Ariane Walter
Publié le 13/08/2011

La planète des singes, c'est de la bombe !


On y va pour se distraire et on sort de là bouillonnant

Si j'étais le New World Order, voilà un film que j'interdirais fissa fissa! Révolution ! Révolution !  On y va pour se distraire et on sort de là bouillonnant ! Why ?
Quel film! Comme "Z" de Costa-gavras, 'la planète des Singes" exalte ce sentiment d'injustice qui nous ronge. Les hommes ne se préoccupent que d'expériences foireuses, de rendements boursiers et l'humanité, cette belle humanité pour laquelle nous voulons nous battre,  échoue dans les yeux et dans les coeurs de singes qui jouent les Spartacus. N'écoutez pas les critiques. Ils minimisent. Ils sont payés par l'ennemi. On a le coeur traversé par de superbes images, par des situations qui vous pressent comme un citron de larmes. Le début du film est d'une vivacité époustouflante. La fin, un morceau de bravoure comme la course de Ben-Hur. "Non"! hurle César, le singe aux beaux yeux balafrés par la folie des hommes et ce "Non!"sont il nous l'inscrit dans le ventre avant de voler sur la canopée des séquoïas des anciens temps! Libre! Le seul collier que nous voulions autour de notre cou!
Petite créature terrestre qui ouvre les yeux sur l'incroyable altération de la beauté. J'écris des pièces de théâtre, des nouvelles, des romans, des articles pour les webmedias ce qui est beaucoup pour une amoureuse de la paresse. Je me sens engagée dans le grand combat que les "junzi" , les hommes de bien de notre temps, doivent mener contre la décadence foutraque qui nous entoure. Beauté, amour et révolution!
Ma citation préférée est de Confucius: "Ne te soucie pas d'être remarquée. ne te soucie que d'être remarquable".
 

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« La politique économique que nous menons en France actuellement, c'est une politique de ri-lance"

Christine Lagarde, ministre de l'Economie, Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, 4 juillet 2010

Cacher un vilain mot que l’électeur ne saurait entendre, en atténuer un autre que le consommateur ne doit pas trop prendre… au mot, faire carburer les concepteurs d' « éléments de langage »,  produire en scène la ministre la plus rompue aux contractions anglo-saxonnes et nous voilà lestés de « ri-lance ».  C’est ce qu’on appelle un mot-valise où rigueur et relance sont rangées tête-bêche pour suggérer que tout est « under control ». Christine Lagarde n’est pas la plus antipathique des ministres en exercice et dans sa bouche « ri-lance » c’est du rire et de l’aisance, comme si tout ça n’était pas bien grave. La conduite des politiques économiques étant riche en métaphores routières on observera cependant que faire de la rigueur pour conjurer le crash budgétaire et de la relance pour éviter la panne de marché, c’est appuyer en même temps sur le frein et l’accélérateur. Généralement ça ne se termine pas très bien. De même d’ailleurs la « stagflation » des années 60 (stagnation et inflation vont dans la même valise !) où, cette fois, on débrayait et accélérait tout à la fois. L’avantage de « ri-lance », par les temps présents, c’est que pour sacrifier à la mode des « lipduds » on verrait bien les ténors UMP en faire la promotion sur du Mika : « rilance…relax...take it easy… ».

Le 3 juillet 2015 à 07:42

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Les animaux font-ils de la politique ?

NON. Les animaux ne font pas de politique. Or, comme chacun sait, ceux qui ne font pas de politique votent à droite. Donc, les animaux sont de droite. Ils préfèrent la nature aux maisons de la culture ; ce sont des scouts qui s'ignorent. Avec ça, ils sont très famille-famille et ils n'aiment pas les étrangers : le taureau, par exemple, se montre particulièrement chatouilleux quand on en entre dans son enclos ; il voit rouge, c'est un anti-communiste primaire. Ajoutons à cela que la plupart des animaux ne connaissent que l'agressivité, l'instinct, la force. Chez les crocodiles, cela s'explique facilement : ils n'ont jamais lu une seule ligne du Contrat social de Rousseau. Leur cerveau reptilien reste assez borné, et c'est bien dommage pour ceux qui, tombant dans la rivière et qui ont peut-être lu le Contrat social, découvrent tout à coup que la philosophie n'est d'aucun secours quand un bataillon de sauriens vient de réduire vos jambes au niveau du torse. Mais, me dira-t-on, c'est user là d'un exemple excessif. Et puis, qu'est-ce qui prouve que, parmi les crocodiles, il n'y en a pas un qui a lu Rousseau ? Un crocodile intello. Un saurien de gauche, qui aurait lu Marx et Groucho. Un croco qui dirait à la réunion de cellule : « Camarades, la violence n'appelle que la violence : si vous ne voulez pas finir en sacs à main, refusons la violence de ceux qui nous exploitent juste pour notre peau ! Bref, arrêtons de jouer aux crocodiles. Devenons pandas, dauphins, ours en peluche, Bisounours... » Mais il y a fort à parier que ce croco-là se ferait dévorer par ses congénères bas du front, qui finiront eux aussi en sacs à main, car c'est entendu : les animaux ne font pas de politique !

Le 1 février 2011 à 14:15

Jacques Le Glou (1940-2010)

Les cracks méconnus du rire de résistance

Aux alentours de Noël 2010, certains « professionnels de la profession » du 7e art français s’étant rendu à Nantes pour un dernier hommage à l’ex-vice-président d’Unifrance, le producteur-distributeur-exportateur de films volontiers invendables Jacques Le Glou, firent tout d’un coup une drôle de tête. C’est que les chansons d’agit-prop qui retentissaient pendant la crémation s’avéraient être d’un radicalisme inouï : « Toutes les centrales sont investies,Les bureaucrates exterminés,Les flics sont sans merci pendusÀ la tripaille des curés... » Eh oui, le directeur de scène à l’Opéra de Marseille en 1967, fer de lance du fameux ciné-club Jean Vigo et de la Cinémathèque d’Henri Langlois, le « pêcheur d’auteurs » intransigeant tels que Jean Eustache, Leos Carax, Cédric Kahn, Paul Vecchiali, le diffuseur dans le monde de perles rares ayant fait l’événement à Cannes (La Maman et la putain, Marius et Jeannette, La Vie rêvée des anges), le grand manitou du festival du cinéma et de la gastronomie de Dijon était aussi un fieffé gredin qui s’enorgueillissait de n’accueillir dans son fastueux bar privé cannois du Carlton que les plus importants producteurs internationaux et les pires gibiers de potence (de l’agitateur belge malotru Jan Bucquoy au braqueur de banques libertaire Roger Knobelpiess). -    Orchestrateur de la rédaction du Monde libertaire, Jacques Le Glou est mis à pied pour avoir écrit : « Grand malheur pour la pensée française ! André Breton est mort et Louis Aragon toujours vivant ! » -    Compagnon de mauvais coups des situationnistes, il remet en place avec eux en 1969, place de Clichy, à Paris, la statue de Charles Fourier sur son socle resté vide depuis que les nazis l’avaient déboulonnée. « La statue, réplique exacte de la précédente, était en plâtre mais finement bronzée. À vue d’œil, on la croyait vraie. Elle pesait quand même plus de 100 kg. D’après un témoin cité par France Soir, "huit jeunes gens d’une vingtaine d’années étaient venus la déposer à l’aide de madriers. Une jolie performance si l’on sait qu’il n’a pas fallu moins de trente gardiens de la paix et une grue pour remettre le socle à nu." »-    Ami loyal de Guy Debord (un des rares à n’avoir pas été envoyé aux pelotes), il est à l’origine de la sortie du DVD et de la ressortie dans les salles de ses ciné-pamphlets.-    Ses propres écrits anarcho-enragés étaient très chouagamment fricassés. Relevons une exhumation annotée d’un chef-d’œuvre de la subversion poivrée Hurrah ! ou la révolution par les Cosaques (1854) d’Ernest Coeurderoy, une préface incendiaire à Prise de possession (1888) de Louise Michel, une lettre d’amour fou à la pétroleuse Michelle-Marie Weber venant de casser sa torche.-    Et c’était un conteur hors pair. Ses aminches adoraient l’entendre raconter comment il avait été un roi de la contrebande durant son adolescence, comment il avait réussi à sauver sa boîte Mercure Distribution grâce à une partie de poker, comment il était parvenu à vendre un film coquin qu’il n’avait jamais vu au nabab Menahem Golan, comment il avait compris dans les bordels de Hong Kong que la débauche pouvait être un véritable art ou comment, pour retrouver des bien-aimés dans une réception huppée de Cannes sans être enquiquinés au passage par ses myriades de relations, il s’était métamorphosé en élégante lady (que je n’aurais certes pas identifiée si elle ne m’avait sorti subitement : « Nono, c’est Jacqueline ! »). Mais le point d’orgue des activités « non normales » – comme il aimait dire – de Jacques Le Glou, ça restera son 33-tours (et plus tard, CD) Pour en finir avec le travail. Chansons du prolétariat révolutionnaire que les amis des lois ne sont pas arrivés à mettre hors d’état de luire. Il s’agit d’un assortiment de chansons célèbres, interprétées magnifiquement par Michel Devy, Jacques Marchais et Vanessa Hachloum (pseudo de Jacqueline Danno) que Le Glou, mais aussi son pote Roda-Gil et ses camerluches situs Debord et Vaneigem, ont diaboliquement détournées de leur sens premier. C’est ainsi qu’Il est cinq heures, parolé par Jacques Lanzmann et miaulé par Jacques Dutronc, est devenu un hymne à un mai 68 qu’on aurait poussé plus loin : « Les blousons noirs sont à l’affût,Lance-pierres contre lacrymogènes,Les flics tombent morts au coin des rues,Nos petites filles deviennent des reines.Il est cinq heures.Paris s’éveille. (bis) » Que La Bicyclette, parolée par Pierre Barouh, musiquée par Francis Lai, roucoulée par Yves Montand, s’est transmutée en La Mitraillette :    « Curés, salauds, patrons, pêle-mêle,    Vous n’aurez pas longtemps vie belle, Viendra la fête,(…)Et l’on verra cette sociétéSpectaculaire assassinéePar les Soviets du monde entier,À coups de mitraillette. » Et que Les Feuilles mortes de Prévert et Kosma s’appelle maintenant Les bureaucrates se ramassent à la pelle : « Tu vois, il faut s’organiserPour ne plus jamais travailler. » Saluons la mémoire du frère (d’armes) Jacques, le meilleur saboteur de goualantes tartignolles qu’ait connu la France, en prenant l’habitude de détourner loufoquement, au débotté, les paroles de chaque tube voulant s’insinuer dans nos noneilles.

Le 11 avril 2010
Le 21 septembre 2010 à 14:56

Le Guili-guili show

Rire et résistance en République islamique d'Iran

Contrairement aux idées du prêt à porter médiatique en vogue, il ne faut pas confondre les Iraniens et les institutions qui les gouvernent. Plus les lois morales d’une société sont rigoureuses, plus forte est l’envie de rire et de s’en moquer. Plus il y a d’interdit, plus le désir de transgression devient un état permanent de la société, un passe-temps collectif. Les gens ne s’identifient pas aux lois, ils se mettent en face d’elle et n’arrêtent pas de chercher des moyens de les détourner. Tout peut devenir objet de dérision. Au début de la révolution islamique, il y avait à la télévision une émission animée par un ayatollah qui donnait une interprétation et une explication minutieuse à des situations improbables que pouvait rencontrer dans sa vie tout bon croyant : « Si lors d’un tremblement de terre un homme habitant le cinquième étage tombe sur une femme résidant au quatrième et qu’à l’issue de cette collision un enfant naît, le fruit de cette union est-il légitime ou illégitime ? ». Cette émission qui se voulait sérieuse rencontra un immense succès comique. Les Téhérani l’appelaient le « Guili-guili show ». Vingt ans plus tard la censure s’est assouplie, elle autorise la sortie du Lézard, long métrage de Kamal Tabrizi racontant l’histoire d’un voleur qui s’échappe de prison déguisé en mollah et qui se retrouve malgré lui le saint prédicateur d’une mosquée de village. Il est harcelé par de jeunes apprentis mollahs qui lui demandent ce qu’a prévu le Livre pour le cas où deux cosmonautes homme et femme se trouvent en apesanteur dans l’espace et se touchent ? « Doivent-ils faire un mariage provisoire ? ». En trois semaine, ce film a pulvérisé le record de fréquentation de toute l’histoire du cinéma iranien, avant d’être retiré des salles par les autorités…

Le 2 décembre 2010 à 07:40

"On est quand même dans un monde de schtroumpfs!"

Vincent Peillon, Radio J, dimanche 28 novembre 2010.

Bienvenue chez les Schtroumpfs !  Peillon n’a pas tort d’invoquer Peyo. L’agitation du village socialiste fait penser aux petits lutins bleus de l’illustre auteur de BD, avec leurs fantasques querelles et leur langue codée. Vincent Peillon, député socialiste européen, c’est un peu lui même le Schtroumpf à lunettes (qu’il ne porte pas, mais ça doit être une ruse !), celui qui ramène toujours sa science (de philosophe en l’espèce) et agace tout le monde tout le temps. Mais il ne croyait pas si bien dire. Son ironie, ce jour-là, visait ceux qui voulaient pousser Dominique Strauss-Kahn (le Grand Schtroumpf caché) à précipiter sa candidature aux primaires socialistes alors qu’il a bien plus important à faire à la tête du FMI, que de venir batailler ici avec François Hollande (Le Schtroumpf Farceur), Arnaud Monteboug (Le Schtroumpf Frimeur) ou Manuel Valls (Le Schtroumpf Joueur). Or le lendemain, stupeur et tremblements dans la forêt, c’est la Schtroumpfette Ségolène Royal qui annonçait sa propre candidature, frôlant même l’outrage à Grand Schtroumpf caché en lui promettant un poste de premier ministre si elle devenait Présidente. Certes elle a nuancé ensuite, mais la zizanie régnait à nouveau dans le monde des Schtroumpfs roses. Et tout ça pour un mot malheureux de Martine Aubry (La Schtroumpftaine ?) laissant croire que les primaires étaient pliées d’avance avec la complicité de la Schtroumpfette. Schtroumpf qui pourra !  

Le 12 septembre 2012 à 08:39

Nanar se barre

Après le réjouissant Intouchables, Nanar se barre sera-t-il le film français le plus vu et commenté au monde ? L'histoire, tirée de la vraie vie qui inspire tant les producteurs de cinéma, se résume ainsi : Nanar, cochon replet, en a marre de donner du gras à son pays, la France. Donc il se barre. Pas loin, car Nanar n'est pas le genre à se salir la couenne dans un ashram avec des cochons pouilleux. Nanar se tire en Belgique. Là-bas, l'herbe n'est pas plus verte (quoique niveau pluviométrie la Belgique en impose) mais Nanar peut garder son lard, ce qui, pour un goret, est le pied (de cochon). Vous protestez que ce film ne vaut pas rillette, que ces porcs de scénaristes ne se sont pas foulé le groin. N'oubliez pas que ce sont les ficelles (de saucisson) les plus grosses qui se révèlent les plus solides. D'autant que Nanar garde sous les pattes des rebondissements aussi tordus que sa queue en tire-bouchon. Certes, il part s'aérer le jambon en Belgique mais en fait c'est juste pour s'en payer une tranche, car le meilleur de lui-même, à savoir son filet mignon, reste en France, au chaud à l'hôtel des Impôts. Du moins c'est ce qu'il déclare, et on n'a aucune raison de ne pas le croire, non ? S'il nous mentait, ça voudrait dire : primo, qu'il nous prend pour des veaux et deuzio, que derrière ce cochon rose se cache un requin blanc. Et ça, vraiment, ce ne serait pas crédible. Nanar en Terminator, et puis quoi encore ? Pourquoi pas la Graisse en faillite, tant qu'on y est ?

Le 27 septembre 2010 à 12:24

"De plus en plus, ces fonds d'investissements étrangers n'ont pour seul objectif que la rentabilité financière à des taux excessifs. Quand je vois certains qui réclament une rentabilité à 20-25%, avec une fellation quasi nulle..."

Rachida Dati, Canal +, dimanche 26 septembre 2010

Y’en a qui voient le mâle partout. Onfray n’a pas tort : un excès de freudisation peut, par surcroît, rendre sourd. Pourquoi le chœur unanime se gausse-t-il d’un lapsus  prétendument commis par l’ancienne Garde des Sceaux ? Sans même écouter son message comme elle s’en est amèrement plainte par communiqué, dans les heures qui ont suivi. Bien sûr que les fonds d’investissement, ça suce énormément. Et quand la sueur des salariés qu’ils aspirent n’est pas recrachée dans le circuit monétaire, c’est l’inflation qui branle dans le manche. Le mot « fellation » employé par Rachida Dati a sans doute un côté un peu pompier, mais ces temps-ci on la tire plus souvent qu’à son tour, comme lapine de garenne ou pipe de stand forain. Trop injuste. Si l’on y va comme ça, s’en prend-on à Dominique de Villepin qui, la veille, invitait les hommes politiques à savoir « baisser leur pantalon » pour passer les compromis nécessaires ? Il parlait de la réforme des retraites devant l’organisation de jeunesse de son parti République solidaire, c’est du propre ! Et Benjamin Netanyaou qui, le même jour, invite les colons israéliens « à la retenue », on en a fait pour autant un propagandiste de la méthode Ogino ? Tout fout Lacan décidément.

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