Eole Contrario
Publié le 04/08/2011

Reggae anti-nucléaire


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Alors que les niveaux de radioactivité autour de la centrale de Fukushima atteignent ces derniers jours des niveaux de plus en plus inquiétants, un clip vidéo pose la question du nucléaire et de ses dangers. Le morceau écrit dans les jours qui ont suivi la catastrophe est l'oeuvre de Rankin' Taxi, un vétéran du reggae japonais, accompagné par le groupe Oki Ainu Dub Band. Et voici sa traduction en français par Mathieu Gaulène du blog "Le Japon à l'envers" (voir aussi son 2ème blog)


C'est terrible, terrible, terrible, terrible,

le nucléaire
C'est terrible, terrible, terrible, terrible,
quand un accident se produit

C'est terrible, terrible, terrible, terrible,
Fukushima
C'est terrible, terrible, terrible, terrible,
Ce que ça a fait


La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,
Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux 
La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,

Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux


Une fois que l'accident se produit, c'est la grande panique,
Juste avant le naufrage, c'est le Titanic
Tchernobyl aujourd'hui est une ville fantôme,
Des enfants innocents ont un cancer de la thyroïde


Bienvenue
au célèbre Plutonium,
Au mythe de la sureté,
A "Fukushima, c'est terminé"


On ne pourra bientôt plus manger,
les produits de la ferme
N'importe où, n'importe quand,
la pollution se répand


La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,
Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux 
La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,

Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux


Elle touche tout le monde comme par exemple,
Kadhafi, Obama, Sarkozy, Berlusconi,
Hirose Takashi, Rankin Taxi, le premier ministre,
Hanshin (équipe de baseball d'Ôsaka), Kyojin (surnom des Yomiuri Giants de Tôkyô)


Ceux qui sont pour, ceux qui sont contre,


Tepco, Kepco, Nandenkanden (chaîne de restaurants ramen)
Les hommes, les femmes, les enfants, les adultes,
Asahi (journal), Bunshun (magazine), Ebisu, Kirin (marques de bière)
Les Blancs, les Noirs, Seiyu, Daiei (supermarchés)
Toyota, Nissan, l'Irak et l'Iran

La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,
Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux 
La radioactivité fait peur, la radioactivité ça craint,
On ne peut ni la voir, ni la sentir


Même si le circuit de refroidissement fuit,
la centrale nucléaire va bien,
Protéger la paix dans le monde 24/24h,
Avec la bombe atomique,
Se réveiller quand il y a une catastrophe,
et n'en tirer aucune leçon,
Même en faisant attention,
une simple et stupide erreur peut survenir,


Des publicités habiles,
Dans des médias tout-puissants,
Une athmosphère douce,
Et des images subliminales,
Des journaux accumulant l'argent,
En étant remplis de publicités,
Et pendant qu'on croit tout ça,
Le vent souffle dans notre direction,


La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,
Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux 
La radioactivité fait peur, la radioactivité ça craint,
On ne peut ni la voir, ni la sentir


Elle touche tout le monde comme par exemple,
Beyonce, Bae Yong-joon (acteur sud-coréen)
Alien, Anpanman, Ultra Seven, Level Seven,
Dub Ainu Band, Green Island, Soft Bank, Hard-Punk,
Matsumoto Kiyoshi (chaîne de pharmacie), Matsumoto Hitoshi (humoriste)
"Zack" (Zaccheroni, sélectionneur du Japon), McDo,
Godzilla, Mothra (monstres géants), la police, les petits caïds,
Le pdg, les profs, Michaël (Jackson), Maiko Haaaan!! (comédie de 2007)
Tamori (humoriste), Takeshi (Kitano),
Matsuya, Sukiya, (chaînes de fast-food)
Takata (électroménager), Starbucks,


La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,
Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux 
La radioactivité fait peur, la radioactivité ça craint,
On ne peut ni la voir, ni la sentir, personne ne peut s'enfuir


Est-ce que vous voulez mourrir en avalant la radioactivité ?
NON Y'A PAS MOYEN !
Ils nous disent que la fuite ne s'arrrête pas ?
NON Y'A PAS MOYEN !
Est-ce que vous voulez que nos enfants nous reprochent de n'avoir rien fait ?
NON Y'A PAS MOYEN !
Est-ce que vous voulez vivre avec une grave maladie ?
NON Y'A PAS MOYEN !


Est-ce que l'amour augmente avec la radioactivité ?
Est-ce qu'on devient plus intelligent grâce à la radioactivité ?
Est-ce qu'il n'y a plus de guerre avec la radioactivité ?
Est-ce que les gens sourient plus avec la radioactivité ?


La radioactivité est forte, la radioactivité est immense,
Elle n'épargne personne, elle ne fait pas de cadeaux 
La radioactivité fait peur, la radioactivité ça craint,
On ne peut ni la voir, ni la sentir, personne ne peut s'enfuir

On ne peut ni la voir, ni la sentir, personne ne peut s'enfuir (x3)



 [En fond, il est écrit sur un portique "Le nucléaire, une énergie pour un avenir brillant"]

On ne peut pas fuir, pas fuir, pas fuir, pas fuir,
le nucléaire
On ne peut pas fuir, pas fuir, pas fuir, pas fuir,
quand il y a un accident,


[Rankin Taxi en premier ministre, faisant des grands gestes]


C'est pas dangereux, pas dangereux, pas dangereux, pas dangereux,
le nucléaire,
C'est pas dangereux, pas dangereux, pas dangereux,


tant qu'il n'y a pas d'accident,

C'est pas dangereux, pas dangereux, pas dangereux, pas dangereux,
le nucléaire,
C'est pas dangereux, pas dangereux, pas dangereux,
Jusqu'à que ça le devienne


Jusqu'à que ça le devienne (x4)


Abruti!

Eole Contrario est l'envoyé spécial de ventscontraires.net sur les réseaux sociaux. Il explore et analyse tout ce qui s'y twitte, poste et diffuse et nous rapporte des pépites, des tendances et des phénomènes étranges. 

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Le 8 avril 2011 à 09:14

Vacances en France

Mauvaises rencontres

« Pourtant, qui le croirait ? Un voyage au Morvan offre quelque danger. Des bandes parcourent les routes, composées d'individus d'aspect débonnaire, mais animés au fond de très mauvaises intentions, et qui ne craignent pas d'arrêter le voyageur isolé aussi bien que ceux qui circulent en nombre. Nous n'avons pas ouï dire qu'elles aient dévalisé personne ou pillé les diligences ; mais leur aspect farouche et provocant pourrait déterminer chez le voyageur novice quelque terreur. » Il s'agit de compagnies d'oies, dont le Morvan semble avoir le privilège ; oies puissantes, bien membrées, ayant fort mauvais caractère et portant haut la tête. Ces animaux féroces parcourent en liberté bois, prés et sentiers, et se figurent évidemment que les routes sont faites pour leur circulation exclusive. Dès qu'un bipède non pourvu de plumes et portant nez au lieu de bec se permet d'y mettre le pied, ils s'avancent en bataillon serré, ouvrant à outrance leurs larges becs et crachant à la face de l'intrus tout le catéchisme poissard de leur race. Il y en a toujours une qui est le chef de la bande et marche bravement à l'ennemi, devant toutes les autres, dégoisant un répertoire d'injures et de menaces du plus haut comique. » […] » Du reste, il ne faudrait pas entreprendre une lutte corps à corps avec ces bêtes guerrières. D'un coup de bec elles coupent fort proprement un doigt. Je comprends maintenant pourquoi l'on dit que certains jugements ont "force de l'oie". »(Jean Bertot, Août 1893 : la France en bicyclette : étapes d'un touriste de Paris à Grenoble et Marseille)

Le 9 novembre 2010 à 09:37

Au bord de la Laponie, Elin Larsson et la nuit polaire

Tant qu'il y aura du froid, recherche extime sur une sensation en voie de disparition

Le deuxième jour, la nuit. Elin Larsson monte sur scène, jeune et faussement fragile. Elle attend que le batteur soit en place, le guitariste aussi. Et elle envoie. Elle envoie tout. Parfois le trombone essaie de s’imposer, mais rien à faire, Elin Larsson est là, le plus prêt possible du micro, avec des notes rapides et précises, jouées avec la plus grande présence possible. Elin Larsson et personne d’autre. Elle absorbe tout, elle prend toute la place. Il est 14h30, nous sommes à Umeå, à quelques centaines de kilomètres du cercle polaire et de la Laponie, au bord de la mer Baltique. La salle de concert se remplie.La nuit n’a pas encore.Mais presque. Le froid non plus.Elin par contre.Elin Larsson parce qu’enfin, il est question de jazz, même en novembre, même à 62° de latitude nord. Il est donc question de basse, de batterie et d’instruments qui s’affirment, qui se combattent, s’affrontent. Elin Larsson est dans son instrument, cuivré, long, recourbé, elle est autre chose qu’une voie, autre chose que le silence ou la retenue. Il est 14h50. La salle est pleine, on est venu nombreux de Stockholm. Quelqu’un allume la lumière. Puis éteint.Elin s’arrête. Décontenancée. Puis la guitare, puis le batteur.Personne ne parle, personne ne bouge.Le silence est revenu.Le silence au nord de la Suède, dans une salle de concert. Elin s’approche du micro.Plus personne ne sait où il est, où il en est.Elin essaie de parler.Je.Je pense que c’est le moment pour Le ciel sombre.Le ciel sombre, celui qui va arriver dans quelques instants et ne plus partir pendant des mois.Elin laisse la guitare, la contrebasse et la batterie s’amuser, dans une musique blanche, adoucie, consolée. Elle les laisse jouer, à contre des jazz anciens, à contre des affrontements et des combats. Puis de conclure par un rire, de nouveau fragile, de nouveau humain.Le ciel sombre peut arriver. Il peut tout absorber. Il peut prendre place, il peut prendre toute la place. A écouter : Elin Larsson Set free.

Le 23 novembre 2015 à 08:41
Le 8 juillet 2011 à 08:42

Igor

Ou bien imaginer une nouvelle version de « Petit Papa Noël », dans laquelle il ne serait plus question d’une belle nuit, mais d’un crépuscule post-apocalyptique, quelque chose de très sombre, quelque chose à des années-lumière des idées dégoulinantes de bons sentiments que l’on nous impose chaque année, que nos chères têtes blondes apprennent bêtement…   C'est la belle nuit de Noël  La neige étend son manteau noir  Et les yeux levés vers le ciel  À genoux, les petits enfants  Avant de fermer les paupières  Font une dernière prière.    … et dans laquelle le vieux monsieur généreux porterait des bottes à semelles de protection, une combinaison antiradiation homologuée, des gants en kevlar, un masque à gaz, un gilet pare-balles, car dehors, il va avoir si chaud… Dans cette version, le narrateur, un enfant de dix ans, Igor, aux traits fatigués, sans innocence, Igor, flétri, sans aucun avenir ou notion d’avenir, habiterait un bunker souterrain de 9m² avec toute sa famille. Il n’y aurait aucune cheminée, mais seulement un conduit d’évacuation et de traitement de l’air conditionné.   Petit Papa Noël Quand tu descendras du ciel Avec tes jouets par milliers.    Bunker 248 de l'abri antiatomique numéro 47, sous-sol 3, ascenseur 24. Dans cette version de la chanson, le vieillard ferait sa distribution au son des compteurs Geiger des églises et des hurlements des chiens fossoyeurs des ruines.   Ta distribution de surprises.    Dans cette nouvelle chanson, Igor se languirait de revoir un jour le soleil se lever autrement qu’à la télé. Il ne dirait plus qu’il a été sage, mais qu’il n’a rien fait, lui. [Refrain]  Dans ce nouveau couplet, il serait question de nuages dépollués et même d’animaux vivants et en bonne santé, histoire d’apporter un peu de rêve, un peu de fêtes. Le sentiment de. Dans cette version moderne du Petit Papa Noël, on évoquerait des idées positives d’avenir radieux et de félicité partagée. [Refrain]  Dans cette chanson, tout serait très beau, très à sa place : rien ne dépasserait. Dans les abris antiatomiques, les jours de fête auraient un goût particulier qui, on l’espère, ne serait pas celui âcre et violet de l’iode. Dans les abris, les gens danseraient comme des damnés, loin des réalités noircies des cendres grenat.   Dans une version alternative, plus mature, il serait question de l’aversion de l’homme pour les choses visqueuses. Les crachats, les glaires, le sperme. Puis Igor ou tout du moins une version adulte d’Igor, argumenterait : « si Dieu n’avait pas voulu la semence masculine, il aurait fait du sperme en flocons de neige » et de rebondir avec le refrain, les notions d’hivers et de froid. Pour revisiter l’enfance, il faut désapprendre l’adulte.

Le 22 novembre 2010 à 16:01

Au bord de la Laponie, Andreas Eklöf et le silence nordique

Tant qu'il y aura du froid

Patterns for three pianos – in four parts - Andreas EklöfLe concert va commencer. Je dois jouer. Je voudrais aller jusqu’au silence, le capter, le comprendre, le donner. Comme le froid, le silence ne supporte que lui-même, un peu de rareté, et rien d’autre. Glenn Gould y est arrivé. Il est monté au nord, au plus nord qu’il lui était possible par train. Il joue. Puis il ne joue plus, il ne joue plus jamais en public, il ne donne plus aucun concert, il ne fait qu’enregistrer. Mais moi, je viens d’ailleurs ; ma radicalité, je la place ailleurs. Et puis, j’en viens du nord, ce n’est pas lui ma seule matière à silence. Ma radicalité, elle est dans le Cd que je viens de donner. Le concert va commencer. On se presse, on entre, on s’assoit. On est venu nombreux de Stockholm. Une personne lit en attendant. Elle est venue m’écouter jouer du piano, mais j’aimerais surtout qu’elle écoute le premier morceau du Cd. Nor., c’est le nom de mon album. Je ne souhaite pas qu’il soit écouté en concert, ni même dans une grande pièce. Le son doit être réglé en médium. Dans le premier morceau, il y a trois pianos, il y a des pauses et des soupirs, et peu de notes. Alors, au moment où je pense que l’on commence à m’écouter, à écouter, à s’habituer à la musicalité, je fais silence, au milieu du morceau, j’éteins tout, j’arrête de jouer, j’arrête d’enregistrer. Même les sons de la pièce sont niés, je pense que l’on s’en rend compte, j’aimerais que l’on s’en rende compte. Un simple soupir n’aurait jamais suffi à donner le silence. Et je repars, dans la pièce, dans la pièce dans laquelle je joue, dans celle dans laquelle vous l’écoutez. La personne a arrêté de lire, elle attend. Je dois commencer à jouer. Peut-être que je vais y arriver. Son attention va se porter sur les sons du piano, elle va se concentrer, ralentir, refroidir, elle va se crisper, s’intensifier. Peut-être que je vais y arriver, peut-être que pendant ce concert je vais l’emmener jusque-là, peut-être qu’il va être question de faire silence, de faire silence ensemble. 

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