Stéphane Trapier
Publié le 30/06/2011

Georges Tron : l'immunité c'est le pied !


Né le 15 juillet 1790, Stéphane Trapier a toujours raté les rendez-vous de l’histoire. Ancien avant-centre de l’équipe de France, il n’a jamais gagné la coupe du Monde. Il collabore à Fluide Glacial (après le départ de Gotlib), au Monde (sans jamais croiser Beuve-Méry) ou encore à Télérama (dès la retraite de Jean-Claude Bourret). Il a illustré deux ouvrages de Jean-Michel Ribes, et son Rond-Point. Il ne connait pas personnellement Henri Guaino. 

Plus de...

Stéphane Trapier

 ! 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 8 juin 2011 à 12:00

« Je vous laisse fantasmer, je ne sais pas de quoi vous me parlez. »

Henri Emmanuelli, couloirs de l'Assemblée nationale, 7 juin 2011.

Au cours d’une partouze verbale, un ancien ministre a été surpris par la police vidéocratique en train de commettre, avec le majeur de sa main droite, un acte que la morale réprouve. Henri Emmanuelli, ci-devant secrétaire d’Etat aux DOM-TOM et au Budget (1981-1986), a coupé court à la rumeur malveillante le désignant, par ce renvoi des journalistes qui l’interrogeaient à leurs propres dépravations. C’est que le sujet est sensible chez les socialistes dont l’une des figures éminentes aurait commis,  dans une chambre d’hôtel new yorkaise, bien davantage qu’un digitus impudicus comme disaient les Romains. Certes la droite n’a pas à se poser en parangon de vertu, alors qu’un des siens, ancien ministre à son tour, aurait usé des pieds d’autrui pour forcer des intimités rétives. Mais l’image demeure de ce doigt en érection, réflexe musculaire à un propos ironique du premier ministre François Fillon évoquant les socialistes allemands qui, eux, auraient accompli en leur temps les réformes utiles que le gouvernernement français est en train d’accomplir. Alors à qui la main qui, ce jour-là, au Palais Bourbon, s’est livrée à ce simulacre de pénétration vengeresse ?  Aux dernières nouvelles, Henri Emmanuelli aurait fini par admettre qu’il aurait pu agiter un membre ( la main) de façon équivoque, mais non intentionnelle. A l’appui de sa bonne foi, il emprunterait un élément de langage en vogue: « cela ne me ressemble pas. »

Le 31 juillet 2012 à 08:58

Décapité deux fois !

Autour du théâtre du Rond-Point, il n'est pas rare que les jardiniers des Parcs et Jardins de la Ville de Paris mettent à jour d'étranges restes humains en renouvelant les plantations florales et arborées. Particularité commune à tous ces squelettes exhumés : ils sont sans tête. C'est que le site a été utilisé pendant la Grande Terreur pour enterrer à la va-vite les milliers de corps guillotinés place de la Révolution – notre actuelle place de la Concorde.Il y a deux jours, le jardinier Maurice Chaublanc a fait une macabre et singulière découverte en creusant un trou destiné à accueillir un palmier pendant les semaines chaudes de l'été : un corps sans tête et… sans pieds ! Après analyse du squelette à l'institut médico-légal, on sait à présent qu'il s'agit là d'un homme d'une trentaine d'année qui a été guillotiné à la hauteur des chevilles avant d'avoir eu le cou sectionné. Un raffinement de cruauté inédit, penserez-vous ? Il n'en est rien. De l'avis des spécialistes consultés par notre reporter, il s'agit tout simplement d'une étourderie des bourreaux au moment du supplice. Signe que les cadences étaient infernales pendant les mois rouges de la Terreur, voici un malheureux qui, malgré ses protestations, aura été positionné à l'envers sur la guillotine par des préposés surmenés et épuisés. Une erreur humaine donc, heureusement corrigée dans la foulée puisque le cadavre a été racourci par les deux bouts !

Le 26 février 2013 à 08:57

En plein débat à l'Assemblée, un député fait un avion en papier vraiment aérodynamique

C’est un évènement comme on en voit rarement à l’Assemblée Nationale. Hier après-midi, alors que les députés de tous bords planchaient sur des questions de société, l’un d’eux, Dominique Dord, s’est mis à construire un avion en papier. L’anecdote pourrait s’arrêter là si l’avion en question n’avait pas été d’une très grande qualité. Ce qui a laissé bouche bée les élus de la majorité comme de l’opposition. Décryptage. Un pliage de haute précision Des lignes fines, un pliage net et précis et une forme qui n’est pas sans rappeler celle du célèbre Concorde. Dominique Dord, député UMP de Savoie a produit hier en plein débat à l’Assemblée, ce qui semble être un avion en papier d’une excellente facture. Après quelques minutes de confection, ce dernier s’est élancé dans le ciel de l’hémicycle, dansant par-dessus la tête des députés avec un aérodynamisme digne des plus grands avions de chasse. En face, sur les bancs de la gauche, alors qu’on cherche d’habitude le moindre prétexte pour déstabiliser l’opposition, les députés de la majorité étaient pour une fois impressionnés par une telle œuvre. Rémi Pauvros, député PS du Nord était présent sur place : « C’était vachement impressionnant. On était en train de débattre sur la régulation des activités bancaires et là je l’ai vu passer sous mes yeux. Il fendait l’air tel un sabre. » Réaction identique chez  Pierre-Alain Muet, autre parlementaire socialiste : « C’est vraiment du bel ouvrage. Et on a beau parfois se chamailler pour des raisons politiques, il faut savoir reconnaître quand son adversaire entreprend quelque chose d’admirable. » Un président impressionné Michel est huissier à l’Assemblée Nationale. Il fait partie du fameux personnel chargé d’apporter des missives aux députés présents dans l’hémicycle : « En 22 ans de service c’est la 1ère fois que je vois un pliage d’une tel qualité. D’habitude les députés parviennent au mieux à faire de grosses boulettes très compactes, pratiques et faciles à projeter sur les députés de l’autre camp. ». Pour cet autre fonctionnaire, l’instant restera gravé à jamais dans sa mémoire : « C’est comme une parenthèse de poésie dans le tumulte de l’arène politique. C’était si beau à voir que je me souviens avoir entendu Claude Bartolone, le président de l’Assemblée hésiter à proclamer une suspension de séance. »   Le Gorafi

Le 21 juin 2014 à 11:24

La République dans de beaux draps

Depuis 1989, où des peines-à-jouir ont rebaptisé « Assemblée nationale »  la station de métro « Chambre des députés », il était à craindre que la République ne couche plus dans le même lit. La présidentialisation des institutions n’avait pas seulement gagné les esprits, elle avait aussi contraint les corps, au point que le chef de l’État du moment choisit deux palais officiels distincts pour domicilier ses deux familles. Depuis les portes n’ont cessé de claquer à l’Élysée, entre des femmes qui s’en vont et des Présidents qui vont et viennent, ce qui suggèrerait que la literie maison est à ressorts. Mais faute d’écoutes circonstanciées de la NSA,  la qualité des ébats présidentiels demeure un des derniers secrets d’État. Seules en parlent celles qui ne savent pas, celles qui savent demeurant mutiques sur le sujet en dépit de propositions éditoriales à sept chiffres. Par peur des représailles ?  Osons l’hypothèse qu’il est plus valorisant de porter le deuil d’un amour désintéressé, que le dépit d’un coup pourri, révélant en creux le sacrifice de ses propres sens pour la seule jouissance narcissique de s’être frottée au pouvoir suprême. Qui s’y frotte s’y nique ?  Dans une France où un roi devint légendaire pour avoir cru jusqu’à 40 ans (du moins le prétendait-il) qu’il avait un os entre les jambes,  les Français sont enclins à penser que le monarque républicain qu’ils ont élu est doté d’un tempérament à la hauteur de ses prérogatives, bref que la fonction crée l’orgasme. Sinon, à quoi bon, hein ? Certes il y a des exceptions : le général De Gaulle n’avait pour maitresse que la France à laquelle il avait roulé une pelle définitive le 18 juin 1940. Georges Pompidou avait des mœurs paisiblement bourgeoises et sagement éclairées.  Ses successeurs ont en commun d’avoir été longtemps députés, donc de bien connaître la buvette à laquelle on accède par la salle des conférences où est érigée une statue du bon roi Henri IV – le souverain sévèrement ossifié – dont le socle est gravé de cette citation : «  le violent amour que je porte à mes sujets me porte à trouver tout aise et honorable. » Ca peut donner des idées. Et même de plus précises encore si, les alcools aidant on rêve d’alcôves au vu des bas-reliefs de la buvette sortis de la Manufacture de Limoges, où de langoureuses naïades ne cachent rien de leurs corps dénudés. Mais attention ce n’est parce qu’il y a souvent le bordel en séance, que  le palais Bourbon tournerait au lupanar.  C’est au sens métaphorique que l’on doit interpréter  cet effet de tribune de Jean-Marc Ayrault du temps qu’il était député d’opposition : «  Monsieur, le premier ministre, l’Assemblée nationale n’est pas une chambre à coucher ! » Pourtant l’on y couche, l’on y couche à l’Assemblée nationale, la plupart des députés disposant de bureaux avec un couchage possible. Un simple canapé clic-clac utile pour les élus de province, pas forcément commode pour des galipettes crapuleuses. D’autant que la nuit (et même le jour) les cris intempestifs peuvent être entendus des voisins,  et que toute personne étrangère qui entre dans le bâtiment doit laisser sa carte d’identité à des huissiers assermentés.  L’ « escort » badgée peut nuire à une carrière bien bordée.  Et puis, les élus de la République n’ont pas toujours la tête à ça. Surtout en ces temps de débandade politique face aux défoulements populistes.

Le 10 novembre 2010 à 18:11

"Le président de la République est le premier depuis Louis XIV à avoir soumis le budget de l'Elysée à l'appréciation de la Cour des comptes"

Henry de Raincourt, ministre des Relations avec le Parlement, Assemblée nationale, 9 novembre 2010

Si on y va par là, Matignon n’avait pas payé les sondages de l’Elysée depuis Colbert !  A la Cour des anachronismes déconnants, le sieur de Raincourt serait grand chambellan. A quelques jours d’un remaniement mieux vaut se faire bien voir, mais là il a tellement chargé le carrosse qu’il a fait crouler de rires les députés de l’opposition, lors de la séance des questions au gouvernement. Nicolas s’inspirerait donc de Louis en faisant viser ses dépenses par la Cour des comptes. Outre que cette dernière a été créée sous Napoléon, le côté mendésiste du Roi-Soleil était resté méconnu jusqu’ici. A commencer du Parlement de l’époque – qui votait les impôts – et auquel le jeune monarque asséna en début de règne : « L’Etat c’est moi ». Même ignorance du côté de Fouquet, superintendant des Finances, jeté au cachot pour avoir exhibé en son château de Vaulx-le-Vicomte de tels signes extérieurs de richesse que le Souverain s’en trouva humilié et décida alors la transformation du château de Versailles en Elysée somptuaire : « le Budget c’est moi » en quelque sorte. Cela coûta 100 millions de livres (un ouvrier gagne alors 12 sous par jour – une livre vaut 20 sous) mais ce n’était que 5% des dépenses militaires qui ruinèrent plus sûrement le pays. Nul Philippe Séguin pour ronchonner. La Cour passait avant les Comptes.

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
La masterclass d'Elise Noiraud
Live • 16/04/2021
La masterclass de Patrick Timsit
Live • 16/04/2021
La masterclass de Lolita Chammah
Live • 16/04/2021
La masterclass de Tania de Montaigne
Live • 08/03/2021
La masterclass de Sara Giraudeau
Live • 08/03/2021
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication