Jean-Michel Helvig
Publié le 31/05/2011

«Je dois le confesser, le sujet était tellement tabou que nous n'avions pas osé mettre dans le programme la fin de la retraite à 60 ans »


François Fillon, conseil national UMP, 28 mai 2011

Un doigt d’honneur dans un gant de soie : cet aveu du premier ministre est injustement passé inaperçu. Il est assez rare qu’un politique en activité explique de la sorte à ses concitoyens comment ils ont été délibérément berlurés –  sur d’autres sites moins bien tenus que Ventscontraires on filerait une métaphore plus  osée–, en l’espèce une réforme des retraites qui prendra date comme un chef d’œuvre de non-promesse de campagne présidentielle, scrupuleusement respectée. Alors que se profile le terme des quinquennats respectifs de MM. Fillon à Matignon et Sarkozy à l’Elysée, il est légitime de se demander s’ils en ont encore en stock, de ces idées trop inflammables pour être laissées à portée d’infantiles électeurs. Néanmoins, au cours des dix mois à venir, un missile furtif de taille comparable, semble difficile à propulser. Même  s’il ne faut jurer de rien,  les esprits devraient plutôt déjà se tourner vers la prochaine campagne du président sortant en se livrant au jeu spéculatif : mais qu’est-ce qu’il peut bien nous cacher ? Pour pimenter, il n’est pas interdit d’étendre à ses concurrents l’exploration de cette autre dimension de la politique. Auquel cas la campagne prendrait des allures  de combat virtuel façon console Wii où, sans bouger de son salon, on débusque le félon. Ne resterait plus qu’à installer l’application vote en ligne. On y vient.
Journaliste longtemps fournisseur exclusif à Libération avant de diversifier ses livraisons (La République des Pyrénées, Le Républicain Lorrain, Mediapart), a ouvert une succursale dans l’édition où il a proposé divers ouvrages à caractère notoirement politique, dont un « Bêtisier raisonné de la campagne 2007 » (Robert Laffont) qui est loin d’avoir épuisé le sujet. 

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Le 23 mai 2011 à 16:02

« Quand Sarkozy expliquera qu'il en a parlé à Obama, vous répondrez que vous en avez parlé à Gérard Dugenou, ramasseur de champignons en Corrèze ? »

Anonyme UMP, p.c.c. Patrick Cohen, France Inter, 23 mai 2011.

François Hollande donné favori aux primaires socialistes est dans le collimateur des « snipers » sarkozystes. Une « gâchette » encagoulée de l’UMP a balancé une première salve dans le Journal du dimanche, ravalant le prétendant du Limousin au rang d’amateur mycophile. La détonation serait restée assourdie, si elle n’avait reçu l’écho providentiel de France Inter le lendemain, à une heure de grande écoute, par la voix du journaliste questionneur relayant le compliment à l’intéressé. Celui-ci a eu beau jeu de moquer ce mépris pour la France des sous-bois. Il est vrai qu’il n’est jamais très malin, de se la péter quand on entre en campagne. Qu’on se souvienne du « Qui connaît ce monsieur Besson ? » de Ségolène Royal. Ca a boosté la vente des confessions imprimées du transfuge socialiste. Obama, qui ne connaît sans doute pas Gérard Dugenou, se rappelle, lui, de Hillary Clinton sa rivale lors des primaires démocrates, quand elle avait diffusé sur les chaines de télévision un spot publicitaire dit des « Trois heures du matin. » On entendait le téléphone sonner à la Maison blanche pour cause de crise grave. Qui saurait répondre, alors que les petits n’enfants américains dormiraient ? Celle qui a été associée aux mandats présidentiels de son époux, ou l’ancien animateur social de Chicago ? On sait qui des deux postulants les électeurs ont envoyé aux fraises.

Le 13 juin 2011 à 09:53

« Il s'agissait d'humour corrézien entre républicains qui se connaissent de longue date »

Jacques Chirac, communiqué de presse, dimanche 12 juin 2011.

C’était la mise au point ou la scène de ménage. Chez les Chirac, «Maman » qui est née Chodron de Courcel ne rigole pas avec les mésalliances. Alors , quand son époux prend par l’épaule le socialiste François Hollande un samedi à Sarran (Corrèze), et lui confie à haute voix, qu’il votera pour lui à la présidentielle puisque son candidat préféré, Alain Juppé, n’est pas candidat, elle a dû rire jaune. A quoi ça sert que la Bernadette se décarcasse pour faire endosser par l’UMP, avec le feu vert du président de la République qui aspire à être réélu, les trois quarts de l’ardoise des emplois fictifs de la mairie de Paris ? Et à l’approche du procès qui doit solder l’affaire, est-il malin de le titiller, lui qui n’est pas sans influence sur les choses de Justice ? Alors Jacques Chirac  a dû signer le lendemain un acte de contrition dont on ne jurerait pas qu’il soit de sa main. Chirac connaît trop sa Corrèze pour savoir que l’humour politique, entre Brive et Ussel, ce serait plutôt dans un second degré tout en retenue, dont Henri Queuille, ancien président du Conseil, fut l’indépassable orfèvre. On lui doit : «Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout.» Et surtout cette maxime, dont Jacques Chirac a fait un large usage : «Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. » C’est une des raisons sans doute qui ont fait que François Hollande ait eu le sourire modeste.          

Le 28 janvier 2011 à 17:58

« Je ne lèche pas »

Nicolas Dupont-Aignan, Matinale du Mouv'-Rue 89, mercredi 26 janvier 2011

C’est réconfortant d’entendre un homme qui a fait don de son corps au Peuple (souverain), fixer de lui même les limites d’un tel acte. Il y a donc parfois de la retenue en politique. Il faudra réviser certains préjugés qui la situent plus bas que le commerce tarifé des charmes. Encore que sur marché-là, on observe aussi des pudeurs respectables : il y en a qui n’embrassent pas, d’autres n’ inflationnent pas… Passons. Pour être réglo, elle est un peu tronquée la citation du président de « Debout la République. » En fait il répondait, par micro interposé, à Jean-Pierre Elkabbach, d’Europe 1, qui avait ironisé sur les candidatures présidentielles de Nicolas Dupont-Aignan et de Jean Arthuis (très virtuelle celle-là), en les traitant de « n’importe qui. » NDA (pour faire court) n’a pas du tout apprécié cette condescendance. Et il a traduit d’une formule ramassée, ce qui le distinguerait de l’intervieweur séculaire toujours « du côté du manche ». Tout se tient. Mais puisque NDA nous a entrainé sur ce terrain glissant,il faut quand même  rappeler que tout en étant en opposition sur presque tout avec Nicolas Sarkozy, il avait appelé à voter pour lui au 2ème tour de 2007. Et n’avait pas eu de candidat UMP contre lui aux législatives suivantes. Depuis, il l’a regretté et fait bande à part, entre la droite, la gauche, le centre, Villepin et tous les autres. Non seulement il ne « lèche » pas, mais il ne couche pas. Histoire de se refaire une virginité ?

Le 29 avril 2010 à 14:32

« Si une candidature naturelle se dégageait au PS, ce pourrait être Dominique Strauss-Kahn »

Pierre Moscovici, Emission "Face aux Chrétien" (RCF,Radio Notre-Dame, La Croix), 23 avril 2010

Naturellement, ce que dit cet éminent socialiste ne doit pas être pris à ras les pâquerettes. Dans son esprit, l'entrée en lice de Dominique Strauss-Kahn s'imposerait avec une telle évidence que la contrarier serait, en quelque sorte, contre-nature. La vocation surnaturelle de Ségolène Royal étant hors concours, toute autre ambition que celle de l'acronymique DSK relèverait donc de la greffe artificielle genre Aubry, ou d'une bouture bricolée façon Hollande.Mais à quoi reconnaît-on la candidature « naturelle » ? La question est de saison. Alain Juppé a désigné Nicolas Sarkozy comme « candidat naturel » de l'UMP en 2012, mais c'est moins pour vanter la plante que suggérer le risque de plantage. Dominique de Villepin s'est déjà auto-ensemencé pour chasser la mauvaise herbe sarkozyenne, Jean-François Copé cultive en pot une candidature naturelle pour  2017, et Jean-Luc Mélenchon s'y voit dès 2012 en se prévalant d'un caractère qui n'a rien de « lyophilisé». Les Verts, c'est un comble, sont les moins fertiles en candidatures sans engrais. Il y aurait bien Daniel Cohn-Bendit, mais ses racines allemandes en font un présidentiable hors-sol. Bref, le « naturel » en politique exige d'être semé à temps pour décourager les parasites, et de ne pas attendre la victoire pour être arrosé.

Le 24 mars 2011 à 16:27

« Heureusement, le président a pris la tête de la croisade pour mobiliser le Conseil de sécurité des Nations unies et puis la Ligue arabe et l'Union africaine. »

Claude Guéant, lefigaro.fr, lundi 21 mars 2011

Ses ailes de Guéant ne l’empêchent pas de se crasher. A croire que le ministre de l’Intérieur est un agent stipendié de Kadhafi qui, au lendemain des premières frappes aériennes sur son pays, dénonçait la « croisade » de l’Occident chrétien contre son modeste personnage, promu martyr musulman. En reprenant le même mot évoquant les expéditions moyenâgeuses pour aller « libérer » le tombeau du Christ chez les Sarrasins, Claude Guéant a dit précisément ce que le tyran de Tripoli voulait démontrer et les gens d’Al-Qaïda entendre. Avec un Guéant au micro, les islamistes n’ont plus besoin d’attaché de presse. Nicolas Sarkozy va quand même devoir calmer son thuriféraire. A trop vouloir cirer les pompes, il arrive qu’on se prenne la semelle. Promouvoir Nicolas Sarkozy en Geoffroy de Bouillon, il y a de quoi faire plier de rire la terre entière, Maghreb et Machrek compris. Et susciter d’embarrassantes comparaisons. Le chef croisé du XIème siècle était en effet nettement moins « bling-bling » que son successeur supposé, dix siècles plus tard. La légende veut qu’il reçut un jour les cheiks arabes, assis par terre car  « l'homme doit se souvenir qu'il n'est que poussière et qu'il retournera à la poussière ». Pas vraiment le profil « présidentiel », ce sacré Geoffroy. Quant à Claude Guéant, il est en passe de réussir l’impossible : faire regretter Hortefeux !

Le 22 août 2011 à 10:21

"Nous rassemblons les ruisseaux, les ruisseaux forment les rivières, les rivières se joignent au fleuve et le fleuve finit toujours par déboucher sur la mer"

Arnaud Montebourg, Frangy-en-Bresse, 21 août 2011.

Le prétendant à l’investiture socialiste pour 2012 ne part pas favori, mais son emphase lui vaut déjà une couronne. Celle de Neptune ? C’est pas pour chicaner, mais son imagerie aquatique est quand même un peu pompée de Jaurès : « C'est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source ». Le père du socialisme démocratique a cependant pris un coup de vieux à l’ère du réchauffement climatique. Ce n’est plus l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui s’en prend à l’homme. Nonobstant la fonte des icebergs, elle n’a pas tous les torts, la mer, au regard des agressions d’une espèce humaine qui la barbouille de pétrole, la tapisse d’immondices, la décore de plastiques ou encore lui bouffe tous ses poissons. Bref « déboucher sur la mer » c’est se coltiner tous les problèmes de la planète auxquels une présidence de la République française confiée à Arnaud Montebourg ne suffirait sans doute pas. D’autant qu’icelui s’est fait le chantre de la « démondialisation ».  Autrement dit remonter du grand large libéral vers le local souverain, à grands coups de taxes douanières. C’est inverser les courants pour assécher la mondialisation. De façon plus prosaïque, on pourrait comparer la méthode à faire rentrer du dentifrice dans un tube. C’est précisément l’inverse du projet altermondialiste, visant à ce que toute la planète ait droit équitablement à l’hygiène dentaire.  

Le 15 janvier 2013 à 09:55

Pour dissuader les homosexuels, l'UMP veut des stages obligatoires sur les ravages du mariage

Dimanche après-midi se tenait la « Manifestation Pour Tous » contre le mariage homosexuel. Une mobilisation à laquelle ont participé plusieurs ténors de l’UMP qui reste partagée sur le projet du mariage gay. Mais les pro et les anti de droite semblent être tombés d’accord sur une position commune. A savoir la volonté de rendre obligatoire, pour les homosexuels désirant se marier, le suivi d’un stage abordant les ravages du mariage sur le couple. Reportage Une formation d’une semaine « Ce que nous proposons, c’est qu’à l’avenir, les gays qui souhaitent se marier suivent pendant 5 jours un stage sur la déchéance du couple dans le cadre du mariage. » Voilà le message qu’ont martelé à l’unisson les membres de l’UMP présents à la Manifestation Pour Tous qui se tenait hier à Paris. Une proposition qui montre clairement la volonté de réalisme des élus de droite, comme l’expliquait Gérard Larcher, descendu protester dans la rue hier : « On ne se voile pas la face. On sait que le Mariage Pour Tous risque d’être adopté. Soit. Mais dans ce cas- là, on veut au moins qu’il soit le plus encadré possible.» Selon Christian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale et fervent opposant au mariage gay, ce stage obligatoire reposerait sur 3 axes : « Nous voulons que les homosexuels qui expriment le souhait de se marier prennent conscience des difficultés et des souffrances occasionnées par le mariage civil. Il serait donc judicieux que, dans un premier temps, ils visionnent sur 2-3 jours des reportages, des documentaires ou toute autre forme de témoignage de personnes hétérosexuelles ayant vu leur couple détruit à cause du mariage. » Les participants à ce stage d’information seraient alors soumis à une série de questionnaires sous la forme de QCM pour contrôler la bonne assimilation des informations qui leur ont été transmises. Le 2e temps fort du stage consisterait ensuite en une succession de mises en situation, de jeux de rôles visant à donner aux stagiaires gays un semblant de vécu de ce que peut être une vie de mariés qui s’effondre. Interrogé par le Gorafi, Laurent Wauquiez, à l’origine de cette proposition, explique l’importance de cette étape : « On ne pourra jamais reproduire véritablement le désastre du mariage. Mais grâce à des ateliers de mise en situation, les gays pourront appréhender les problèmes de belle-famille, de routine. Ils auront la possibilité d’expérimenter ce que c’est vraiment que de passer une nuit sur un canapé parce qu’on s’est disputé le soir en rentrant du boulot.» Un test final Une succession d’ateliers pédagogiques que les anti-mariage gay de l’UMP voudraient voir se terminer par un test final dans les conditions réelles : un examen de 4 heures où les deux membres du couple désirant se marier devront, en présence de deux véritables avocats, tenter de procéder à un partage imaginaire des biens du couple. Objectif: dégoûter du mariage? C’est bien ce qui est reproché aujourd’hui à la droite après cette proposition comme le confie ce député socialiste resté anonyme: « Si une telle mesure devait être adoptée, le nombre de demandes de mariage diminuerait inévitablement chez les homosexuels. Avec cette tentative, La droite cherche juste à dissuader les gays.». Côté UMP, l’ensemble des soutiens à ce projet nie toute volonté de dissuasion. Interrogé sur la question Christian Jacob répond laconiquement  «…» .   Le Gorafi Illustration :  iStock /  govicinity

Le 11 janvier 2011 à 08:00

Au secours les mots : Alice de Poncheville défend le mot "transparence"

Délivrons les mots récupérés et dévoyés!

Parce que la langue est le lieu d'un champ de bataille idéologique, il faut s'occuper des mots dénaturés ou vidés de leur sens par les politiques et les médias. Klemperer Junior invite des auteurs à les réhabiliter. Postez vous aussi vos contributions ici."Il faut accroître la transparence des politiques financières et monétaires." Rapport FMI 29 septembre 2010.Un peu comme avec un de mes amis qui a le sens inverse de l’orientation — il faut aller à gauche quand il tourne spontanément à droite —, je sais qu’un homme politique ou qu’une organisation qui parle de transparence a toujours quelque chose à cacher. Le mot transparence a la puissance des formules magiques. Entendez-le prononcé et la volonté d’aller vérifier par vous-même s’évanouit."Tout est transparent dans notre organisation, nos évaluations, notre stratégie, notre management. Nous sommes des êtres de verre, pas fragiles pour autant, car par l’augmentation de notre masse, nous créons de la solidité. Faites-nous confiance." Mais les employés sont fabriqués dans une silice de moins bonne qualité, ils s’effritent, se fendillent, se jettent par les fenêtres et se fracassent sur le sol en mille morceaux. "Nos comptes sont clairs, venez y mettre votre nez." Mais le nez s’écrase contre la vitre de l’immeuble moderne derrière laquelle s’active le grand corps complexe de l’entreprise ou du pouvoir.Rien n’est transparent. Une analyse ne rend pas le patient transparent. L’amour ne rend pas l’amoureux transparent, même s’il peut le rendre lumineux. La création n’est pas transparente, même si elle peut être limpide. La sexualité n’est pas transparente, même pratiquée en pleine lumière. Le mot transparence, utilisé comme il l’est aujourd’hui, m’évoque la pornographie. Comme si en montrant ce qui entre dans les corps, de très près, on pouvait voir autre chose que la mort sinistre de l’imaginaire et de la liberté.Je pense au travail de la femme qui s’extasie devant la transparence de ses vitres pour laquelle elle s’est donnée tant de peine. Au raisonnement alambiqué et pourtant si transparent de mon petit garçon quand il veut obtenir quelque chose de moi. A l’écrivain qui cherche à rendre compte d’une sensation et qui hésite entre les mots éblouissement et transparence qui paraissent opposés. Il choisira les deux, militant pour l’oxymore qui est, au fond, la figure qu’il préfère. La transparence est fragile comme les images qu’elle fait naître. Et je regarde, fascinée, la transparence de ces grains de raisins aperçus sur la toile d’un maître obscur, au détour des pages feuilletées d’un magazine, un soir où tout est beau et sombre.  Alice de Poncheville a été comédienne, elle est devenue réalisatrice de films courts. Elle écrit aussi des romans pour la jeunesse (Ed. de l'Olivier) et son seul livre pour les adultes est un recueil de nouvelles, La Martre, est paru aux éditions de l'Olivier. Elle pratique également la menuiserie.

Le 23 septembre 2010 à 09:50

"Il faut juste être malade mental pour jouer la défaite de son camp"

Jean-François Copé, RTL, mercredi 22 septembre 2010

Déjà que les hôpitaux psychiatriques sont bondés, la situation empirerait si l’on suivait le diagnostic du président du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Eriger la duplicité politique au rang de pathologie mentale, c’est la charité qui se moque de l’hôpital. Charitable, ce Copé qui pense à la présidentielle le matin en se rasant, à midi en se curant les dents et le soir en se les brossant ? Selon lui les traîtres seraient des irresponsables. Certes. Mais l’irresponsabilité dans l’action criminelle permet d’échapper au procès populaire. Une aubaine alors pour les Chiraquiens qui, après avoir plombé Chaban en 1974 ont joué Mitterrand contre Giscard en 1981, les Communistes faisant l’inverse, les Mitterrandiens plantant Rocard aux européennes en 1994 au bénéfice de Tapie, les plus nostalgiques récidivant en 2007 pour le « jaurésiste » Sarkozy contre  l’« évangéliste » Royal, quand des Rocardo-strausskahniens faisaient un détour par Bayrou pour contourner Ségolène. Sans parler de récurrences comme le vote révolutionnaire à droite de l’extrême-gauche et le vote nationaliste à gauche de l’extrême-droite. Aujourd’hui, à droite, qui fantasme sur une défaite de Sarkozy en 2012 ? Le sieur Copé n’est pas exempt de pulsions en ce sens, lui qui visant ouvertement 2017 préfèrerait sans doute que le sarkozysme soit discrédité pour mieux apparaître comme le recours au coup suivant.  Qui a crié : « Au fou  » ?

Le 23 août 2010 à 18:00

« Que certaines voix de la gauche milliardaire aient du mal à le comprendre ne me trouble pas du tout, bien au contraire"

Brice Hortefeux, interview dans Le Monde, 21 août 2010.

Elle a fait son chemin, la « gauche caviar » d’antan. Le ministre de l’Intérieur doit avoir des dossiers  pour lui imputer un tel enrichissement.  Et en plus elle voudrait s’auréoler de bonne conscience face aux expulsions de Roms, aux déchéances de nationalité pour les voyous et à la taule pour les parents de voyous. Halte là ! M. Hortefeux, natif de Neuilly-sur-Seine et fils de banquier, ne va pas s’en laisser conter.  Il a l’oreille assez fine pour établir que ce sont seulement « certaines voix » qui la ramènent.  Donc une minorité, et la chasse aux minorités ça le connaît. Mais si l’on met Pierre Bergé hors concours, comment reconnaît-on la gauche chez milliardaires ? Parce qu’elle l’ouvrirait quand les autres la ferment ?  Les voix étaient pourtant rares, cet été, pour dénoncer l’adrénaline sécuritaire du Président.  Martine Aubry ? Elle a dû hériter de l’or de Bruxelles détourné par son père. Benoit Hamon ? Il est suspect avec un CV professionnel tenant sur un timbre poste mais une si grande disponibilité pour les médias. Ségolène Royal ? C’est tout trouvé : elle a fait son beurre caché dans le chabichou. Autant de présumés coupables contrastant avec l’innocent apolitisme des Liliane Bettancourt, Vincent  Bolloré, Martin Bouygue, François Pinault, et autres Martin Bouygues.  Quant à Brice Hortefeux, lui, il appartiendrait plutôt à la droite Hindenburg, celle qui ne manque pas d’air.  

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