Michel Onfray : De quoi riait Démocrite ? 2) Rire de Dieu


Le rire de Démocrite - 9

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Qu'est-ce que le rire de résistance?, avait demandé l'université du Rond-Point au philosophe Michel Onfray.
Réponse : Démocrite. Ou plus exactement "le Rire de Démocrite". C'est le titre d'une conférence que ventscontraires.net vous distille en feuilleton hebdomadaire.

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"Un pays heureux n'a pas besoin d'humour." Staline

Soyez les cancres du sérieux, faites voler en éclats de rire le bon goût et sa bonne conscience, en écoutant les cours, performances et autres conférences de progesseurs agrégés d'insolence et de cocasserie.

Avec France Culture et Tilder.

 

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Le 12 juin 2010 à 17:39

Le sacrifice jurisprudentiel

Dieu bientôt de retour aux affaires ?

Christine Boutin, ex-ministre du Logement, vient d'inaugurer un nouveau genre d’esquive en politique : le sacrifice jurisprudentiel, par lequel un responsable politique pris la main dans le sac fait briller soudainement une auréole autour de sa tête, tout en détournant vers ses camarades les regards et les soupçons. C’est Jeanne d’Arc montant seule au bûcher et imposant le chemin de la sainteté à ses pairs : en renonçant à ses 9500 euros mensuels pour une mission que lui avait confiée l'Elysée, elle prévient : « Je suis en train de créer une jurisprudence avec cette décision. Parce qu'il y a beaucoup de gens qui sont dans cette situation et qui vont aujourd'hui ou demain être confrontés au même problème » – ce qui bien entendu reste à prouver. Bien mieux que le mea culpa du secrétaire d'état à la Coopération Alain Joyandet, pincé il y a peu pour avoir loué aux frais de l’Etat un Falcon privé pour se rendre à Haïti après le tremblement de terre. Si la même grâce l’avait lui aussi touché, qu’aurait-il fait, sinon doubler la mise en offrant de sa poche deux fois 116 000 euros aux sinistrés qu’il s'empressait de visiter ?Et Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, accusé d’occuper deux logements de fonction ? Miracle, il déménage, offre les clefs à deux familles dans le besoin en proclamant : que tous ceux qui ont un logement de fonction suivent mon exemple !Imaginez le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, récemment condamné pour injure raciale, se jetant à terre et suppliant qu'on le pardonne, se dépouillant de ses vêtements avant de cheminer vers la Mecque pour y faire pénitence...

Le 4 novembre 2011 à 18:54

Quel est ce sacré qui tremble devant le rire ?

Tribune publiée par le journal Le Monde le 4 novembre 2011

"Un peuple heureux n'a pas besoin d'humour", disait Staline qui en connaissait un brin sur l'humanité et ses besoins. Le stupide attentat dont Charlie Hebdo vient d'être victime nous montre donc que nous allons vers le bonheur, le vrai, celui débarrassé des rigolades obscènes, des fantaisies dadaïstes, et du rire de résistance. Nous avançons enfin, joyeux, la tête haute, nous lover dans le cocon protecteur de l'autorité propre, le glaive à la main, la croisade au coeur, la patrie au front, fiers de nos valeureuses valeurs retrouvées, suivant de plus en plus nombreux les fondamentalistes, les obscurantistes et autres éclaireurs du renouveau français, qui nous montrent le droit chemin de la marche arrière, vers ce paradis pétainiste perdu, heureux de savoir que Rodrigo Garcia, Romeo Castellucci, Cabu, Charb et les autres, seront probablement brûlés ou enterrés de nuit, en cachette, dans une fosse commune.Mais quel est donc ce sacré qui tremble devant le rire, que les artistes font vaciller ? Quelles sont ces religions que la moquerie fait s'effondrer ? Quel est ce Dieu qui est blessé par une liberté de création capable de le contredire ? Il n'existe que dans la tête vide de petits fascistes, trop contents de se transformer en templiers fous ou en djihadistes aveugles, dansant avec les rabbins du Tea Party qui pactisent avec les mouvements néonazis anglais. Tous ceux-là ne sont-ils pas les premiers ennemis du vrai Dieu, du Dieu de tous ? Celui qui a sans doute beaucoup ri en 1545, en découvrant la gravure de Lucas Cranach, montrant le pape chevauchant une truie, avec la légende de Martin Luther : "Tu veux avoir un concile ? A sa place, reçois ma merde !" Cette gravure ne fut ni brûlée ni détruite. C'est ce Dieu-là qu'il nous faut.Puisque la pièce Golgota Picnic, au Théâtre du Rond-Point, est la prochaine cible annoncée des sauveurs de la morale, qu'ils sachent qu'elle aura bien lieu malgré leurs menaces quotidiennes, que la scène sera remplie d'une pensée libre, s'opposant à leur raison close, que le vent soufflera dans tous les sens, à travers mais jamais à tort. Il n'y aura aux murs ni corps de martyrs torturés ni visages de suppliciés, pas des jeunes gens crucifiés pour nous rappeler le chemin du paradis et de l'enfer, mais seulement ce rire libertaire, trappe à bêtises et tueur de chagrin. Nous continuerons comme le souhaitait Aragon à creuser des galeries vers le ciel, mais pas celui noir et bouché où jouissent les intégristes.Bonne nouvelle pour finir, tout n'est pas foutu, il y a quelque temps, on a de nouveau érigé, square Nadar à Paris, la statue du chevalier de La Barre, brûlé le 1er juillet 1766 à l'âge de 19 ans, pour ne pas s'être découvert devant le Saint-Sacrement. > L'article sur le site lemonde.fr    

Le 5 septembre 2011 à 09:33

"René l'énervé", facétie musicale et opéra tumultueux

Entretien avec Jean-Michel Ribes #2

"Depuis 2007, j'éprouve un malaise qui ne diminue pas" dit Jean-Michel Ribes en parlant de notre gouvernement. Pour en finir avec cette nausée, il a décidé de la transformer en farce joyeuse : un opéra bouffe mis en musique par Reinhardt Wagner, qui débute le 7 septembre prochain au Théâtre du Rond-Point. Un éclat de rire de résistance "face à l'affaissement du langage, au dénigrement de l'esprit, à cette agitation immobile dont la médiocrité nous étouffe". René l’énervé est une pièce politique ? Quelle pièce ne l’est pas ! C’est une banalité de dire qu’il n’y a pas d’art sans subversion, ni de théâtre sans désir de chambardement. René, dans ce sens, est bien une pièce politique. C’est la réponse du berger à la bergère ! Puisque les politiques font du spectacle, il est bien normal que les hommes de spectacle fassent de la politique… Reconnaissez que depuis quelque temps, ils n’y vont pas de main morte ! Ils méritaient bien René l’énervé ! C’est un minimum !   Le poétique peut-être une voie de rédemption pour la politique ? René l’énervé n’est en rien une oeuvre documentaire, ni une tentative de reproduction exacte de notre actualité, c’est une bouffonnerie coloriée librement avec bonne et mauvaise foi, un conte sur le pouvoir et les clowneries de l’homme qui devient providentiel. Une sorte de ras-le-bol en chansons… Fable en rien manichéenne, puisqu’on y découvrira le double de René : deuxième lui-même, adversaire obstiné et résolu du premier.   Propos recueillis par Pierre Notte

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