Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de la
Suisse. Et ça tombe drôlement bien, puisqu'on m'a demandé :
« plus belge, ta prochaine chronique ». Or, quand on y
réfléchit bien, Suisses, Belges, tout ça, c'est un peu pareil. Ils
ont des Flamands, nous avons des Suisses allemands, la langue est à
peine différente et le pouvoir de nuisance est à peu près le même.
Ils se débrouillent sans gouvernement, nous en avons un parce que
c'est bien pratique pour dire que tout ça, c'est de sa faute, mais
personne ne sait tellement qui est dedans. Ils ont un roi, nous avons
trois cartes à l'as mit stöck et des combats de reines. Ils ont une
équipe de foot surnommée les « Diables Rouges » mais
qui est environ aussi diabolique qu'un best of de Kiss, notre équipe
joue aussi en rouge. Ils ont Jacques Brel, nous avons Henri Dès. Ils
ont des frites, on a des röstis. Ils ont réinventé la bande
dessinée, nous avons Yakari. Ils disent 70, comme nous, alors que
les Français disent 70, ce qui est parfaitement ridicule, tout le
monde en conviendra. Personne n'a jamais très bien compris la
Belgique, pareil pour la Suisse. C'est pourquoi je nourris
secrètement un dessein politique ambitieux mais réaliste : la
fusion de la Wallonie avec la Romandie, réunies sous la bannière de
la République monarchique et patatière de Wallomandie. Dont je ne
peux vous parler, puisque c'est un projet secret. Du coup, pour mener
à bien ma mission, une chronique « plus belge », je vais
me contenter de vous raconter des carabistouilles, alleïe, une fois.