Victor Clément
Publié le 04/08/2011

Carte postale d'Italie


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Tremblement de terre à Naples. Degré 5 sur l'échelle de Panna Cotta.
Touriste à plein temps et par tous les temps. Partout et tout le temps. 

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Le 10 février 2015 à 09:24

"Ce monde n'aurait jamais été le même sans moi", affirme une boule de mozzarella

Voici 125 grammes de fromage italien visiblement fiers d’être ce qu’ils sont. Dans un entretien publié ce matin dans le quotidien Libération, Lisa, une jolie sphère exclusivement composée de lait de bufflonne, règle ses comptes avec ses détracteurs mais aussi avec les autres médias. L’élément de pâte filée en profite également pour réaffirmer son statut d’aliment star dont le rôle est l’une des clés de la société moderne. Le parfait équilibre entre fraîcheur et saveur « Certes il y a eu l’électricité, il y a eu Internet, mais nous savons tous que ce monde n’aurait jamais été le même sans moi, la mozzarella », attaque d’entrée Lisa dans ce qui pourrait ressembler à un propos parfaitement égocentrique et narcissique. Mais la boule de fromage, encore imprégnée de son jus, réfute tout égo surdimensionné : « Je sais bien que d’autres inventions ont littéralement changé la face du monde. Je dis juste que la création de la mozza’ a été un tournant dans l’histoire de l’humanité et de la gastronomie. » Originaire de la Campanie, Lisa se dit « fière de ses racines ». Découverte il y a près de 900 ans, cette mozzarella tente d’expliquer son succès qui ne faiblit pas depuis : « Déjà, je suis particulièrement bonne. Je représente le parfait équilibre entre fraîcheur et saveur. Ensuite, le fait d’être en boule me rend à la fois sympathique et ludique. On a envie de me croquer, de me lancer contre une batte de baseball ou de m’accrocher à un sapin de Noël. Chose qu’on ne peut pas faire par exemple avec un gouda au cumin. » Enfin, non sans fair-play, Lisa salue la percée récente de sa petite-cousine, Florentina, la corpulente burrata devenue populaire ces dernières années : « Je suis très contente de ce qui arrive à Flo’ ces derniers temps. Elle le mérite. Son cœur crémeux est une véritable révolution culinaire même si j’ai la prétention de croire qu’elle ne pourra jamais m’éclipser dans le cœur des gourmets », explique la sphère de mozzarella. Des envies de politique Interrogée sur sa vision de l’avenir, Lisa révèle les quelques grandes lignes de sa stratégie ainsi que son désir d’engagement : « Je pense avoir accumulé suffisamment d’expérience pour me lancer en politique. Pour tout vous avouer, je suis déprimée quand je regarde notre classe politique et je reste persuadée que la boule de mozzarella que je suis peut faire bien mieux que nos dirigeants actuels et l’opposition. » Un départ en politique qui pourrait bien s’avérer payant si le morceau de fromage arrive à capitaliser sur la côte de sympathie actuelle dont il jouit auprès des électeurs de gauche comme de droite. Le Gorafi

Le 14 avril 2012 à 08:41
Le 14 juillet 2010 à 14:37

Kodi

On rigole bien en France. Kodi (Claude-Michel Wilfrid) a 26 ans.  Kodi avait un travail, une vie sociale et une vie tout court, comme tout le monde. Il habitait Port-au-Prince. Oui mais voilà : à Port-au-Prince il y a eu un tremblement de terre, et Kodi y a tout perdu, comme ça, en quelques minutes (certainement dans le but de faire son intéressant, Kodi, tout le monde le sait, est comme ça). Une explosion au propane, ça pardonne pas : Kodi est brûlé au visage, aux mains, au torse, au dos et aux jambes. Comme Kodi ne fait rien à moitié, il possède également de nombreuses plaies ouvertes, certainement pour se donner un genre, faire son rebelle et se la péter grave devant ses potes (quel sacripant ce Kodi!). Jusque là me direz-vous, ce n'est pas très drôle. Rassurez-vous, c'est maintenant que ça va le devenir, promis. Kodi, cet immonde opportuniste, a bénéficié de la mesure qui a permis à de nombreux Haïtiens de séjourner en France pour traitements d'urgence. Alors la France, comme c'est un grand pays, elle l'a soigné le Kodi pendant tout ce temps. Sans rien demander. Très généreusement. A Lamalou-les-Bains. Lamalou-les-Bains c'est très joli en plus. Parce que la France elle a la classe atomique : elle ne rechigne devant rien, et a un cœur gros comme ça. Oui mais voilà, Kodi est en France depuis bientôt trois mois, et la France, et bien, elle permet aux Haïtiens de ne rester que trois mois, c'est la loi (la France elle est altruiste mais elle a des règles). Alors dans sa très grande mansuétude, eh bien elle a décidé qu'il fallait le renvoyer à Port-au-Prince le Kodi. Parce qu'après tout la France, elle est bien gentille, mais cette petite frappe de Kodi faudrait pas qu'elle prenne ses aises ici et ne profite trop du système. Il est pas complètement soigné Kodi ? Bah, il avait qu'à cicatriser plus vite aussi (il est d'un lent ce Kodi... c'est le premier pour faire des conneries, mais pour ce qui est de cicatriser dans les délais impartis, on attend toujours...). Alors Kodi, on va le renvoyer là-bas. Bon d'accord, il ne peut plus vraiment se servir de ses mains, aura des difficultés certaines à retrouver du boulot dans son état mais bon, la France elle fait ce qu'elle peut hein et quand elle dit trois mois, et ben elle dit trois mois: la France, elle transige pas avec les contrats ! Le Kodi il est bien mignon, mais faut pas pousser mémé dans les orties non plus.  La France, elle aime pas les profiteurs. Quel salaud ce Kodi... Je vous l'avait dit, on rigole bien en France... > plus dans le Midi Libre > plus sur Facebook

Le 31 mars 2011 à 11:26

Sainte Rita, priez pour nous

Carte postale d'Italie

Rita Dalla Chiesa n'a pas vraiment le physique de son nom (Sainte-Rita est la patronne des désespérés et "la chiesa", en italien, c'est l'église). Car son physique est typiquement celui d'une présentatrice d'émission pour une chaîne berlusconienne. Il se trouve d'ailleurs que c'est son métier : elle anime le talk-show "Forum" tous les jours à l'heure du déjeuner sur Canale 5, média appartenant au Condottiere. Elle se dit ouvertement de droite mais jamais, évidemment, elle ne se prêterait au jeu propagandiste du président du Conseil. Pourtant, c'est elle qui a invité une habitante de L'Aquila, cité sinistrée, on s'en souvient, par un séisme il y a bientot deux ans. Sur le plateau de "Forum", Marina Villa a décrit son calvaire, ce terrible traumatisme qu'ont vécu comme elle les habitants de la ville, traumatisme heureusement apaisé par la rapide et efficace intervention de l'état, qui a relogé les sinistrés dans des logements neufs ou dans des hôtels à titre grâcieux. Deux ans après la catastrophe, la ville serait en voie de retrouver son visage radieux d'antans…Oui, mais voilà… Si Marina Villa habite bien dans les Abruzzes, c'est à une heure de route de L'Aquila. En admettant qu'elle ait effectivement ressenti les secousses, elle n'a pu voir "les radiateurs voler" qu'à la télé, et peut-être bien sur une chaîne berlusconienne, qui sait? La mère de famille, dévoilée, a présenté des excuses aux victimes du tremblement de terre, expliquant qu'elle s'était grisée sous les projecteurs, avouant qu'elle a récité un texte mais niant avoir reçu la rémunération de 300 euros que les médias l'accusent d'avoir touchée… Sainte-Rita, patronne des (faux) désespérés a juré, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

Le 25 décembre 2010 à 12:15

La schizophrène et Noël

Tiraillements gastronomiques d'une Franco-Slovène

C’est décidé, cette année je fête Noël en France. La preuve, je suis là. J’attends avec impatience les prochaines chutes de neige pour batifoler dans les congères. Je suis prête je vous dis. J’ai fait tous mes cadeaux. J’ai acheté des livres, des DVD, et deux places pour le théâtre. J’ai tout prévu pour Noël, tout. ça me réjouit. D’habitude, je ne sais jamais ce que je fais, ni où je suis. Mais cette année j’assure. Je suis à Paris, avec des Français. Je laisse de côté ma moitié slovène, je la débranche, je la cache dans le placard comme un amant encombrant. Le soir du réveillon, je dînerai français, parfaitement ! Au menu, foie gras, huîtres puis dinde aux marrons. Et en dessert, la traditionnelle… J’allais écrire bûche, mais soudain un doute affreux m’envahit. Bûche ou… potica ? La bûche, c’est délicieux, oui, surtout au chocolat, et puis c’est typique… mais la potica !! Ce joli gâteau tout roulé tout moelleux tout crémeux (voir la photo) fourré aux noix aux noisettes au choco… bref qui fond sur la langue dans la bouche et jusque sur les hanches, ah il est simplement… « trop bon » comme on dit ici ! Oui, « trop bon », mais 100% slovène. Alors qu’est-ce que je fais ? Un menu français et un dessert slovène ? Je ressors mon amant du placard ? Ou bien je mets mes deux moitiés d’accord et j’achète des sorbets chez Picard ? Mais non, des sorbets un soir de réveillon c’est sinistre, c’est comme voir la neige qui fond. Ah j’en ai marre, vivement la diète ! Vesel bozic ! Joyeux Noël !

Le 9 octobre 2012 à 08:05

Super Mario contre les spéculateurs

Econotrucs #7

Les banques de Wall Street sont des championnes du lobbying et ont influencé les décisions politiques ayant conduit à la déréglementation financières tous azimuts et aux crises récentes. Dans ce contexte, la nomination en 2011 de Mario Draghi à la tête de notre Banque Centrale Européenne (BCE) a posé question : Celui-ci a en effet été vice-président pour l'Europe de la banque d'affaires Goldman Sachs entre 2002 et 2005. Et cette même banque a aidé la Grèce à truquer ses comptes publics au tout début des années 2000. Cela sentait bon le conflit d’intérêt, et certains en ont même déduit que Mario Draghi (qui entretemps fut cinq ans gouverneur de la Banque d'Italie) était resté aux ordres de Goldman et des puissances occultes de l'argent. ( C’est la thèse du documentaire « Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde » par exemple). Depuis un ans qu’il exerce son mandat, on constate au contraire que Draghi a pour l'instant très bien joué son rôle, réussissant habilement à intervenir pour stabiliser la zone euro, tout en restant en conformité avec le mandat très étriqué qui lui a été confié. Justement parce qu'il est issu de Goldman Sachs, Draghi connaît très bien les marchés, leur fonctionnement, leurs biais, leur psychologie, et les marchés, de leur côté, le respectent et en ont même peur : les opérateurs des marchés qui ont parié sur un éclatement de la zone euro sont carrément terrorisés par ce Super Mario. Car lorsque que vous pariez sur un événement qui ne se produit pas, vous pouvez perdre beaucoup d'argent. Les grandes banques n'ont pas intérêt à ce que la zone euro s'effondre, (elles seraient les premières touchées,) mais les Hedges Funds, alliés objectifs des eurosceptiques, et tous les représentants de la finance fantôme qui ont contribué aux crises financières récentes, ont depuis 2010 souvent largement parié sur la fin de l'euro. Lorsque Draghi intervient comme il l'a fait en septembre (annonçant des achats illimités de dette si un pays voyait ses taux s’envoler) cela fait beaucoup de mal aux spéculateurs. La question qui se pose, c'est de savoir combien de temps Draghi parviendra à tenir en respect les marchés, si pendant ce temps les gouvernants continuent - le nez sur les sondages - la valse des demi-mesures, demi-tours et autres hésitations ? Une monnaie commune c'est une volonté politique, et c'est cette volonté politique que testent en permanence les marchés. En attendant, on peut remercier Goldman Sachs d'avoir bien formé Mario Draghi.

Le 16 novembre 2013 à 08:53

Mario Rigoni Stern, clochard céleste

Portrait 45

Mario Rigoni Stern est un morceau de neige. Il né en 1921 dans sa montagne, à Asiago en Vénétie et meurt en 2008 au même endroit. Ne croyez pas pour autant que ses pieds n'ont pas goûté plus large. La seconde guerre mondiale le souffle comme un flocon, incorporé par les Italiens, qui soutiennent l'Allemagne. Champs de guerre de France, d' Albanie, puis contre les Russes, puis emprisonné par les Allemands, avec les Russes qu'il devait combattre. Lorsqu'il comprend que le printemps n'empêche personne de mourir, il choisit l'hiver. Mario Rigoni Stern s'évade par la neige en 1943. Deux années d'errance, de la Prusse Orientale jusqu'à Turin. Deux années à marcher dans sa faim comme dans les congères. Après guerre, une fois rentré, il devient employé du cadastre pour se consacrer à la montagne et à l'écriture. Mario Rigoni Stern est le flocon qui brûle la langue de tous les sergents perdus dans la neige. Mario Rigoni Stern est la goutte glacée qui capture la lumière au bout des serres d'un rapace. Mario Rigoni Stern est la larme figée au bord de l'oeil de Primo Lévi. Il sait que les promesses du ciel fondent comme le givre. Que la mort est une couverture pleine de souvenirs. Que des baies poussent dans l'hiver. Il se consacre à sauver ce qu'il reste. L'allure d'un arbre, l'odeur d'un plat, du tabac partagé, la piste d'un oiseau, l'amitié. Des traces de pas dans le grand vide blanc d'après l'horreur. En France il est édité par La fosse aux Ours.

Le 15 décembre 2010 à 12:37

Mario Monicelli : un uomo grande grande

Se faire la belle par la fenêtre

Il se défendait d’être « le père de la comédie à l’italienne ». Tel était son surnom depuis 1958, année de sortie du génial « I Soliti Ignoti » (Le Pigeon). Menée par Peppe la panthère (Vittorio Gassman), boxeur raté mais beau parleur, une bande de cambrioleurs du dimanche projette de commettre un casse au Mont de Piété avant de percer le mauvais mur et de finir attablée dans une cuisine autour d’un plat de spaghettis aux pois chiches, à débattre des talents culinaires de la fiancée de Peppe. Pour Mario Monicelli, la comédie à l’italienne était née bien avant lui du temps de la Commedia dell’Arte, à travers les personnages de Polichinelle ou d’Arlequin, deux serviteurs qui luttent pour sortir de leur condition et se protéger de la misère ou des maîtres qui les maltraitent.  Pourtant, en 65 films et 60 ans de carrière, Monicelli a su mieux qu’un autre brosser les désirs, les désespoirs et les turpitudes des Italiens, donc des humains, en mêlant le comique et la farce à la mort et à la maladie. Réalisateur prolifique et maintes fois couronné – Lion d’or de Venise en 1959 pour « La Grande Guerra » (La Grande Guerre) – il n’a jamais cessé son combat politique, donnant des interviews jusqu’à la fin de sa vie pour brocarder les dérives de Berlusconi et la passivité de ses concitoyens. En 1977 il tourne « Un borghese piccolo piccolo » (Un bourgeois tout petit petit) dans lequel Alberto Sordi, magistral, campe Giovanni Vivaldi, un bourgeois obsédé par l’idée de venger la mort de son fils et qui en perd toute dignité, avant de sombrer dans une folie meurtrière. Le 29 novembre 2010, Mario Monicelli, âgé de 95 ans, s’est jeté par la fenêtre de sa chambre d’hôpital à Rome.  « Un uomo grande grande » (Un homme grand, très grand). Ça ferait un joli titre pour un dernier film.

Le 27 juin 2011 à 09:03

Un dinosaure à déclarer

Histoires d'Os 14

Sous son képi autoritaire, le douanier italien ne voulait rien entendre. Il venait de contrôler la cargaison du véhicule et les explications savantes du jeune homme qui la transportait, ne faisaient que l’agacer. Ces caisses contenaient un squelette. Un cadavre d’animal auquel ce prétentieux prétendait naïvement faire franchir la frontière, au mépris des règles d’hygiène et des obligations douanières. L’homme avait beau lui expliquer dans son verbiage entortillé qu’il s’agissait d’un dinosaure, mort depuis des millions d’années et qu’on l’attendait à Venise pour l’exposer, très légalement, dans le nouveau Muséum, le zélé fonctionnaire demeurait intraitable. Il voulait bien admettre les raisons scientifiques du chercheur de fossiles et ne pas trop insister sur l’aspect sanitaire ni sur l’aspect moral d’une telle opération (ce n’était pas de son ressort) mais il devait aussi accomplir son devoir douanier. Dans la mesure où ce squelette était comme il l’avait compris, un objet de collection, il devait bien avoir un prix, une valeur à mentionner sur la déclaration afin que l’administration puisse calculer ses droits. Alors, c’était au tour du jeune homme arrogant de se montrer embarrassé. Et c’est ainsi qu’une équipe d’experts (juristes et paléontologues) fut dépêchée depuis Paris pour tenter d’apprécier le prix du kilo de dinosaure, une marchandise inestimable qu’aucun consommateur transalpin n’aurait songé à importer.

Le 15 novembre 2011 à 08:13
Le 27 août 2011 à 08:07

Et la terre trembla...

Je me demande quelle est la probabilité pour qu'un tel évènement se produise: qu'un homme prenne la parole pour présenter sa justice et ayant à peine prononcé trois phrases, que la terre tremble sur les plus hautes villes du pays, s'attaque au Pentagone, le temple des armées, fasse exploser ses canalisations, mette à l’arrêt, bloquant même ses systèmes de secours, la centrale nucléaire de North-Anna en Virginie.Il y a dans les anciennes mythologies des interventions divines de cette nature, quand les devins scrutent le ciel et les éclipses. Et soudain au moment de l’attaque, la terre tremble. Certes, nous sommes matérialistes et ceci n'est pour nous qu'un tremblement de terre force 5, 9, totalement inhabituel en ces contrées. Sans aucun rapport avec aucun évènement humain. Mais je ne le ressens pas ainsi. Je crois que la terre en a ras le bol.  Ras le bol de l'homme, de ses compromissions, de ses mensonges, de sa puanteur, de sa facilité de céder à l'intérêt. Ce jour-là cet homme devait prendre la parole au nom de la justice. Mais il ne prit la parole qu'au nom de sa carrière. Il présenta une femme qui avait menti face à un accusé qui avait menti, hier et aujourd’hui, dans un pays où il y a un nombre insensé de menteurs, dans la presse, dans les sphères boursières et gouvernementales, dans le monde d'une justice qui s'offre avec impudeur à l'argent. C’est le pays où un staff gouvernemental se fait photographier en prenant des airs effrayés quand il regarde le dernier épisode de « Desperate housewives. » Et la terre trembla… Je crois qu'elle en a marre des mensonges des hommes, de la lâcheté des justes et de la pourriture de leurs maîtres. De leurs intérêts et de leur science sans conscience. Marre de voir les cinq éléments suppliciés. Les atomes explosés, la terre éventrée pour son sang noir, l’air chargé de poison, l’eau, la plus pure des créations, la plus avilie, les pluies charriant la mort sur tous les continents, elle la bienfaitrice, la porteuse de moissons, désormais porteuses d’isotopes mortels. Marre des dauphins  étouffés du pétrole de Louisiane, des saumons entassés dans des cuves, eux autrefois les plus libres des animaux, des thons rongés de métaux et nous qui les mangions parce que leur splendeur libre nous nourrissait, aujourd'hui abêtis et abrutis par leur chair, nous sommes gavés des poubelles de nos industries. Il pleut des oiseaux morts, les rivières, soudain sont débordantes de cadavres. Il n'y a pas de profondeur qui ne soit souillée, irradiée, poubelles d'un profit aveugle. Les coraux sont des champs de plastique à l'infini. Les neiges éternelles sont des photos. Et la terre trembla et le pyramidion de l'obélisque fut fissuré. Et des flèches néo-gothiques de la cathédrale tombèrent. L'ouragan Irène court vers New York.... Si j'étais DSK, je regretterais , vraiment, de n'avoir pas mis, ce matin-là mon peignoir en sortant de ma douche!

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