles : « Franchement je sais pas d’où ils sortent tout ça. Le truc sur l’omniscience et l’omnipotence là… Et alors le couplet sur la bienveillance universelle, c’est sûr c’est beau et super optimiste mais ça manque profondément de réalisme. » Le Seigneur fictif invite ensuite tous ses fidèles à changer de comportement : « Je pense que les croyants actuels du monde entier devraient arrêter de s’accrocher à leurs histoires, sympathiques au demeurant, mais légèrement absurdes. » Dans cet entretien accordé au journal La Croix, le divin créateur décrit la surprise qu’Il ressent à voir des millions et des millions de personnes continuer à croire en lui depuis des milliers d’années : « Pourquoi les gens persévèrent-ils alors qu’ils n’ont aucune preuve attestant de mon existence ? Je trouve évidemment ça très honorable d’avoir la foi comme ça mais là ça me paraît un chouia excessif. » Une incompréhension qui s’accompagne d’un sentiment de tristesse en constatant les dégâts provoqués par ce qu’Il qualifie de « superstition de comptoir » : « La croyance en mon existence a engendré tellement d’atrocités. J’aimerais tellement que les gens comprennent que je n’existe pas. Je ne sais pas trop comment faire dans la mesure où ma marge d’action est quasi nulle. Pour l’instant je vais juste continuer à ne pas être. C’est le mieux que je puisse faire. » Le Vatican indigné Cette prise de parole de Dieu a très vite entraîné des réactions en chaîne sur les réseaux sociaux. « Courageux d’avouer ça publiquement ! », lance cet internaute sur Twitter. « WTF !!! Dieu qui s’exprime dans La Croix ? C’est sérieux ou quoi ? », lance, plus dubitative, cette autre utilisatrice. Mais la réaction la plus attendue était évidemment celle de Rome et de l’Eglise catholique. Et cette dernière ne s’est pas faite attendre puisque le porte-parole du Vatican s’est fendu d’un communiqué pour le moins virulent dans lequel l’Eglise condamne les propos du Saint-Seigneur : « Les paroles tenues par M. Dieu sont inadmissibles, même si elles restent divines. Il vient semer le trouble dans la foi de ses croyants.  Des croyants qui ont besoin spirituellement et psychologiquement de croire en Lui. Sans parler évidemment de toutes les conséquences économiques néfastes que ce genre de discours négationniste peut engendrer. »

Le 7 juin 2011 à 15:01

La fougue de Bach

(et encore, j'ai pas osé « Mais vous êtes fougue ? Oh oui ! »)

« Plus fougueux, la prochaine fois », m'a-t-on demandé. Je ne suis pas du genre à refuser l'obstacle, comme on dit dans les milieux hippiques, mais je suis embêté : j'ai, actuellement, moins de fougue qu'un barracuda. Pour tout dire, je suis à peu près aussi fougueux qu'un discours d'après-match de Roger Federer (je sais pas si tu as remarqué mais quand il ne verse pas sa petite larmichette, il est à peu près aussi passionnant qu'une partie de Scrabble filmée au ralenti). Au début, je pensais que c'était à cause de la pression atmosphérique centrée sur les Açores, mais en fait, je pense que c'est de votre faute. Enfin pas de la tienne à toi, qui est quelqu'un de raisonnable, mais de celle à la société, qui n'est pas quelqu'un de responsable. Parce qu'en ce moment, la société, elle ne mange pas ses cinq fruits et légumes, à cause des bactéries allemandes qui sautent du concombre au soja sans crier Bahnhof et des consommateurs qui ne savent plus à quel sain se vouer. Du coup, les maraîchers ne maraîchent plus et dans mon supermarché, les légumes sont en action (c'est du suisse pour dire promo, hein, ils ne tournent pas des remakes de Die Hard). Comme je suis de nature pragmatique, j'ai donc une alimentation très végétale. Et franchement, je préférais quand vous aviez peur des vaches. Un steak de soja saignant, on a beau dire, mais c'est pas pareil. C'est pourquoi, je le dis avec fougue : Attention, derrière-toi, une entrecôte tueuse !

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