Staline et le Rond-Point


Archive retrouvée

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Pourquoi les dossiers de ventscontraires.net ont-il Staline pour avatar?
Voici un épisode rescapé d'un feuilleton datant des années 2008-2009 et dont nous n'avons retrouvé qu'une copie défectueuse et mal post-synchronisée en… kabyle !
Ce document apporte un éclairage inédit et historique sur la stratégie de communication du Théâtre du Rond-Point.

"Un pays heureux n'a pas besoin d'humour." Staline

Soyez les cancres du sérieux, faites voler en éclats de rire le bon goût et sa bonne conscience, en écoutant les cours, performances et autres conférences de progesseurs agrégés d'insolence et de cocasserie.

Avec France Culture et Tilder.

 

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Le 28 novembre 2011 à 09:03
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Sapeck

Caricaturistes et dessinateurs du monde entier (8)

Celui-ci n’est plus de ce monde. Ni des vivants ni du souvenir que d’aucuns auraient pu garder de lui jusqu’à aujourd’hui. Pourtant, comme illustrateur et caricaturiste, Sapeck (1853-1891) égalait André Gill. Comme fomenteur de canulars, il annonçait Marcel Duchamp. Comme agitateur de l’espace public, il préfigurait les situationnistes. Comme mystificateur pince-sans-rire, il rivalisait avec Alphonse Allais dont il était le maître et l’ami. Sapeck le fumiste avait fait de sa vie un roman. Non, une farce. Dans la vie réelle, cette existence de détails et de contraintes qui est celle de Monsieur et Madame-tout-le-Monde, il s’appelait Eugène François Bonaventure Bataille et exerçait depuis 1883 la profession de conseiller de préfecture. Du reste, il travaillait avec zèle et ses supérieurs l’estimaient. Si bien qu’ils lui prédisaient un bel avenir dans l’administration. Lui faisait ses heures. Après quoi, il était libre. Libre de croquer des scènes de mœurs et des portraits-charge pour La Chronique Parisienne, libre de convoquer son double Sapeck et de partir en promenade avec ce personnage qui aimait en inventer autres. Tantôt un Turc, tantôt un compositeur hongrois, tantôt un inspecteur de chant dans un collège de jeunes filles, tantôt un géomètre arrêtant la circulation à un carrefour embouteillé ou un chiot dans les omnibus interdisant les canidés. A la vue de Tenny-Tenny, son minuscule toutou tassé dans une poche de son pardessus, un conducteur l’ayant prié de circuler – ce qui voulait dire en l’espèce déguerpir –, Sapeck obéit, flanqua prestement Tenny-Tenny dans un fiacre et commanda au cocher de suivre le tramway où il remonta aussitôt. Ce à quoi le conducteur, montrant les crocs, s’opposa derechef, au motif qu’il possédait un chien. Pour s’innocenter, Sapeck se dévêtit. Le conducteur n’en démordit pas et fit appeler à l’arrêt suivant un contrôleur qui, vérification faite, lui intima l’ordre de poursuivre son itinéraire. Sapeck alors imita l’aboiement plaintif du chien. Le conducteur freina net son engin, Sapeck se déshabilla et ainsi de suite jusqu’au terminus, à la grande joie des passagers. C’était un bonimenteur tel qu’il rendait chèvre n’importe qui, la maréchaussée, un marchand de musique chez qui, jouant les amoureux éplorés, il essayait mélancoliquement tous les instruments. Il savait jouer tous les registres comme il sied aux comédiens de talent et aux anti-conformistes. Dans le quartier Latin, au Luxembourg, on guettait chacune de ses réjouissantes apparitions. Car sitôt qu’il surgissait les Parisiens respiraient mieux. « L'illustre Sapeck, le grand-maître du fumisme, le beau rieur infatigable qui a osé jeter au nez des bourgeois de la rive gauche le premier éclat de rire depuis la guerre, vive Sapeck ! », s’écriait Alphonse Allais qui, comme lui, appartint au Club des Hydropathes. Sapeck donna à l'exposition des Arts Incohérents, une Mona Lisa fumant la pipe. Il envisagea sérieusement d’organiser des courses de femmes à Longchamp. Il aurait pu mettre ce projet à exécution à la façon dont à Honfleur il avait peinturluré tous les chevaux et ânes de paroissiens en pèlerinage. La peinture blanche ayant séché, ceux-ci, déconfits, durent défiler en drôles de zèbres. Les chevaux, c’était son dada à Sapeck. Il en mettait beaucoup dans ses dessins, avec de grandes mâchoires où hennissait la moquerie. Imaginez une soirée officielle du Second Empire, avec chambellan à l’entrée. Quatre fois, ce Fregoli se fit annoncer sous divers déguisements: après Bataille, conseiller de préfecture, Bataille, lieutenant de réserve puis Bataille, avocat suivi de Bataille, fumiste. Fou, il mourut à l’asile en 1891. Et non, il n’aurait pas eu cent cinquante-huit ans cette année. Puisque, précisément, il était mort en 1891.

Le 15 mai 2014 à 07:03

Chez les Colson, le chien fait partie de la famille

Charlenry, un chien à qui parler Alors ces vacances, comment ça se présente ? Tu y as pensé ? Je t’avais demandé d’y réfléchir. Tu te souviens ? On en avait parlé. Tu n’as pas eu le temps peut-être ? Ah ! Je m’en doutais. C’est dommage. Je constate une fois de plus qu’il ne sert à rien avec toi de s’y prendre à l’avance. J’avais sollicité ton avis sur l’organisation de tes vacances parce que, me semblait-il, cela te concernait au premier chef, et je vois que tu as négligé de t’en préoccuper. C’est incompréhensible. Je suis très déçu, je le dis sans détour, ni vouloir te fâcher. Il est clair que ta désinvolture ne me dispose pas favorablement à ton endroit, tu le comprends je suppose. Aussi vais-je devoir, là où j’aurais tant préféré avoir avec toi un dialogue horizontal, d’égal à égal en somme, je vais devoir disais-je agir de façon autoritaire et verticale, ce à quoi je répugne. Comme tu le sais, je n’ai pas l’âme d’un maître-chien, mais tu en as décidé autrement. Bien. Examinons maintenant la situation. Cet été, Éléonore donnera une série de concerts dans le Luberon puis à Venise, ensuite elle s’envolera pour le Japon où elle doit enregistrer son prochain disque. Je serai moi aussi à l’étranger, à Ottawa en juillet pour la Conférence Internationale de Pragmatique, en août à Los Angeles chez Oswald W. Brody. Tu te souviens d’Oswald ? C’est ce grand barbu sympathique qui est venu à la maison en février. Je dois réviser sa traduction de Ruses du sous-entendu dans les énoncés performatifs, mon dernier essai. Bref, tu as compris. Cet été, ni Éléonore ni moi ne pouvons te garder. Mme Gachautin a ses congés, la maison sera fermée. Et cette année, Hubert ne va pas dans les Alpes. Voilà. Tu seras donc mis en pension au chenil LES CROCS BLANCS du 15 juin au 30 septembre. C’est tout. Merci. Tu peux disposer.

Le 3 décembre 2012 à 09:47
Le 12 novembre 2011 à 08:24
Le 6 décembre 2011 à 08:39
Le 25 juillet 2013 à 09:25

Mollo ! Mollo

Carnet de voyage. C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Amilcar. Non... c'était à Ürgrübn en Cappadoce, dans la love valley. Après une soirée dansante et arrosée dans un restaurant-grotte, nous n'avons pas envie de rentrer à l'hôtel. Alors, nous prenons le parti de faire comprendre au chauffeur turc du bus de rouler au pas. Nous cherchons des mots dans des langues différentes jusqu'à ce que, en désespoir de cause et, surtout, en manière de plaisanterie, je lance « Mollo ! Mollo ! ». Compréhension et exécution immédiate. Cette injonction est courante dans le vocabulaire familier des machinistes. Elle signifie : aller doucement à la manœuvre. Par exemple : charger à l'amoureuse. Autrement dit, faire descendre lentement le rideau, afin qu'il ne se fasse pas voler la poussière. En revanche, il s'agit de l'appuyer (de le monter), il ne faut pas lui faire faire l'avion. Si le mot mollo est, selon les dictionnaires, apparu tardivement dans le vocabulaire du spectacle vivant – en 1933 -, il est courant, depuis longtemps, dans celui de la marine. Il vient du verbe mollir, utilisé en météorologie marine pour dire que le vent tombe. Or, théâtre et marine sont intimement liés. Les théâtre à l'italienne, à leurs débuts, ont engagé des marins, puisque ce type de théâtre nécessitait des compétences de la marine à voile. Les marins ont apporté leurs superstitions sur les planches en faisant de l'emploi de l'emploi du mot « corde » un interdit ; c'est dire le fatal si le mot « corde » échappe à un machiniste. Sur un bateau, aussi, d'autres mots comme bout (en prononçant le « t »), filin, ganse lui sont substitués. Non seulement par mesure de précision, mais aussi parce que le seul lien qui continue à s'appeler « corde » sur un bateau est celui de la cloche avec laquelle on salue les morts. Les suicides par pendaison qui eurent lieu ensuite sur une scène vinrent renforcer l'interdit. Sur un bateau, on ne mange pas de lapin : il ronge le chanvre des cordages. Un autre exemple de proximité entre la marine et le théâtre : la gamelle. Il s'agit d'une sorte de projecteur mobile placé sur un pied orientable, destiné à éclairer une partie du décor, et non pas les comédiens. Sur un bateau, la gamelle est la soupière pour chaque plat des matelots, composé de sept hommes. N'avoir ni quart ni gamelle, c'est n'avoir rien à faire à bord. A la Comédie-Française, une expression était utilisée dans les années 1970 : chercher la gamelle au frigo, chercher un projecteur dans l'une des réserves du théâtre, endroit non chauffé, où il faisait frigo... Sur un navire comme sur les planches, marins et comédiens sont embarqués sur le même bateau.

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