Vincent Lecoq
Publié le 18/07/2011

Légalisons la post-it'ution !


"Je m'efforce d'avoir le moins possible de style"

Pour la plus grande joie des lecteurs de ventscontraires.net, l'infatigable Paul Martin a rejoint depuis bientôt 3 mois l'équipe des chroniqueurs réguliers de la revue . Rencontre avec ce trublion adepte d'absurde et d'humour noir, qui nous régale de ses savoureux post-it.

 


VL : Qui êtes-vous ? D’où venez-vous et vos intentions sont-elles pacifiques ?

PM : Mon nom est Paul Martin, je viens de déjeuner. Mes intentions sont rarement belliqueuses, mais elles sont parfois inavouables.


La plupart des enfants dessinent. Et vous quand avez-vous décidé de continuer ?

Il y a six mois, à la faveur d’une crise existentielle. C’était ça où l’haltérophilie, quand j’ai vu ces trucs hyper-lourds mon choix a été vite fait.

Qu’auriez-vous pu faire d’autre si ça n’était pas devenu votre métier ?

A vrai dire, ce n’est pas devenu mon métier, ce que j’ai fait d’autre c’est écrire des trucs que d’autres illustrent, souvent avec un tel talent (les autres, je précise) que ça m’a longtemps découragé d’essayer d’en faire autant.

 
Quels sont vos inspirateurs en termes de graphisme et d’humour en général ?

Mon secret, c’est un poulet.


Selon vous, qui a inventé l’humour ?
Je ne sais pas qui, mais je sais que c’était un vendredi à 14h25.


Un souvenir de premier coup de cœur sur une bande dessinée ? Un maître ?

A 20 ans j’ai découvert Gary Larson et ça a été la révélation qu’on peut faire des dessins absolument hilarants sans être un « bon dessinateur », je lui en suis très reconnaissant.


Comment définiriez-vous votre style ?

Inexistant. Je m’efforce d’en avoir le moins possible sans que ça soit moche.


En quelques mots, qu’est ce que l’Hippopotable ?

Un blog lancé en 2006, pour voir comment on fait un blogue. J’avais sous le coude quelques vieilles pubs scannées dans des revues des années 50, j’ai eu envie d’en faire un truc rigolo. Mon exemple littéraire, c’était les orphelins Baudelaire, c’est un échec total de ce point de vue. Mais cinq ans plus tard j’ai des millions de fans dans le monde entier (essentiellement en Picardie et dans les Ardennes) et un projet d’adaptation au cinéma par les frères Wachowski.

Vous êtes manifestement passionné de publicités anciennes. Est-ce une question de nostalgie d’une époque bénie ?

Alors, c’est un malentendu. Je suis totalement publiphobe, et radicalement anti-nostalgie. La pub, c’est à mon sens une des grandes nuisances du monde moderne, avec les pères Noël accrochés aux balcons et les quinquagénaires à chapeau.


D’ailleurs, quand auriez-vous aimé vivre et pourquoi ?

Je crois qu’on traverse actuellement une période abominable mais je ne vois pas d’époque antérieure à laquelle j’aurais préféré vivre, notamment en raison de l’amélioration constante de l’efficacité des antalgiques pour les soins dentaires. Je crois aussi que ça va aller en empirant. Donc, objectivement, nous vivons l’âge d’or de l’humanité, disons l’âge de plastique doré.


Quel est votre avis définitif sur les extraterrestres ? En avez-vous rencontré ?

J’ai essayé, vraiment, j’ai même passé une nuit avec un groupe d’ufologues amateurs à observer le ciel dans l’espoir naïf d’apercevoir une soucoupe. Faute de résultats probants, je me suis tourné vers une sorte d’agnosticisme soucoupiste. Et puis maintenant j’en fais en BD sous le nom de Kiki et Aliène, c’est dans Astrapi, vous devez lire ça.

Vous êtes incroyablement productif (plusieurs blogs, un vrai travail, ventscontraires…), quel est votre méthode de travail ?

Vraiment ? Moi je me vois plutôt comme un glandeur. Eh bien, je tournicote, je farigoule,  je louvoie, je tergiverse, puis je bâcle beaucoup et je prends sur mon temps de sommeil (surtout de 23h à 1 h du matin).


Parmi les chroniqueurs de ventscontraires.net, qui aimez-vous retrouver ? Auriez-vous quelque chose à leur/lui dire/demander ?

Je préfère lui envoyer un mail parce que c’est un peu personnel.

Raphaël Chabloz nous a transmis plusieurs questions pour vous.

RC : Mais où va-t-il chercher tout ça (surtout les photos, je veux dire) ?

J’ai une énorme pile de revues des années 50 à 70 récupérées un peu malgré moi, je pioche toutes les images de mon blogue dedans. Pour les idées, ça me vient en faisant la sieste, dans le train, ou juste devant une feuille blanche.


RC : Est-ce que c'est plutôt bien, ou pas, de n'avoir que des prénoms dans son nom ?

Avantage de m’appeler Paul Martin, je suis ingooglable, je me perds au milieu de mes homonymes comme un gnou dans le troupeau savaneux. Les gens rient juste en voyant mon nom, ils pensent souvent que c’est un pseudonyme. Et encore, ils ne savent pas le plus beau : mon nom complet c’est Paul Pierre Jacques Martin.

Bricoleur d’images, de sons et de mots, il a débarqué sur ventscontraires.net via la Piste d’envol et s’est tellement incrusté qu’il a fini par en devenir le responsable éditorial. Il est également l’auteur d’une pièce de théâtre et a collaboré à plusieurs fictions TV.

 

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Vincent Lecoq

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Le 5 août 2011 à 08:11

"L'inventeur de l'humour, c'est ce mec à Lascaux qui a dessiné un mammouth glissant sur une peau de banane"

Interview de Marc Dubuisson

Depuis une semaine, le dessinateur-blogueur belge Marc Dubuisson a rejoint l'escadrille de ventscontraires.net pour nous proposer une chronique hebdomadaire, "Only Humans". Rencontre avec cet auteur multi-casquettes à l'humour cinglant, observateur attentif et impitoyable des phénomènes sociaux. Qui êtes-vous donc ? D’où venez-vous et vos intentions sont-elles pacifiques ?Je suis Marc Dubuisson, de la planète Belgique. Pas méchant, juste un peu lourd parfois De quoi êtes-vous le contraire ?Je suis le contraire d'un esprit fin et aiguisé qui pourrait répondre à cette question par une pirouette syntaxique qui ferait rougir Pierre Dac et pouffer Jean Yanne. Comment a commencé votre carrière de dessinateur/scénariste ?Ma carrière de dessinateur a commencé par un blog, comme tout le monde. Le blog BD, c'est un peu la Star Ac du gribouilleur,  sans Nikos Aliagas mais avec Wandrille Leroy.  J'ai débuté mon blog pour occuper mes journées de chômeur, histoire de m'obliger à ne pas me lever à midi et à faire quelque chose de productif.  Au départ, je suis surtout un dialoguiste, j'ai toujours aimé écrire des répliques qui font mouche. Le dessin, c'est venu par hasard. Vous êtes un dessinateur-blogueur particulièrement productif. Comment fonctionnez-vous ? Quelle est votre méthode de travail ?Productif mais très brouillon. J'ai beaucoup de mal à me concentrer sur un projet en particulier. Jusque maintenant, je n'arrive à écrire que des histoires en une ou deux pages alors que je "bouillonne" d'idées d'histoires longues. Cela vient du fait que je ne suis absolument pas patient, dès que j'ai une idée en tête, il faut qu'elle donne un résultat très rapidement, sinon, ça ne m'amuse plus et j'ai envie de passer à autre chose. En général, j'écris quelques gags et s'ils me conviennent, soit je les dessine moi-même, soit j'en parle à des dessinateurs dont j'apprécie le travail. En fait, j'ai rarement envie de dessiner moi-même. Si j'ai réalisé les dessins de mon livre "La Nostalgie de Dieu", c'est simplement parce que je n'ai trouvé personne pour le faire. Comment caractériseriez-vous votre style, votre ton ?Au niveau du dessin, minimaliste évidemment, au niveau du ton, cynique voire parfois totalement absurde. Quels sont vos idoles, modèles, références et qui est, selon vous, l’inventeur de l’humour ?Au niveau du dessin, j'admire (sans essayer de leur ressembler) Franquin, Gotlib ou encore Watterson (Calvin & Hobbes). Pour ce qui est de l'écriture, je suis très influencé par Pierre Desproges, Audiard ou encore plus récemment Alexandre Astier pour le rythme qu'il donne à ses répliques. Sinon, pour moi, l'inventeur de l'humour, c'est ce mec à Lascaux qui a dessiné un mammouth glissant sur une peau de banane. Vous êtes avec Noël Godin le 2ème belge à rejoindre l’équipe de ventscontraires.net. Pensez-vous qu’il existe un humour spécifiquement belge et comment se caractériserait-il ?Tiens, c'est marrant, je l'ai justement croisé l'autre jour. Je n'ai pas osé lui parler parce qu'il sortait d'une boulangerie. Je ne sais pas s'il existe un humour belge, en tout cas, s'il existe, je n'ai pas l'impression d'en faire partie. Peut-être est-ce un mélange d'absurde et de désespoir ? L'humour d'un peuple qui a déjà tout vu et qui n'a rien à perdre Comment vous situez-vous dans l’histoire « franco-belge » du dessin d’humour ?Aucune idée, je ne dois pas avoir assez de recul. J'ai beaucoup de mal à analyser mon travail parce qu'il est influencé par tellement de facteurs externes à la BD qu'il m'est difficile de me rattacher à un mouvement. Je suis autant influencé par la télé, que par la littérature ou même la musique avec Brassens, par exemple. Dans vos dessins, quel rapport entretenez-vous avec l’actualité politique et sociale ?J'aime traiter de l'actualité et de la société parce que j'aime observer. Et puis, ce sont des sources inépuisables d'idées.Dessiner sur ces sujets est une façon de pouvoir faire valoir mon opinion par un vil stratagème basé sur le fait avéré que les gens vont plus facilement vers l'image que vers le texte. Le problème, c'est qu'à la fin, on recherche tellement le bon mot qu'on en finit par ne plus voir le monde tel qu'il est mais tel qu'il pourrait faire rire les autres. Quand je me rends compte que j'attends qu'une histoire se dénoue de façon sordide pour pouvoir placer une blague, je fais une pause dans le dessin d'actu et je passe à autre chose. Que vous inspire la crise politique belge actuelle et que pensez-vous du projet de Raphaël Chabloz d’instaurer la République monarchique et patatière de Wallomandie ?La crise politique actuelle est hilarante et tragique à la fois. Hilarante parce qu'on se rend compte qu'avec un simple gouvernement en affaires courantes, le pays tourne toujours sans trop de problèmes (pour le moment) et tragique parce que quand on y réfléchit en terme de démocratie, c'est un constat désastreux. Personne ne sait comment ça va se finir mais tout le monde reste calme et confiant alors que si la même chose se passait en France, on en serait déjà au 300ème jour de grève.En ce qui concerne la République de Wallomandie, nous sommes en pourparlers avec M. Chabloz. Je veux bien qu'on unisse nos régions mais je refuse de prendre leur accent ridicule. Quelle est votre actualité et quels sont vos projets en cours ?J'ai plusieurs projets en cours qui ne sont pas encore assez concrets pour en parler. En revanche, je publie un webcomic deux jours par semaine sur le portail Lapin.org (http://bureau.lapin.org/) et une adaptation théâtrale de "La Nostalgie de Dieu" est actuellement jouée du mercredi au samedi et ce jusqu'au 15 septembre au théâtre de la Comédie Contrescarpe dans le 5ème à Paris. C'est une bonne alternative pour tous les déçus de la trêve annuelle du théâtre du Rond-Point ! Y a-t-il des chroniqueurs/blogueurs/illustrateurs que vous aimeriez voir rejoindre l’équipe de ventscontraires.net ?Tout plein mais je ne les citerai pas sinon ils me feront de l'ombre (mais quand même : @Moom_light et Manu Larcenet) Et enfin, y aurait-il une histoire belge que vous auriez envie de nous raconter ?Non. Si on a inventé les blagues sur les blondes, c'est justement pour ne pas avoir à répondre à ce genre de question.

Le 26 novembre 2012 à 09:38
Le 30 mars 2012 à 09:27
Le 10 octobre 2015 à 08:28

De qui se foot-on ?

Pubologie pour tous

Il n’y a pas eu à gamberger très longtemps. Quand le mec des parfums, le mec des clopes, le mec des baskets et le mec des 3 lames de plus sur les rasoirs (oui c’étaient tous des mecs, c’était y’a longtemps, à l’époque où les femmes ne bossaient que pendant les guerres totales, ces feignasses) se sont mis autour d’une table (en teck, parce qu’ils aiment bien exploiter les ressources des pays pauvres) et se sont demandé comment vendre à des gens qui ont autre chose à foutre des trucs dont ils n’avaient pas besoin, la réponse est venue très vite. Car il n’y a pas besoin d’être une flèche pour se douter que d’écrire avec une jolie typo « Alors pour être franc, c’est des chaussures plutôt cool, avec des jolies couleurs, et les gamins vietnamiens, sérieux, ils ont bien assuré sur les finitions. Ca va te coûter un bras mais on essaye de faire en sorte que ça te donne du statut, et accessoirement que ça soit pratique pour jouer au foot. Maintenant, si t’es un branque au foot, tu resteras un branque au foot », ben ça serait moyennement efficace.     Alors les mecs de la table en teck (ça fait un peu quête arthurienne, sang du Christ tout ça, mais non, en fait c’est juste des capitalistes), se sont rendu compte qu’en racontant des trucs pas totalement vrais (le coup du rasoir 6 lames qui fait de vous un beau gosse musclé qui ne transpire pas pendant 72 jours et qui récupère sa meuf en hélico, ou peut-être que je confonds), ben des fois les gens ça leur donnait envie d’acheter des trucs pas totalement utiles.     Bon. Mais depuis quelques temps, quand même, les mecs de la table en teck (et leurs descendants, les tecknocrates), ils se sont rendu compte que les gens n’aiment pas toujours qu’on les prenne pour des neuneus, alors ils ont essayé de rendre l’arnaque moins explicite.     Des fois même, ils s’en sont gaussés.     Et puis on ne sait pas ce qu’il s’est passé (probablement une expérience de mort imminente du nourrisson, d’après notre source TF1), mais le mec des baskets a craqué, et il vous a promis qu’en achetant ces baskets, vous alliez arrêter de jouer comme une merde pour enfin jouer comme Kakà. Il ne faut pas lui en vouloir. Ce sont des choses qui arrivent.

Le 9 décembre 2011 à 12:33
Le 24 juillet 2015 à 08:30
Le 11 février 2012 à 08:02

La publicité, ou l'art de maquiller le cadavre

Ô temps de cerveau disponible, reprends ton vol ! Pitié ! La pub, c'est un peu la voix du sage, celle qu'on refuse d'écouter. Pas la sagesse bouddhiste, c'est vrai, ni taoïste, je l'accorde, ni épicurienne, ni rien du tout. Non, là, c'est nouveau, ça vient de sortir ! Et nous les récalcitrants, enfin, certains d'entre nous (je ne parle pas de moi), on ferait n'importe quoi pour échapper à la réclame. On commence par boire pour prétexter d'aller pisser pendant la pub, et on finit par boire pour oublier qu'on la regarde. Mais on la regarde. Et « beaucoup plus » qu'un produit, on nous vend le monde tel qu'il devrait être. Le : « beaucoup plus que... » sert à montrer la valeur ajoutée du truc. Résultat, on croit bêtement acheter de la soupe et on se retrouve à partager un repas convivial en famille. Merci ! J'avais pourtant acheté la brique en format individuel ! On nous parodie honteusement Simone de Beauvoir pour vendre du Blédina : « On ne naît pas mère, on le devient. » Est-ce à dire que les femmes se font baiser, dans l'histoire ? Mais non, enfin ! Et cette autre pub pour une voiture : « Sans cœur nous ne serions que des machines. » Résultat, dans les chaines de l'usine où on la construit, la bagnole, on a entendu des DRH dire aux ouvriers : « Allez, les mecs, vous avez compris : on met du cœur à l'ouvrage ou on vous remplace par des machines ! » Car oui, parfois les slogans tiennent leurs promesses...

Le 15 mai 2011 à 10:01

Femmes au foyer : des raisons d'espérer

Pubologie pour tous

Voyez-vous, le créatif est friand de références. Bien sûr, il préfère les références obscures et très intellectuelles, qui lui rappellent qu’il est beaucoup plus qu’un publicitaire. Ah oui, parce que pour information, le publicitaire fait ce métier pour manger, un point c’est tout, il ne tire aucune satisfaction intellectuelle du fait de vendre des croquettes pour chien senior enrichies en fer. Mais le publicitaire cultivé se retrouve face à un problème de taille : les gens, qu’il respecte énormément et connaît bien à force d’éplucher des études d’opinion, voyez-vous ils sont, comment dire, non pas bêtes, non bien sûr, juste peut-être un peu… incultes. Par exemple, ils regardent Desperate Housewives, qui est une bonne série. Mais ils la regardent avec une saison de retard, quand elle passe sur M6, parce qu’ils n’ont pas Canal. Ils voulaient Canal, pour le foot, mais bobonne était pas d’accord. Alors le créatif se dit, cool, ben quelle bonne idée, on va faire référence à un truc que les gens connaissent. Le problème avec la référence, c’est que parfois elle remplace une bonne idée. Ou même une idée tout court. Et on ne réfléchit pas très bien au sens de ce qu’on raconte, par exemple à l’idée qu’on véhicule que les housewives, qui sont desperate, elles n’attendent qu’une seule chose pour devenir happy, c’est un sèche-cheveux. Elles ne sont pas du tout desperate à cause de leur petite vie étriquée dans une banlieue morose à jouer les boniches pour un mari qui les trompe, ben non. Le seul raté dans le tableau chatoyant de leur bonheur domestique, c’est qu’elles ont les cheveux qui rebiquent après la douche. Elles ne peuvent pas se les brusher gaîment pour trop en jeter à la fête des voisins, alors elles dépriment. Surtout que Mme Perkins, la voisine d’en face, elle se la pète avec ses boucles parfaites. Heureusement, il y a une solution. Mesdames, vos maris ne vous comprennent pas ? Epousez un publicitaire.

Le 16 mai 2011 à 11:55

Concours Semianyki, nous avons une gagnante : Virginie T.

Le lècheculisme a triomphé ! Le 7 mai dernier, nous vous proposions de nous tresser des lauriers pour nous convaincre de vous offrir deux places pour le sublime spectacle des Semianyki et nous avons pu constater que vous étiez de redoutables experts en la matière. Parmi le flot sirupeux de messages aussi dithyrambiques que flagorneurs, notre jury a décidé de sélectionner la sympathique Virginie T. (lisez donc ceci à haute voix, ça pourrait vous amuser autant que nous) pour son émouvant compliment parfaitement intéressé. Elle aura donc la chance et le privilège de découvrir à la fois le Rond-Point et le spectacle des Semianyki. Elle nous a bien ciré les pompes, là voilà logiquement vernie.Bonjour à vous, équipe de ventscontraires.net. Ce mail fait suite à votre sollicitation ouverte de cirage de pompes (article publié le 7 mai dernier). Ma démarche est donc simple : vous convaincre que je mérite plus que d'autres ces deux places offertes. Moultes possibilités s'offrent donc à moi : vous stimuler par des photos dénudées (mais finalement non), vous donner un pot de vin (peu logique ici), vous supplier platement de m'offrir ces places (ce n'est malheureusement pas vraiment mon genre)... Je finis donc par penser que je vais simplement opter pour une solution simple : celle de la dérision, merveilleusement bien choisie et amenée, par vous-même, dans cet article (premier crachat sur vos chaussures). J'y mêlerai un peu de compassion, en vous parlant de mon statut de stagiaire dans le milieu culturel, ne me donnant pas accès aux invitations et autres places gratos bling bling (sentez-vous ce délicat mouvement de chiffon sur vos chaussures ?), et puis surtout de l'honnêteté, en vous avouant que je ne suis encore jamais venue au théâtre du Rond-Point et que ma soif de culture doit être apaisée par ce merveilleux endroit (ne cachez pas votre joie, oui, vos chaussures sont encore plus étincelantes qu'à l'achat ! ). En vous remerciant d'avoir lu ces quelques lignes vénales. J'espère au moins vous avoir fait sourire, et en vous souhaitant une bonne journée, j'espère très fort pouvoir vous dire "à bientot !" Virginie T.

Le 16 mai 2011 à 12:00

Helvète underground

ventscontraires sans frontières

Raphaël Chabloz est un nouveau venu parmi les chroniqueurs de ventscontraires.net. Dans le reste du monde, celui qu'on connaît mieux sous le nom de Raph FlipFlap est une véritable star. Depuis 2003, son blog BonPourTonPoil s'est imposé comme une véritable institution en termes d'absurde, d'humour décalé et de lolistique comparée. C'est depuis son QG secret planqué dans une zone reculée de l'Helvétie profonde qu'il a accepté de répondre à nos questions.Quand et pourquoi avez-vous commencé votre blog ?Le 7 mai 2003. A la base, je voulais écrire un article sur les blogs, alors j'en ai lu quelques-uns. Je me suis dit que c'était pratique pour écrire des bêtises et, surtout, les faire lire, sinon ça n'a pas grand intérêt (je n'ai finalement écrit mon article qu'un an plus tard).Votre premier article parlait de quoi ?Je m'y demandais de quoi parler. C'est assez amusant parce que huit ans plus tard, je n'ai toujours pas trouvé. Vous pouvez le lire là. Lâchez des comms !Comment pourriez vous caractériser votre style/humour/ton ?Spontanément, le mot qui me vient à l'esprit est : chamarré.Mais encore ?L'absurde, les mauvais jeux de mots, le cynisme et les bébés animaux me font beaucoup rire, j'essaie de mélanger un peu tout ça.Qui est, selon vous, l'inventeur de l'humour ?Noé. "Je vais construire un bateau et mettre dedans deux moustiques, deux galagos, des baleines et deux bacilles de Koch", c'était une excellente blague. Dommage qu'on l'ait pris au premier degré, surtout pour les moustiques.D'autres modèles, inspirateurs ?Il y a des gens qui me font rire, et je pense que ça se sent : Gotlib, Alexandre Astier, Edika, Jean-Michel du 59. Et Desproges, bien sûr (je le connais trop mal, mais la loi oblige à le citer)Internet est une source d'inspiration pour vous. Ils faisaient comment les humoristes avant ? Ils sortaient dans la rue ?Je ne sais pas. Il y avait des vidéos de chats, dans la rue ? Internet, c'est pratique, parce que ça permet de passer ses journées au café du commerce sans devenir alcoolique. (Même si, parfois, ça donne envie de boire pour oublier, quand même)Dans la vraie vie, vous êtes quelqu'un à qui on demande de raconter des blagues (ou d'arrêter avec ses blagues) ou quelqu'un de plus sombre ?Je ne raconte pas tellement de blagues, au sens totoesque du terme. Je suis plutôt timide, donc non, je ne suis pas tellement le boute-en-train de la soirée. Cela dit, internet ce n'est pas de la fausse vie.Vous êtes depuis peu chroniqueur pour ventscontraires. Qu'est ce que ça a changé à votre vie ?Le premier effet, ça a été qu'à chaque fois qu'un de mes amis a, comme disent les jeunes, liké la page, j'ai vu ma tronche apparaître sur Facebook, ce qui est assez déstabilisant. Et sinon, j'ai vu que Noël Godin était un de mes « collègues », ce qui est hyper prestigieuxAuriez-vous un message à lui faire passer ?Comment se fait-il qu'Oskar Freysinger* n'ait encore jamais été entarté ? (*Oskar Feysinger, membre du parti populiste suisse UDC, principal porte parole de l'initiative  "Contre la construction des minarets")Suisse et jeune, c'est compatible ?C'était totalement interdit, jusqu'au jour où la Suisse est devenue championne du monde de football des moins de 17 ans. Depuis, c'est toléré, mais à condition de jouer en silence, merci. Et suisse et drôle, c’est légal ?Il y a d'excellents humoristes suisses, comme Frédéric Recrosio et Jean Ziegler*. Titeuf, mais il a mal tourné, Plonk&Replonk et Patrick Juvet.(* Jean Ziegler est un homme politique, sociologue, écrivain et polémiste suisse. Son livre L'Empire de la Honte a inspiré le documentaire We Feed the World.)Au fait, où sont les femmes ?La mienne est au sport, à cette heure-ci. (Oui, on peut être suisse et sportif)L'humour est-il un sport de combat ?Je n'ai jamais réfléchi à la question et pourtant, je ne suis pas trop fan des coups portés au-dessous de la ceinture. Etes-vous tenté par d'autre formes d'écriture : roman, scénario, odes, discours politique ?Roman, oui : j'en suis à mon 1740e chapitre 1 en 18 ans. J'ai aussi écrit des nouvelles, j'ai une idée de scénario de bd sous le coude mais il faudrait que je la mette plutôt sur papier. En fait, je m'intéresse environ à tout ce qui demande de l'imagination, mais je suis aussi et surtout un champion de la procrastination. Et je suis très intéressé par les cartes postales. Quelle est la plus belle carte postale que vous avez reçue ?J'ai une magnifique collection de cartes postales moches, car internet sert aussi à rencontrer des fous. Ma préférée... peut-être cette magnifique reproduction d'un château anglais en hologramme.Quelle carte postale aimeriez-vous envoyer aux lecteurs de ventscontaires.net ?Une carte postale avec des bébés chats, un jeu de mots genre "Chat baigne" et la recette de la souris d'agneau. Et au dos, classique, efficace : temps magnifique, soleil radieux, bisous. Par contre, il me faudra leur adresse.Et enfin, une question simple pour conclure : qu'est-ce qui pourrait changer le monde ?Les jeunes UMP, ou alors l'interdiction de la méchanceté, la béatification de Barack Obama. Ou les bébés chats.

Le 19 avril 2011 à 17:45

ventscontraires : le reality show

Proposition faite à la rédaction

Chère Madame, Cher Monsieur,   Je suis un fidèle lecteur de ventscontraires.net. J’aime beaucoup l’esprit qui règne dans cette revue en ligne. Je me permets cependant de vous faire quelques suggestions visant à l’améliorer encore, et surtout à la rendre accessible au plus grand nombre. Tout d’abord, peut-être pourriez-vous recruter des chroniqueurs en organisant, à Paris et en province, des auditions que vous filmeriez. Bien sûr, il vous faudra faire montre de cruauté quelquefois, afin de satisfaire le public. (Arrangez-vous pour que soient mis en valeur les candidats les plus émouvants, la jeune orpheline à la beauté stellaire et au talent fou, rebelle comme une louve, ou le jeune beur, ex-taulard repenti aux accents rimbaldiens, par exemple.) Puis enfermez-les dans une demeure en banlieue, sans contact avec l’extérieur, avec des caméras dans chaque pièce. Une fois par semaine, faites-les passer à la télévision à une heure de grande écoute, et surtout, faites voter les téléspectateurs par le biais de numéros surtaxés. Afin de moderniser légèrement votre nom tout en gardant l’esprit « venteux », je vous propose d’appeler l’émission « Windy », ce qui vous permettrait d’être sponsorisé par une célèbre marque de laque, parce que vous le valez bien. Ainsi non seulement vous atteindrez un vaste public, mais vous réaliserez une intéressante opération financière. Restant à votre disposition pour toute précision supplémentaire, je vous prie de croire, chère Madame, cher Monsieur, en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

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