Katja Kaufmann
Publié le 27/05/2011

Je ride me voir si belle en ce miroir


Pubologie pour tous

Quand on fait de la publicité pour les cosmétiques on se retrouve souvent devant un dilemme. Car voilà, on raconte aux gens que tout vieux et moches et gros qu’ils sont, affalés devant leur télé avec une bière et un cheeseburger réchauffé au micro-ondes, on va les rendre jeunes et beaux et minces et aussi bronzés en prime.  
Le dilemme n’est pas que tout cela est impossible, ça c’est une donnée négligeable. Le problème est que pour vendre de la beauté, on ne peut pas montrer des modèles moches. Voire même un peu imparfaits.  
Dans les écoles de com, on ressasse l’exemple de cette marque qui a brillamment montré des gros, des vieux, des différents pour vendre des crèmes, a été encensée par la critique et… a vu ses ventes se crasher en beauté. Donc voilà, c’est pourtant simple, les gens aiment qu’on leur parle à eux tels qu’ils sont, mais en leur montrant des eux tels qu’ils ne seront jamais.  
C’est pour ça qu’on montre toujours des trentenaires pimpants avec de faux cheveux blancs dans les pubs sur les colorations capillaires couvrantes. C’est pour ça que les jeunes acnéiques n’ont pas d’acné. C’est pour ça qu’on en arrive, dans une affiche pour un anti-rides, à montrer une femme tellement lisse et retouchée qu’elle semble avoir volé sa peau à un enfant, mais qui se trouve trop de rides alors elle s’étire pathétiquement les bords du visage. Mais heureusement pour elle, il y a un super antirides qui marche tellement bien qu’avant même de l’utiliser on n’a déjà plus de rides.  
Ce n’est pas prendre les gens pour des cons. C’est essayer de les comprendre au mieux. Nuance.
Née avec une cuillère en bisphénol A, un ordinateur et un modèle réduit de monster-truck dans la bouche, Katja Kaufmann voulait devenir Présidente. Mais elle est nulle en horticulture, alors maintenant elle vend des lessives. 

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Le 24 juin 2014 à 08:00

Aider un ami à déménager : la crainte n°1 chez les 18-35 ans

La « Génération Y » n’a pas les mêmes désirs, les mêmes envies, ni les mêmes craintes que leurs parents. C’est ce dernier point qu’a voulu approfondir la dernière étude de l’Office National de la Jeunesse (ONJ). En effet, afin de connaître les causes du mal-être des 18-35 ans, l’ONJ a mené une grande enquête depuis le début de l’année. Les résultats sont édifiants. Ainsi, parmi les 9000 personnes interrogées, l’ONJ a dressé un panel des plus grandes appréhensions que doivent affronter au quotidien ces jeunes adultes. Voici les réponses les plus données à la question «Quelles sont vos plus grandes craintes pour l’avenir ?» -    36% : aider un proche à déménager -    24% : accompagner quelqu’un à l’aéroport -    21% : être invité à un repas de famille -    10% : réparer l’ordinateur de ses parents -    6% : s’occuper d’enfants en général -    4% : payer le café à ses collègues de bureau « Quelle plaie ! » Anthony et Moussa, 48 ans à eux deux, témoignent : « On est dans une période de nos vies où on change souvent d’appart’. On se cherche un studio, on s’installe avec une fille, puis on se met en coloc quand on se fait plaquer… Les déménagements s’enchaînent. » explique Anthony, réparateur de briquets jetables dans le XIXe arrondissement de Paris. « Quelle plaie ! » renchérit Moussa. « Les déménagements ça nous bouffe tout un samedi, on rentre crevés et on profite même pas de notre week-end ! Moi qui adore danser…» Une technique bien rôdée On apprend dans l’étude de l’ONJ que la technique la plus utilisée par les personnes voulant déménager est une astuce bien rôdée. Elle consiste tout d’abord à contacter ses amis trois semaines ou un mois avant le jour J. Face au message bien tourné accompagné de smileys, les différents « déménageurs en herbe » ne pourront pas refuser sous peine de passer pour de « mauvais amis » et culpabiliser. L’ONJ conseille de ne pas hésiter à exprimer un refus clair et honnête, même aux amis très proches ou à la famille. Le moral de ces jeunes en dépend.

Le 12 mai 2011 à 08:00

Tout est chaos ? A côté !

Je sais pas vous, mais tout est chaos   Entre la gare et le lieu où je travaille, il y a un gymnase*, dans lequel des hordes d'adolescents apprennent les équations différentielles pour pouvoir un jour présider aux destinées de la nation. Tous les jours, donc, je partage un bout de chemin avec eux et même que parfois, je traverse au rouge. Cela me permet de me tenir au courant des aspirations de la « génération Z » (au passage, si quelqu'un connaît quelqu'un au nommage de générations, j'aimerais bien leur dire deux mots), ce qui tombe super bien puisque je dois être « plus transgénérationnel ». Or, l'autre jour, alors que je tentais un dépassement hasardeux, quelle ne fut pas ma surprise d'entendre un jeune homme, muant et florescent, affirmer : « J'adorais ça quand j'étais petit. » Sans être vieux jeu ou quoi que ce soit, il me semble que les jeunes d'aujourd'hui sont nostalgiques de plus en plus tôt. Je suis ouvert d'esprit, j'ai moi-même, sans aller jusqu'à la nostalgie, eu quelques accès de mélancolie pendant mon adolescence, mais je ne sais pas si c'est bien, si vite... Oh, oui, on y pensait, on en parlait entre nous, on regardait avec envie ceux qui pensaient déjà que c'était mieux avant. Mais ça se faisait différemment, de manière plus naturelle. Je comprends, ils vont sur Internet, ils voient des sites nostalgiques, ils ont envie d'essayer eux aussi mais est-ce bien raisonnable ? Sinon, l'honneur est sauf, il avait aussi une coupe de cheveux ridicule.* NDLR : En Suisse, le gymnase est un lycée.

Le 10 octobre 2015 à 08:28

De qui se foot-on ?

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Il n’y a pas eu à gamberger très longtemps. Quand le mec des parfums, le mec des clopes, le mec des baskets et le mec des 3 lames de plus sur les rasoirs (oui c’étaient tous des mecs, c’était y’a longtemps, à l’époque où les femmes ne bossaient que pendant les guerres totales, ces feignasses) se sont mis autour d’une table (en teck, parce qu’ils aiment bien exploiter les ressources des pays pauvres) et se sont demandé comment vendre à des gens qui ont autre chose à foutre des trucs dont ils n’avaient pas besoin, la réponse est venue très vite. Car il n’y a pas besoin d’être une flèche pour se douter que d’écrire avec une jolie typo « Alors pour être franc, c’est des chaussures plutôt cool, avec des jolies couleurs, et les gamins vietnamiens, sérieux, ils ont bien assuré sur les finitions. Ca va te coûter un bras mais on essaye de faire en sorte que ça te donne du statut, et accessoirement que ça soit pratique pour jouer au foot. Maintenant, si t’es un branque au foot, tu resteras un branque au foot », ben ça serait moyennement efficace.     Alors les mecs de la table en teck (ça fait un peu quête arthurienne, sang du Christ tout ça, mais non, en fait c’est juste des capitalistes), se sont rendu compte qu’en racontant des trucs pas totalement vrais (le coup du rasoir 6 lames qui fait de vous un beau gosse musclé qui ne transpire pas pendant 72 jours et qui récupère sa meuf en hélico, ou peut-être que je confonds), ben des fois les gens ça leur donnait envie d’acheter des trucs pas totalement utiles.     Bon. Mais depuis quelques temps, quand même, les mecs de la table en teck (et leurs descendants, les tecknocrates), ils se sont rendu compte que les gens n’aiment pas toujours qu’on les prenne pour des neuneus, alors ils ont essayé de rendre l’arnaque moins explicite.     Des fois même, ils s’en sont gaussés.     Et puis on ne sait pas ce qu’il s’est passé (probablement une expérience de mort imminente du nourrisson, d’après notre source TF1), mais le mec des baskets a craqué, et il vous a promis qu’en achetant ces baskets, vous alliez arrêter de jouer comme une merde pour enfin jouer comme Kakà. Il ne faut pas lui en vouloir. Ce sont des choses qui arrivent.

Le 7 octobre 2014 à 09:21

Et j'ai crié Alien pour qu'il revienne

- Alors, comme ça, vous avez été le premier humain à rencontrer les extraterrestres ?- Oui. Mon selfie avec Xrügror a fait son petit effet sur Instagram.- Pourriez-vous raconter à nos lecteurs comment s'est déroulée cette rencontre ?- Je cherchais un raccourci que jamais je ne devais trouver, faut vraiment que je mette à jour mon GPS, quand je suis tombé nez à spatule hélicoïdale avec Xrürgor, qui était lui aussi perdu, en train de demander son chemin à un hortensia.- Ça alors.- Oui, il s'avère que sur leur planète, il existe une espèce très intelligente qui ressemble à nos hortensias, mais en bleu, enfin, j'ai pas tout compris ce qu'il disait.- Mais il parlait français ?- Ils ont neuf millions de langues différentes sur leur planète, dont trois patois hortensias, alors forcément, ils apprennent vite.- Bon, bon, incroyable, mais dites-moi, que s'est-il passé ensuite ? A-t-il braqué sur vous une arme étrange et vous a-t-il demandé de vous conduire à votre chef ?- Non. Non, non, il m'a demandé si je pouvais un peu lui apprendre comment on vit ici.- Fort bien.- Alors pour déconner, je lui ai appris que "je suis vraiment un sale connard", ça voulait dire bonjour, LOL.- Ce n'est pas très gentil.- Bah, c'est pour déconner. Ensuite, je lui ai fait écouter l'intégrale de Lara Fabian, en lui expliquant que c'était une figure politique importante chez nous. - Pauvre Xrürgor.- Javoue tkt. Puis je lui ai présenté Hans, mon vieux labrador malade, et lui ai expliqué que c'était le ministre mondial des ressources.- Ça ne veut rien dire, ministre mondial des ressources. - Ouais non je sais, je suis nul en improvisation, surtout quand on m'agite un pédipalpe bleuté sous le nez.- Oh, je le savais, ils sont violents, ils vont tous nous manger !- Mais non, c'était un geste amical. Je crois. Ou un rictus nerveux, peut-être.- Bon et alors ?- Alors Hans il arrête pas de péter, ptdr.- Et ?- Ben non, rien, c'est drôle, non ? Ils vont essayer de décoder ce que ça veut dire et tout.- Ah. Bon. Vous n'avez pas peur que tout cela n'entraîne une réaction hostile de leur part ?- Non non. Xrürgor avait l'air content quand il est reparti. - Il est parti ?- Oui, il avait un rendez-vous urgent qu'il avait oublié.- Il reviendra ?- Il a dit qu'il devrait être là d'ici un petit million d'années, parce qu'il doit encore aller chercher les gosses à leur cours de zlöwwjPendant ce temps-là, dans une autre galaxie.- Alors, ton petit projet d'asservissement de la race humaine, ça en est où ?- Laisse tomber, je vais plutôt me remettre au trampoline, ça ne marchera jamais, je crois bien qu'ils sont complètement cons.

Le 23 avril 2011 à 10:30

Les yeux d'Elsa

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Avant de se plonger dans les yeux d’Elsa, il faut savoir que cette campagne d’affichage, datant de 2010, a été une petite révolution dans le monde bien rangé du luxe. Pourquoi ? Parce qu’il y a un PRIX. Place Vendôme, déjà faire de la pub c’est limite, alors mettre un prix, vous n’y pensez pas. C’est putâssier. Avec un â, comme dans Versâilles. Alors pour compenser, on donne à la montre un nom en forme de phrase. Nom qu’on illustre par une photo d’un jour qui se lève, d’un beau bleu-vert lagon lagune laguna de la couleur des yeux de l’égérie. C’est fait exprès d’ailleurs. Pour ce genre de publicité, on fait un casting de stars, on les place devant la fenêtre, et si leur couleur d’yeux est celle du ciel, eh bien c’est gagné. Et sinon, il y a Photoshop. Là il y a eu Photoshop, c’est d’ailleurs pour cela qu’Elsa, 42 ans, a l’air d’en avoir 17. Mais les 42 ans d’Elsa ne sont pas un défaut. Ils sont une force. C’est son expérience qui lui permet de jouer si bien le jour qui se lève, amour. On le voit bien, dans ses yeux laguna, l’amour du jour qui se lève. Elle semble même un peu surprise d’ailleurs que l’amour se lève le jour, c’est probablement parce qu’elle était en train de faire la fofolle sur un trampoline de fils de soie, c’est pour ça qu’elle est décoiffée. Mais pas trop parce que les fils de soie ça ne rebondit pas très bien. Elsa, elle joue très bien l’air chagrin-enamouré-rêveur. Mais ça ne marche pas. Parce qu’on ne lui a pas dit à Elsa, mais faire la moustache avec ses cheveux, ça ne fait pas très chagrin-enamouré-rêveur, même si c’est rigolo. Mais surtout, Elsa, elle ne va pas nous faire croire que le jour se lève alors qu’il est dix heures à sa montre. Parce que soit elle vit au Pôle Nord Elsa, soit elle croit que tôt le matin c’est dix heures. Et ça c’est bien un truc de riches.

Le 15 mai 2011 à 10:01

Femmes au foyer : des raisons d'espérer

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Voyez-vous, le créatif est friand de références. Bien sûr, il préfère les références obscures et très intellectuelles, qui lui rappellent qu’il est beaucoup plus qu’un publicitaire. Ah oui, parce que pour information, le publicitaire fait ce métier pour manger, un point c’est tout, il ne tire aucune satisfaction intellectuelle du fait de vendre des croquettes pour chien senior enrichies en fer. Mais le publicitaire cultivé se retrouve face à un problème de taille : les gens, qu’il respecte énormément et connaît bien à force d’éplucher des études d’opinion, voyez-vous ils sont, comment dire, non pas bêtes, non bien sûr, juste peut-être un peu… incultes. Par exemple, ils regardent Desperate Housewives, qui est une bonne série. Mais ils la regardent avec une saison de retard, quand elle passe sur M6, parce qu’ils n’ont pas Canal. Ils voulaient Canal, pour le foot, mais bobonne était pas d’accord. Alors le créatif se dit, cool, ben quelle bonne idée, on va faire référence à un truc que les gens connaissent. Le problème avec la référence, c’est que parfois elle remplace une bonne idée. Ou même une idée tout court. Et on ne réfléchit pas très bien au sens de ce qu’on raconte, par exemple à l’idée qu’on véhicule que les housewives, qui sont desperate, elles n’attendent qu’une seule chose pour devenir happy, c’est un sèche-cheveux. Elles ne sont pas du tout desperate à cause de leur petite vie étriquée dans une banlieue morose à jouer les boniches pour un mari qui les trompe, ben non. Le seul raté dans le tableau chatoyant de leur bonheur domestique, c’est qu’elles ont les cheveux qui rebiquent après la douche. Elles ne peuvent pas se les brusher gaîment pour trop en jeter à la fête des voisins, alors elles dépriment. Surtout que Mme Perkins, la voisine d’en face, elle se la pète avec ses boucles parfaites. Heureusement, il y a une solution. Mesdames, vos maris ne vous comprennent pas ? Epousez un publicitaire.

Le 1 juillet 2011 à 08:29

Ce que veulent les femmes

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En publicité comme en politique, on a besoin d’une opinion publique. On l’appelle « les gens », « les Français », « la ménagère » ou « Monsieur Dugenou », mais la réalité de base est toujours la même : il existe une kyrielle de personnes différentes, avec des avis différents, des besoins différents et des aspirations différentes, mais aussi un peu pareils des fois. Et il faut en faire un tout compact et transparent, qu’on peut facilement saisir et qui offre des généralisations bien pratiques, du type « les Français veulent plus de sécurité » ou « la ménagère veut qu’on lui vende du rêve ».En publicité comme en politique, il n’est pas question de tirer cette opinion publique vers l’avant. Il est question de la suivre. De la comprendre au mieux. De savoir de quoi parlent tous les Monsieur Dugenou et les Madame Duchemin quand ils prennent le thé. Mais en publicité comme en politique, on ne croise pas Monsieur Dugenou et Madame Duchemin tous les jours (on a arrêté de prendre le métro, c’est sombre et ça pue la pisse).En publicité comme en politique, Monsieur Dugenou et Madame Duchemin sont donc des graphiques en bâtons, des courbes, des camemberts et de bons vieux clichés réacs. Une pincée de mépris et l’on obtient des certitudes sur ce qu’ils veulent entendre. Et l’on a bon espoir que si on leur dit ce qu’ils veulent entendre, ils nous donneront ce qu’on attend d’eux.Dans une France où tout le monde penserait ainsi, la peine de mort aurait cours, l’on avorterait encore avec des kits de loisirs créatifs et la publicité ne serait que le tas infâme et fade de clichés que cette chronique essaie de dénoncer.Et maintenant, une parenthèse de fiction théâtrale (toute ressemblance avec des faits réels est probablement garantie par une étude d’opinion) :MONSIEUR DUGENOU. - Ah vous verriez ma petite-fille. A 6 ans c’est déjà une vraie petite femme. Comme elle minaude ! Tout ce qu’elle veut, elle l’obtient ! MADAME DUCHEMIN. - C’est celle dont les parents ont divorcé ?MONSIEUR DUGENOU. - Non, ça c’est mon autre petite-fille. Mon fils n’a pas aimé que sa femme lui fasse un gosse dans le dos. Il était pas prêt vous voyez. Mais c’est comme ça les femmes, quand y’a les hormones qui se réveillent, elles peuvent pas attendre. Elles sont faites pour ça après tout !MADAME DUCHEMIN. - Ah ben oui hein, c’est la nature. Les femmes elles ont le charme pour elles, les hommes c’est la force. Il faut respecter ça.MONSIEUR DUCHEMIN. - C’est bien vrai ça : il faut respecter la nature. Tenez, les homosexuels, moi j’ai toujours dit : c’est contre-nature. C’est qu’ils ont pas essayé d’être normaux, ou que ça s’est mal passé. J’ai toujours dit : un homme, ça ne peut pas résister à une belle femme !MADAME DUCHEMIN. - Bien sûr. Y'a quoi à la télé ce soir ?

Le 23 juillet 2015 à 08:30

Gros sur la patate

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On pourrait croire que cette publicité n’est rien d’autre qu’un tableau niais, absurde et clichetonnant d’un bonheur familial parfait tel qu’on en rêvait dans des temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Eh bien c’est plus ou moins le cas. Car ce spot est en fait une reprise de ce spot, datant de 1976. Et puisque la publicité est un miroir de la société, menons une analyse comparative des deux versions pour en tirer des conclusions sur l’évolution (ou la non-évolution) de la société. On notera par exemple, que l’on fait moins d’enfants en 2011 qu’en 1976 : 3 contre 6. Les deux restant cependant au-dessus du taux de fécondité français. Car chez nous, au moins depuis Pétain, une famille parfaite est une famille nombreuse. C’est aussi toujours Madame, en rose, qui cuisine, même si Monsieur, en bleu, est présent en 2011, alors qu’il est absent en 1976. Pour ça, merci les 35 heures ! On remarque ensuite des changements dans les préoccupations des parents. Dans les années 1970, Madame fait de la purée Bidule car elle est « sûre que tout le monde en reprend ». Puis l’obésité est passée par là, 3 des enfants de la première pub sont morts avant 40 ans d’une maladie cardiovasculaire, et l’on s’est mis à privilégier la qualité à la quantité. En 2011, Madame est « sûre de ce qu’il y a dedans », mais aussi, heureusement, « sûre que tout le monde est content ». Ben oui, 35 ans ont passé, mais le rôle de bobonne est toujours le même : contenter Monsieur et ses petits chérubins. Mais comment fait-on pour savoir aussi précisément ce que les gens attendent de la vie et de la purée lyophilisée en 2011 ? Eh bien, on n’a pas trouvé de meilleure idée que de le leur demander. Alors on a plusieurs façons de faire bien sûr. Dans le cas de ce chef-d’œuvre audiovisuel, il est fort probable qu’on ait réuni dans la même salle une petite dizaine de mamans avec deux points communs. D’une part, elles font de la purée lyophilisée à leurs enfants, et d’autre part, elles ont du temps à perdre pour des études consommateurs. Face à ces femmes, un spécialiste hautement qualifié (comprendre : un étudiant en psychologie) observe, relance et oriente la discussion, qui sera enregistrée et décortiquée pour trouver LA vérité de ce que vivent au quotidien les consommateurs de purée lyophilisée. Non, bien sûr que non n’attend pas que le consommateur nous donne une idée. Non. Bon, d’accord, quand, à la 12ème minute, Madame Duchemin a glissé un « ben une chose est sûre hein, quand je fais de la purée Bidule, je suis sûre de ce qu’il y a dedans ! », ça ressemblait à l’idée qu’on a eue, mais ça n’a fait que révéler une solution qu’on avait déjà à l’esprit sans le savoir. Bon par contre, je mettrais ma main à couper que pourtant, personne n’a dit « ben une chose est sûre, moi quand on me prend pour une cruche, ça me donne envie d’acheter de la purée Bidule !»

Le 20 mai 2011 à 09:00

Bande de valeurs

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Ce n’est pas facile d’être une banque de nos jours. Dans la grande cour de récré des entreprises, les banques sont un peu le gosse de riches que tout le monde déteste. Celui qui a des shorts en velours et des chemises à carreaux, que sa maman amène à l’école dans une berline avec chauffeur, qui a toujours un super goûter mais qui ne partage avec vous que si vous faites semblant d’être son ami. Mettez-vous un peu à la place des banques. Elles sont malheureuses, parce que personne ne les aime. Ca vous ferait quoi, à vous ? Alors les banques ont trouvé la solution : communiquer sur des valeurs. Ne riez pas. Pensez plutôt à l’énorme travail de recherche que cela doit représenter, pour une banque, de se trouver des valeurs. Equité ? Vu le montant des agios sur découvert, ça ne va pas trop passer. Sécurité ?  Non. Respect ? Non non non. Sincérité ? MOUHAHAHAHAHA. Ils ont bien dû se bidonner, à l’agence. Surtout quand ils ont écrit le communiqué, dont je ne peux m’empêcher de vous livrer un extrait : « Pour illustrer la transparence de ses offres et la simplicité de la relation avec ses clients, la nouvelle campagne a fait le choix d’un style épuré, laissant place à l’émotion et à l’essentiel : le message. » Dans la pub des fois, quand on a mauvais esprit, on dit que lorsqu’on communique sur des valeurs, c’est qu’on n’a rien à dire. C’est faux. C’est ça, la magie de la publicité. Une photo en noir et blanc sur fond blanc, c’est la transparence des offres. Le ventilateur dans les cheveux, c’est l’émotion. Le sourire béat c’est la relation client. Et un texte bidon, c’est un message. CQFD.

Le 16 mai 2011 à 12:00

Pirate 2.0

Nous savons enfin qui est La Régie, mais nous n'avons pas encore trouvé le moyen de l'empêcher de nuire.

Il aura été pendant longtemps le chroniqueur le plus mystérieux de ventscontraires.net. « Il » ou « elle » ? Son nom de chroniqueur, c’est « La Régie ». Qui frappe fort et juste. La Régie qui ne respecte rien ni personne, qui transgresse les tabous, qui dézingue les marques, bref, La Régie ne pouvait être qu’un ou des affreux jojo(s). Et pourtant, à l’en croire, « c’est une organisation unipersonnelle ». Son idée était d’ « d’infiltrer la rédaction de ventscontraires.net pour “promouvoir” les intérêts des grandes marques et du monde financier. Aujourd’hui, ajoute le chroniqueur masqué, on peut tout dire (ou presque) d’un président ou d’un pape, mais attaquer de front une marque en utilisant son logo, son univers visuel, etc., c’est bien plus subversif. C’est même illégal. » La Régie est aussi au-dessus des lois. D’ailleurs, grâce à une enquête approfondie, on a appris que La Régie envoyait ses missiles graphiques depuis le port de Sète. Il (elle, eux ?) avait donc décidément tous les attributs du pirate. Un pirate 2.0, qui, baignant dans la masse des informations comme dans celle de la publicité, a choisi de « marketer l’actu. » Exemple, son acide vision du handicap : « C’est un peu triste à dire, mais je fonctionne sur le mode du règlement de compte. Ma mère me demande si j’ai fait ma promesse de don au Téléthon, et hop, une forte envie me vient d’être méchant avec les handicapés. » Méchant, oui, c’est son principal trait de caractère, et c’est aussi pour ça qu’on l’aime, à ventscontraires.net. Mais ne nous y trompons pas, même les plus purs sont corrompus, et si La Régie est si à l’aise avec l’outil graphique, c’est parce que c’est son métier : « Je suis graphiste et je gagne bien mieux ma vie en servant les marques qu’en les flinguant ! Dommage… » Même s’il considère que « la discrétion est de mise pour une bonne infiltration », nous avons fini par le démasquer. « Le », oui, car « La » Régie est un homme, il s’appelle Nicolas Ripoll et c’est le responsable de la maquette de ventscontraires.net, nous venons de l’apprendre. La discrétion, en effet, est de mise pour une bonne infiltration. Nous l’avons vu apparaître dans un tourbillon sur la Piste d’Envol, Jean-Daniel Magnin et moi-même en étions tout décoiffés (ce qui est, pour Jean-Daniel, notez un exploit).

Le 8 avril 2014 à 07:32

Les Français perdraient 22 heures par an à faire des calculs statistiques inutiles

Une étude menée sur un panel représentatif et pilotée par le Centre National de la Recherche Scientifique prouve que les Français passeraient chaque année 22 heures en moyenne à faire divers calculs statistiques loin d’être indispensables. Les chercheurs ont suivi pendant toute une année 400 volontaires qui ont accepté de faire un compte rendu de toutes les opérations statistiques qu’ils effectuaient au quotidien. « Cela peut aller du simple fait de compter les marches d’un escalier jusqu’aux calculs les plus improbables » dit Marc Giron, responsable au CNRS, qui explique que l’étude a, par exemple, permis de découvrir une forte tendance chez les hommes à tenir des statistiques très précises sur leurs performances dans le domaine du sexe et de la séduction. Avec plus de 30 heures par an, il s’agirait même, selon le chercheur, du domaine de prédilection des hommes, loin devant le football et l’automobile. « Les hommes ressentent un besoin irrésistible de se comparer, et de tenir une comptabilité précise de leurs exploits ou de leurs échecs sexuels » commente Marc Giron, qui avoue, graphique et tableau à la main, en être à une moyenne de 14,66 rapports par an depuis sa majorité. Une épidémie de « statistite aiguë » ? Les chercheurs ont également pu démontrer que la petite manie de faire des statistiques peut, dans certains cas, tourner à l’obsession, voire virer à la pathologie grave. « Nous avons rencontré chez certains sujets une addiction extrême » explique Marc Giron en prenant l’exemple d’un patient qui, selon lui, passait chaque jour plusieurs heures à comptabiliser le temps de parole de chacun de ses interlocuteurs. Une pathologie à laquelle le chercheur dit échapper, puisqu’il démontre à nouveau à l’aide d’un graphique rester sous la moyenne nationale avec 20,9 heures passées par an à dresser des statistiques.   Le Gorafi

Le 9 septembre 2011 à 07:57

La révolution sera sponsorisée

Sur les murs du métro parisien s’affiche depuis quelques semaines le slogan « c’est la lutte des classes ! » clamé par une petite fille, le regard déterminé et le poing tendu. N’allez pas croire qu’il s’agisse d’une campagne des jeunesses communistes. Non, non, c’est tout simplement l’offensive de rentrée d’une grande enseigne de distribution. Dans le système capitaliste comme dans le monde animal, il est de bonne guerre qu’un prédateur au sommet de sa forme s’attaque à une proie dès que celle-ci commence à présenter des signes d’épuisement. Il en va ainsi des grands fauves de la savane comme des récupérateurs d’entreprises en difficulté qui fondent sur leur victime dès que celle-ci s’effondre ou fait faillite. Selon cette logique, il semblerait que la mémoire de l’utopie communiste soit terriblement en péril quand on voit le sort que les charognards publicitaires de tout poil réservent aujourd’hui aux restes de sa dépouille.Une telle aspiration "révolutionnaire" se retrouve également chez un célèbre fournisseur d’accès Internet qui a choisi de baptiser sobrement sa nouvelle box « révolution ». Un des mastodontes de l’industrie alimentaire a lui choisi de mettre en scène dans une  série de spots des petits personnages passablement excités, appelant à la riz-volution et menaçant de « tout faire sauter ! ».Avouez, chers camarades, qu’il serait regrettable de s’arrêter en si bon chemin dans la Grande Marche triomphante du capitalisme. Et puisque ce n’est qu’un début, on ne peut donc que conseiller aux annonceurs de continuer le combat. On peut imaginer la suite : « Grand soir », la nouvelle fragrance d’un célèbre parfumeur parisien ; la berline « Staline » dans le haut de gamme d'un constructeur automobile ; « Goulag », concept brillant d’une chaîne hôtelière low cost ; « Octobre rouge », la revanche des Bordeaux sur le Beaujolais nouveau ; "Lendemains qui chantent", remède anti-gueule de bois des laboratoires Servier. Et bien sûr « Pravda », le supplément humour du Figaro. Dans le système capitaliste comme dans le monde animal, il est de bonne guerre qu’un prédateur au sommet de sa forme s’attaque à une proie dès que celle-ci commence à présenter des signes d’épuisement. Il en va ainsi des grands fauves de la savane comme des récupérateurs d’entreprises en difficulté qui fondent sur leur victime dès que celle-ci s’effondre d’épuisement ou fait faillite. Dans cette logique, il semblerait que la mémoire de l’utopie communiste soit terriblement en péril quand on voit le sort que les charognards publicitaires de tout poil réservent aujourd’hui aux restes de sa dépouille. Sur les murs du métro parisien s’affiche depuis quelques semaines le slogan « c’est la lutte des classes ! » clamé par une petite fille, le regard déterminé et le poing tendu. N’allez pas croire qu’il s’agisse d’une campagne des jeunesses communistes. Non, non, c’est tout simplement l’offensive de rentrée d’une grande enseigne de distribution. Cette aspiration révolutionnaire se retrouve également chez un célèbre d’un fournisseur d’accès internet qui a choisi de baptiser sobrement son nouveau produit phare « révolution ». La preuve ultime que l’insurrection s’annonce c’est qu’un des mastodontes de l’industrie alimentaire a ré Dans le système capitaliste comme dans le monde animal, il est de bonne guerre qu’un prédateur au sommet de sa forme s’attaque à une proie dès que celle-ci commence à présenter des signes d’épuisement. Il en va ainsi des grands fauves de la savane comme des récupérateurs d’entreprises en difficulté qui fondent sur leur victime dès que celle-ci s’effondre d’épuisement ou fait faillite. Dans cette logique, il semblerait que la mémoire de l’utopie communiste soit terriblement en péril quand on voit le sort que les charognards publicitaires de tout poil réservent aujourd’hui aux restes de sa dépouille. Sur les murs du métro parisien s’affiche depuis quelques semaines le slogan « c’est la lutte des classes ! » clamé par une petite fille, le regard déterminé et le poing tendu. N’allez pas croire qu’il s’agisse d’une campagne des jeunesses communistes. Non, non, c’est tout simplement l’offensive de rentrée d’une grande enseigne de distribution. Cette aspiration révolutionnaire se retrouve également chez un célèbre d’un fournisseur d’accès internet qui a choisi de baptiser sobrement son nouveau produit phare « révolution ». La preuve ultime que l’insurrection s’annonce c’est qu’un des mastodontes de l’industrie alimentaire a récemment choisi de mettre en scène dans une récente série de spots des petits personnages passablement excités, appelant à la riz-volution et menaçant de « tout faire sauter ! ». Avouez, chers camarades, qu’il serait regrettable de s’arrêter en si bon chemin dans cette grande marche triomphante du capitalisme. Et puisque ce n’est qu’un début, on ne peut donc que conseiller aux annonceurs de continuer le combat. A venir donc très bientôt : « Grand soir », la nouvelle fragrance d’un célèbre parfumeur parisien ; la série spéciale « Staline » d’un constructeur de berlines de luxe ; « Goulag », concept brillant d’une chaîne hôtelière low cost ; « Octobre rouge », salon du vin d’un audacieux réseau d’hypermarchés et bien sûr « Pravda », le supplément humour du Figaro. cemment choisi de mettre en scène dans une récente série de spots des petits personnages passablement excités, appelant à la riz-volution et menaçant de « tout faire sauter ! ». Avouez, chers camarades, qu’il serait regrettable de s’arrêter en si bon chemin dans cette grande marche triomphante du capitalisme. Et puisque ce n’est qu’un début, on ne peut donc que conseiller aux annonceurs de continuer le combat. A venir donc très bientôt : « Grand soir », la nouvelle fragrance d’un célèbre parfumeur parisien ; la série spéciale « Staline » d’un constructeur de berlines de luxe ; « Goulag », concept brillant d’une chaîne hôtelière low cost ; « Octobre rouge », salon du vin d’un audacieux réseau d’hypermarchés et bien sûr « Pravda », le supplément humour du Figaro.

Le 23 octobre 2012 à 08:37

Mona Mailing n°6

Manquait plus que ça ! Parce que l'Oréal vous le serine bien, parce qu'on vous intoxique avec le jeunisme, vous prétendez me rafraîchir, moi, pas même trentenaire ? Pire, vous me dégottez une Jocondettina de derrière les fagots, toute lisse, limite botoxée ! Tellement lisse, la pauvre, qu'on passerait devant sans la voir dis-donc ! Regardez-les se gargariser, les experts patentés serrés du c... ou dans leurs cravates, et les autres là, les charogn'arts et grimpeurs de cotes qui, devant un tableau, n'ont d'autres rêves que le bruit du coup de marteau à dix milliards ! Maquereaux, pappone, va ! Je n'ai pas de prix et pas d'âge non plus, que ça vous rentre dans le crâne. Et la petite, là, la ragazza, mon clone, celle que vous avez programmée pour me remplacer au box-office muséal, elle a peut-être le sfumato plus clair et le sourire plus naïf, mais ne voyez-vous pas qu'il lui manque un petit quelque chose ? Approchez... Regardez bien... Lisse, tellement lisse... disparus ce petit pli au coin de l'oeil, l'empreinte chaude des mots et des baisers sur les lèvres, au front le poli des caresses et, à la naissance des seins, cette petite fatigue qui brouille les pistes et voile le teint, cette annonce discrète du déclin. Cherchez l'erreur... Eh oui... on ne sourit pas comme moi si l'on n'a pas vécu ! Ça va pour cette fois, mais ne vous avisez plus de me flanquer de prétendue Giovanna Gioconda dans les basques. Rangez celle-là dans les limbes d'où vous l'avez sortie et allez rendre une petite visite à Mademoiselle Leroux de Jean-Jacques Henner, celle-ci ne sourit pas mais son regard dit tout. Et laissez croire aux Japonais qu'elle est de Monet. Ils achèteront des cartes postales ! Puisque vous aimez les leurres, je vous conseille celui-ci.     Votre éternelle Joconde

Le 11 décembre 2011 à 08:47

Idées bien reçues

Un jeune de 18 à 24 ans sur quatre, environ, déclare qu'il voterait Marine Le Pen en 2012. Ça ne vous fait peut être pas rire, et pour cause : primo, c'est pas une blague et deuzio, elle est pas de moi. On le savait, que la peau pouvait être un problème pour certains adolescents. On voit même souvent des jeunes arborer à la joue, qui une framboise cramoisie, qui une chips jaune pâle, et c'est ridicule. Mais ça c'est plutôt les jeunes de la tranche en dessous, comprenez les 12-18 ans, ceux qui, pour peu qu'on les mette en lumière sont brillants, ne serait-ce qu'en surface et à grand renfort de sébum. Et bien il semblerait qu'ayant atteint leur majorité, ce soit avec la peau des autres que certains aient des problèmes. Et la droite de les racoler en disant tout haut ce que ces gens pensent de plus bas. Comparer le chiffre annuel de l'immigration à la population de Rennes, il fallait y penser. C'est un petit pas pour l'Homme, mais un pas de Guéant pour l'UMP. Cela dit, moi non plus je n'aime guère les Bretons. Le saviez-vous, les Roms roulent en Mercedes. C'est Hortefeux qui l'a dit. L'autre fois, j'en ai croisé un, de Roumain, à un feu rouge. Je lui ai demandé pourquoi ils roulaient dans ces voitures de ministres. Il m'a répondu que c'était parce que c'étaient les meilleures, tout simplement. Ce sont les seules voitures qu'on peut pousser à plus d'un million de km au compteur. D'ailleurs, il était justement en train de la pousser.

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