Dominique Cozette
Publié le 01/07/2015

Canicule


Canicule : nf, du latin canicula, petite chienne. Petit os qui pue, situé dans le fondement du chien (ne pas confondre avec occiput) et qui a permis à cette espèce, de par ses émanations olfactives suivies de reniflements amicaux, de s’autopacifier. L’homme, qui ne possède pas cet os, utilise souvent l'expression « je ne peux pas le sentir ». Moins on peut le sentir, plus on a envie de le bombarder. D’où l’invention de la bombe déodorante grâce à laquelle on peut se re-sentir. Par glissement sémantique, exprime aussi une température de l’air excessive et relativement durable qui exacerbe les odeurs corporelles. D’où les expressions « avoir mal à la canicule » et « la canicule passe, la caravane aboie ».
Je nais, je hurle, je fais chier, je fais des touches, des conneries, de la musique, je me marie, je fais une fille, je m’emmerde, je divorce, je fais la bringue, du piano, de la pub, des chansons, du chili con carne, des romans, je fais du bien, je fais du mal, du roller, de la peine, je fatigue, je me fais jeter, je persifle et signe, je chante, je soude, je me remarie, je peins, j’accroche, je décroche, je m’accroche, enfin j’essaie. 

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Le 2 août 2010 à 08:50

Saleté de chien qui n'a pas fait le job !

Coyotte ! Bon Dieu, viens ici ! Faut qu’on ait une explication. Ici, je te dis. Tu vas pas y couper. Le cambriolage, oui, là, ce week-end, Stéphanie en est malade, tu t’en doutes. Furieuse. Pour elle, t’es un TRAÎTRE. Rassure-toi, j’en ai pris moi aussi plein la gueule. Sauf que c’est toi le chien de garde, pas moi. Et t’as pas fait le job. Tu t’es laissé surprendre. Les types t’ont neutralisé. Bravo. Bijoux, argenterie, meubles anciens, tout est parti. Son bas de laine a également disparu. Non, il ne s’agit pas de bonneterie, bougre de beste ! Un bas de laine, c’est une épargne en liquide. Une somme importante, selon Stéphanie. Eh bien, envolé, pfuit ! Plus rien. Merci, le chien. Va falloir rendre des comptes. Tu vas pas t’en tirer comme ça. Stéph’ est pas du genre qui pardonne. Tu verras. Elle va exiger l’euthanasie. Tes billes sur un plateau lui suffiraient pas. Et je la comprends. On a payé bonbon pour avoir un cerbère, on a eu un mouton. Y a tromperie, en plus du vol. Tout ça est mauvais pour toi. Au mieux, je peux essayer de te revendre à un laboratoire. Ils doivent pas payer cher mais ça compenserait un peu les pertes. Tu ferais des expériences. Des tests. Tu te donnerais à la vivisection. Pour une fois tu servirais à quelque chose. Ah, tu fais grise mine. Eh oui, adieu les beaux jours ! Pour toi, l’avenir se présente mal. Que veux-tu, il y a eu faute professionnelle grave, ça entraîne sanction, faut assumer. Ça te consolera pas, mais sache que nous non plus ne sommes pas au bout de nos emmerdements. Tu vas voir les assurances. Ils vont diligenter un expert, lequel passera ton génome et ton pedigree au peigne fin, il en conclura que tu es un veau et on sera pas remboursés. Tu vois, par ta faute on va être deux fois volés. Stéphanie a raison : tu n’es pas un chien, t’es une merde.

Le 4 septembre 2011 à 08:55
Le 20 octobre 2015 à 08:59
Le 14 novembre 2013 à 08:02
Le 1 juin 2011 à 15:44

En bibliothèque

Le journal de Béotius (C'est du lourd, c'est du vécu)

J'entre dans une bibliothèque pour échapper à une averse. Aussitôt, j'avise une jeune femme juchée sur un tabouret.— Plaît-il ? s’enquiert la créature aux formes opulentes, la dextre en suspens.Cette expression désuète titille mon cortex. Pris au dépourvu, je souris niaisement et cherche désespérément une béquille pour mon regard.— Vous aussi, vous voulez vous documenter sur les écrits licencieux du temps jadis ? poursuit-elle.Face à ces propos dépouillés de réserve, je m’enhardis :— Le galbe de vos jambes m’incite à penser que votre culture érotique n’est pas seulement livresque.— Il se peut. Mais songez aussi qu’avec le plat de mes mains, si délicates au demeurant, je pourrais applaudir votre entrée en matière ou appliquer sur vos joues replètes quelques soufflets de ma façon. (Je réfrène un geste d’agacement et suis l’ensorceleuse qui promène les lignes serpentines de son corps.) Mais dites-moi plutôt, si vous étiez un chevalier errant, de quelle manière en useriez-vous avec moi ?— J'accommoderais la roturière comme il sied, à la manière d'un vulgaire manant, lâché-je, non mécontent de réduire à quia l’impudente.Puis je fais volte-face et m'éloigne prestement. « Dans les bibliothèques, l’on ne rencontre que des intellectuelles incapables de sacrifier l’esprit à la chair » murmuré-je empli d’amertume.— Ne pas mettre en parallèle la vacuité de ton existence avec la plénitude de mes formes ! assène la rhétoricienne offensée.Je vacille : cette réplique acérée met un terme à la joute oratoire. « Le commerce d’une cérébrale ne ferait que menacer mon intégrité mentale », me dis-je alors en allongeant le pas pour gagner la sortie de cet endroit hostile.

Le 11 décembre 2012 à 10:10

Faire le Grand Chabanais

C'est, de la part du public, manifester sa désapprobation devant un spectacle qui ne l'a pas satisfait. C'est, pour parler clairement, faire le bordel. Soit en proférant des huées, soit à la fin du XIXe siècle surtout en lançant sur la scène différents projectiles ; des tomates bien mûres, surtout. L'expression fait référence à un bordel de luxe, le Chabanais, situé au 12 de la rue Chabanais, à Paris, entre la Bibliothèque Nationale de la rue de Richelieu et la Comédie-Française. Ouvert en 1878, il était fréquenté par une clientèle de haut vol, en particulier par le prince de Galles. Là, il avait ses habitudes et son fauteuil surnommé l'Indiscret, destiné à des goûts raffinés. Cet accessoire n'était pas le seul ; il y avait aussi une baignoire. Edouard VII la faisait remplir avec du champagne ; des prostituées triées sur le volet, ses préférées, y prenaient un bain. Il buvait quelques verres de cette eau en compagnie de quelques amis. Cette baignoire en cuivre était très sophistiquée : un cygne aux ailes déployées était sculpté comme le sont les femmes aux seins arrogants, placées à la proue d'un navire. Elle fut vendue, en 1951, à un antiquaire parisien. Acquise à un prix fabuleux par des admirateurs de Salvador Dali, elle lui fut offerte, en 1972, alors qu'il demeurait à l'Hôtel Meurice. Il la fit garnir de fleurs et y fit installer un appareil téléphonique surmonté d'un immense récepteur. Autant dire qu'il ne partageait pas les passions d'Edouard VII. On ne doit pas au Chabanais seulement une manière de dire. Rendre visite au Président du Sénat s'employait, à la Belle Epoque, en guise d'excuse par un homme souhaitant cacher à son épouse, sous un prétexte professionnel, une escapade galante. Un équivalent, dans le vocabulaire du théâtre à : avoir un raccord à faire, être raccord. Autrement dit : mettre au point, à la dernière minute, le spectacle avant la représentation. Rendre visite au Président du Sénat figurait sur les documents officiels au moment de la visite de souverains. Entre la soirée de gala à l'Opéra et la réception à l'Hôtel de Ville, le chef du Protocole de l'Elysée prenait soin de prévoir, pour les plus audacieux, une visite au Chabanais qui, célèbre dans le monde entier, faisait partie du rayonnement français.

Le 28 novembre 2011 à 09:03
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