« Si une candidature naturelle se dégageait au PS, ce pourrait être Dominique Strauss-Kahn »
Pierre Moscovici, Emission "Face aux Chrétien" (RCF,Radio Notre-Dame, La Croix), 23 avril 2010
Naturellement, ce que dit cet éminent socialiste ne doit pas être pris à ras les pâquerettes. Dans son esprit, l'entrée en lice de Dominique Strauss-Kahn s'imposerait avec une telle évidence que la contrarier serait, en quelque sorte, contre-nature. La vocation surnaturelle de Ségolène Royal étant hors concours, toute autre ambition que celle de l'acronymique DSK relèverait donc de la greffe artificielle genre Aubry, ou d'une bouture bricolée façon Hollande.
Mais à quoi reconnaît-on la candidature « naturelle » ? La question est de saison. Alain Juppé a désigné Nicolas Sarkozy comme « candidat naturel » de l'UMP en 2012, mais c'est moins pour vanter la plante que suggérer le risque de plantage. Dominique de Villepin s'est déjà auto-ensemencé pour chasser la mauvaise herbe sarkozyenne, Jean-François Copé cultive en pot une candidature naturelle pour 2017, et Jean-Luc Mélenchon s'y voit dès 2012 en se prévalant d'un caractère qui n'a rien de « lyophilisé».
Les Verts, c'est un comble, sont les moins fertiles en candidatures sans engrais. Il y aurait bien Daniel Cohn-Bendit, mais ses racines allemandes en font un présidentiable hors-sol.
Bref, le « naturel » en politique exige d'être semé à temps pour décourager les parasites, et de ne pas attendre la victoire pour être arrosé.