Patrice Meynier
Publié le 12/08/2011

Jeudi en me concentrant j'ai réussi à empêcher une feuille de tomber d'un arbre


Ce matin j'étais devant mon bol de porridge quand j'ai vu ma cuillère se lever toute seule, prendre du sucre dans le sucrier, le verser dans mon bol, mon couteau se lever, prendre du beurre dans le beurrier, tartiner mon pain, se lever le pack de jus d'orange, en verser dans mon verre, puis j'ai senti un tendre baiser sur ma joue. C'était ma femme, mais tout ça s'est passé si vite.

Hier j'ai rencontré Mme Douglas. Elle m'a embrassé sur les lèvres en murmurant, toi mon chéri tu es fait pour l'amour. C'est en s'éloignant qu'elle me lança "je m'appelle Mme Douglas".

Un soir, au cinéma, j'ai fait du plat à mon voisin en croyant que c'était une femme, alors qu'en réalité, c'était un chien. C'est lui qui me l'a dit, au moment où je m'apprêtais à l'embrasser, il m'a murmuré, je serai ta chienne.

Un matin en me levant je me suis aperçu que mes cheveux avaient poussé dans la nuit. Ma femme en me voyant s'est écriée, Qui êtes-vous Monsieur, voulez-vous bien sortir de mon lit ! Mais chérie, c'est moi Jean, mes cheveux ont poussé dans la nuit! Mon mari n'a pas de barbe Monsieur, a-t-elle dit. C'est à ce moment-là que je me suis souvenu que je m'appelais Bernard.

Jeudi en me concentrant j'ai réussi à empêcher une feuille de tomber d'un arbre. Je l'ai vue hésiter à mi-chemin du sol, vaciller puis remonter et se fixer au point exact de la branche d'où elle s'était détachée. Au printemps j'avais déjà hâté l'éclosion d'un bourgeon en lui prétendant que tout le monde était déjà sorti. 

(A suivre)
Il m'arrive bien souvent de sortir de chez moi : pour travailler dans la presse, écrire, jouer au tennis - aussi souvent il m'arrive d'y rentrer pour jouer de l'accordéon ou dormir; tout cela plus ou moins volontairement. 

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La guerre des roses n'aura pas lieu

Voici un petit extrait de mon essai intitulé : L'amour de A à z. Comprenez, de l'Amour avec un grand A des tragédies shakespeariennes aux zamours avec un petit z, où les idylles merdiques de nos semblables exposent sur un plateau ce qu'elles ont de plus banal et triste. La rose, depuis que l'homme est homme et la femme sa femme, est le symbole de l'amour par excellence. La rose qu'on m'a vendue dans un bar, cette vesprée, ne transige pas à la règle. Plus inodore qu'un verre d'eau du robinet, elles est à l'image de mes passions insipides. Comme si, à les côtoyer, elle en avait pris le parfum. Afin de ne pas me faire mal, on a pris soin d'en enlever les épines. Qui voudrait d'une fin à la Roméo et Juliette, ce couple qui n'a, à y regarder de près, rien de meetic ? La pauvre fleur sue sous un tel carcan de plastique transparent que les plis de sa robe pourprée étaient déjà fanés avant même qu'elle fût offerte. La plupart du temps, le Cupidon qui les propose, pauvre hère, est accueilli avec la mine de cent pieds de long qu'on réserve d'ordinaire à un huissier de justice sadique. On ne voudrait pas se faire offrir ce genre de rose, pas même lors de l'entretien d'embauche de sept minutes d'un speed dating, pour lequel on a investi ce qu'on avait de meilleur en nous, un peu d'argent. Je suis un célibataire exigeant. Pléonasme ? Mais non, moi aussi, Monsieur, j'ai droit au bonheur d'un CDD au SMIC de vie sentimentale. La patronne du MEDEF, nouvelle Ronsard, l'a dit : aujourd'hui, même l'amour est précaire.

Le 1 juillet 2014 à 08:30

Ils décident de se détester pour relancer leur couple

Dans l’impasse depuis plusieurs mois, un couple d’Agenais vient d’opter pour une technique radicale afin de sauver son ménage. Les deux amoureux ont décidé de se déclarer la guerre, pour le meilleur et pour le pire, espérant ainsi retrouver l’harmonie qui avait fait leur bonheur au tout début de leur relation. Ensemble depuis plus de deux ans, Pulien et Marah(1) se retrouvent confrontés à l’épreuve de la troisième année de vie commune, souvent fatale à de nombreuses histoires d’amour. Le couple parle de sa méthode comme d’une simple évidence. « Il suffit tout simplement de se mettre à haïr profondément toutes les petites choses qu’on adorait chez l’autre au début et qui construisent sa personnalité » reprennent-t-ils en cœur avant de se balancer une série de noms d’oiseaux. La dernière chance Les deux amoureux affirment avoir tout tenté avant de finalement basculer dans la haine. « Au départ nous avions pourtant pris soin de complètement changer nos caractères pour forcer un peu le feeling » raconte Pulien reprochant aujourd’hui à sa compagne de « trop chercher à vouloir lui plaire ». De son coté, Marah ne semble pas non plus avare de reproches envers l’homme de sa vie. « Il m’a harcelée pendant trop longtemps en me prouvant qu’il était vraiment amoureux de moi. Ce mec est un malade » lance-t-elle en lui adressant un regard noir. Pulien et Marah tiennent régulièrement un blog permettant aux internautes de suivre et de réagir à l’évolution de leur couple. « La scène de ménage publique est devenu le ciment de notre couple, tout comme les injonctions de justice » expliquent-t-ils avant de se mettre d’accord pour publier chacun de leur coté des photos compromettantes de l’autre sur les réseaux sociaux. (1) Une lettre des prénoms a été changée Le Gorafi

Le 9 novembre 2010 à 10:00

Martin Page et "La mauvaise habitude d'être soi"

Le chroniqueur de ventscontraires.net publie deux nouveaux livres

Martin Page fait partie de l'escadre de ventscontraires.net depuis le début, on peut lire ses drôles de billets là et les chroniques de Klemperer Jr, un projet qu'il a initié là. Mais ce sont loin d'être ses seules activités d'écriture. Il est aussi romancier, et vient de le prouver à nouveau avec un roman jeunesse à lire même si on a dépassé la date-limite de l'adolescence, Le club des inadaptés (Ed. L'Ecole des Loisirs). Et il est novelliste. Son dernier ouvrage paru aux Editions de l'Olivier est un recueil de sept nouvelles irrésistibles de loufoquerie, réunies sous le titre énigmatique de La mauvaise habitude d'être soi. Sept bijoux d'absurdité à l'implacable logique qui vous tournent la tête, dont voici un extrait pour ventscontraires.net. (Les illustrations du livre, tout aussi loufoques que les textes, sont signées du "Requin Marteau" Quentin Faucompré)."Je suis bien plus proche des autres depuis que je vis à l'intérieur de moi-même. La conscience de mon insularité m’a permis de réaliser qu'il est nécessaire de construire des ponts pour aller vers autrui ; qu'il n'y a rien de naturel ni d'évident. Ce n’est pas parce que l’on habite le même monde que l’on peut se comprendre et être proches les uns des autres. Au contraire. Les gens qui pensent ainsi se trompent. Il y a des zones d'ombres à l'intérieur de moi-même et cela m'effraie. J'ai peur de ce qu'elles renferment, je crains de m'y perdre. Mais comme je suis curieux et aventureux, je les explore doucement, pas à pas, avec une lampe de poche et mon appareil photo. Je fais des découvertes : des choses oubliées, qui me reviennent en mémoire quand je les vois, des choses inédites aussi, qui me surprennent. J'ai ainsi retrouvé des jouets d'enfance, des vieux meubles, des fruits en bocaux et des animaux empaillés, des nounours et des vêtements poussiéreux, des armes (revolver, fusil de chasse, piège à loup, dague) et des fioles contenant des liquides vert, mauve et rouge, des photos jaunies, des mannequins en plastique vêtus démodés, des coquillages et des pièces en or dans une boîte en fer.Habiter à l'intérieur de soi-même, c'est à la fois vivre dans un lieu familier et côtoyer l'étrangeté. Il n'y a pas de ciel, pas d'horizon, cela ne paraît pas très grand et pourtant il n'y a pas de limites. Je ne veux pas dire que j'y suis confronté à l'infini, mais, plutôt, que l'espace s'étend au gré de mes pas. Mon domicile dépend de mes explorations."(extrait de la nouvelle "A l'intérieur de moi-même" / illustration : Quentin Faucompré)

Le 30 avril 2013 à 08:33

Pau : Une serviette de bain une fois de plus trop loin de la douche 

L’information est tombée il y a quelques minutes à peine. Un incident serait survenu au domicile de Pierre Rimbert, un quinquagénaire de Pau dans les Pyrénées-Atlantiques. Alors qu’il venait de terminer sa douche matinale vers 09H20, ce dernier aurait constaté que sa serviette habituelle se trouvait trop loin pour qu’il puisse l’attendre avec son bras. Le Ministère de l’Intérieur dit faire « son maximum » pour résoudre l’histoire. Récit Tenter de mettre fin au blocage A l’heure de la publication de cet article, Pierre Rimbert se trouverait toujours nu dans sa douche. Cela fait plus de 4 heures qu’il tente tant bien que mal d’attraper sa serviette qu’il a par erreur laissée sur un porte-serviette à l’entrée de sa salle de bain. L’homme se dit séparé du fameux rectangle en coton vert par «  plus de 3 mètres ». C’est seulement vers 11H30 qu’un voisin entend Pierre Rimbert hurler à l’aide : « Il criait de toutes ses forces. Ça m’a inquiété, j’ai alors tapé à la porte de son appartement pour savoir ce qui se passait et là il m’a expliqué la situation depuis sa douche. Il m’a dit que sa serviette était trop loin pour qu’il puisse l’atteindre sans sortir de sa douche en mouillant le sol là où il passerait. J’ai tout de suite appelé les secours. » La police serait donc sur place depuis plus d’un quart d’heure et les forces de l’ordre tentent tant bien que mal de dénouer cette situation de crise, comme nous confie Philippe Rouland, chargé de l’opération : « Nous avons forcé l’appartement de M.Rimbert et 3 de nos hommes se tiennent à l’entrée de la salle de bain, prêts à intervenir. Nous avons essayé de convaincre M.Rimbert de sortir de sa douche et d’aller chercher lui-même sa serviette. Ce qu’il semble refuser jusque là. » Face à cette impasse, le groupe d’intervention de la police nationale pourrait bien dans les minutes à venir pénétrer dans la salle de bain et mettre la main sur cette fameuse serviette. L’idée serait ensuite de l’apporter à celui qui se trouve donc bloqué dans sa douche depuis près de 5 heures. Des minutes qui sont comptées Joint par téléphone, Pierre Rimbert se dit inquiet et nous fait part de son angoisse en cas de prolongement du blocage : « Là ça va. Je fais toujours couler l’eau pour rester au chaud. Mais ça va commencer à me coûter cher cette histoire. Et si je décide d’arrêter la douche je vais sûrement commencer à attraper froid si je ne me sèche pas au plus vite. ». Mais dans son désarroi, le Palois souhaite malgré tout rassurer ses proches : « Je tenais à dire à ma famille que je vais bien pour l’instant. Qu’ils ne s’inquiètent pas trop. Je sais que la police fait son possible pour me sortir de là et je crois à une sortie sans dégât de cette situation de crise. » Le Gorafi Illustration: iStock / eurobanks  

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