Vincent Lecoq
Publié le 16/06/2011

Gloussaire : "Minitaire"


Minitaire : (nm) 1) Soldat de plomb 2) Enfant-soldat.
Réflexion antiminitariste : "Dans certains pays, les enfants jouent à la guerre. Dans d'autres, la guerre joue avec des enfants"

Bricoleur d’images, de sons et de mots, il a débarqué sur ventscontraires.net via la Piste d’envol et s’est tellement incrusté qu’il a fini par en devenir le responsable éditorial. Il est également l’auteur d’une pièce de théâtre et a collaboré à plusieurs fictions TV.

 

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Vincent Lecoq

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Le 28 décembre 2014 à 08:26
Le 5 août 2010 à 17:29

La femme et l'enfant assises sur le banc

(Chose vue)

La femme et l’enfant patientent sous l’auvent. Le bus. Son arrivée. L’enfant parle à la femme. La femme répond à l’enfant. La femme acquiesce aux propos de l’enfant. L’enfant narre des choses, d’autres très inventées très vraies très belles. L’enfant parle de la peur. L’enfant eut peur aujourd’hui. L’enfant eut peur cette nuit. La femme dit à l’enfant que les choses qu’elle raconte sont fausses ; elles n’existent pas. L’enfant réplique qu’elle sait, l’enfant sait ce qu’elle dit ; les choses elle les vit. L’enfant jette un regard noir sur la femme. L’enfant se lève. L’enfant saute du banc au sol. Plutôt, elle s’aide des deux mains qu’elle appuie, les paumes bien à plat, sur le banc. L’enfant pousse avec les mains, se soulève et d’un mouvement du bassin elle se retrouve sur ses pieds et fait face à la femme. La posture de l’enfant est crâneuse. L’enfant se tient les jambes un peu écartées, les mains maintenant sur les hanches et le menton vers le Bosphore d'Almásy. L’enfant répète encore ses mots. La femme sourit. La femme se moque de l’enfant. La femme tend la main vers l’enfant. L’enfant recule. L’enfant ne veut de la méchante délicatesse de la femme ; l’enfant ne ment pas. L’enfant insiste. La femme n’écoute plus l’enfant. La femme se lève, s’approche du bord du trottoir, et observe le bus à l’arrêt devant le sémaphore à quelques mètres de l’auvent transparent. La femme prend de force la main de l’enfant qui ne veut pas.

Le 12 mai 2015 à 07:21

Dictionnaire Français-Leïla, mot du jour : « Oseille »

Leila. La fille de l’auteur. Née le 14 février 2010 à Alger. Soit un peu plus de 5 ans, ce jeudi. 5 ans et déjà qu’elle songe à écrire le premier tome de ses mémoires. Mais elle n’a pas suffisamment de mots sur elle, croit-elle, pour dire la grâce, les frémissements, ses premiers émois, les petits et grands frissons de sa vie sociale bien pleine. En attendant,  l’auteur lui sert de nègre. Transcrit méticuleusement ses rites et ses rires qui se gaussent de tout, du travail à l’argent, en passant par la vie. Consigne ses petites et grandes questions (en bégayant et buguant le plus souvent au chapitre des réponses). L’auteur, ébaubi chaque fois que sa fée lâche un quelconque baragouin, note fiévreusement tout. Tout, tout, absolument tout, y compris ses infimes sternutations (un autre mot à prévoir pour les prochains épisodes, tiens!). Tout ce qu’elle nomme, touche avec sa bouche, devient perle, pépite, ravissement. La poésie sort de la bouche des enfants, se dit-il un matin qu'il a pleuvé, et qu'elle le pressait de questions sur le sens des averses.Oui, la poésie sort de la bouche des enfants.La poésie sort de la bouche de Leïla.Et ça, ça n’a pas de prix, ma fille.Ça n’a pas de prix.Qu’est-ce qui n’a pas de prix, papa ?Non, rien.Tu veux dire rien n’a pas de prix ?C’est sans importance, je me parlais tout seul.La poésie sort de la bouche des enfants.Du rouge, du vert, du papa, et du mamanOndées, tristesse du ciel et LeïlaPapa, il pleure aujourd'hui.Oui, j’ai vu.Papa, la pluie va laver la mer ?Euh…je suppose que oui, ma fille.Papa, pourquoi tu m'emmènes jamais à la mer ?Parce qu'à Alger, la mer est un trompe-l'œil ma fille.Alors il faut réparer la mer papa.Oui, ma fille. Ou bien mon œil.Le remplacer par ton œil enchanté.Tu es toc-toc papa.Et toi, tu es ploupla. Attends, je vais te faire un guili-guili.HI HI HI NOOOON !ça chapouille?Pourquoi tu me parles en bébé, papa?S'il te plaît, maintenant, laisse-moi me concentrer, j'ai beaucoup de travail ma puce.Encore le travail ! J’ai le besoin de toi et toi travail travail travail!!!Je suis obligé ma fille, sinon, je serai puni, j'irai en prison.Alors je viens avec toi en prison papa! Tu leur dis j'ai une petite fille, je dois l'aider une seule fois. Après tu travailles demain et demain et demain et tous les jours, tout, tout, tout, gentil, février, mars…Attends, tu me déconcertes, euh, tu me déconcentres.Et moi je suis décontente ! Moi je te parle en gentil et toi tu me parles en méchant. Alors la prochaine fois c'est Messi mon papa ! Et j'efface ton bisou !Mais c’est pour toi, l'amour de ma fille, que je le fais, pour avoir les gagas, pour avoir le mnamna, pour payer tes jouets…Je veux que tu joues avec moi ! Si tu joues avec moi, je te donne les gagas coooommmme ça ! Tu connais compter jusqu'à 100?1, 2… 100.Alors je te donne 100 gagas, comme ça, tu viendre avec moi à la mer.Elle ne travaille pas, aujourd'hui, la mer.Elle n'ira pas en prison, la mer ?("Si la mer était libre, l'Algérie serait riche", songe l'auteur, une phrase de Kateb Yacine qui traînait là, dans sa tête, à cet instant du dialogue).Papa, tu sais ? Je t'aime jusqu'à Marseille sans avion.Et moi je t'aime jusqu'à Tamanrasset à pied.Alors tu m'achètes un pareil photo ? Comme ça je te pareil en photo avec le nez de le clown.Mais j’ai le besoin les gagas pour acheter le pareil photo, alors, laisse-moi finir ce puuuut…réfaction de texte s’il te plaît ! Après, je t’achète tout ce que tu veux, cromis !Non, je veux tout de suite le pareil photo après je te parle plus jusqu’à demain, cromis cromis cromis !D’accord. Mais attends, je passe à la banque d'abord pour chercher les gagas.C’est quoi la banque, papa ?Euh…la banque, c’est… c’est là où on planque l’argent.C’est quoi "planque" ?C’est là qu’on cache, qu’on cache l’argent.Pourquoi le cacher ? Il a peur ?>A cause des voleurs. Pour le mettre à l’abri des petits voleurs, on le met carrément dans les poches des grands voleurs, comme ça, on est bien couil... euh... carrottt..euh, tranquille, après, enfin, je ne sais pas, je…Hum. D’accord. Mais... euh… qu’est-ce qu’ils font, les voleurs, papa ?Oh, tu demandes trop les questions, Leïla !C'est des gens qui volent dans le ciel qui est là haut de la banque?Si tu veux tout savoir, les voleurs, c'est des gens qui n’arrivent pas à voler de leur propre oseille. Maintenant, laisse-moi finir ce texte s'il te plaît.Pourquoi ?C'est mon travail.Non, pourquoi ils arrivent pas à voler de leur cropre zeille?Bof… parce que c'est tous des requins.Papa, viens, je te montre mon dessin. C'est moi que je l'ai accroché.Qu'est-ce que c'est?C'est un requin, non, c'est une requine, parce que c'est une fille. Elle est rose, elle parle en gentil et elle vole dans la mer. © dessin Leila Benfodil

Le 12 mai 2011 à 13:32

Ce maudit orgasme

M le mot-dit

Racontez-nous votre M, votre mot-dit maudit du moment, justifiez votre haine et dépassez-la en détournant ou remplaçant le maudit… en maximum 2000 signes. Aujourd'hui Sophie Dulac déteste le mot "orgasme" :Avec son préfixe en or prétentieux et son final en consonance de maladie respiratoire, le mot fait pédant et dédaigneux. IL pue l’encyclopédie médicale bradée consultée à la va vite au fond d’une bibliothèque municipale poussiéreuse avec des sourires empruntés. IL s’imprègne des premières cigarettes, des petits émois d’adolescents amoureux qui s’instruisent en cachette avec les courriers du docteur Ruth. IL est le vilain point de mire des apprentis  libidineux. IL manque pourtant de dimension et la cible atteinte laisse un sentiment d’imperfection. La volupté est peut être ailleurs, dès les premiers effleurements, le froissement d’un déshabillé, un souffle sur l’oreiller, un corps à explorer, des murmures partagés. Lui le vaniteux de la jouissance transforme l’or en pacotille et  le trésor de se réduire en manifestation physiologique. Le mot plait pourtant, s’affiche, fait vendre. Entre le nouveau régime protéiné et les bons plans shopping, il conjugue les genres et  les styles. De la presse gay, économique, au glamour féminin ou plus populaire, on le décortique, on l’autopsie, passé au scalpel IL reste tout aussi laid comme un organe éclaté. Lui qui pourrait symboliser ce qu’il y a de plus beau n’évoque qu’un mécanisme, enterre la sensualité, allègue le sexe et oublie la chair. Sophie Dulac Vous désirez "mot-dire" à votre tour ? > c'est ici que ça se passe !

Le 16 décembre 2014 à 09:36
Le 7 juillet 2010 à 16:27

La rue mouvementée le matin et sans le plaisir de la tour Saint-Jacques droit devant soi

(Chose vue)

La rue mouvementée le matin est avec le plaisir de la tour Saint-Jacques droit devant soi. La tour Saint-Jacques, majestueuse et blanche, derrière à l’exact opposé. La rue est bruyante de tous côtés. Il faut être vite dans la vie de la ville ce matin. D’abord un café le coude sur le comptoir, une winston for winners et se souvenir de cet homme qui parlait des musiques qu’il écrit, de la difficulté de plus en plus d’être sur la scène et sous les feux des projecteurs. Il enviait la solitude, être à sa table, et le face à face avec l’écran de l’ordinateur. J’enviais, un peu, l’émulation du groupe. L’instinct grégaire en berne, pour le dire comme ça. Le retour à la rue il fait plus froid peut-être et je suis comme à contre-courant. Disparaître ici, l’insatisfaction est un moteur. Pourquoi pas. Le col de la veste remonté haut, la tête dans les épaules et la main droite dans la poche du pantalon noir, les doigts jouent avec l’objet et le briquet. La femme et l’enfant s’avancent vers moi. La femme et l’enfant avec les rollers elles roulent vite sur le trottoir. L’écharpe de la femme virevolte pour ainsi dire et l’enfant tient la main de l’enfant, elle est encore endormie. Elles sont la main dans la main et filent sur le bitume, la femme sourit et l’enfant se tient les yeux mi-clos. Elles descendent la rue vers le centre de la ville, l’enfant se rapproche de la femme et enserre un peu sa taille, colle sa tête contre la hanche de la femme dont la main se pose sur sa tête.

Le 3 février 2011 à 08:00

Gary for ever

"On a envie de changer le monde, pour enfin l'envoyer se faire foutre."

Excellente nouvelle : l’exposition que le Musée des Lettres et Manuscrits de Paris consacre à Romain Gary est prolongée jusqu’au 3 avril 2011. Elle propose de redécouvrir le parcours de cet auteur d’exception à travers une sélection émouvante de ses manuscrits, cahiers toilés ou feuilles libres recouvertes de la même écriture puissante et ronde. On croit le connaître, mais au fond qui est Roman né Kacew, devenu Romain Gary (Gary signifie « Brûle ! » en russe) puis Emile Ajar (« Ajar », c’est la braise) ? On le sait écrivain prolixe qui a ravi ses lecteurs, trompé les critiques, génial mystificateur aux deux prix Goncourt (pour Les racines du ciel et La vie devant soi). Amoureux des femmes aussi, mais surtout amoureux de la vie au point de décider de la quitter d’un coup, avant qu’elle ne le quitte à petit feu. Gary l’aviateur, le diplomate, l’auteur, le réalisateur, le fils de sa mère, Gary l’inclassable qu’on a tenté, sale défaut de chez nous, en vain d'étiqueter. Il aimait à dire, se comparant au caméléon qui, placé au centre d’un tissu écossais, devient fou, qu’il n’était pas, lui, devenu fou. Il était devenu écrivain. A son sujet, beaucoup se souviennent de cette phrase élégante et digne qui clôt son manuscrit confession Vie et mort d’Emile Ajar : « Je me suis bien amusé. Au revoir et merci. » Pour ma part, je garde comme un talisman cette autre, qui me résume mon Gary à moi, du moins tel que je l’imagine, cet humaniste insolent dont on ne peut toujours pas, à se demander à quoi sont payés les éditeurs, trouver les œuvres complètes publiées décemment : « On a envie de changer le monde, pour enfin l’envoyer se faire foutre. »Pour en savoir davantage : museedeslettres.fr

Le 18 septembre 2012 à 09:17

Faire rire le velours

La hantise des gens de spectacle, qu'ils soient sur la scène ou dans les coulisses, est de faire rire le velours. Autrement dit, de jouer devant une salle quasiment vide. Le velours dont il s'agit est celui des fauteuils. En effet, un théâtre à l'italienne, quand il n'est ni une cathédrale de béton ni un paquebot mais une bonbonnière, est rouge et or : l'or du bois et des stucs des balcons et des corbeilles, avec angelots joufflus et fessus, guirlandes de fleurs, femmes nues, cariatides ; le rouge du velours des fauteuils, un rouge spécial d'ailleurs appelé rouge-théâtre. Ce rouge fut choisi par Napoléon, qui voulait se démarquer ainsi des théâtres de l'Ancien Régime, le bleu étant la couleur des Royalistes et des théâtres de cour. Voyez celui de Marie-Antoinette à Versailles. Selon les propres dires du petit caporal, le rouge rendrait les femmes plus belles- comme des fleurs dans une corbeille – en ravivant leur teint. Plus prosaïquement, les éclairagistes contemporains considèrent que le rouge sait jouer avec la lumière. Et, comme le remarquait Georgio Strehler : « le rouge, c'est la seule couleur qui, lorsqu'on éteint la lumière, devient une couleur chaude. » L'expression faire rire le velours présente une variante : jouer pour (ou devant) les banquettes. Ces banquettes renvoyant, vraisemblablement, à celles des bouis-bouis, des petits théâtres de dernière catégorie et non aux banquettes de la scène classique, appelées banquettes des gentilshommes. Celles que le succès du Cid de Corneille, en janvier 1637, avait fait placer... sur la scène. Et qui réduisaient sensiblement l'espace scénique. Si les banquettes des bouis-bouis n'étaient pas confortables, celles des gens de bel air, installées sur le théâtre et payées très cher ne devaient pas l'être davantage : c'était des chaises paillées. Ce n'est que plus d'un siècle plus tard que, grâce à l'intervention du Comte de Lauraguais, cet inconvénient des banquettes sur le théâtre, a pu disparaître. Que ce soit faire rire le velours ou faire rigoler les banquettes, il s'agit toujours d'une manifestation de vie. Si un fauteuil vide est, dans l'argot des coulisses, un mort, les expressions, elles, sont plus toniques. Le théâtre n'est-il pas un spectacle vivant, quoi qu'il en soit ? Et pour désamorcer l'angoisse de la salle vide, un conseil de coulisses : « Venez armés, l'endroit est désert ! »

Le 30 juin 2014 à 08:59

Il faut marier Justine !

Nos contemporains n'apprécient guère – en matière de théâtre, s'entend – les expressions imagées et tombées en désuétude. Parce qu'elles prennent des airs par trop folkloriques et que la mise en scène, c'est du sérieux. Et pourtant, il arrive qu'elles mériteraient d'être réactivées. Je pense en particulier à celle-ci « Il faut marier Justine ! » Autrement dit : « cela fait longueur ! » Cette dernière manière de dire faisant plus ésrieux même si, et c'est une chance, elle ne se réfugie pas dans le concept. De fait, de nombreux spectacles contemporains ne parviennent pas à trouver une chute. Non seulement ils peuvent vous maintenir assis – sans entractes – pendant presque trois heures d'horloge, mais au moment d'en finir, eh bien, ça n'en finit pas ! Mais venons-en aux circonstances de la création de l'expression, née comme on s'en doute au XIXe siècle. Ce n'était pas pendant l'horreur d'une profond nuit, mais pendant les répétitions d'un vaudeville. L'héroïne, qui se prénommait Justine, devait épouser à la fin de l'acte son amoureux transi. Il venait de lui faire la cour pendant plus d'une heure. Lors d'une ultime répétition, le directeur du théâtre -le metteur en scène n'était pas encore né – s'impatienta : décidément, cela n'en finissait pas. Il s'en prit à l'auteur : le dialogue était sans âme et il fallait accélérer le dénouement. Notons qu'à cette époque-là, les acteurs jouaient beaucoup plus vite qu'aujourd'hui et il ne faisait pas un sort à chaque mot. Le directeur trouva la solution qui s'imposait : marier Justine ! L'incident créa un précédent. Quand une longueur se faisait sentir en cours de répétitions, chacun réclamait une coupure par cette formule comprise de tous : « il faut marier Justine ! » L'expression semble comprise aussi du grand public puisqu'on la retrouve, de manière allusive, sur une publicités des années 1890 pour « la Grande Cordonnerie nationale » : « Favart... Justine, c'est bien toi... dans mes bras ! Mme Favart... Je le voudrais bien... mais... Favart... Dans mes bras ! La situation le commande ! »   Il faut dire que l'allusion joue sur deux références : l'expression de théâtre et aussi Les Infortunes de la vertu de Sade, où l'héroïne se prénomme Justine.

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