Je ne sais pas pour
vous, mais moi, cette pub me donne une impression de déjà-vu.
Là.
Sauf que
là, le héros est en plein bad trip. Je ne sais pas
vous, mais moi je ne suis pas en plein bad trip. Et pourtant je vois ça.
Ca, c’est une famille absolument normale. Le papa s’appelle
John-John et la mère s’appelle Becky. Ils se sont rencontrés en 1992 sur une
croisière dans le Pacifique, et dès le premier coup d’œil ils ont su qu’ils
étaient faits l’un pour l’autre. John-John était aventurier, il chassait des
trésors, mais pour Becky il a accepté de se ranger et il est devenu
astrophysicien à mi-temps (l’autre moitié du temps, il est maître-nageur
bénévole à Lampedusa et il passe ses nuits à cuisiner du riz arborio pour
envoyer du risotto aux courgettes à la Somalie). Ils se sont installés à Meudon
où ils ont acheté une maison avec la dot de Becky. Ils ont eu leurs deux
enfants du premier coup et coup sur coup, car Becky était très fertile. Ils ont
appelé l’aîné Bernard et la cadette Emmy. Emmy parlait 3 langues à l’âge de 4
ans et aime par-dessus tout Bach et le mouvement dada, tandis que Bernard ne
s’intéresse qu’au foot et aux équations du 3ème degré.
Mais Becky s’ennuie dans cette vie trop parfaite. John-John
l’aime-t-elle toujours autant depuis qu’elle a pris 544 grammes avec ses deux
grossesses ? Peut-être réalise-t-elle aussi que sa lessive ne respecte pas
les couleurs, et que les vêtements de sa famille ont tendance à devenir ternes
au fil des lavages. Ca la rend triste.
Heureusement pour son anniversaire, John-John décide de la
surprendre : il lui achète Grup, une lessive en bulles pour un linge aux
couleurs éclatantes. Betty est heureuse : ça y est c’est sûr, John-John
est toujours fou d’elle. Pour fêter ça, toute la famille se retrouve au milieu
de son jardin (John-John a ramené cette variété de gazon vert fluo de
Patagonie) en se tenant la main pour regarder Bernard renvoyer leur ballon de
foot aux voisins.
L’important vous comprenez, c’est qu’on puisse s’identifier.