Vincent Lecoq
Publié le 17/06/2011

Bactérie tueuse : encore une victime du bad buzz


Bricoleur d’images, de sons et de mots, il a débarqué sur ventscontraires.net via la Piste d’envol et s’est tellement incrusté qu’il a fini par en devenir le responsable éditorial. Il est également l’auteur d’une pièce de théâtre et a collaboré à plusieurs fictions TV.

 

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Ubu malade ou La Débâcle de la Médecine

Une pièce inédite d'Alfred Jarry

Le docteur KNOCK, Le PERE UBU, La MERE UBU, La GARDE.   La scène est dans le cabinet du Docteur Knock.   KNOCK (en s’essuyant les mains). Mariette, faites entrer le patient suivant. (Le Père Ubu entre, suivi de la Mère Ubu.) MERE UBU. Docteur, c’est affreux, mon époux est fort malade. PERE UBU (se tenant le ventre). De par ma chandelle verte, ma gidouille me fait bien mal… (Knock s’approche du Père Ubu et lui appuie sur l’estomac) KNOCK. Est ce que ça vous gratouille ou est ce que ça vous chatouille ? PERE UBU. Merdre ! Bouffresque ! Vous me faites mal ! Arrêtez, ou je vous fais donner force coups de bâton ! KNOCK (impassible, en lui prenant le pouls). Qu’avez-vous mangé au déjeuner ? PERE UBU. Presque rien, c’est vendredi, on fait maigre… Tout au plus quelques kilos d’andouille… MERE UBU. Et une rouelle de veau… PERE UBU. Avec un poulet rôti pour l’accompagner KNOCK. Je vois… (il lui palpe le cou) Avez-vous conscience de votre état ? PERE UBU. Ho ! Ho ! J’ai peur ! J’ai peur ! Ha ! Je pense mourir ! MERE UBU (implorant). Ah ! Docteur ! Sauvez mon mari ! KNOCK. Souhaitez-vous guérir ? PERE UBU et MERE UBU (ensemble). Oui !!! KNOCK. Dans ce cas… Rentrez immédiatement chez vous, et mettez-vous au lit. Ce soir, prenez juste un bol d’eau chaude. Aucune nourriture solide pendant une semaine, tout au plus un demi biscuit trempé dans un verre de lait… MERE UBU. Tout ce que vous voudrez, Docteur ! PERE UBU. Madame de ma merdre, je vais vous taper ! (il la poursuit, puis s’approche de Knock, l’air furibond) Cornebleu ! Jambedieu ! Tête de vache ! A moi la garde ! On veut assassiner le Père Ubu ! LA GARDE (accourant). Nous voilà ! Nous voilà ! PERE UBU (désignant Knock). Gardes ! Emparez-vous de ce bélître, enfoncez-lui des petits bouts de bois dans les oneilles et passez-le par la machine à décerveler ! (les gardes emportent Knock, qui crie et se débat en vain). Ah ! Ma femme ! Me voilà guéri ! Que la Médecine est une grande et belle chose !                                                                     RIDEAU

Le 24 janvier 2013 à 10:51

Un papa, une maman, trois possibilités

Je dis pas ça pour râler mais au début, le mariage pour tous, j'étais plutôt contre : je suis un farouche partisan du mariage pour personne. Je veux dire, je n'ai rien contre les buffets de dessert et les oncles saouls, mais si ça implique de sacrifier à des traditions archaïques et patriarcales, autant aller directement au stand de tir. Seulement, il paraît que c'est pas ça, la contre-proposition. Je dis pas ça pour râler, mais en revanche, l'adoption pour tous, au début, j'étais plutôt pour, même si j'ai mal saisi le glissement sémantique qui fait invariablement passer à l'un quand on parle de l'autre et inversement. Mais comme je suis un garçon instruit, j'ai quand même lu les arguments des opposants, pour pouvoir me moquer. Il ne faut jamais faire ça. J'ai failli changer d'avis. A cause de cet argument si pertinent : oui mais après, à l'école, les autres enfants se moqueront. Car c'est bien connu, les enfants dont on se moque finissent très mal, il paraît que certains sont même chroniqueurs pour Ventscontraires, la revue participative du théâtre du rond-point, terrible repaire de gauchistes et, pire, d'artistes, c'est dire s'il y a danger. Donc, oui, aujourd'hui, je le clame, supprimons la moquerie, ce si terrible fléau. Et pour cela, la solution la plus évidente est évidemment de supprimer toutes les possibilités de se moquer. Commençons par prohiber la rousseur. Et dans la foulée, interdisons aux gens d'être petits (quelle idée saugrenue!), grands, gros, maigres ou suisses allemands. Plus jamais de Bouboule qui va toujours au but quand on fait du foot, plus jamais ! Et combien de temps devrons-nous encore tolérer les premiers de classe, ces gens si quolibetogènes ? Puis nous nous attaquerons aux défauts de prononciation. A la maladresse et à la nullité en sport. Puis, enfin, nous fermerons nos écoles à tous ceux qui aiment les épinards.

Le 27 août 2010 à 15:49

L'insécurité n'est pas un mal en soi, mais un symptôme

Lutter contre l'insécurité par le tout répression, c'est comme prendre du sirop pour la toux quand on a mal à la gorge, et continuer à dormir dehors sous la pluie en hiver.

En médecine comme en politique, il y a plusieurs façons de lutter contre les maux auxquels nous sommes confrontés.   D'abord, on peut chercher à soigner les symptômes. Quand on a une pharyngite, on prend du sirop pour la toux. Quand l’insécurité est latente, on envoie la police. On peut aussi s’attaquer aux racines du mal. Pour certaines pharyngites, on prendra des antibiotiques. Si l’on est assez robuste, il suffit parfois de rester au lit, et l’organisme se chargera de lutter contre l’infection. Dans le même esprit, pour lutter contre l’insécurité, on s'efforcera d’endiguer la pauvreté, le chômage, la paupérisation... Enfin, et c’est la troisième option, on peut faire de la prévention ; éviter de sortir sous la pluie, avoir une alimentation saine et un train de vie équilibré, bref disposer d’un organisme qui ne favorise pas le développement de la maladie. En appliquant cette idée à la lutte contre l’insécurité, on en vient à se demander si une société qui pousse à la consommation à outrance ne favorise pas ainsi la délinquance, en faisant de l'argent une finalité en soi.   Un dernier commentaire. Ce n’est qu’en phase terminale, ou devant une maladie inconnue, que les médecins se résignent à ne s’attaquer qu’aux symptômes, afin de soulager le patient…

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