Noël Godin
Publié le 30/05/2011

Albert Libertad (1875-1908)


Les cracks méconnus du rire de résistance

Il faut l’avouer, ventre de bœuf !, la plupart des porte-trompette historiques de l’individualisme libertaire, les Max Stirner, les Georges Palante, les Ernest Armand, ne furent pas plus que ça de grands comiques. Ni de grands risque-tout mettant en aventures leur vie même. Ce qui n’ôte naturellement rien à leurs fracassants mérites. Le théoricien et agitateur anarchiste-individualiste Albert Libertad, que j’aime surnommer « le scandaleux béquillard », se distingue d’eux par ses facéties perpétuelles, par son goût de la provocation ostrogothe et par son art de mettre continuellement ses actes en accord avec ses idées intempérantes.

L’historien Bernard Thomas, dont il faut lire coûte que coûte Les Vies d’Alexandre Jacob 1879-1954. Mousse, voleur, anarchiste, bagnard (Fayard), nous raconte qu’au lycée de Bordeaux où il enchaînait les mauvaises blagues, le petit estropié Albert Joseph était devenu « pour la plupart de ses professeurs l’incarnation du diable ». Ce qui fait qu’on avait fini par le boucler dans une maison de correction de Gironde d’où il s’était vite criqué. Et, c’est appuyé sur les deux échalas de châtaigniers qui lui servaient de béquilles, qu’il avait entrepris de grignoter les 600 km qui le séparaient de Paris en brandissant d’un air menaçant, chaque fois qu’il avait les crocs, ses gourdins sous les sourcils des passants bien mis.

Dans la capitale, Albert dit Libertad a tôt fait de personnifier à merveille le « professionnel de la déstabilisation » selon Charles Pasqua.

– En tout lieu, il ne cesse de crier advienne que pourra : « Esclaves, brisez vos chaînes ! »

– Il frigousse pour des canards rebelles (Le Libertaire, Le Journal du peuple ou L’Anarchie dont il est le maître queux) des articles inouïment poivrés contre « la société actuelle empuantie par les ordures conventionnelles de propriété, de patrie, de religion, de famille, et par notre ignorance, écrasés qu’on est par les forces gouvernementales et l’inertie des gouvernés ».

– Il aide les galapiats recherchés à échapper aux pandores.

– Il reproche aux ligues antimilitaristes de ne pas faire assez de retape pour la désertion et aux syndicats « révolutionnaires » de ne pas envoyer les patrons se faire lanlaire (« Le syndicat est pour le moment le dernier mot de l’imbécillité prolétarienne. »)

– Il apostrophe les prédicateurs pendant les messes : « En quel nom cet oiseau-là, sur son perchoir, serait-il le seul à avoir la parole ? » s’indigne-t-il le 5 septembre 1897 au Sacré-Cœur. « Tas de crapules ! Tas de veaux ! » La Gazette des tribunaux nous apprend que ce jour-là « cinq hommes durent réunir leurs efforts pour l’expulser de l’église », ficelé dans un drap sacré.

– Il insulte les électeurs devant les bureaux de vote : « Nous ne voulons pas voter, mais ceux qui votent choisissent un maître, lequel sera, que nous le voulions ou non, notre maître. Aussi devons-nous empêcher quiconque d’accomplir le geste essentiellement autoritaire du vote. »

– Il urine sur ce qu’il appelle « le culte de la charogne » : « Il faut jeter bas les pyramides, les tumulus, les tombeaux ; il faut passer la charrue dans les clos des cimetières afin de débarrasser l’humanité de ce qu’on appelle le respect de la mort. »

– Il malmène les béni-oui-oui : « Je mets mes bâtons sur le visage du premier imbécile ou du premier coquin qui bavera sur nos talons. »

– Il répond du tac au tac aux juges d’instruction qui le convoquent : « Monsieur, vous mandez, vous ordonnez et vous me menacez d’avance de faire intervenir la force publique pour me contraindre à comparaître en personne devant vous. Quelle arrogance ! Pensez-vous qu’il n’y ait plus au monde que des esclaves soumis et tremblants sous vos ordres ? (…) Laissez-moi donc tranquille et faites comme moi : allez vous baigner, c’est la saison. »

– Et il appelle à la révolution immédiate sans freins non seulement dans les « causeries populaires » qu’il anime mais aussi dans les tribunes politiques où il n’est pas du tout invité. « Personne, commente l’historien Jean Maitron, n’entend sans appréhension le bruit de ses cannes. Car c’est un prélude de vacarme et de rixes. » C’est que, dès qu’on lui coupe la parole qu’il a pris indûment, Libertad se laisse couler à terre et fait tourniquer furibardement ses béquilles dans les jarrets des autres orateurs ou des cerbères tentant de l’évacuer.

Relevons encore que, dans sa vie privée proprement dite, Albert Libertad ne fut pas en reste. Il brûla toutes ses pièces d’identité, il répudia à vie dans ses chroniques comme dans sa correspondance l’emploi des majuscules, il refusa d’inscrire ses lardons à l’état civil : « L’état civil ? Connais pas. Le nom ? Je m’en fous, ils se donneront celui qui leur plaira. La loi ? Qu’elle aille au diable ! » Et, pour qu’il soit bien clair que les mariages bourgeois, il s’en tamponnait le coquillard, il ne concubina guère qu’avec des… paires de sœurs (on connaît les Mahé et les Morand).

Mais ne quittons pas notre strapiat en rif favori sans applaudir à tout rompre deux de ses plus splendides fulminations.

  • Faisons la grève des gestes inutiles ! (entre 1905 et 1908)

« Décidons de ne plus mettre la main à un travail inutile ou néfaste. Cessons tous de fabriquer le luxe, de contrôler le travail, de clôturer la propriété, de défendre l’argent, d’être chiens de garde et travaillons pour notre propre bonheur, pour notre nécessaire, pour notre agréable. »

  • Suicidons le suicide ! (1905)

« Tous les jours, nous nous suicidons partiellement, je me suicide lorsque je consens à demeurer dans un local où le soleil ne pénètre jamais. Je me suicide lorsque je fais un travail que je sais inutile. Je me suicide lorsque je ne contente pas mon estomac par la quantité et la qualité d’aliments qui me sont nécessaires. Je me suicide chaque fois que je consens à obéir à des hommes et à des lois qui m’oppriment. Je me suicide lorsque je porte à un individu par le geste du vote le droit de me gouverner pendant quatre ans. Je me suicide quand je demande la permission d’aimer à maire ou à prêtre. Le suicide complet n’est que l’acte final de l’impuissance de réagir contre le milieu. (…) La vie n’est pas mauvaise en soi mais les conditions dans lesquelles nous la vivons. Donc, ne nous en prenons pas à elle mais à ces conditions : changeons-les ! »

PS. : Les appels les plus corsés à la mutinerie radicale de Libertad ont été réédités par Agone sous le titre Le Culte de la charogne.

Dans le très catholique "Télérama" belge, "Amis du film et de la TV", Noël Godin, dans les années 70-75, a saboté méthodiquement, et sans jamais être démasqué, les différentes rubriques dont il était titulaire en y injectant une tonnelée de faux "camérages" et de fausses interviews de célébrités cinématographiques, et en rendant compte, de retour de festivals, d'une foultitude de films inexistants dont il fournissait les photos de tournage. A part ça, l'escogriffe a écrit quelques traités de haute pédagogie ("Anthologie de la subversion carabinée", "Entartons entartons les pompeux cornichons ! ...) et a réalisé quelques courts métrages bougrement éducatifs ("Prout prout tralala", "Grève et pets", "Si j'avais dix trous de cul"...).
Toute l'actualité anarcho-pâtissière sur http://www.gloupgloup.be 

Plus de...

Noël Godin

 ! 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 8 mai 2011 à 18:25

Jan Bucquoy

Les cracks méconnus du rire de résistance

Le turbulent conservateur du musée du slip (à présent itinérant) n’a jamais cessé de semer loufoquement le trouble en Belgique. On sait que chaque 21 mai, depuis 2005, brandissant un drapeau noir, le pendard prend réellement d’assaut le Palais royal de Bruxelles en enjambant acrobatiquement les barrages policiers dressés devant lui jusqu’à ce qu’il soit arraisonné, menotté et bouclé. Objectif du larron : convier les sans-logis à venir squatter les somptueux appartements inoccupés du roi Albert II et déclencher une insurrection ludique visant à métamorphoser les élections en une gigantesque loterie grâce à laquelle toutes les fonctions publiques, y compris les plus hautes, seraient désormais désignées par le hasard et pourraient dès lors être occupées quelque temps par votre poissonnier ou votre belle-sœur.Mais Jan Bucquoy ne s’en tient pas à sa tentative de coup d’état annuelle. Ses happenings burlesques transgressifs ne se comptent plus.•    Il a un jour convoqué le roi Baudouin par voie d’affiches à venir se faire décapiter sur la Grand Place de Bruxelles. Le souverain se faisant attendre au moment dit, le turlupin a coupé la tête de l’un de ses bustes avec une hache de bourreau vénitien avant d’être enseveli sous les gardiens de la paix.•    Il a brûlé en 1971, au grand dam de la presse culturelle, une gouache de Magritte valant 7 500 euros et en a collé les cendres sur une toile de façon à créer une nouvelle œuvre : « Les Cendres de Magritte ».•    Il a sorti en bédé une « Vie sexuelle de Tintin » qui lui a valu bien des désagréments. Les héritiers d’Hergé lui ont toutefois lâché la grappe dès qu’ils ont appris qu’il disposait de documents épicés sur l’antisémitisme de l’auteur de « Tintin au Congo ».•    Lors d’une de ses expos de collages sulfureux, au Cirque divers de Liège en l’occurrence, il a reçu la visite du parquet de la ville qui a saisi l’ensemble des œuvres montrées pour « outrage à la famille royale » et « insultes envers des chefs d’états étrangers ». Le lendemain, Bucquoy a exposé dans la même galerie des photocopies géantes de ses travaux confisqués. Nouvelle saisie du parquet. Une dizaine de mois plus tard, venant récupérer ses biens au palais de justice de Liège, le sacripant a redéployé les matériaux saisis devant l’austère bâtiment en offrant du champagne et des petits fours aux passants effarés.Les autres frasques « spitantes » du réalisateur-agitateur des 7 épisodes filmiques de « La Vie sexuelle des Belges » sont retracées gloupitamment dans « La Vie est belge » (éd. Michalon) et « Jan Bucquoy illustrated » (disponible aux Belles Lettres).

Le 21 juin 2014 à 09:08
Le 28 août 2011 à 08:54
Le 3 mai 2012 à 09:20

Gaston Couté (1880-1911)

Les cracks méconnus du rire de résistance

On ne peut pas dire que de nos jours les poètes-agitateurs soient légions. À la Belle Époque, ils coururent un peu plus les grands chemins et les petits cabarets, les rhapsodes rebelles à la Paul Paillette et à la Jehan Rictus ou les goualeurs de combat comme Jules Jouy, Xavier Privas, Clovis Hugues. Et les chansons acidulées de l’un d’eux, Gaston Couté, sont même passées un tout petit peu à la postérité grâce à quelques interprètes de marque : Édith Piaf, Marc Ogeret, Fanchon Daemers, Pierre Brasseur, Bernard Lavilliers, René-Louis Laforgue.   Au Lycée Pothier d’Orléans, « l’enfant perdu de la révolte », comme on surnommera plus tard Gaston Couté, ne s’entend guère avec son maître d’école, « ce grand malfaiseux devant la nature » qui « i » pétrit à même « les p’tits carvell’s molles ». Le barbacole ne supporte pas que le petit Gaston fasse rimailler les diverses phrases de ses rédactions ainsi que le raconte Maurice Duhamel dans le n°7 des chansonniers de Montmartre (1906). « Le professeur. – M. Couté n’a pas encore appris sa leçon de géométrie ! Couté. - … Le professeur. – M. Couté a sans doute fait des vers ? Couté. - … Le professeur. – Si M. Couté avoue qu’il a fait des vers, il ne sera pas puni. Couté. – J’ai fait des vers. Le professeur. – Ah ! Ah ! Vous avez fait des vers ! Voulez-vous aller les chercher, ces vers, que nous les lisions ensemble. Couté sortit, gagna l’étude des internes, et revint au bout de quelques instants avec un poème que le professeur se mit en devoir de lire à voix haute. Il en regretta la mièvrerie et les sentiments vulgaires. Encouragé par les ricanements de la classe, il y trouva en outre de la rhétorique, du pathos, des coupes défectueuses, des chevilles. Or le poème que Couté s’était contenté de recopier était simplement de… Victor Hugo ».   Plantant là le « bahut », puis la perception d’Ingres qui l’a engagé comme commis, Gaston Couté, nu-pieds et sans un, gagne Paris où il réussit à se faire recruter comme trouvère au cabaret de l’Âne-Rouge. Mais là-bas son salaire quotidien se résume à… un café crème. Durant cette période de mouise, Couté couche à la belle étoile par tous les temps, se calfeutrant, souvent à cœur jeun, dans de gros tuyaux désaffectés. Quand il se débrouillera un peu mieux, il continuera volontiers à coincer la bulle en plein air. Une mauvaise habitude qui le perdra. Si une pneumonie l’emporte à 31 ans, c’est parce qu’il s’endort un soir où il pleut des hallebardes sur le toit d’un omnibus.   Plus polémique que tragique, plus satirique que misérabiliste, plus diablotine que spartiate, l’œuvre poético-mélodique de Gaston Couté ne nous file pas les papillons noirs. Elle est inouïment drôle et vole férocement dans les plumes des « grouss’es légum’s », des hauts placés. « Bourgeois ! Nous sommes des taureaux Qui démolirons nos barrières Et ce jour-là dans vos derrières Nos cornes feront des accrocs. »   C’est que « le gas qu’à mal tourné », comme il s’appelait lui-même, n’est pas précisément un « mouton en plaine ». « Parce qu’on n’veut plus être Des moutons humbles et doux Qui s’laiss’nt tondre par leur maître On nous trait’ comme des loups… Les loups, les loups ! Les loups sont à bout : Craignez leur courroux, Oui, gare aux loups. »   Et Couté de planter ses griffes dans le lard des « officiers de paix » qui chargent les manifestants du 1er mai, des « salopins » de juges, des fripouilles patronales, des garde-chasse ou de « la gent galonnée » (Ma vigne fera fusiller la guerre). Et de se payer la tronche des honnêtes travailleurs résignés. « Ceux qui travaillent en c’moment Y a d’quoi leur crier vraiment Trou la la… Les andouilles les v’là ! »   Et de prôner le sabotage ferroviaire (Cheminots, quel joli sabotage). Et d’exalter Les Joyeusetés de la grève perlée. Et d’inciter aux sérénades gâche-dodo sous la fenêtre des « vieux rapaces qui dorment près d’un coffre-fort ». « Sérénades des locataires Dont on augmente le loyer Vole pour les propriétaires En train de roupiller… Sérénade des locataires Va-t’en saboter sans pitié Le sommeil (bis) des propriétaires !   Si nous chantons sous ta fenêtre Avec ces accents enragés C’est pour te dire, ô notre maître, Que les temps vont bientôt changer. Il approche le grand Orage Dont l’aile viendra balayer Ton gros immeuble à six étages Niche à pauvres, mine à loyers !   Si nous chantons sous ta fenêtre À pleines gueules : « Ça ira ! À la lanterne il faut les mettre Les Proprios on les pendra ! » C’est pour te donner une idée De l’affreux terme qu’un beau jour Aux mains d’une foule excédée Tu devras payer à ton tour !... »   À lire : le régalant recueil Gaston Couté Le Merle du peuple orchestré par Alain Guillo (éd. Les points sur les i).

Le 1 avril 2010

La question du nom "ventscontraires.net"

Courrier interne

Chère amie et co-rédactrice en chef,Un petit doute me traverse alors que mettons en ligne la nouvelle revue du Théâtre du Rond-Point. Le nom est-il le bon ? Le "Vents Contraires" de ventscontraires.net pourrait nous porter la guigne, non ? Comme « Coup de Jarnac », « Sables Mouvants », « Traquenard »,   « Impasse », « Peau de Banane », « Retour dans la Gueule », « Série Noire »… quoique « Série Noire »  sonne bien, mais déjà pris... « Vents contraires », c'est vrai, donne du mouvement. Mais un mouvement d’arrêt, je trouve.  Nous nous mettons en mouvement pour arrêter quelque chose.  Finalement ce sont les autres qui sont le mouvement. N’allons-nous pas être perçus comme une revue immobiliste ? Que devenons-nous, chère amie et co-rédactrice en chef ? Jean-Daniel MagninCher ami et co-rédacteur en chef,Je comprends vos doutes, mais je n’arrive pas à les partager. C’est pas simple, vous savez, de travailler avec vous. Car après tout que sont les « Vents Contraires » ? Ce sont des vents, comme leur nom l’indique.  Ça bouge, donc ! Que me contez-vous avec votre « immobilisme » ? C’est avec des remarques comme ça qu’on n’avance pas… Ce sont des vents, et comme ils sont contraires, ils emmènent là où on n’aurait pas voulu ou pensé aller. En fin de compte, c’est quand même ce que dont nous rêvons tous, d’être déviés, d'être dévoyés, non ?… En tout cas, à vous, ça vous ferait du bien, vous savez, cher ami. Un peu d’air. Du vent !Laure Albernhe

Le 18 mars 2012 à 08:31
Le 18 février 2012 à 08:19
Le 3 octobre 2014 à 08:58
Le 15 juillet 2015 à 07:22

Il n'arrête pas de dire « Il fait chaud, non ? », ses collègues de bureau tentent de l'étrangler

Créteil – Il s’en est fallu de peu pour que la canicule ne fasse sa première victime aujourd’hui. Un jeune homme qui, par humour, ne cessait de répéter à chaque fois qu’il entrait dans le bureau « Il fait chaud, non ? »a bien failli être étranglé par ses propres collègues. Ceux-ci ne supportaient plus les traits d’humour à répétition de leur camarade, la chaleur leur aurait fait perdre toute lucidité. Reportage. Comme des bêtes féroces Comment un groupe collègues de travail a-t-il  pu se transformer en bêtes féroces ? C’est la question à laquelle les enquêteurs devront répondre après ce drame intervenu dans une petite entreprise de Créteil. Julien, un jeune cadre sans histoires de 27 ans, a été violemment agressé par plusieurs de ses collègues. En cause, ses blagues à répétitions sur le beau temps et la chaleur en ce moment sur la France. « À chaque fois c’était pareil, il entrait dans le bureau. Au début il disait rien puis par surprise, il lançait un ‘Il fait fait chaud, non ?’ » raconte Carine, une collègue. Selon les premières informations, le jeune homme aurait fait cette blague plus d’une vingtaine de fois rien que au cours de la matinée, mais aussi par mail ainsi que sur les réseaux sociaux. « Les gens étaient à bout. Les bureaux ne sont pas climatisés. Il a joué avec leurs nerfs. C’était suicidaire » explique un enquêteur. « Oui on a tous perdu les pédales mais essayez de comprendre ce qu’on a vécu avant de juger » témoigne Jorge, encore sous le choc et qui affirme n’avoir que très peu de souvenirs de la scène. « Tout allait bien, j’étais devant mon écran. Puis il est entré, il a sorti sa blague et c’est le trou » dit l’homme qui tient encore dans ses mains des lambeaux de chemise ensanglantés de la victime. Selon les premiers éléments de l’enquête, plusieurs collègues auraient bondi sur le jeune homme, le ceinturant et le maintenant au sol. Un ou plusieurs autres auraient alors tenté de l’étrangler. « C’était extrêmement violent. Mais au fond il l’a bien cherché » souligne Sonia qui devrait être mise en examen pour coups et blessures à l’issue de sa garde à vue. Le jeune homme n’a dû sa survie qu’à l’intervention d’un autre collègue qui a réussi à le séparer de la meute en usant d’un extincteur. Selon la police, ses jours ne seraient pas en danger. « Nous lui avons conseillé de ne pas faire ces blagues à l’hôpital. Les infirmiers sont, eux aussi, soumis à rude épreuve en ce moment et ils ne pardonnent pas » a commenté le capitaine de police. Et de rappeler des règles élémentaires à suivre en cas de canicule : « La chaleur accentue les comportements. Avec cette température, les gens deviennent plus agressifs. Le moindre pas de côté ou allusion peut être pris pour une provocation » explique la police qui rappelle à tous l’usage strict et limité de plaisanteries liées à la météo en milieu professionnel. Le Gorafi

Le 14 novembre 2013 à 08:02
Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
La masterclass d'Elise Noiraud
Live • 16/04/2021
La masterclass de Patrick Timsit
Live • 16/04/2021
La masterclass de Lolita Chammah
Live • 16/04/2021
La masterclass de Tania de Montaigne
Live • 08/03/2021
La masterclass de Sara Giraudeau
Live • 08/03/2021
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication