Christophe Tof'
Publié le 09/06/2011

Le concombre a bon dos


Au lieu de pointer du doigt le process industriel de circuit long qui implique transports nocifs pour l'alimentation et rejets criminels de CO2, on accuse le petit concombre de propager la bactérie Eceh, exactement de la même façon que l'on incrimine le petit "assisté" venant "frauder" son RSA au lieu de regarder en direction des grands fraudeurs du CAC 40 !

Illustration Dominique Goubelle

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 23 septembre 2010 à 09:50

"Il faut juste être malade mental pour jouer la défaite de son camp"

Jean-François Copé, RTL, mercredi 22 septembre 2010

Déjà que les hôpitaux psychiatriques sont bondés, la situation empirerait si l’on suivait le diagnostic du président du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Eriger la duplicité politique au rang de pathologie mentale, c’est la charité qui se moque de l’hôpital. Charitable, ce Copé qui pense à la présidentielle le matin en se rasant, à midi en se curant les dents et le soir en se les brossant ? Selon lui les traîtres seraient des irresponsables. Certes. Mais l’irresponsabilité dans l’action criminelle permet d’échapper au procès populaire. Une aubaine alors pour les Chiraquiens qui, après avoir plombé Chaban en 1974 ont joué Mitterrand contre Giscard en 1981, les Communistes faisant l’inverse, les Mitterrandiens plantant Rocard aux européennes en 1994 au bénéfice de Tapie, les plus nostalgiques récidivant en 2007 pour le « jaurésiste » Sarkozy contre  l’« évangéliste » Royal, quand des Rocardo-strausskahniens faisaient un détour par Bayrou pour contourner Ségolène. Sans parler de récurrences comme le vote révolutionnaire à droite de l’extrême-gauche et le vote nationaliste à gauche de l’extrême-droite. Aujourd’hui, à droite, qui fantasme sur une défaite de Sarkozy en 2012 ? Le sieur Copé n’est pas exempt de pulsions en ce sens, lui qui visant ouvertement 2017 préfèrerait sans doute que le sarkozysme soit discrédité pour mieux apparaître comme le recours au coup suivant.  Qui a crié : « Au fou  » ?

Le 22 septembre 2011 à 17:33
Le 24 mai 2011 à 19:30

Ça bouge sur les réseaux

Sit-in devant la Bourse 8

Je viens de recevoir un message sur mon smartphone, on dirait que ça bouge sur les réseaux :"Nous, jupes roses et sans-culottes, cagoules et bonnets, mitaines et foulards imbibés de citron, masques de latex et lunettes de plongée, communiquons à tou.te.s notre volonté de passer à l’action, ce jeudi 26 au matin, contre la finance organisée et ses réseaux mafieux. Nous appelons une horde débonnaire et clandestine à venir nous rejoindre le jeudi 26 mai à 9h à la Rotonde de la Villette (Métro Stalingrad) pour un départ groupé en direction d’un symbole bien connu de la manigance capitaliste, en vue de son occupation.Nous avertissons copains et copines que le risque juridique sera faible, mais que la jouissance sera grasse, car nous avons prévu de nous maintenir dans ledit lieu jusqu’à la dissolution de la dette grecque et du déficit de la sécu française.Nous avons prévu de monopoliser l’espace, d’y faire du boucan et d’y jeter des paperasses, d’y crier notre mépris pour le pognon et la magouille. Toute participation insolente et désinvolte de votre part ne nous rendra que plus forts et plus aguerris pour les batailles suivantes.Prenez avec vous tout ce qui agace les nanti.e.s et les cadres, quirend nauséabond l’atmosphère et réjouit les compagnon.ne.s révolté.e.s.JEUDI 26 MAI à 9H00 pétante,Place de la rotonde (Métro Stalingrad)Premiers signataires : Collectif des Allumés de la Fraude (CAF), Organisation des Téléspectateurs Anarco-Nihilistes (OTAN), Fédération Malgache des Insoumis (FMI), Groupe Invivable des Garçonnières du Nébraska (GIGN), Union Nécrosée des Lessiveurs de Parpaings, Association des fossoyeurs du Pole Emploi, Le collectif “Bien Assez de Conneries !” (BAC), le Cercle des Amis de l’Intifada, l’Union Radicale Survivre SAns Fessebouc (URSSAF), L’Internationale vegan pour une revanche des animaux, Collectif “Vivons bien, vivons couchés”, le Syndicat Démocrate Individualiste contre la Guerre (SDIG) et le Syndicat Démocrate pour l’Abolition du Téléthon (SDAT)..."Et j'ajoute mon nom à la liste des signataires : Fleur Ho!> épisode suivant> premier épisode

Le 26 août 2011 à 08:11

Ils veulent qu'on les taxe

Chronique d'un divorce annoncé

Ils brassent des milliards, ont des résidences principales et secondaires somptueuses, mais aussi des résidences ultra secondaires tout aussi somptueuses. Le luxe est leur religion. Le stupre leur divertissement. Les qualificatifs ne manquent pas pour désigner cette caste qui tient le monde entre ses mains : les riches, les ultra-riches, les milliardaires, les fortunes du CAC 40… La bourse est leur terrain de jeu. Les entreprises qu’ils détiennent, achètent, vendent, démantèlent sont les voitures de leur train électrique. Les salariés qui valsent au gré des plans de licenciement sont leurs petits soldats de plomb. Et voilà qu’aujourd’hui ces grands enfants trop gâtés par la vie font preuve d’un allocentrisme pour le moins suspect. Ils veulent qu’on les taxe, qu’on les impose. Ils affichent leur solidarité avec le monde d’en bas, celui qu’habituellement ils toisent, celui qu’ordinairement ils écrasent sans le moindre remord. Mais que leur arrive t-il ? Ont-ils été soudainement touchés par la grâce d’un autre Dieu que celui du capitalisme qu’ils vénèrent ? Ne rêvons pas. Evidemment non ! Mais peut-être craignent-ils que le seuil de tolérance de la populace ne soit trop proche, si proche qu’il deviendrait suicidaire de ne pas intervenir. Car le riche n’existe que tant que le pauvre accepte sa condition d’esclave, que tant que les miettes qu’il picore le maintiennent sous ce fameux seuil.

Le 2 décembre 2011 à 08:49

Henri

Dans son petit appartement du bourg de Saint Honoré des Agios, le jeune Henri fume une cigarette. Il est blond comme le blé qui refuse de pousser dans son champ des possibles. Il s'est inscrit au Pôle Emploi du coin. Ponctuellement, on l'y convoque. Quand il réclame un salaire, on lui répond RSA, quand il demande un emploi, on lui répond RAS. « Enfer et Dame Nature, s'écrie-t-il en bon chrétien scientiste, serais-je un éternel insatisfait ? Quand je travaillais, j'avais de l'argent et je n'avais pas le temps de le dépenser, et maintenant que je suis au chômedu, j'ai tout mon temps, mais j'ai plus d'argent. C'est fâcheux. » Son licenciement économique a été pour lui une vraie blessure, il faut l'avouer. Maintenant, chaque fois qu'on lui demande : « Quoi de neuf ? », c'est comme si on remuait le couteau dans la plaie. Du coup, il voudrait la gagner, sa croûte, juste pour ne pas avoir l'impression qu'on le juge. Parfois, en allumant la télévision, il est vert de rage. Mais, quelque part, le vert reste la couleur de l'espoir. D'ailleurs, il n'en veut à personne. Il est de ceux qui considèrent que la vengeance est un plat où il ne faut pas mettre les pieds. D'autres fois, devant la télévision, il rit jaune. Mais, quelque part, le jaune reste la couleur de ses cheveux. Comme un bon rire vaut un steak, il a acheté le livre de Bruno Lemaire, Nourrir la planète, pour tromper sa faim. Il sait, Henri, que tout vient à point à qui sait attendre. Sauf le steak, qui calcine.

Le 6 décembre 2012 à 15:01

"Je ne suis pas un non-aligné. Ce sont des gens qui n'ont pas de ligne, pas de couilles. J'ai une ligne, celle du redressement de mon pays."

Bruno Le Maire, BFM-TV, 6 décembre 2012.

Dans la vie on redresse ce qu’on peut, mais il est vrai que sans couilles ça aide moins que sans ligne. Les trois ensemble, c’est mieux. Aussi ne veut-il pas laisser croire qu’il pêche par manque de ligne, le sieur Le Maire, naguère candidat à une élection présidentielle, celle de l’UMP s’entend, où on lui avait fait comprendre qu’il pouvait toujours s’aligner pour concourir, faute de “parrains” en nombre suffisant. Qu’importe qu’une “mafia” ait pourri le match, aux dires du désormais très couillu François Fillon, Bruno Le Maire serait (re) partant pour la “gagne” à l’UMP. Des jaloux prétendent qu’en refusant de choisir entre la peste et le coléreux, l’ancien ministre de l’Agriculture jouait d’abord pour sa pomme. Sa collègue d’infortune, la râpeuse NKM, a fait l’objet de la même suspicion en étant rangée parmi les “non-alignés” ce qui n’était pas un compliment de le part de Jean-François Plic et François Ploc. Mais celle-ci en se moquant des garçons de son parti qui faisaient le concours de celui “qui ferait pipi le plus loin” avait quand même pointé le ridicule d’exhiber à tout propos sa “ligne”, pour ne pas dire autre chose. Cela ne l’empêche pas, Nathalie, de faire maintenant la paire avec Bruno, afin d’obtenir un nouveau vote à l’UMP. Une seule “ligne” pour ces deux egos : “Redressons-nous, Folleville!” Un seul remède à la maladie sénile de l’UMP: le Viagra.

Le 26 avril 2012 à 09:50

Le mal des ardents

Dans la tradition biblique, c'est un buisson ardent qui révéla à Moïse le Dieu du monothéisme. Loin de toutes les traditions républicaines, c'est un Patrick Buisson, ardent maurrassien décomplexé, qui parvint à convaincre Nicolas Sarkozy qu'il n'existerait qu'une seule Droite, consumant les pudeurs passées et franchissant à pieds joints la sacro-sainte frontière entre droite républicaine et droite extrême. Notons au passage qu'en anglais, buisson se dit Bush et ceci n'est peut-être pas un hasard. Dans la tradition botanique, un buisson est une végétation touffue parfois épineuse, qui se caractérise par sa tendance à former des masses denses. Le buissonnisme politique aspire également à faire émerger des masses et à les inciter à voter massivement justement pour Nicolas Sarkozy. En médecine, le mal des ardents, également appelé ergotisme, est une empoisonnement par des alcaloïdes. Dans l'histoire médicale, on relate de nombreux cas de pain infecté provoquant notamment des hallucinations, des convulsions, des spasmes et des nausées. Dans l'histoire à écrire de la médecine politique, le mal du Buisson ardent est une infection de la vie politique basée elle aussi sur une intoxication - les étrangers viendraient manger le pain des Français – et débouchant immanquablement sur les mêmes symptômes que le mal des ardents. Heureusement, il y a fort à parier (et au moins, à espérer) qu'une partie de l'électorat traditionnel de droite se détache progressivement de cette tendance pathologique. Le buissonnisme n'aurait alors été qu'un feu de paille. Et c'est tout le mal qu'on souhaite à la France.

Le 17 mai 2011 à 08:15

Soubrette

Que Dominique Strauss Kahn ait droit à la présomption d’innocence face aux accusations gravissimes portées à son encontre, c’est normal, et légal. Et même, c’est sain. Mais que la femme de ménage qui l’incrimine n’ait, elle, pas droit à la présomption du traumatisme subi, là il faut qu’on m’explique. Depuis dimanche, pas un mot sur elle dans les médias français, ou dans la bouche de nos politiques (à l’exception notable de Jean-Luc Mélenchon) sollicités en boucle sur ce qui est d’ores et déjà devenu « l’affaire DSK ». Pourquoi ? Si les faits qu’elle reproche au patron du FMI sont avérés, ne peut-on pas légitimement supposer que cette femme souffre des conséquences d’une telle agression ? Ne peut-on avoir une pensée pour elle, sans pour autant tirer à boulets rouges sur son agresseur supposé ? Certes ils ne sont que deux à connaître la vérité, mais pourquoi parler toujours de lui, jamais d’elle ? Pourquoi la tenir à l’écart de nos colonnes médiatiques comme on le ferait d’une maladie honteuse ? D’ici à ce qu’on retombe dans les travers habituels dès lors qu’il y a viol ou soupçon de viol, sur l’air de : « elle l’a cherché, elle l’a piégé », il n’y a qu’un pas. Espérons qu’il ne sera pas franchi, avant que la lumière ne soit faite sur cette lamentable histoire. Gageons que si elle n’était pas femme de ménage mais femme de pouvoir et/ou d’argent, nos journalistes et politiques nationaux se souviendraient qu’elle existe et que derrière sa plainte se cache un être humain, qui ment peut-être mais qui peut-être aussi dit la vérité. Mais elle est soubrette, et la France s’en fout. Car il ne fait pas bon être pauvre et sans grade dans notre beau pays. On le savait. Mais ça va mieux (du moins moi je vais mieux) en l’écrivant.

Le 30 septembre 2012 à 08:45
Le 18 mai 2015 à 10:53

L'or du paradis

Une trace, comme la carte d'un pays dont la géographie changerait de minute en minute. Une auréole mal orthographiée. Une ombre au plafond. Cela ressemblait à un bon vieux début de dégât des eaux. Casimir s'était installé dessous, assis sur une chaise, avec un gros gobelet de pop-corn. Après tout, il était dans sa chambre. Il avait donc décidé que l'incident serait un spectacle et qu'il en serait le public attentif. Le suspense était à son comble : mais quand la première goutte tomberait-elle ? Une boursouflure apparut, promettant de l'action. Casimir la fixa, cependant que la tache n'en finissait pas de gagner du terrain. La boursouflure devint dégoulinure, mais elle ne se détachait toujours pas du plafond. Elle prit bientôt la forme d'une bourse plâtreuse, se rapprochant du parquet. Alors que tout indiquait qu'enfin elle allait s'écraser sur le sol, le petit sac qui s'était formé au bas du stalactite de stuc s'ouvrit et laissa tomber trois pièces. Casimir les prit dans sa main : oui, trois pièces d'or. La nuit fut difficile. La monnaie n'avait pas cessé de pleuvoir, obligeant Casimir à se recroqueviller sur son lit pour chercher le sommeil. Les chutes étaient bruyantes et métalliques, mais il s'endormit sans doute, car au petit matin c'est un poing tambourinant à sa porte qui lui fit ouvrir les yeux. Pour accéder, il dut marcher sur des brassées entières de Louis. La fuite avait cessé peu de temps auparavant sans doute. Le plafond était lacéré. "Monsieur-Casimir-bonjour-vous-ne-me-connaissez-pas-je-suis-votre-voisin-du-dessus-les-circonstances-ne-nous-ont-jamais-mis-en-présence-et-c'est-bien-dommage-nous-aurions-dû-les-devancer-et-provoquer-a-minima-une-rencontre-de-courtoisie-enfin-je-dis-ça-mais-la-vie-est-ainsi-faite-dans-nos-grandes-villes-les-voisins-ne-prennent-sérieusement-contact-que-dans-des-cas-douloureux-ou-à-tout-le-moins-gênants." La moustache était blanche et fournie, le regard pétillant, la taille imposante. Casimir serra la main qui lui était tendue et moins de cinq minutes plus tard, il était assis dans une pièce de l'étage supérieur, précisément à la verticale de sa chambre, un café dans la main, une madeleine dans l'autre. Il n'avait guère dit plus de trois mots depuis qu'il avait ouvert sa porte. "Toutes ces pièces d'or sont à moi", expliqua le voisin. Pourqwuoai ? ckommhent ? Voilà en substance ce que baragouina Casimir qui se rappela alors l'effet perturbant du café sur son élocution. "Tout a commencé à une époque où je vivais déjà dans cet immeuble, mais au fond de la cour", répondit voisin-moustache. "C'était une sorte de petit atelier avec une porte en bois et un petit cœur percé dans les planches pour faire passer la lumière. Cela servait de garage à vélos. Je n'avais pas un radis, je dormais sous la poussière. Chaque nuit comme par magie, elle me recouvrait comme l'aurait fait une vraie couverture. C'est ce qu'on aurait appelé ailleurs la communion avec la nature. Moi j'appelais ça la dèche." Il reprit son souffle et une madeleine dans la coupelle posée sur la table basse. "J'ai passé trois années installé dans cette pièce le plus souvent glacée. J'ai fait tout ce que je pouvais pour m'en sortir, sans succès. Ça colle aux basques, la misère. Pourtant, à un certain moment, j'ai cessé d'imaginer un ailleurs. Je n'en prenais pas mon parti, non, je décidai que c'était à cet endroit que ça changerait pour moi. Il fallait que tout parte de cette minuscule pièce aux murs fissurés. Il devait être trois heures du matin, nous étions en février. Et je me suis dit que ce cagibi poussiéreux serait le prochain paradis fiscal !" Inspiration. "UN PARADIS FISCAL ! J'ai eu cette nuit-là la meilleure idée de ma vie !" Casimir laissa passer cinq secondes de silence, qu'il compta mentalement. Puis cinq autres, avant de se dire que manifestement son interlocuteur, un, était sérieux et sincère, deux, attendait une réaction de sa part, sans doute une approbation. Et trois, qu'il reprendrait bien une madeleine lui aussi mais que le moment présent n'était pas le plus opportun. "Et vous avez réussi ?", demanda-t-il. Voisin-moustache reprit à la volée. La période était alors propice : financiarisation naissante, opacité, démocratisation du boursicotage... La plaque qu'il avait vissée sur la porte du garage à vélo avait suffi à faire affluer les premiers capitaux, qui grossirent bientôt. Il raconta la croissance du business, la peinture qu'on change, puis deux garages qu'on annexe, le défilé de petites valises de billets... "Au bout de deux ans, j'ai racheté l'immeuble, et ce n'était qu'un début." Casimir eut rapidement le tournis. Un frisson d'ambition le parcourut et il s'exclama : "Je peux en être ? Je suis comme vous étiez : pas un fifrelin devant moi. Je veux vous rejoindre !" Voisin : "Ah mais c'est terminé tout ça. Les paradis fiscaux, ce n'est plus assez sûr. Tout le monde finit par être au courant de tout. J'ai converti toute mon affaire en or il y a quelques années, j'en reçois, j'en revend, tout se fait ici, et je glisse les lingots et les pièces sous mes tapis, comme si de rien n'était. Une lame du parquet a dû craquer et vous avez reçu un peu de ma réserve sur la tête, voilà tout. Vous ne m'en voulez pas ?" Il mit une madeleine entière dans sa bouche, et tout en crachottant des miettes par dizaines, il ajouta : "Vous allez mettre tout ça dans un gros sac et vous allez tout me remonter, vous voulez bien, mon vieux ?"

Le 28 octobre 2010 à 14:15

"Je présente mes excuses à ceux que ça a pu blesser parce que ce n'était pas le but"

Benjamin Lancar, président des Jeunes UMP, Beur-FM, 26 octobre 2010

Voilà la formule désormais formatée de celui qui vient de sortir une ânerie et qui, devant l’effet déplorable produit, veut l’effacer en se livrant à une repentance qui aggrave un peu plus son cas. Elle suggère en effet que si d’aucuns se sont sentis visés, c’est qu’ils n’ont rien compris des intentions innocentes de l’auteur. Bref, les cons c’est les autres. Ce Benjamin Lancar qui postule à la succession de Frédéric Lefèbvre dans le rôle d’aboyeur à l’UMP, n’a donc rien inventé, d’autres l’avaient précédé, du parfumeur Guerlain à l’égard des « Nègres »,  à Brice Hortefeux vis à vis des « Auvergnats ». Mais le plaisant dans les « excuses » de ce béjaune, c’est qu’il n’a blessé que lui-même, puisqu’il est dit que le ridicule ne tue pas. Ainsi il avait cru devoir comparer les défenseurs de la réforme des retraites aux résistants qui refusèrent la défaite de 40, et il avait assorti cette puissante analogie d’un commentaire flatteur sur l’œuvre économique de Pierre Laval à la présidence du Conseil, au début des années 30, avant de sombrer dix ans plus tard dans la collaboration. Même son mentor élyséen a dû se sentir gêné, lui qui s’était affiché en fervent admirateur de Georges Mandel, assassiné en 1944 par la Milice de… Laval. Quant à faire d’Eric Woerth une sorte de Guy Moquet, pourquoi, tant qu’on y est, ne pas comparer les défilés syndicaux à l’exode de 40 !

Le 18 novembre 2014 à 08:40

Tour du monde avec zéro euro : l'aventure s'arrête après qu'il a sauté par dessus le portillon du métro

Paris – Ce jeune parisien qui a quitté son travail dans la publicité voulait montrer qu’on peut voyager à moindre prix. Hélas, l’aventure a pris fin après qu’il a voulu frauder dans le métro. À peine sauté un portillon dans le métro, le jeune homme a été arrêté par des agents de la RATP et conduit au poste. Reportage. Eric Louvoin n’avait qu’un rêve et non des moindres, voyager à moindre prix et faire découvrir le monde. Cela faisait seulement quelques minutes que son tour du monde avait commencé. Mais ses explications face aux agents de la RATP pour justifier sa fraude n’ont pas convaincu. « Je voulais montrer un autre monde, avec un vrai projet équitable » a-t-il expliqué tandis que deux agents le ceinturaient et le maintenaient à terre, quelques secondes après avoir sauté par-dessus le portillon. « Je veux que les gens ouvrent les yeux sur le monde qui les entoure, et surtout casser le système capitaliste qui nous étouffe » a-t-il ajouté tandis que ses papiers d’identité étaient vérifiés. Devant son refus de payer l’amende, le jeune homme a alors été conduit au poste pour s’expliquer. « Une violation flagrante de ses idéaux liés à son voyage qui casserait l’essence même de son périple basé sur la libre participation » a-t-il maintenu devant les policiers qui cherchaient à comprendre ses motivations et ses connexions. Des idées partagées par Claude, 41 ans, en garde à vue pour trafic de stupéfiant et qui regrette le rêve d’Eric soit ainsi stoppé net. « C’est bien vrai, ça ». Dans l’immédiat, Eric estimait que son tour du monde n’était pas entaché et annonçait son intention de repartir sitôt sa comparution immédiate et après avoir purgé sa peine pour outrage à agent. « Mais cette fois, je partirai d’abord en taxi-basket » ajoute-t-il pour être sûr de ne pas refaire deux fois la même erreur.

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"
Live • 23/03/2019
Tania de Montaigne : L'Assignation
Live • 07/02/2019
Florence Aubenas au grand oral désopilant du Barreau de Paris
Live • 07/02/2019
Eric Vuillard en conversation avec Pierre Assouline
Live • 13/02/2018
Tobie Nathan : Le Parlement des dieux
Live • 13/02/2018
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication