Le Tampographe Sardon
Publié le 05/06/2015

Documents administratifs


Permis N°2

Sans préjudice d'autres avantages, le titulaire de la présente carte a le droit de traquer, capturer et abattre les animaux domestiques dont la liste suit :
chiens, chats, canaris, perroquets, volailles d'ornement, cobayes, hamsters, batraciens de terrarium, insectes et arachnidés d'agrément, iguanes, furets, poneys, poissons d'aquariums et de bassins.
Il pourra exercer librement la chance au tir, chasse à courre, chasse aux toiles, piégeage, chasse au leurre, embuscade, furetage, chasse de nuit, chasse sous-marine, chasse au poste, battue, fauconnerie.
Le Tampographe ne fabrique jamais de tampons sur commande. Il n'aime pas les artistes, il s'intéresse pas à leur travail, il n'a aucune curiosité pour les merdes qu'ils produisent généralement, s'il pouvait il les emploierait volontiers à goudronner les routes, curer les fossés, vider les poubelles ou creuser le canal Seine-Volga.

Son site : http://le-tampographe-sardon.blogspot.com/ 

Partager ce billet :

Tous les billets du dossier

À voir aussi

Le 12 août 2011 à 13:31

Jeudi en me concentrant j'ai réussi à empêcher une feuille de tomber d'un arbre

Ce matin j'étais devant mon bol de porridge quand j'ai vu ma cuillère se lever toute seule, prendre du sucre dans le sucrier, le verser dans mon bol, mon couteau se lever, prendre du beurre dans le beurrier, tartiner mon pain, se lever le pack de jus d'orange, en verser dans mon verre, puis j'ai senti un tendre baiser sur ma joue. C'était ma femme, mais tout ça s'est passé si vite.Hier j'ai rencontré Mme Douglas. Elle m'a embrassé sur les lèvres en murmurant, toi mon chéri tu es fait pour l'amour. C'est en s'éloignant qu'elle me lança "je m'appelle Mme Douglas". Un soir, au cinéma, j'ai fait du plat à mon voisin en croyant que c'était une femme, alors qu'en réalité, c'était un chien. C'est lui qui me l'a dit, au moment où je m'apprêtais à l'embrasser, il m'a murmuré, je serai ta chienne. Un matin en me levant je me suis aperçu que mes cheveux avaient poussé dans la nuit. Ma femme en me voyant s'est écriée, Qui êtes-vous Monsieur, voulez-vous bien sortir de mon lit ! Mais chérie, c'est moi Jean, mes cheveux ont poussé dans la nuit! Mon mari n'a pas de barbe Monsieur, a-t-elle dit. C'est à ce moment-là que je me suis souvenu que je m'appelais Bernard. Jeudi en me concentrant j'ai réussi à empêcher une feuille de tomber d'un arbre. Je l'ai vue hésiter à mi-chemin du sol, vaciller puis remonter et se fixer au point exact de la branche d'où elle s'était détachée. Au printemps j'avais déjà hâté l'éclosion d'un bourgeon en lui prétendant que tout le monde était déjà sorti.  (A suivre)

Le 8 juillet 2010 à 07:00

Maman (1)

Dialogues de quartier

- J’ai lu ton livre… Ça m’a un peu secouée.- Je t’avais prévenue, maman, ce n’est pas une histoire très divertissante. - Non, c’est le moins qu’on puisse dire. C’est loin de la vie que nous avons bâtie, ton père et moi. - C’est sûr. - Mais déballer l’histoire des quenelles, quand même, c’est un peu dur à avaler. - Quelles quenelles ? - Non, je sais, tu ne dis pas explicitement que ce sont mes quenelles de poisson, mais je suis ta mère et je sais lire entre tes lignes. Quand tu dis que tu es devenu ce que tu es devenu parce que je faisais tous les dimanches la même chose… Je ne sais plus ce que tu as inventé… « sempiternelle », tu dis… Et que c’était chaque fois aussi dégueulasse …  « Dégueulasse » ce mot là je l’ai en travers de la gorge ! - Mais maman, la mère de mon bouquin ce n’est pas toi, c’est la mère du personnage. C’est un roman noir ce n’est pas une autobiographie. - Peut-être, mais ça, les gens ne le savent pas ! Je faisais la panade, moi-même je te signale, dès le samedi soir et le poisson venait tout frais du marché. Alors jeter ça comme ça, « dégueulasse », en pâture aux voisins et à tout le monde… - Je ne pense pas que les voisins, s’ils en viennent à lire mon roman, cherchent un rapprochement avec toi et surtout avec moi. Je ne suis pas comme le personnage : violeur et psychopathe.- Je n’en sais rien ! Personne n’en sait rien. C’est ta vie ça ! Tu ne nous dis pas tout et c’est normal. Mais que tu n’ais jamais aimé mes quenelles, ça au moins tu aurais quand même pu me le dire… Dégueulasse ?!

Le 30 juin 2014 à 12:00
Le 11 janvier 2011 à 13:04

Fêtes donc !

Marquez des points tout au long de l'année !

Et voilà c’est reparti ! La nouvelle année est là avec ses mêmes affres, ses mêmes tracas, ses mois toujours identiques et ses fêtes récurrentes ! A cela RESISTONS ! Voici quelques conseils mutins pour ne pas tomber dans la spirale tourmentée du calendrier festif 2011. Janvier : Pas de fève pour la galette des rois ? Mettez-y un ongle de pied soigneusement taillé (à l’effigie de Diogène, vous marquez 2 points supplémentaires) Février : Faites-lui la cour comme autrefois ! Plantez des branches de jeunes arbres à sa porte. En ce jour de St Valentin chaque feuillage a un sens, privilégiez le sapin. (s’il garde encore l’immonde guirlande du mois précédent vous gagnez 1 point supplémentaire) Mars : Barbouillez la sonnette de saindoux et guettez l’arrivée claudiquante des enfants costumés pour Mardi Gras (si lorsqu’ils vous tendent leurs sacs, vous leur offrez les sachets d’huile pimentée pour pizzas qu’il vous reste dans le frigo depuis la dernière soirée avec Patrice, vous marquez 2 points supplémentaires) Avril : Pâques ! L’heure de la résurrection : déterrez le chat du jardin et clouez-le sur la boîte aux lettres. (L’écriteau « Désolé j’avais pas d’agneau ! » autour du cou de la bête vous rapporte 5 points supplémentaires) Mai : En cette fin de mois, les mamans sont à l’honneur. Profitez-en pour offrir un magnifique collier trois rangs de perles à votre cher papa. Juin : Fête des pères, mais il a déjà été bien gâté le mois dernier, n’exagérons rien ! Juillet : Entre le 13 et le 15 du mois, filez en capitale des Flandres pour commander un beau rouget au premier poissonnier qui passe. Asseyez-vous à une table de bistrot et sur une serviette en papier tâchée de picon-bière, tentez d’écrire un hymne national qui parle de Marseille et de patrie en danger. Le poisson trouve toute son utilité lors de la signature du pamphlet. Août : Le 15, habillez votre cabine d’ascenseur en grotte miraculeuse et renommez le dernier étage en « Stand de peket* gratuit ». (2 points supplémentaires si la doyenne de l’immeuble est montée la première) Septembre : Fêtez dignement la rentrée des classes ! Réveillez les enfants dès 4h du matin pour une rédaction sur « L’homme est-il un animal politique ? Citez des noms !». (4 points supplémentaires par ministre) Octobre : Toussaint, soyez en avance sur votre époque en fleurissant les lits de maison de retraite dès le 31 minuit. Novembre : Couplez l’Armistice et la Sainte Catherine : Mesdemoiselles coiffez-vous d’un casque à pointe ! (1 point supplémentaire si la demoiselle à un crâne d’obus) Décembre : A Noël, célébrez plutôt la Fête du Travail, vous l’aviez oubliée, et c’est une vraie gageure de trouver un brin de muguet à cette époque de l’année ! (3 points supplémentaires si vous conviez Manuel Valls à dîner) Le comptage des points aura lieu l’année dernière entre la poire et le fromage.* genièvre en Wallonie

Le 18 juillet 2012 à 11:56

L'objet du délire #4

C'est l'histoire d'une petite araignée jaune.

C'est l'histoire d'une petite araignée jaune qui crapahute dans la forêt du Congo sur le tronc d'un arbre gigantesque, un sapelli tri-centenaire qui ferait passer nos vieux chênes pour des bambous ; des hommes casqués s'approchent et entament le tronc à la tronçonneuse, des copeaux orangés s'envolent, le monstre végétal se laisse découper sans bouger et puis s'effondre dans un bruit de tonnerre ; un bulldozer déboule et agrippe la grume qui finit sur un camion avec d'autres troncs ; le camion roule sur une piste de terre rouge et atteint en trois jours le port de Douala au Cameroun, il est embarqué à bord d'un navire qui descend l'Océan Atlantique puis remonte l'Océan Indien avant d'atteindre le port de Shangaï où d'autres hommes casqués le débarquent et le débitent en planches qui sont envoyées dans une usine au coeur de la Chine, laquelle les assemble pour créer un objet d'utilisation courante, rembarqué aussitôt dans un autre navire en partance pour l'Europe. Arrivé à Rotterdam, un container quitte la Hollande pour la France à bord d'un semi-remorque qui achève sa course dans un entrepôt de la région parisienne. L'objet est vendu trois fois, de négociants en vendeurs de détails ; il est finalement installé un jour au seuil d'un appartement parisien. Ce bois qui a vécu trois siècles dans une forêt, qui a traversé les océans et les continents, incarnera désormais et pour toujours l'immobilité. Ouverte, fermée, elle ne bougera plus, cette porte, elle veillera, toujours à sa place. Et planquée dans ses veines, dans l'ombre d'un noeud recouvert de peinture, une petite araignée morte suscitera la curiosité des arachnides autochtones.

Le 23 juin 2015 à 10:07
Le 17 septembre 2011 à 08:55
Le 10 février 2015 à 09:47
Le 27 juin 2015 à 09:53

Punk anarchiste, sois un Dieu et un maître pour ton chien 

Les réseaux sociaux sont alimentés par deux flux très empruntés : les vidéos sur les animaux  et les épandages vomitoires sur les assistés profiteurs, les immigrés cupides et les chômeurs non-flexibles. Juxtaposer deux informations ne veulent pas dire qu'elles ont un lien. Cependant il s'agit dans les deux cas de rapport à l'altérité, le sur-investissement de la relation affective avec l'animal en corollaire d'un désinvestissement compassionnel pour l'espèce humaine.Les propriétaires canins vous parlent d'amour. Comment peut-on s'extasier d'une liaison si déséquilibrée et la qualifier d'amour inconditionnel ? Comment puis-je me penser aimé, élu d'un être que j'achète, que je domine et que j'entretiens ? La dépendance entre le maître et son chien emprunte son fonctionnement à l'idéologie capitaliste et libéral : un toit, de la nourriture et des loisirs contre la reconnaissance. Le maître jouit de sa domination, apprécie d'être obéi. Son serviteur participe au système défensif de son patrimoine et ses aboiements xénophobes le rassurent sur sa sécurité. L'homme peut être qui il veut, cela n'influence en rien ce qu'il  reçoit en retour. Il peut être lâche et veule (ou même tortionnaire), le chien ne le sait pas. Il trouve, dans les yeux de la bête, la douceur d'une mère un matin de maladie.Comme un bien de consommation, le chien est conforme à nos attentes. Si le produit est déficient ou décevant, il termine l'été dans un fossé. Dans sa calendarité et sa cardinalité (pour reprendre les termes de Bernard Stiegler 1), il est en parfait phasage avec son propriétaire. On attribue aux chiens des émotions et des sentiments  dont la société humaine se désape : de l'empathie par exemple pour des espèces qu'il devrait chasser si l'humain n'était pas là pour remplir sa gamelle. Leur exemplarité nous conforte dans notre vision de la société médiocre. La jouissance dans cette union exclusive est d'autant plus grande que notre capacité à nouer des liens avec les hommes est contrariée par nos intérêts, par notre jalousie et par notre peur surtout.  Nous peinons à nous reconnaître dans nos semblables, leur fréquentation est laborieuse, trop compliquée et stérile souvent. Alors qu'un speed-dating avec des croquettes, ça marche à tous les coups.1 Bernard Stiegler Aimer, s'aimer, nous aimer Du 11 septembre au 21 avril, Galilée.

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
La masterclass d'Elise Noiraud
Live • 16/04/2021
La masterclass de Patrick Timsit
Live • 16/04/2021
La masterclass de Lolita Chammah
Live • 16/04/2021
La masterclass de Tania de Montaigne
Live • 08/03/2021
La masterclass de Sara Giraudeau
Live • 08/03/2021
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication