Noël Rasendrason
Publié le 17/02/2015

Mes frites


NR sera un jeune prodige du dessin dans environ 10 ans.

D’ici-là, il en profite pour faire des choses diverses et variées, comme

- imprimer des photos de requins, 
- ouvrir des brèches dans le continuum espace-temps (et dans les tomates), 
- du graphisme,  
- et surtout, les dessins de La Dissonance des Corps.

Sans pitié aucune, il publie un premier recueil de ces dessins en mars 2011 aux édition Lapin.

Tout est là :

http://donne-moi-ton-ballon.blogspot.com

 

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Le 8 janvier 2013 à 12:20

«J'ai un passeport russe, mais je suis Français et j'aurai certainement la double nationalité belge»

Gérard Depardieu, Equipe 21, lundi 7 janvier 2013

L’homme qui rit dans les goulags a le patriotisme à fiscalité variable. Ce qui l’amène à revendiquer une double nationalité belge alors qu’il en détiendrait en réalité trois. La Russe par faveur du nouveau tsar. La française qu’il ne semble plus vouloir renvoyer à la figure de Jean-Marc Ayrault. Et la belge donc. Encore qu’il ne suffise pas au natif de Chateauroux d’être néchinois (merci Vincent Roca) pour atteindre à la belgitude suprême. Pas sûr qu’ait été appréciée, outre-quiévrain,  sa « certitude » d’être bientôt sujet du royaume. Il faut d’abord faire preuve de « mérites exceptionnels » pour être naturalisé par le Parlement à Bruxelles. C’est là que ça coince. Ce n’est pas parce qu’Obélix a trahi Uderzo pour Hergé en s’acoquinant avec les Tapioca de l’ex-URSS, qu’il peut prétendre contribuer à la légende locale. En Belgique, pays démocratique d’exception puisque capable de survivre à 541 jours sans gouvernement, on ne partage pas l’admiration du nouveau venu pour les satrapes orientaux,. On cultive par ailleurs une certaine sobriété avec un taux d’alcoolémie légale de 0,22g ( 0,50 en France) et ce n’est pas parce que le Manneken pisse depuis des siècles à Bruxelles, que l’on tolère l’incontinence sur les portes des « chiottes » d’avion, comme dirait Poutine. Bref, y’a du boulot pour l’artiste, à moins qu’il ne s’associe à BB en vue de protéger les flamands roses. Succès assuré entre Bruges et Gand.

Le 12 mars 2013 à 10:04

Le Mont Saint Michel à quai pour des réparations

Manche – Le célèbre Mont Saint Michel va temporairement quitter sa baie pour plusieurs mois. Motif : de nombreuses réparationsà prévoir sur sa coque, fortement corrodée et endommagée après plusieurs tempêtes d’hiver. Une immobilisation qui devrait durer entre 3 et 6 mois et qui met en colère collectivités locales et touristes Un fleuron qui prend l’eau Né d’une idée de George Pompidou qui rêvait d’un « grand vaisseau » au large de la Normandie, bâti par Valéry Giscard d’Estaing mais inauguré en 1983 par François Mitterrand, le Mont Saint Michel fait partie intégrante du patrimoine de la Manche et sa silhouette, un temps décriée, fait partie du patrimoine national, voire mondial. Mais voilà, selon toute vraisemblance, le magnifique objet prend l’eau, et ce depuis plusieurs mois. Des avaries qui mettent en danger la structure de l’édifice et ont conduit les pouvoirs publics à prendre des mesures : le Mont Saint Michel sera remorqué et placé en cale sèche le temps des travaux. C’est au cours d’une inspection de routine que les ingénieurs ont mis en évidence les problèmes de la coque. « On a plusieurs points qui nécessitent une intervention immédiate, on ne peut pas prendre le risque d’attendre la prochaine tempête et de mettre en danger inutilement des vies humaines ». Si l’intervention est jugée prioritaire par les services de l’Etat, c’est loin d’être l’avis de tous, à commencer par les collectivités locales qui s’inquiètent surtout de l’impact touristique d’une telle mesure. « Trois à six mois sans le Mont Saint Michel dans la baie, c’est inconcevable, il faut réfléchir à une intervention sur place avec un minimum d’impact. Je suis outré que l’Etat n’ait même pas pris le temps de nous consulter sur ce dossier » tempête le président de la Chambre de commerce de la Manche. Dans l’immédiat, les premiers remorqueurs ont pris place autour du Mont pour des opérations qui devraient commencer dans les prochains jours. Visiteurs et habitants sont venus assister aux travaux. Les anciens, eux, tempèrent la polémique et rappellent qu’une opération similaire avait du être menée en 1999, après les terribles tempêtes de Noël : le Mont Saint Michel avait rompu ses amarres et avait manqué de heurter la côte normande

Le 5 août 2011 à 08:11

"L'inventeur de l'humour, c'est ce mec à Lascaux qui a dessiné un mammouth glissant sur une peau de banane"

Interview de Marc Dubuisson

Depuis une semaine, le dessinateur-blogueur belge Marc Dubuisson a rejoint l'escadrille de ventscontraires.net pour nous proposer une chronique hebdomadaire, "Only Humans". Rencontre avec cet auteur multi-casquettes à l'humour cinglant, observateur attentif et impitoyable des phénomènes sociaux. Qui êtes-vous donc ? D’où venez-vous et vos intentions sont-elles pacifiques ?Je suis Marc Dubuisson, de la planète Belgique. Pas méchant, juste un peu lourd parfois De quoi êtes-vous le contraire ?Je suis le contraire d'un esprit fin et aiguisé qui pourrait répondre à cette question par une pirouette syntaxique qui ferait rougir Pierre Dac et pouffer Jean Yanne. Comment a commencé votre carrière de dessinateur/scénariste ?Ma carrière de dessinateur a commencé par un blog, comme tout le monde. Le blog BD, c'est un peu la Star Ac du gribouilleur,  sans Nikos Aliagas mais avec Wandrille Leroy.  J'ai débuté mon blog pour occuper mes journées de chômeur, histoire de m'obliger à ne pas me lever à midi et à faire quelque chose de productif.  Au départ, je suis surtout un dialoguiste, j'ai toujours aimé écrire des répliques qui font mouche. Le dessin, c'est venu par hasard. Vous êtes un dessinateur-blogueur particulièrement productif. Comment fonctionnez-vous ? Quelle est votre méthode de travail ?Productif mais très brouillon. J'ai beaucoup de mal à me concentrer sur un projet en particulier. Jusque maintenant, je n'arrive à écrire que des histoires en une ou deux pages alors que je "bouillonne" d'idées d'histoires longues. Cela vient du fait que je ne suis absolument pas patient, dès que j'ai une idée en tête, il faut qu'elle donne un résultat très rapidement, sinon, ça ne m'amuse plus et j'ai envie de passer à autre chose. En général, j'écris quelques gags et s'ils me conviennent, soit je les dessine moi-même, soit j'en parle à des dessinateurs dont j'apprécie le travail. En fait, j'ai rarement envie de dessiner moi-même. Si j'ai réalisé les dessins de mon livre "La Nostalgie de Dieu", c'est simplement parce que je n'ai trouvé personne pour le faire. Comment caractériseriez-vous votre style, votre ton ?Au niveau du dessin, minimaliste évidemment, au niveau du ton, cynique voire parfois totalement absurde. Quels sont vos idoles, modèles, références et qui est, selon vous, l’inventeur de l’humour ?Au niveau du dessin, j'admire (sans essayer de leur ressembler) Franquin, Gotlib ou encore Watterson (Calvin & Hobbes). Pour ce qui est de l'écriture, je suis très influencé par Pierre Desproges, Audiard ou encore plus récemment Alexandre Astier pour le rythme qu'il donne à ses répliques. Sinon, pour moi, l'inventeur de l'humour, c'est ce mec à Lascaux qui a dessiné un mammouth glissant sur une peau de banane. Vous êtes avec Noël Godin le 2ème belge à rejoindre l’équipe de ventscontraires.net. Pensez-vous qu’il existe un humour spécifiquement belge et comment se caractériserait-il ?Tiens, c'est marrant, je l'ai justement croisé l'autre jour. Je n'ai pas osé lui parler parce qu'il sortait d'une boulangerie. Je ne sais pas s'il existe un humour belge, en tout cas, s'il existe, je n'ai pas l'impression d'en faire partie. Peut-être est-ce un mélange d'absurde et de désespoir ? L'humour d'un peuple qui a déjà tout vu et qui n'a rien à perdre Comment vous situez-vous dans l’histoire « franco-belge » du dessin d’humour ?Aucune idée, je ne dois pas avoir assez de recul. J'ai beaucoup de mal à analyser mon travail parce qu'il est influencé par tellement de facteurs externes à la BD qu'il m'est difficile de me rattacher à un mouvement. Je suis autant influencé par la télé, que par la littérature ou même la musique avec Brassens, par exemple. Dans vos dessins, quel rapport entretenez-vous avec l’actualité politique et sociale ?J'aime traiter de l'actualité et de la société parce que j'aime observer. Et puis, ce sont des sources inépuisables d'idées.Dessiner sur ces sujets est une façon de pouvoir faire valoir mon opinion par un vil stratagème basé sur le fait avéré que les gens vont plus facilement vers l'image que vers le texte. Le problème, c'est qu'à la fin, on recherche tellement le bon mot qu'on en finit par ne plus voir le monde tel qu'il est mais tel qu'il pourrait faire rire les autres. Quand je me rends compte que j'attends qu'une histoire se dénoue de façon sordide pour pouvoir placer une blague, je fais une pause dans le dessin d'actu et je passe à autre chose. Que vous inspire la crise politique belge actuelle et que pensez-vous du projet de Raphaël Chabloz d’instaurer la République monarchique et patatière de Wallomandie ?La crise politique actuelle est hilarante et tragique à la fois. Hilarante parce qu'on se rend compte qu'avec un simple gouvernement en affaires courantes, le pays tourne toujours sans trop de problèmes (pour le moment) et tragique parce que quand on y réfléchit en terme de démocratie, c'est un constat désastreux. Personne ne sait comment ça va se finir mais tout le monde reste calme et confiant alors que si la même chose se passait en France, on en serait déjà au 300ème jour de grève.En ce qui concerne la République de Wallomandie, nous sommes en pourparlers avec M. Chabloz. Je veux bien qu'on unisse nos régions mais je refuse de prendre leur accent ridicule. Quelle est votre actualité et quels sont vos projets en cours ?J'ai plusieurs projets en cours qui ne sont pas encore assez concrets pour en parler. En revanche, je publie un webcomic deux jours par semaine sur le portail Lapin.org (http://bureau.lapin.org/) et une adaptation théâtrale de "La Nostalgie de Dieu" est actuellement jouée du mercredi au samedi et ce jusqu'au 15 septembre au théâtre de la Comédie Contrescarpe dans le 5ème à Paris. C'est une bonne alternative pour tous les déçus de la trêve annuelle du théâtre du Rond-Point ! Y a-t-il des chroniqueurs/blogueurs/illustrateurs que vous aimeriez voir rejoindre l’équipe de ventscontraires.net ?Tout plein mais je ne les citerai pas sinon ils me feront de l'ombre (mais quand même : @Moom_light et Manu Larcenet) Et enfin, y aurait-il une histoire belge que vous auriez envie de nous raconter ?Non. Si on a inventé les blagues sur les blondes, c'est justement pour ne pas avoir à répondre à ce genre de question.

Le 11 janvier 2011 à 13:04

Fêtes donc !

Marquez des points tout au long de l'année !

Et voilà c’est reparti ! La nouvelle année est là avec ses mêmes affres, ses mêmes tracas, ses mois toujours identiques et ses fêtes récurrentes ! A cela RESISTONS ! Voici quelques conseils mutins pour ne pas tomber dans la spirale tourmentée du calendrier festif 2011. Janvier : Pas de fève pour la galette des rois ? Mettez-y un ongle de pied soigneusement taillé (à l’effigie de Diogène, vous marquez 2 points supplémentaires) Février : Faites-lui la cour comme autrefois ! Plantez des branches de jeunes arbres à sa porte. En ce jour de St Valentin chaque feuillage a un sens, privilégiez le sapin. (s’il garde encore l’immonde guirlande du mois précédent vous gagnez 1 point supplémentaire) Mars : Barbouillez la sonnette de saindoux et guettez l’arrivée claudiquante des enfants costumés pour Mardi Gras (si lorsqu’ils vous tendent leurs sacs, vous leur offrez les sachets d’huile pimentée pour pizzas qu’il vous reste dans le frigo depuis la dernière soirée avec Patrice, vous marquez 2 points supplémentaires) Avril : Pâques ! L’heure de la résurrection : déterrez le chat du jardin et clouez-le sur la boîte aux lettres. (L’écriteau « Désolé j’avais pas d’agneau ! » autour du cou de la bête vous rapporte 5 points supplémentaires) Mai : En cette fin de mois, les mamans sont à l’honneur. Profitez-en pour offrir un magnifique collier trois rangs de perles à votre cher papa. Juin : Fête des pères, mais il a déjà été bien gâté le mois dernier, n’exagérons rien ! Juillet : Entre le 13 et le 15 du mois, filez en capitale des Flandres pour commander un beau rouget au premier poissonnier qui passe. Asseyez-vous à une table de bistrot et sur une serviette en papier tâchée de picon-bière, tentez d’écrire un hymne national qui parle de Marseille et de patrie en danger. Le poisson trouve toute son utilité lors de la signature du pamphlet. Août : Le 15, habillez votre cabine d’ascenseur en grotte miraculeuse et renommez le dernier étage en « Stand de peket* gratuit ». (2 points supplémentaires si la doyenne de l’immeuble est montée la première) Septembre : Fêtez dignement la rentrée des classes ! Réveillez les enfants dès 4h du matin pour une rédaction sur « L’homme est-il un animal politique ? Citez des noms !». (4 points supplémentaires par ministre) Octobre : Toussaint, soyez en avance sur votre époque en fleurissant les lits de maison de retraite dès le 31 minuit. Novembre : Couplez l’Armistice et la Sainte Catherine : Mesdemoiselles coiffez-vous d’un casque à pointe ! (1 point supplémentaire si la demoiselle à un crâne d’obus) Décembre : A Noël, célébrez plutôt la Fête du Travail, vous l’aviez oubliée, et c’est une vraie gageure de trouver un brin de muguet à cette époque de l’année ! (3 points supplémentaires si vous conviez Manuel Valls à dîner) Le comptage des points aura lieu l’année dernière entre la poire et le fromage.* genièvre en Wallonie

Le 26 août 2011 à 08:11

Ils veulent qu'on les taxe

Chronique d'un divorce annoncé

Ils brassent des milliards, ont des résidences principales et secondaires somptueuses, mais aussi des résidences ultra secondaires tout aussi somptueuses. Le luxe est leur religion. Le stupre leur divertissement. Les qualificatifs ne manquent pas pour désigner cette caste qui tient le monde entre ses mains : les riches, les ultra-riches, les milliardaires, les fortunes du CAC 40… La bourse est leur terrain de jeu. Les entreprises qu’ils détiennent, achètent, vendent, démantèlent sont les voitures de leur train électrique. Les salariés qui valsent au gré des plans de licenciement sont leurs petits soldats de plomb. Et voilà qu’aujourd’hui ces grands enfants trop gâtés par la vie font preuve d’un allocentrisme pour le moins suspect. Ils veulent qu’on les taxe, qu’on les impose. Ils affichent leur solidarité avec le monde d’en bas, celui qu’habituellement ils toisent, celui qu’ordinairement ils écrasent sans le moindre remord. Mais que leur arrive t-il ? Ont-ils été soudainement touchés par la grâce d’un autre Dieu que celui du capitalisme qu’ils vénèrent ? Ne rêvons pas. Evidemment non ! Mais peut-être craignent-ils que le seuil de tolérance de la populace ne soit trop proche, si proche qu’il deviendrait suicidaire de ne pas intervenir. Car le riche n’existe que tant que le pauvre accepte sa condition d’esclave, que tant que les miettes qu’il picore le maintiennent sous ce fameux seuil.

Le 5 avril 2012 à 08:15

La hausse du prix du tabac, c'est tabou !

Me serait-il possible d'ouvrir une parenthèse pour déchaîner avec véhémence mon courroux sur la seule cause qui me soit apparue comme étant digne d'un accès d'humeur aujourd'hui, j'ai nommé le prix du tabac ? Si oui, alors merde ! Qui a le droit, je vous pose la question, mes bien chers frères, qui a le droit de me forcer à la longévité ? La hausse du prix du tabac, ça en incite certains à arrêter, certes, mais qui ? Les pauvres ! Salauds de pauvres ! Traîtres ! On ne dira jamais assez de mal des pauvres, c'est vrai, et, croyez-moi sur parole, dans ce domaine ma faconde est intarissable, notamment quand je prends part à des dîners mondains où je me goberge allègrement. Mais il y a autre chose. Que les fabricants de tabac soient des crapules sans scrupules qui nous enfument, soit, mais que les présidents d'associations contre le tabagisme soient cancérologues ou pneumologues ! Ça peut se comprendre, oui mais. Que ces gens fassent pression sur l'État, qui n'attend que ça pour renflouer ses caisses, pour augmenter le prix des clopes, je dis non ! Non, messieurs-dames, non ! Ces gens-là n'ont pas à nous faire payer à nous, innocentes victimes de nos suicides à petits feux de briquet, ces taxes injustes. Injustes ! Devrions-nous payer deux fois, par notre mort et par nos thunes, le prix de leur incompétence ? Non ! Moi je pétune, et j'en suis fier ! C'est le torse bombé que je glaviotte, même en été. D'ailleurs, si vous me permettez, je vais fermer la parenthèse, je voudrais pas faire empirer ma bronchite chronique.

Le 4 juillet 2010 à 17:19

La femme la plus profonde du monde

Tant qu'il y aura du froid, recherche extime sur une sensation en voie de disparition

Brigitte Lenoir, la femme la plus profonde du monde est froide. Brigitte Lenoir s’entraîne. À la profondeur, au froid, aux mélanges de nitrox, de trimix et d’héliox, des mélanges réservés aux nageurs de combat. Elle plonge. Elle plonge des années durant. Des années de profondeur et de froid, des années à -110 mètres, à -120 mètres dans l’eau à quatre degrés du lac Léman. Le 10 avril 2010, elle bat un premier record : -154 mètres à Saint-Gingolph, en eau froide et douce. Dix jours plus tard, le 20 avril 2010, le record est pulvérisé par Sofia Ponce, au Venezuela : -190 mètres en autonomie complète, en eau chaude et salée, grâce aux mélanges minutieux de trimix 7/67, de trimix 10/50, de nitrox 32, de nitrox 50 et de nitrox 80. Alors Brigitte Lenoir s’entraîne, se prépare, se concentre. Ce sera au large de Dahab, en Égypte. Le 15 mai 2010, Elle atteint -200 mètres et remonte. Pallier, par pallier. Elle a dépassé Sofia Ponce de dix mètres, elle est tranquille, elle peut remonter calmement. Elle détient le record de profondeur féminine en eau salée. Mais chaude. À -147 mètres, son recycleur reste bloqué en position oxygène, un gaz bien trop simple pour des poumons mortels. Hyperoxie, perte de connaissance et convulsions. Personne ne pourra rien faire. Son corps restera dans la noirceur de la mer rouge. Depuis le 15 mai 2010, Brigitte Lenoir, la femme la plus profonde du monde, est froide.

Le 25 avril 2012 à 08:38

Non, je n'irai pas voir la mer.

J’y serais bien allée, pourtant, j’aurais enlevé mes chaussures, puis mes chaussettes (si jamais j’en avais porté, ce qui se fait rare au fur et à mesure que le printemps prend sa place), et j’aurais posé mes orteils sur le sable humide et froid d’une quelconque plage grise du Calvados. J’aurais foui doucement le sable avec mon gros orteil, sentant les grains sous mes ongles ébréchés au vernis écaillé couleur coquelicot. Puis je crois que j’aurais remonté mon pantalon, le retournant sur mes chevilles, après une hésitation, sur mes mollets, et j’aurais avancé vers les vagues, à tout petits pas. De la pointe du pied, j’aurais laissé une vague me lécher de ses papilles salées ; frissonnante, j’aurais laissé le froid s’emparer de mon pied lentement. Un sourire un peu malin aux lèvres, j’aurais sauté, dans un élan puéril, à pieds joints, dans l’eau verte à l’écume un peu jaune et senti mon pantalon se mouiller et se plaquer sur mes tibias. J’aurais peut-être ri, puis soupiré certainement. J’aurais relevé la tête, que j’avais baissé pour fixer intensivement l’eau, dans l’espoir très naïf d’apercevoir quelque chose à travers le liquide troublé, et j’aurais regardé au loin, soit vers l’Angleterre (ou vers l’endroit où j’aurais pensé qu’elle devait être), soit vers les terres normandes. J’aurais pensé à un thé bien chaud, à du vin blanc et à des crevettes (je ne mange pas de fruits de mer, je n’aime pas ça) (excepté les moules) (mais uniquement avec des frites). Mes chaussures à la main, je serais remontée vers une digue, m’y serais assise et aurais frotté mes pieds couverts par du sable collant, soufflant un peu parce qu’il reste toujours des grains, et ensuite ça gratte, alors c’est un peu agaçant. Mes pieds de nouveau bien au chaud, le sable crissant entre ma peau et le coton de mes tennis, j’aurais repris la route.

Le 23 avril 2011 à 10:30

Les yeux d'Elsa

Pubologie pour tous

Avant de se plonger dans les yeux d’Elsa, il faut savoir que cette campagne d’affichage, datant de 2010, a été une petite révolution dans le monde bien rangé du luxe. Pourquoi ? Parce qu’il y a un PRIX. Place Vendôme, déjà faire de la pub c’est limite, alors mettre un prix, vous n’y pensez pas. C’est putâssier. Avec un â, comme dans Versâilles. Alors pour compenser, on donne à la montre un nom en forme de phrase. Nom qu’on illustre par une photo d’un jour qui se lève, d’un beau bleu-vert lagon lagune laguna de la couleur des yeux de l’égérie. C’est fait exprès d’ailleurs. Pour ce genre de publicité, on fait un casting de stars, on les place devant la fenêtre, et si leur couleur d’yeux est celle du ciel, eh bien c’est gagné. Et sinon, il y a Photoshop. Là il y a eu Photoshop, c’est d’ailleurs pour cela qu’Elsa, 42 ans, a l’air d’en avoir 17. Mais les 42 ans d’Elsa ne sont pas un défaut. Ils sont une force. C’est son expérience qui lui permet de jouer si bien le jour qui se lève, amour. On le voit bien, dans ses yeux laguna, l’amour du jour qui se lève. Elle semble même un peu surprise d’ailleurs que l’amour se lève le jour, c’est probablement parce qu’elle était en train de faire la fofolle sur un trampoline de fils de soie, c’est pour ça qu’elle est décoiffée. Mais pas trop parce que les fils de soie ça ne rebondit pas très bien. Elsa, elle joue très bien l’air chagrin-enamouré-rêveur. Mais ça ne marche pas. Parce qu’on ne lui a pas dit à Elsa, mais faire la moustache avec ses cheveux, ça ne fait pas très chagrin-enamouré-rêveur, même si c’est rigolo. Mais surtout, Elsa, elle ne va pas nous faire croire que le jour se lève alors qu’il est dix heures à sa montre. Parce que soit elle vit au Pôle Nord Elsa, soit elle croit que tôt le matin c’est dix heures. Et ça c’est bien un truc de riches.

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