Le Tampographe Sardon
Publié le 23/07/2011

Documents administratifs


Permis N°1

En vertu de l'article L.241-3 du code de l'action sociale et des familles, sans préjudice d'autres avantages, le titulaire de la présente carte a le droit d'exercer:
-dans les espaces et salles d'attente;
-dans les soirées privées, restaurants, débits de boisson, salons du livre jeunesse, cinémas, jardins publics, musées municipaux et nationaux, théâtres, vernissages d'expositions, bibliothèques, transports en commun et de manière générale dans les lieux accueillant du public.
-Dans les files d'attente.
Le Tampographe ne fabrique jamais de tampons sur commande. Il n'aime pas les artistes, il s'intéresse pas à leur travail, il n'a aucune curiosité pour les merdes qu'ils produisent généralement, s'il pouvait il les emploierait volontiers à goudronner les routes, curer les fossés, vider les poubelles ou creuser le canal Seine-Volga.

Son site : http://le-tampographe-sardon.blogspot.com/ 

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Le 23 juillet 2015 à 08:30

Gros sur la patate

Pubologie pour tous

On pourrait croire que cette publicité n’est rien d’autre qu’un tableau niais, absurde et clichetonnant d’un bonheur familial parfait tel qu’on en rêvait dans des temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Eh bien c’est plus ou moins le cas. Car ce spot est en fait une reprise de ce spot, datant de 1976. Et puisque la publicité est un miroir de la société, menons une analyse comparative des deux versions pour en tirer des conclusions sur l’évolution (ou la non-évolution) de la société. On notera par exemple, que l’on fait moins d’enfants en 2011 qu’en 1976 : 3 contre 6. Les deux restant cependant au-dessus du taux de fécondité français. Car chez nous, au moins depuis Pétain, une famille parfaite est une famille nombreuse. C’est aussi toujours Madame, en rose, qui cuisine, même si Monsieur, en bleu, est présent en 2011, alors qu’il est absent en 1976. Pour ça, merci les 35 heures ! On remarque ensuite des changements dans les préoccupations des parents. Dans les années 1970, Madame fait de la purée Bidule car elle est « sûre que tout le monde en reprend ». Puis l’obésité est passée par là, 3 des enfants de la première pub sont morts avant 40 ans d’une maladie cardiovasculaire, et l’on s’est mis à privilégier la qualité à la quantité. En 2011, Madame est « sûre de ce qu’il y a dedans », mais aussi, heureusement, « sûre que tout le monde est content ». Ben oui, 35 ans ont passé, mais le rôle de bobonne est toujours le même : contenter Monsieur et ses petits chérubins. Mais comment fait-on pour savoir aussi précisément ce que les gens attendent de la vie et de la purée lyophilisée en 2011 ? Eh bien, on n’a pas trouvé de meilleure idée que de le leur demander. Alors on a plusieurs façons de faire bien sûr. Dans le cas de ce chef-d’œuvre audiovisuel, il est fort probable qu’on ait réuni dans la même salle une petite dizaine de mamans avec deux points communs. D’une part, elles font de la purée lyophilisée à leurs enfants, et d’autre part, elles ont du temps à perdre pour des études consommateurs. Face à ces femmes, un spécialiste hautement qualifié (comprendre : un étudiant en psychologie) observe, relance et oriente la discussion, qui sera enregistrée et décortiquée pour trouver LA vérité de ce que vivent au quotidien les consommateurs de purée lyophilisée. Non, bien sûr que non n’attend pas que le consommateur nous donne une idée. Non. Bon, d’accord, quand, à la 12ème minute, Madame Duchemin a glissé un « ben une chose est sûre hein, quand je fais de la purée Bidule, je suis sûre de ce qu’il y a dedans ! », ça ressemblait à l’idée qu’on a eue, mais ça n’a fait que révéler une solution qu’on avait déjà à l’esprit sans le savoir. Bon par contre, je mettrais ma main à couper que pourtant, personne n’a dit « ben une chose est sûre, moi quand on me prend pour une cruche, ça me donne envie d’acheter de la purée Bidule !»

Le 22 octobre 2013 à 12:12

Au pays de Candy

N'en déplaise aux déclinologues de tout poil, la reprise de l'activité en France, d'abord frémissante, s'accentue chaque jour un peu plus. Il suffit de se balader dans les rues de l'hexagone, de fréquenter ses transports en commun pour se rendre compte que les Français ont décidé de conjurer le fatalisme et l'inertie pour prendre leur destin à bras le corps et construire ensemble des lendemains meilleurs. Profitant de chaque instant de liberté, nos vaillants compatriotes ont retrouvé le sens de l'effort et de l'abnégation Sans une plainte, sans demander la moindre rémunération, les Français se sont attelés à une tâche qui les dépasse mais à laquelle ils se consacrent allègrement, portés par un mouvement inédit que certains rapprochent déjà du stakhanovisme d'antan. C'en est maintenant fini de la procrastination : chaque minute oisive est désormais mise au service de la cause. Et tant pis si ça coûte bonbon, rien n'arrêtera cette déferlante sans précédent dont l'ampleur laisse sans voix les plus brillants analystes. Les Français dont certains commentateurs critiquaient quotidiennement le manque de créativité se sentent pousser des ailes et laissent libre cours à leur imagination pour inventer, combiner, déjouer les bombes du conformisme, oser les manoeuvres les plus risquées et remettre cent fois leur ouvrage sur le métier pour lutter contre ce qui sclérose trop souvent nos sociétés, la poisseuse gélatine du pessimisme et de la résignation. Dans cette spirale vertueuse, la solidarité souvent mise à mal dans les périodes de crise retrouve, elle aussi, ses lettres de noblesse et c'est collectivement, en s'entraidant, en s'apportant un soutien de tous les instants que les adeptes de cette lame de fond avancent main dans la main vers un avenir radieux et plus sucré. Eh oui, bonne nouvelle : les Français n'ont toujours pas de pétrole. Mais ils ont Candy Crush.

Le 9 septembre 2014 à 11:14
Le 7 avril 2012 à 08:13

La vie sous les tropiques

Carte postale du Mexique

Quand on voyage, on apprécie l’exotisme, et puis, après quelques mois passés sous les tropiques, il y a des choses qui nous agacent ; la nonchalance des commerçants qui préfèrent dire qu’ils sont en rupture de stock plutôt que d’aller vérifier dans l’entrepôt, la corruption endémique à laquelle participent les policiers en faction qui rackettent les automobilistes, l’anarchie qui règne sur les routes où personne ne respecte la moindre règle, tous ces petits détails qui pourrissent la vie. Et puis, après quelques mois, ou même quelques années sur place, on sait d’où viennent tous ces problèmes. Les employés sont systématiquement licenciés tous les six mois, comme ça leurs patrons ne leur versent aucune indemnité. Les policiers ne sont pas payés, et doivent s’acheter leurs uniformes. Quant au permis de conduire, ce n’est qu’une formalité administrative qui coûte environ vingt euros, moins si on a envie de marchander. Alors, quand je suis énervé, je repense à ce pays dont je viens et dans lequel il faut passer par les grandes écoles pour faire carrière, où il est impossible de louer un appartement si l’on ne gagne pas trois fois de quoi payer le loyer, et où les politiciens peuvent se faire prendre  la main dans le pot de confiture et continuer à s’indigner qu’on ne respecte pas leur présomption d’innocence. Et je me dis que je ne suis pas si mal que ça sous les tropiques.

Le 24 juin 2010 à 18:39

L'enfant sous la table

Je n'ai jamais osé penser écrire pour le théâtre – mais j'aurais dû. Tout était théâtral dans la famille où j'ai grandi, une famille de Juifs algérois où chaque homme avait le verbe plus haut que son beau-frère et où chaque femme savait pertinemment museler son mari. Tout n'était qu'embrassades et coups de gueule, histoires drôles et parties de poker homériques, secrets et faux-semblants. Les adultes vivaient dans le jeu permanent. Pour autant ce n'était pas sur scène (le salon-salle à manger de l'appartement, puis de la maison familiale), mais dans les coulisses que je me sentais le plus à l'aise. Lorsque la "smala" débarquait en nombre de Paris ou de Nice et que les voitures encombraient la cour à l'arrière de la maison, on dressait la grande table. Le soir, après le dîner, les hommes (et quelques femmes) allaient taper le carton dans le bureau de mon père. Les autres femmes (et quelques hommes, les plus discrets et les plus doux) restaient dans la salle à manger. Moi, je me glissais sous la table, et je jouais au petit train avec les porte-couteaux. Tandis que là-bas, dans le bureau, on s'affrontait dans un nuage de fumée, au-dessus de moi, les paroles volaient, les secrets s'échangeaient, les sentiments se déversaient. L'un de mes oncles, pièce rapportée, désignait la famille (celle de sa femme et de ma mère) en disant "Les Borgia". Un jour, j'ai demandé "C'est qui, les Borgia ?" Mon père a répondu : "Des empoisonneurs." Il y a peu, je me suis rendu compte que ma première pièce de théâtre est depuis longtemps en chantier dans ma tête. Sur la scène est dressée une grande table autour de laquelle une douzaine de personnages bruyants sont attablés. Au début, sous la table, un petit garçon joue sans avoir l'air d'entendre ce qui se dit. Mais on ne reste pas enfant éternellement. La pièce s'intitule Samedi chez les Borgia.

Le 18 août 2015 à 07:32

Zen : Des moines bouddhistes pour aider les voyageurs à supporter les enfants qui pleurent dans les trains

La SNCF annonce ce matin un plan tout à fait innovant pour aider les voyageurs à enfin supporter les cris et les pleurs des enfants dans ses trains. Désormais, des moines bouddhistes seront placés dans les voitures et donneront des cours de relaxation aux voyageurs pour les aider à s’affranchir de la douleur et de l’énervement causés par les pleurs de ces enfants. Reportage. Un enfant qui pleure dans un train et ce sont près de 70 voyageurs qui sont pris en otage, et autant d’usagers mécontents. Forte de ce constat, la SNCF mise sur le zen et l’enseignement de Bouddha pour aider les voyageurs. « Désormais, chaque rame de TGV ou de train sera équipée d’un moine bouddhiste en libre service à usage immédiat » a expliqué Guillaume Pépy lors d’une conférence de presse ce matin. Le président de la SNCF a expliqué que les moines avaient suivi une formation spéciale pour pouvoir intervenir en toute situation et à tout moment. « Imaginez, vous faites Paris – Toulouse, vous êtes fatigués ou vous souhaitez travailler dans le calme, et un enfant se met à pleurer dans votre voiture. Que faire ? » souligne-t-il. « Avant, il fallait prendre votre mal en patience et serrer les dents, parfois aller aux toilettes et hurler votre rage, ou exprimer votre colère sur les réseaux sociaux ». Maintenant, un moine zen se déplacera à votre place et vous aidera à effectuer des gestes simples de relaxation et de calme pour vous aider à traverser cet océan de rancœur pour arriver à une mer de la tranquillité – toujours selon le mot du PDG. Un partenariat spécial avec la fédération bouddhiste française a été signé, et dès les prochains grands départs en vacances, ce sont près de 700 moines zen qui seront présents dans les gares et les rames. Des moines qui seront aussi formés pour expliquer aux voyageurs, là aussi dans le calme et la quiétude, qu’il ne sert absolument à rien de se lever de sa place et de faire la queue dans le couloir de la voiture plus de 30 minutes avant l’arrêt total du train. Le Gorafi

Le 9 décembre 2011 à 12:33
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