Dominique Cozette
Publié le 01/07/2015

Canicule


Canicule : nf, du latin canicula, petite chienne. Petit os qui pue, situé dans le fondement du chien (ne pas confondre avec occiput) et qui a permis à cette espèce, de par ses émanations olfactives suivies de reniflements amicaux, de s’autopacifier. L’homme, qui ne possède pas cet os, utilise souvent l'expression « je ne peux pas le sentir ». Moins on peut le sentir, plus on a envie de le bombarder. D’où l’invention de la bombe déodorante grâce à laquelle on peut se re-sentir. Par glissement sémantique, exprime aussi une température de l’air excessive et relativement durable qui exacerbe les odeurs corporelles. D’où les expressions « avoir mal à la canicule » et « la canicule passe, la caravane aboie ».
Je nais, je hurle, je fais chier, je fais des touches, des conneries, de la musique, je me marie, je fais une fille, je m’emmerde, je divorce, je fais la bringue, du piano, de la pub, des chansons, du chili con carne, des romans, je fais du bien, je fais du mal, du roller, de la peine, je fatigue, je me fais jeter, je persifle et signe, je chante, je soude, je me remarie, je peins, j’accroche, je décroche, je m’accroche, enfin j’essaie. 

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En bibliothèque

Le journal de Béotius (C'est du lourd, c'est du vécu)

J'entre dans une bibliothèque pour échapper à une averse. Aussitôt, j'avise une jeune femme juchée sur un tabouret.— Plaît-il ? s’enquiert la créature aux formes opulentes, la dextre en suspens.Cette expression désuète titille mon cortex. Pris au dépourvu, je souris niaisement et cherche désespérément une béquille pour mon regard.— Vous aussi, vous voulez vous documenter sur les écrits licencieux du temps jadis ? poursuit-elle.Face à ces propos dépouillés de réserve, je m’enhardis :— Le galbe de vos jambes m’incite à penser que votre culture érotique n’est pas seulement livresque.— Il se peut. Mais songez aussi qu’avec le plat de mes mains, si délicates au demeurant, je pourrais applaudir votre entrée en matière ou appliquer sur vos joues replètes quelques soufflets de ma façon. (Je réfrène un geste d’agacement et suis l’ensorceleuse qui promène les lignes serpentines de son corps.) Mais dites-moi plutôt, si vous étiez un chevalier errant, de quelle manière en useriez-vous avec moi ?— J'accommoderais la roturière comme il sied, à la manière d'un vulgaire manant, lâché-je, non mécontent de réduire à quia l’impudente.Puis je fais volte-face et m'éloigne prestement. « Dans les bibliothèques, l’on ne rencontre que des intellectuelles incapables de sacrifier l’esprit à la chair » murmuré-je empli d’amertume.— Ne pas mettre en parallèle la vacuité de ton existence avec la plénitude de mes formes ! assène la rhétoricienne offensée.Je vacille : cette réplique acérée met un terme à la joute oratoire. « Le commerce d’une cérébrale ne ferait que menacer mon intégrité mentale », me dis-je alors en allongeant le pas pour gagner la sortie de cet endroit hostile.

Le 16 mai 2011 à 12:00

Helvète underground

ventscontraires sans frontières

Raphaël Chabloz est un nouveau venu parmi les chroniqueurs de ventscontraires.net. Dans le reste du monde, celui qu'on connaît mieux sous le nom de Raph FlipFlap est une véritable star. Depuis 2003, son blog BonPourTonPoil s'est imposé comme une véritable institution en termes d'absurde, d'humour décalé et de lolistique comparée. C'est depuis son QG secret planqué dans une zone reculée de l'Helvétie profonde qu'il a accepté de répondre à nos questions.Quand et pourquoi avez-vous commencé votre blog ?Le 7 mai 2003. A la base, je voulais écrire un article sur les blogs, alors j'en ai lu quelques-uns. Je me suis dit que c'était pratique pour écrire des bêtises et, surtout, les faire lire, sinon ça n'a pas grand intérêt (je n'ai finalement écrit mon article qu'un an plus tard).Votre premier article parlait de quoi ?Je m'y demandais de quoi parler. C'est assez amusant parce que huit ans plus tard, je n'ai toujours pas trouvé. Vous pouvez le lire là. Lâchez des comms !Comment pourriez vous caractériser votre style/humour/ton ?Spontanément, le mot qui me vient à l'esprit est : chamarré.Mais encore ?L'absurde, les mauvais jeux de mots, le cynisme et les bébés animaux me font beaucoup rire, j'essaie de mélanger un peu tout ça.Qui est, selon vous, l'inventeur de l'humour ?Noé. "Je vais construire un bateau et mettre dedans deux moustiques, deux galagos, des baleines et deux bacilles de Koch", c'était une excellente blague. Dommage qu'on l'ait pris au premier degré, surtout pour les moustiques.D'autres modèles, inspirateurs ?Il y a des gens qui me font rire, et je pense que ça se sent : Gotlib, Alexandre Astier, Edika, Jean-Michel du 59. Et Desproges, bien sûr (je le connais trop mal, mais la loi oblige à le citer)Internet est une source d'inspiration pour vous. Ils faisaient comment les humoristes avant ? Ils sortaient dans la rue ?Je ne sais pas. Il y avait des vidéos de chats, dans la rue ? Internet, c'est pratique, parce que ça permet de passer ses journées au café du commerce sans devenir alcoolique. (Même si, parfois, ça donne envie de boire pour oublier, quand même)Dans la vraie vie, vous êtes quelqu'un à qui on demande de raconter des blagues (ou d'arrêter avec ses blagues) ou quelqu'un de plus sombre ?Je ne raconte pas tellement de blagues, au sens totoesque du terme. Je suis plutôt timide, donc non, je ne suis pas tellement le boute-en-train de la soirée. Cela dit, internet ce n'est pas de la fausse vie.Vous êtes depuis peu chroniqueur pour ventscontraires. Qu'est ce que ça a changé à votre vie ?Le premier effet, ça a été qu'à chaque fois qu'un de mes amis a, comme disent les jeunes, liké la page, j'ai vu ma tronche apparaître sur Facebook, ce qui est assez déstabilisant. Et sinon, j'ai vu que Noël Godin était un de mes « collègues », ce qui est hyper prestigieuxAuriez-vous un message à lui faire passer ?Comment se fait-il qu'Oskar Freysinger* n'ait encore jamais été entarté ? (*Oskar Feysinger, membre du parti populiste suisse UDC, principal porte parole de l'initiative  "Contre la construction des minarets")Suisse et jeune, c'est compatible ?C'était totalement interdit, jusqu'au jour où la Suisse est devenue championne du monde de football des moins de 17 ans. Depuis, c'est toléré, mais à condition de jouer en silence, merci. Et suisse et drôle, c’est légal ?Il y a d'excellents humoristes suisses, comme Frédéric Recrosio et Jean Ziegler*. Titeuf, mais il a mal tourné, Plonk&Replonk et Patrick Juvet.(* Jean Ziegler est un homme politique, sociologue, écrivain et polémiste suisse. Son livre L'Empire de la Honte a inspiré le documentaire We Feed the World.)Au fait, où sont les femmes ?La mienne est au sport, à cette heure-ci. (Oui, on peut être suisse et sportif)L'humour est-il un sport de combat ?Je n'ai jamais réfléchi à la question et pourtant, je ne suis pas trop fan des coups portés au-dessous de la ceinture. Etes-vous tenté par d'autre formes d'écriture : roman, scénario, odes, discours politique ?Roman, oui : j'en suis à mon 1740e chapitre 1 en 18 ans. J'ai aussi écrit des nouvelles, j'ai une idée de scénario de bd sous le coude mais il faudrait que je la mette plutôt sur papier. En fait, je m'intéresse environ à tout ce qui demande de l'imagination, mais je suis aussi et surtout un champion de la procrastination. Et je suis très intéressé par les cartes postales. Quelle est la plus belle carte postale que vous avez reçue ?J'ai une magnifique collection de cartes postales moches, car internet sert aussi à rencontrer des fous. Ma préférée... peut-être cette magnifique reproduction d'un château anglais en hologramme.Quelle carte postale aimeriez-vous envoyer aux lecteurs de ventscontaires.net ?Une carte postale avec des bébés chats, un jeu de mots genre "Chat baigne" et la recette de la souris d'agneau. Et au dos, classique, efficace : temps magnifique, soleil radieux, bisous. Par contre, il me faudra leur adresse.Et enfin, une question simple pour conclure : qu'est-ce qui pourrait changer le monde ?Les jeunes UMP, ou alors l'interdiction de la méchanceté, la béatification de Barack Obama. Ou les bébés chats.

Le 31 octobre 2011 à 08:52
Le 27 juin 2015 à 09:53

Punk anarchiste, sois un Dieu et un maître pour ton chien 

Les réseaux sociaux sont alimentés par deux flux très empruntés : les vidéos sur les animaux  et les épandages vomitoires sur les assistés profiteurs, les immigrés cupides et les chômeurs non-flexibles. Juxtaposer deux informations ne veulent pas dire qu'elles ont un lien. Cependant il s'agit dans les deux cas de rapport à l'altérité, le sur-investissement de la relation affective avec l'animal en corollaire d'un désinvestissement compassionnel pour l'espèce humaine.Les propriétaires canins vous parlent d'amour. Comment peut-on s'extasier d'une liaison si déséquilibrée et la qualifier d'amour inconditionnel ? Comment puis-je me penser aimé, élu d'un être que j'achète, que je domine et que j'entretiens ? La dépendance entre le maître et son chien emprunte son fonctionnement à l'idéologie capitaliste et libéral : un toit, de la nourriture et des loisirs contre la reconnaissance. Le maître jouit de sa domination, apprécie d'être obéi. Son serviteur participe au système défensif de son patrimoine et ses aboiements xénophobes le rassurent sur sa sécurité. L'homme peut être qui il veut, cela n'influence en rien ce qu'il  reçoit en retour. Il peut être lâche et veule (ou même tortionnaire), le chien ne le sait pas. Il trouve, dans les yeux de la bête, la douceur d'une mère un matin de maladie.Comme un bien de consommation, le chien est conforme à nos attentes. Si le produit est déficient ou décevant, il termine l'été dans un fossé. Dans sa calendarité et sa cardinalité (pour reprendre les termes de Bernard Stiegler 1), il est en parfait phasage avec son propriétaire. On attribue aux chiens des émotions et des sentiments  dont la société humaine se désape : de l'empathie par exemple pour des espèces qu'il devrait chasser si l'humain n'était pas là pour remplir sa gamelle. Leur exemplarité nous conforte dans notre vision de la société médiocre. La jouissance dans cette union exclusive est d'autant plus grande que notre capacité à nouer des liens avec les hommes est contrariée par nos intérêts, par notre jalousie et par notre peur surtout.  Nous peinons à nous reconnaître dans nos semblables, leur fréquentation est laborieuse, trop compliquée et stérile souvent. Alors qu'un speed-dating avec des croquettes, ça marche à tous les coups.1 Bernard Stiegler Aimer, s'aimer, nous aimer Du 11 septembre au 21 avril, Galilée.

Le 13 décembre 2011 à 08:35
Le 17 décembre 2011 à 08:23
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