Foin
des scrupules de classe ! Le préposé à la succession du facteur Besancenot est
certes un ouvrier syndiqué de chez Ford dont il serait socialement incorrect de
moquer la syntaxe, mais depuis que le président de la République en
exercice martyrise une langue
française ayant pourtant chez nous valeur constitutionnelle, il est permis de souligner
que, d’emblée, la nouvelle figure
du trotskysme présidentiel prend rang parmi les bonnets d’âne du débat
politique national. Une catégorie transpartisane en pleine croissance. Le
niveau monte assurent des sociologues de l’Education, mais pas uniformément.
Le
camarade Poutou a le pronom qui fait gicler la conjonction, et la voix passive
qui couvre la voix active, en ce sens il tiendrait aisément la jambe à
un Nicolas Sarkozy dont les propos
improvisés – ou les discours lus trop vite – sont truffés de phrases mal embouties.
Un débat d’entre deux tours les réunissant à l’horizon 2012, aurait des côtés
pittoresques. À coups de « c’est quoi que vous aurez fait à ma place ? »
et de « c’est facile de causer ce qu’on sait pas », ou encore de « marre
que c’est toujours les mêmes qui se la rincent », le débat public tutoierait
des sommets. Bien sûr un Jean-Marie Le Pen usait d’un subjonctif impeccable à
des fins détestables, ce qui suggèrerait que conjugaison n’est pas raison. Mais
ce n’est pas une raison non plus pour pousser la grammaire dans les orties.