Thierry Noellec
Publié le 31/05/2011

Ils ont réussi à échapper à la fête des mères


... Chhhuutt... taisez-vous les enfants... avec un peu de chance personne ne nous trouvera de toute la journée et nous pourrons peut-être échapper au rituel obligé de cette fête pétainiste...
Depuis toujours scribouilleur en amateur, je consacre mon temps libre à écrire des romans noirs impubliables (et d'ailleurs non publiés) et à écrire des billets où l'humour potache et trash s'amuse de la médiocrité du monde. Ce qui me convient bien car on ne parle jamais aussi bien que de ce que l'on connait bien. 

Plus de...

Thierry Noellec

 ! 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 9 décembre 2011 à 12:33
Le 22 août 2011 à 08:03

Elle est très belle, ma maman

Elle est très belle, ma maman. Le matin, quand elle vient me faire un câlin, j'aime bien comme elle sourit, son nez il bouge et ça fait des fossettes. Des fois, c'est moi qui la peigne. Elle a des beaux cheveux, ma maman, qui vont jusqu'en bas du dos et qui font des vagues. Quand je l'ai bien peignée, ils brillent et je peux lui faire une grosse tresse qui se balance quand elle fait le ménage. Ils sont noirs mais des fois ça fait bleu. Les cheveux de ma maman, ils sont bien plus beaux que ceux de la mère de Lionel, qui sont jaunes et tout bizarres, comme les herbes quand il fait trop chaud.Ma maman, quand elle me raconte des histoires, ses mains elles dansent en l'air et même que Papa il dit toujours qu'elle a des mains comme des colombes.Elle sent bon en plus, comme les gâteaux. C'est pas comme la mère de Justin qui sent bizarre, comme les trucs qui sentent dans les cabinets.   Ses yeux, à ma maman, ils ont la même couleur que le chocolat, pas comme ceux de la mère de Lucie qui sont tout pâles, qu'on dirait qu'on voit à travers.   Mon papa, il dit que c'est des yeux de gazelle (c'est comme un Bambi).   Je suis très fière de ma maman et quand on va se promener, j'aimerais que tout le monde voie comme elle est belle !   Seulement les autres, ils ont pas le droit. Ma maman, quand on va dehors, elle se met un grand drap noir sur la tête et même des gants et même quand il fait très chaud.   Elle est très belle, ma maman, mais personne le sait à part Papa et moi.

Le 19 septembre 2011 à 08:38
Le 30 avril 2014 à 09:49

Voilà c'est l'heure

Voilà, c'est l'heure. Il flotte un parfum de danger ultime. On part au ski en famille. On ne part nulle part ailleurs avec cette sensation de prendre un vrai risque. Ni à la mer, ni dans un pays en guerre, ni même chez sa belle-mère. Seuls des aventuriers sont capables de payer pour choper des engelures, solder leur capital soleil et se casser une jambe en famille. Souvenons-nous de l'annonce publiée en 1914 par l'explorateur britannique Ernest Shackleton avant de conquérir l'Antarctique à pieds : "Cherche hommes pour voyage hasardeux, maigre salaire, longs mois d'obscurité totale, danger permanent, retour incertain. Honneur et reconnaissance en cas de succès". Cinq mille candidats intrépides se présentèrent. Sur quel critère le grand Ernest choisit-il ses hommes ? Leur force ? Leur ingéniosité ? Leur résistance ? Pas du tout. Ernest misa tout sur leur « coefficient d'optimisme »... Seuls ceux qui voyaient dans une tempête de neige l'occasion de bien rigoler furent recrutés. C'est exactement la même chose pour le ski en famille. Il faut déjà avoir une bonne nature pour créer une famille, accepter de troquer son statut de célibataire ombrageux aux commandes de sa moto sportive pour celui de père multitâche au volant d'un Citroën Picasso. Mais seuls les types équipés d'un énorme coefficient d'optimisme vont à la montagne en hiver avec leur tribu. Les autres font des stages de poterie en Corrèze. Tout seul. Il en faut de l'optimisme pour entrer dans le magasin de skis et dire son poids en public, devant sa femme et ses enfants en rentrant le ventre. Il en faut de la pugnacité pour affronter la question existentielle du loueur : « Quel est votre niveau ? ». Autrement dit, « Que valez-vous dans la vie bonhomme ?». Comment répondre à cette question sans passer pour une baltringue (« Débutant »), un loser (« Moyen ») ou un mythomane (« Très bon ») ? Il en faut de la force d'âme pour accepter de glisser sur les minuscules skis paraboliques des années 2000 quand on a appris à skier le cul serré, en godille, avec l'élégance d'une guêpe en string sur de grands skis droits. Il en faut de la bonne volonté pour passer une semaine dans un hôtel qui s'appelle « La Chaudane » où tout est en bois clair, les murs, le plafond, le sol, la piscine, les verres, le patron, sans tout brûler et finir pyromane. Et l'épouse qui passera sa semaine dans le jacuzzi avec des pisteurs équipés de muscles dont vous ne connaissez même pas l'existence et les enfants qui brûleront sous le soleil tandis qu'une jeune et jolie monitrice vous demandera vos deux bras pour payer l'heure de cours du petit qui, encapsulé dans sa combinaison, aura, pile au moment où vous sourirez à la jeune et jolie monitrice, envie de faire caca. Et le plan des pistes conçu comme un test de QI destiné à humilier tous les pères (Comment le lire ? Comment le replier ?). Et le forfait qu'on croit toujours avoir perdu et qui ricane dans la dernière poche. Oui, tout cela est vrai, mais l'ivresse de la vitesse, le vertige des grands espaces et des silences minéraux, le flocon sur le coeur du petit, le vin chaud dans la gorge et les courbatures heureuses, ça se mérite. On a rien sans rien. Et puis, il y a aura ces moments clés, qu'il faudra savoir négocier, quand une bosse ou un petit chemin piégé se présentera. « J'y vais, j'y vais pas ? ». Avant de se lancer, le héros du troisième tronçon, père moderne, aussi efficace dans le changement de roue crevée que dans celui de couche souillée, solide, fort, doux, compréhensif, repensera à cette phrase d'Ernest, toujours lui, qui, lui aussi avait eu l'étrange idée de construire une famille et, constatant l'état de ses hommes et le manque de vivres, décida de rebrousser chemin à 175 kilomètres du pôle Sud. A sa femme, il écrira ces mots qui éclaireront la lanterne des pères-aventuriers des pistes de ski, mais aussi des ressacs atlantiques de l'été : « J'ai pensé que vous préféreriez un âne vivant à un lion mort. »

Le 15 mai 2014 à 07:03

Chez les Colson, le chien fait partie de la famille

Charlenry, un chien à qui parler Alors ces vacances, comment ça se présente ? Tu y as pensé ? Je t’avais demandé d’y réfléchir. Tu te souviens ? On en avait parlé. Tu n’as pas eu le temps peut-être ? Ah ! Je m’en doutais. C’est dommage. Je constate une fois de plus qu’il ne sert à rien avec toi de s’y prendre à l’avance. J’avais sollicité ton avis sur l’organisation de tes vacances parce que, me semblait-il, cela te concernait au premier chef, et je vois que tu as négligé de t’en préoccuper. C’est incompréhensible. Je suis très déçu, je le dis sans détour, ni vouloir te fâcher. Il est clair que ta désinvolture ne me dispose pas favorablement à ton endroit, tu le comprends je suppose. Aussi vais-je devoir, là où j’aurais tant préféré avoir avec toi un dialogue horizontal, d’égal à égal en somme, je vais devoir disais-je agir de façon autoritaire et verticale, ce à quoi je répugne. Comme tu le sais, je n’ai pas l’âme d’un maître-chien, mais tu en as décidé autrement. Bien. Examinons maintenant la situation. Cet été, Éléonore donnera une série de concerts dans le Luberon puis à Venise, ensuite elle s’envolera pour le Japon où elle doit enregistrer son prochain disque. Je serai moi aussi à l’étranger, à Ottawa en juillet pour la Conférence Internationale de Pragmatique, en août à Los Angeles chez Oswald W. Brody. Tu te souviens d’Oswald ? C’est ce grand barbu sympathique qui est venu à la maison en février. Je dois réviser sa traduction de Ruses du sous-entendu dans les énoncés performatifs, mon dernier essai. Bref, tu as compris. Cet été, ni Éléonore ni moi ne pouvons te garder. Mme Gachautin a ses congés, la maison sera fermée. Et cette année, Hubert ne va pas dans les Alpes. Voilà. Tu seras donc mis en pension au chenil LES CROCS BLANCS du 15 juin au 30 septembre. C’est tout. Merci. Tu peux disposer.

Le 6 décembre 2010 à 07:23

Avis de recherche

Un homme de 38 ans, Christophe M., a disparu depuis lundi soir. Il semble qu’il ait quitté le domicile conjugal à la suite d’une altercation avec son épouse à qui il reprochait une certaine frigidité. L’homme semblerait s’être rendu ensuite chez son meilleur ami qui est actuellement absent pour plusieurs mois en raison d’une délocalisation de son entreprise en Arabie Saoudite. La femme de celui-ci déclare que Christophe M. lui a effectivement rendu visite dans la soirée de lundi mais qu’il l’a quittée vers deux heures du matin. Christophe M. a ensuite été aperçu au domicile de Monique G., secrétaire de l’entreprise qui l’emploie, où il n’est, semble-t-il resté que deux heures. « Il est venu chercher un certificat de travail » nous a déclaré Monique G qui l’a vu se diriger vers le pavillon de sa voisine, une femme célibataire, qu’il connaissait et que nous n’avons pu joindre. Un peu plus tard, une troupe de majorettes nous révèle que Christophe M. s’est rendu à leur local qu’il a quitté plusieurs heures plus tard en annonçant qu’il comptait se rendre au foyer de jeunes filles de la rue voisine.  La dernière trace que l’on ait relevée de Christophe M. se situait aux alentours du bois de Boulogne où un témoin prétend l’avoir vu s’introduire successivement dans plusieurs camionnettes en stationnement. Depuis plus rien. La famille est anxieuse et lance un avis de recherche. Merci de bien vouloir rassurer une femme et des parents terriblement inquiets.

Le 21 décembre 2010 à 12:57

Laissez Noël en paix (réactualisé)

Conseil Citoyen 6

Nous voilà en décembre et ton moral en berne Face au jeu malicieux de ceux qui nous gouvernent Te fait conjecturer que pour le réveillon Tes rejetons n’auront ni cadeau ni bonbon, Que seuls de pauvres trous rempliront leurs chaussettes, Que tu n’auras pour feu que quelques allumettes Et que le seul sapin restant à décorer Ce sera ton cercueil et ses quatre poignées.   Arrête-là, veux-tu  et redresse la tête Surtout pour ce qui est de préparer les fêtes. Ne sais-tu pas, l’ami, que la nuit de Noël, Avec tous ses présents et sa bonne nouvelle,C’est l’arnaque du siècle et le baise couillon Le plus élaboré pour prendre ton pognon ? Si tu crains de sombrer au cœur de la tourmente Ne va pas te mêler aux masses consommantes. Il y a des moyens pour remplir une hotte Qui ne coûtent pas plus qu’une boîte de crottes.   Surtout pour ce qui est des tout petits enfants, Je veux parler de ceux qui ont moins de trois ans. Dis-toi bien que ceux-là ne savent pas du tout Si Noël est en mai, en décembre ou en août. C’est donc quand tu le veux, si tu veux bien le faire Et il en va de même à leur anniversaire. Et si pour eux quelqu’un te donne des étrennes Tu les mets dans ta poche et puis tu les fais tiennes.   A partir de trois ans et disons jusqu’à sept Si tu ne donnes rien, ils te feront la tête. Alors n’hésite-pas, vas-y le cœur en liesse, Rends leurs allègrement le menu de leur pièce ; Tableaux de grains de riz, cendriers de Saint-Jacques Poupées de mie de pain ou colliers de pâtes.   Pour les plus grands, ma foi, tout est dans l’emballage Et dans la marque aussi. Ce qu’il faut pour leur âge, C’est un logo connu qu’ils pourront exhiber. Dans ce goût tout est bon et rien n’est prohibé. Passe chez Emmaüs et pique une étiquette Recouds là bien en vue sur une autre liquette Et ne t’affole pas à cacher l’origine Grande marque ou chiffon tout est cousu en Chine.

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
La masterclass d'Elise Noiraud
Live • 16/04/2021
La masterclass de Patrick Timsit
Live • 16/04/2021
La masterclass de Lolita Chammah
Live • 16/04/2021
La masterclass de Tania de Montaigne
Live • 08/03/2021
La masterclass de Sara Giraudeau
Live • 08/03/2021
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication