Vincent Lecoq
Publié le 18/05/2011

Ouvroir d'onomancie potentielle #4


Rikers Island

L'onomancie est une pseudo-science permettant de décrypter la signification cachée d'un nom ou d'un mot en utilisant l'art de l'anagramme.

Bricoleur d’images, de sons et de mots, il a débarqué sur ventscontraires.net via la Piste d’envol et s’est tellement incrusté qu’il a fini par en devenir le responsable éditorial. Il est également l’auteur d’une pièce de théâtre et a collaboré à plusieurs fictions TV.

 

Plus de...

Vincent Lecoq

 ! 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 22 février 2011 à 19:49

Comprendre le DSK sans le texte

Je doute que le président ait apprécié le score audimat de son adversaire putatif, lui qui avait clamé avoir battu « France-Brésil » en audience lors de son passage sur TF1. Des chiffres, des chiffres ! Plus de 7 millions de téléspectateurs pendus aux lèvres du directeur général du FMI et autant d’interprétations hasardeuses  de son discours en pointillés.  Il écoute sa femme ! Ça doit vouloir dire quelque chose, mais quoi ? C’est tout de même pas elle qui s’occupe du casting de ses conquêtes féminines… Vous avez dit bizarre ? Il se met à son tour à commettre des fautes de français, c’est pour faire populo ? Il s’indigne ! Yes ! Il est de gauche ! Youdelali, youdelali ! Il se passe quelque chose dans la cour de récréation des politiques et des journalistes ; ça bourdonne, ça bouillonne, ça baragouine, ça boursicote, ça bout sous la marmite, so what ? Ils ont l’air de bien s’amuser en tous cas. Le microcosme  devient autiste, aveugle, sourd et muet mais au moins ça les occupe. Ben ouais, quoi ? La téléréalité commençait juste de s’étouffer, de lasser les téléspectateurs blasés, mais là, c’est sûr, c’est un concentré du meilleur du pire qu’on nous propose : le commentaire à outrance sur le néant. C’est balèze dans le genre.  La débâcle en direct-live en mai 2012 sur vos écrans, et les larmes c’est tellement télégénique, isn’it ?  On n’a pas fini de rigoler, moi, j’vous l’dis… en attendant, la Famine Mondiale Organisée continue mais de cela, on ne parlera pas, on zappera, comme il se doit.

Le 17 mai 2011 à 08:15

Soubrette

Que Dominique Strauss Kahn ait droit à la présomption d’innocence face aux accusations gravissimes portées à son encontre, c’est normal, et légal. Et même, c’est sain. Mais que la femme de ménage qui l’incrimine n’ait, elle, pas droit à la présomption du traumatisme subi, là il faut qu’on m’explique. Depuis dimanche, pas un mot sur elle dans les médias français, ou dans la bouche de nos politiques (à l’exception notable de Jean-Luc Mélenchon) sollicités en boucle sur ce qui est d’ores et déjà devenu « l’affaire DSK ». Pourquoi ? Si les faits qu’elle reproche au patron du FMI sont avérés, ne peut-on pas légitimement supposer que cette femme souffre des conséquences d’une telle agression ? Ne peut-on avoir une pensée pour elle, sans pour autant tirer à boulets rouges sur son agresseur supposé ? Certes ils ne sont que deux à connaître la vérité, mais pourquoi parler toujours de lui, jamais d’elle ? Pourquoi la tenir à l’écart de nos colonnes médiatiques comme on le ferait d’une maladie honteuse ? D’ici à ce qu’on retombe dans les travers habituels dès lors qu’il y a viol ou soupçon de viol, sur l’air de : « elle l’a cherché, elle l’a piégé », il n’y a qu’un pas. Espérons qu’il ne sera pas franchi, avant que la lumière ne soit faite sur cette lamentable histoire. Gageons que si elle n’était pas femme de ménage mais femme de pouvoir et/ou d’argent, nos journalistes et politiques nationaux se souviendraient qu’elle existe et que derrière sa plainte se cache un être humain, qui ment peut-être mais qui peut-être aussi dit la vérité. Mais elle est soubrette, et la France s’en fout. Car il ne fait pas bon être pauvre et sans grade dans notre beau pays. On le savait. Mais ça va mieux (du moins moi je vais mieux) en l’écrivant.

Le 8 juin 2011 à 12:00

« Je vous laisse fantasmer, je ne sais pas de quoi vous me parlez. »

Henri Emmanuelli, couloirs de l'Assemblée nationale, 7 juin 2011.

Au cours d’une partouze verbale, un ancien ministre a été surpris par la police vidéocratique en train de commettre, avec le majeur de sa main droite, un acte que la morale réprouve. Henri Emmanuelli, ci-devant secrétaire d’Etat aux DOM-TOM et au Budget (1981-1986), a coupé court à la rumeur malveillante le désignant, par ce renvoi des journalistes qui l’interrogeaient à leurs propres dépravations. C’est que le sujet est sensible chez les socialistes dont l’une des figures éminentes aurait commis,  dans une chambre d’hôtel new yorkaise, bien davantage qu’un digitus impudicus comme disaient les Romains. Certes la droite n’a pas à se poser en parangon de vertu, alors qu’un des siens, ancien ministre à son tour, aurait usé des pieds d’autrui pour forcer des intimités rétives. Mais l’image demeure de ce doigt en érection, réflexe musculaire à un propos ironique du premier ministre François Fillon évoquant les socialistes allemands qui, eux, auraient accompli en leur temps les réformes utiles que le gouvernernement français est en train d’accomplir. Alors à qui la main qui, ce jour-là, au Palais Bourbon, s’est livrée à ce simulacre de pénétration vengeresse ?  Aux dernières nouvelles, Henri Emmanuelli aurait fini par admettre qu’il aurait pu agiter un membre ( la main) de façon équivoque, mais non intentionnelle. A l’appui de sa bonne foi, il emprunterait un élément de langage en vogue: « cela ne me ressemble pas. »

Le 9 novembre 2011 à 16:35

« Est-ce du courage de mentir, de basculer dans la démagogie, de taire la vérité, de vous accrocher à des vieilles lunes socialistes qui vous ont certes conduit par effraction au pouvoir en 1997 ? »

François Baroin, Assemblée nationale, mardi 8 novembre 2011.

J. K. Rowling va devoir se remettre à l’écritoire pour ajouter un huitième volume à sa saga. Voilà en effet un ministre français qui a la tronche de Harry Potter, mais parle comme Voldemort à qui on serait venu voler le pensionnat de Poudlard. Ca tombe bien puisque le tome 7, épisode ultime à ce jour, se déroule autour de 1997, l’année même où la gauche a pénétré « par effraction » dans les palais de la Chiraquie. La trame est fournie par le ministre de la Magie, pardon de l’Economie, interpellant aux questions d’actualité les cambrioleurs socialistes toujours en liberté. Que fait la police ?  La propriété du pouvoir est à droite, sa confiscation est de gauche. Harry Baroin qui était alors un « bébé-chirac » (avant de devenir un ado-Sarko pour croûter) en garde un souvenir terrible. Une scène primitive où dans des bacchanales de 35 heures et plus, les voyous pluriellement de gauche forniquaient dans les meubles d’une famille spoliée. Il se trouvera bien encore des  Moldus pour prétendre que gagner des élections ce n’est pas forcer les serrures, mais c’est qu’ils ne comprennent rien aux forces obscures menaçant l’ordre des choses. Chirac qui avait dissout par distraction, a pris le risque d’inscrire au chômage  la génération des Baroin. Il en suffoque encore d’indignation le Potter de Bercy.

Le 21 février 2013 à 07:53

Pistorius sous stéroïdes le soir du meurtre ? Les fans déçus

Johannesburg – Après les soupçons de meurtre de son ex compagne, Oscar Pistorius fait face à de nouvelles accusations qui pourraient être -celles-ci- fatales pour sa future carrière. Ses avocats pourraient plaider l’influence de substances dites stéroïdes, substances qui pourraient avoir une incidence sur l’humeur. Un examen sanguin a été effectué et déjà les fans sont très très très déçus. La chute d’une idole C’est la désillusion chez les fans et supporters de l’athlète Oscar Pistorius. Le sportif pourrait être convaincu de dopage aux stéroïdes si les tests sanguins réalisés le soir du meurtre sont concluants. Des substances qui ont pour effet d’influer sur l’humeur et qui pourraient expliquer la dispute qui a dégénéré. Une annonce qui tombe comme un couperet pour les fans. « Je suis très déçu. D’abord les soupçons de meurtre, maintenant ça. On se demande où cela va s’arrêter » explique un fan sur sa page Facebook. Pour beaucoup, la carrière d’Oscar Pistorius pourrait être sérieusement compromise.« Après ces tests sanguins, certains sponsors pourraient se retirer pour de bon » souligne un journaliste sportif de l’Equipe. « Il suffit de voir comme Armstrong a vécu ces accusations. Ces soupçons vont lui coller longtemps à la peau. Peut-être que Pistorius devra s’expliquer, comme Lance, et avouer, tout simplement. Pour l’image du sport. ». Dans l’immédiat, certains préfèrent attendre le bilan sanguin avant de prendre position. « Je ne veux pas l’accabler, vous savez, on fait tous des erreurs parfois » explique un autre fan sur la page Facebook du sportif. La Rédaction Illustration: Gabludlow/Flickr

Le 1 octobre 2011 à 07:22

Noam Chomsky soutient "Occupy Wallstreet"

Sit-in devant la Bourse 15

J'allais prendre un avion pour New York car je voulais me joindre au sit-in qui a commencé depuis deux semaines devant la bourse. Mais quand j'ai vu le prix du billet, je me suis dit que la meilleure façon de le faire, c'était d'aller m'asseoir devant la Bourse de Paris. Comme dit la vieille dame dans cette vidéo qui retrace les événement de la journée du 28 septembre, nous sommes à présent tous connectés. Connectés au même problème.Si vous voulez suivre en direct ce qui se passe dans le quartier de Wall Street, voici un lien qui vous donne les nouvelles jour après jour : occupywallst.orgC'est là que j'ai vu que Michael Moore est venu apporter son soutien. C'est là que j'ai lu ce message de Noam Chomsky adressé aux manifestants rassemblés devant la bourse : "Quiconque a les yeux ouverts sait que le gangstérisme de Wall Street – les institutions financiaires en général – a causé de sévères dommages au peuple des Etats Unis (et du monde). Et devrait aussi savoir que cela a été perpétré avec une force croissante depuis plus de 30 ans, au fur et à mesure que leur pouvoir croissant sur l'économie se radicalisait, ainsi que sur la politique. Cela a mis en branle un cercle vicieux qui a concentré une richesse immense – et avec elle la puissance politique – sur un infime secteur de la population, une fraction de 1%. Alors que le reste aborde inexorablement ce qu'on appelle parfois le "précariat" – l'aspiration à survivre malgré une vie précaire. Ils mènent ces activités repoussantes avec une impunité à peu près complète – car ils ne sont pas seulement "too big to fail" (trop gros pour échouer), mais aussi "too big to jail" (trop gros pour aller au clou). Puissent les manifestations courageuses et dignes qui ont lieu à Wall Street mettre cette calamité en pleine lumière, et nous conduire à redoubler d'efforts pour la vaincre et diriger la société vers une direction plus saine." Noam Chomsky > épisode suivant> premier épisode

Le 13 octobre 2011 à 10:09

"Ma grand-mère disait: quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup."

Martine Aubry, RTL, 13 octobre 2011.

Du coup il devient clair que « l’impétrante » au second tour de la primaire socialiste a vu le loup, et que cette bête a le poil de l’autre « impétrant », François Hollande. Croustillant aveu de sa part alors que, dans leur débat de la veille sur France 2, elle se la jouait Mère-Grand plutôt que Petit Chaperon rouge. Il y aurait donc eu, à notre insu, un rapport textuel précipité entre eux si l’on en croit sa propre confidence : "J'ai essayé de mettre le doigt sur certains de ses loups". Oh ! mon grand Flou… Comme on n’a rien vu, restons en à la maxime de l’aïeule dont on imagine qu’elle appartient à la branche paternelle. Dans la famille Delors, la maire de Lille, a ainsi abattu une autre carte qui fait la paire, celle de son papa  dont elle aurait hérité de l’idée européenne d’une « Confédération d’Etats-Nations. » Aïe ! Jacques Delors a toujours parlé de « Fédération d’Etats-nations. » S’il avait eu la répartie d’un vieux renard, plutôt que des manières de jeune loup, François Hollande aurait pu relever le flou de la référence. Martine Aubry qui prétend réconcilier le « non » et le « oui » au référendum constitutionnel de 2005 a pris en effet le risque  - pour obliger  Montebourg sans désobliger Guigou ? – d’un plaisant oxymoron : la confédération suggère que les Etats n’abandonnent rien de leur souveraineté, alors que la fédération supposent qu’ils en déléguent une part. L’Europe serait-elle appelée à devenir la nef des flous ?        

Le 28 mai 2010 à 11:05

« A vue de nez, ça me chiffonne un peu le nez »

Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, Grand Jury RTL-Figaro-LCI, 16 mai 2010

Un Cyrano déclamant : « si j’avais un tel nez, il faudrait sur le champ que je me le chiffonnasse » froisserait les oreilles. La porte-parole des écolos a eu la métaphore audacieuse en attribuant en outre des affects politiques à son appendice nasal. Invitée à faire part de ses sentiments sur une  candidature de Dominique Strauss-Kahn à la présidentielle, elle a répondu en un alexandrin bancal qu’elle avait le directeur du FMI dans le nez à cause de sa fonction, reconnaissant ensuite qu’elle n’avait jamais reniflé l’homme de près. En un certain sens, tant mieux pour elle.C’est, néanmoins, une étrange alchimie celle qui confère à la relation entre le nerf optique et le nerf olfactif un tel pouvoir de suggestion, sauf à être né avec des narines en tissus ou de papier. Mais, après tout, une expression populaire n’est pas un art figuratif. Par exemple, « ça me troue le cul »  qui est la version hard de « ça me chiffonne le nez »,  présente aussi ses incohérences anatomiques.Cécile Duflot a une spontanéité rafraîchissante ; qui d’autre qu’elle, dans sa corporation, est capable, dans une émission sérieuse, de dire « Machin…truc » pour résumer à la va-vite, une démonstration supposée déjà connue de tous ? Elle est plus glaçante quand elle cède à un discours où le goût politique est commandé par des odeurs.

Le 24 mai 2010 à 10:49

Laurent Tailhade

Les cracks méconnus du rire de résistance

Si, à la fin du XIXe siècle, Léon Bloy avait surnommé Laurent Tailhade « le cyclope des vespasiennes », c'est parce que c'était un cyclope (l'écrivain anar avait été énucléé, oh ironie !, par l'explosion d'une bombe ravacholesque) et parce que ses piques ne volaient pas toujours extrêmement haut (« Romain-Rolland ? De la littérature de pasteur qui sent mauvais des pieds. »). Illustre poète mondain aux cravates rouges légendaires se rendant chaque jour chez le barbier du « Jockey-Club » en fiacre et prisant fort les latinismes pédants, ogre rabelaisien dont les déjeuners étaient couramment composés d'une douzaine d'oeufs, deux côtelettes et un faisan, « le dernier gentilhomme », ainsi qu'on l'appelait volontiers, se fâchait tout rouge dans les journaux contre « la hideuse fiction du nationalisme » et « la justice des hauts de forme » ; faisait le coup de poing dans les théâtres pour défendre les pièces anarchisantes boycottées comme Un Ennemi du peuple d'Ibsen ; trempait dans des canulars gloupitants avec son poteau Alphonse Allais (à la fin de sa vie, il frigoussera même de faux Rimbaud qui seront authentifiés par la critique !) ; et entrait impromptu dans les églises chics pour y apostropher les prêtres officiants (« Vomissons nos dieux ! » ; « Vomissons les soeurs de charité, ces monstres doucereux et sans entrailles, châtrées de tout sentiment humain »). Mais ce qui faisait surtout scandale à la Belle Epoque, c'était les fulminations de Laurent Tailhade contre « le bétail infâme des honnêtes gens, aux âmes fétides et carnassières, ces larves faites en bourgeois que Forain dessine en des poses d'irréfutable ignominie ». En 1901, ça se corse pour « le serpent à sonnets ». On ne lui pardonne pas d'avoir eu un accès d'humeur dans le journal Le Libertaire contre le tsar Nicolas II, « l'escroc impérial de toutes les Russies » en visite diplomatique en France, et contre les « lécheurs de bottes » qui l'accueillent, « ceux de l'Académie et ceux des maisons closes, les trigauds de la presse, les pouacres de l'Etat-Major, les pieds plats de l'Elysée et les bassets du Ministère, dans une épilepsie unanime de domesticité » :  le canard est saisi et Tailhade est condamné à douze mois ferme. C'est alors que, dans ses oubliettes, le littérateur a la bonne idée de poser sa candidature à la députation contre le ministre du Commerce Millerand, lequel se hâte de négocier la levée d'écrou du fauteur de troubles contre une promesse de désistement. La vie de « ce coquillard de Tailhade », comme disait Anatole France, ne fut pas le moins du monde assombrie par sa réclusion. Pas plus que par la perte de son oeil ou que par ses duels tournant mal. La seule et unique chose qui pouvait vraiment mettre à la torture le pamphlétaire, c'était quand, après s'être rabiboché avec une personnalité qu'il avait insultée en vers, il devait s'escrimer, lors de la réédition du poème en question, à se trouver un ennemi dont le nom avait la même rime et le même nombre de pieds.   Laurent Tailhade par Félix Valloton, pour Le Livre des masques de Remy de Gourmont (1896)

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
La masterclass d'Elise Noiraud
Live • 16/04/2021
La masterclass de Patrick Timsit
Live • 16/04/2021
La masterclass de Lolita Chammah
Live • 16/04/2021
La masterclass de Tania de Montaigne
Live • 08/03/2021
La masterclass de Sara Giraudeau
Live • 08/03/2021
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication