Judith Perrignon
Publié le 27/08/2011

T'auras du boudin


Carte postale de Louisiane

… Alors forcément on s’arrête. Il est 9 heures 30 du matin, y a déjà du monde garé sur le bord de la US 190 à l’entrée de Eunice, et la musique va bon train à l’intérieur. Chez Marc et Ann, un magasin plein d’accordéons et de guitares en semaine, c’est comme ça tous les samedis matins : on arrive avec son instrument, ou alors sans rien, dans ce cas on s’asseoit, on écoute ou on danse, tandis qu’une quinzaine de musiciens, grosse majorité d’anciens, plus quelques enfants, jouent  les airs cajun. Derrière le comptoir pour le petit déjeuner, y a du boudin (saucisse fourrée au riz) plus ou moins épicé et aussi du café à volonté. 
-Combien je vous dois ? 
-Rien du tout,  mais c’est gentil de demander.
Savent-ils que Wall Street dévisse ? La porte semble étanche au reste du monde. Elle s’ouvre pourtant souvent. Encore un senior armé d’un violon.  Charles, 74 ans, est venu avec son triangle, il a aussi une carte de vétéran de l’armée américaine dans son portefeuille, un petit rectangle blanc dont les dates laissent entendre qu’il a connu le pire. Laisse les bons temps rouler,  comme ils disent. Les vieux parlent encore un peu ce français là,  les jeunes le chantent sans le comprendre.  
Attendre, chez eux, ça se dit espérer.
Judith Perrignon a longtemps travaillé à Libération, la politique d'abord, les portraits ensuite. Elle en est partie, pas pour ailleurs, mais pour autre chose, notamment des livres, seule ou à deux. Le dernier, L'Intranquille, avec Gérard Garouste. 

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Jérôme Bel : "Tout le monde pourrait s'exprimer dans Gala"

Entretien avec le chorégraphe Jérôme Bel, dont la pièce Gala, présentée conjointement au Théâtre du Rond-Point avec le Théâtre de la Ville, ouvre le Portrait que lui consacre le Festival d'Automne avec 9 spectacles en rafale du 4 octobre au 23 décembre 2017 Gala commence en silence par un diaporama en bord de scène, des prises de vue montrant des théâtres vides — sièges en attente du public, plateau encore vide de ses artistes. Du plus majestueux au plus bricolé, on passe en désordre de l'or verdâtre des salles à l’italienne aux gradins de fortune, sans oublier la salle Renaud-Barrault où va se dérouler le spectacle qui vient de débuter. Manière pour Jérôme Bel de mettre en évidence, en guise d'autoportrait, l'objet de sa fascination de toujours : le théâtre, vieux dispositif trois fois millénaire, où, loin des bruits du monde, certains regardent en silence ce que d'autres vont accomplir en pleine lumière. "Auteur", "théâtre", "présence", "parole", "vérité" : autant de mots liés à l'art théâtral qu'on retrouve dans la bouche de ce chorégraphe que tout pourrait nous amener à considérer comme un artiste conceptuel. Sauf que lui justement se revendique être un homme de théâtre. D'un spectacle au suivant il reste chevillé à en mettre à jour, en les dénudant, les constituants les plus élémentaires. Par exemple en posant ludiquement cette question à laquelle tente de répondre Gala : faut-il absolument des artistes sur la scène ? Propos recueillis par Jean-Daniel Magnin

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Le 19 novembre 2015 à 09:54

Jade Lindgaard : "Les limites maximum de taux de CO2 dans l'atmosphère sont déjà dépassées depuis deux ans"

L'état des savoirs sur les changements climatiques La journaliste Jade Lindgaard suit pour Médiapart les négociations climatiques en vue de la COP21. Aujourd'hui, nous dit-elle, les travaux du GIEC offre une synthèse sans précédent sur l'état du climat et des effets sur lui de nos activités économiques. C'est un outil extraordinaire, réunissant les travaux de physiciens, chmistes, météorologues, sociologues, économistes, spécialistes de la faune et de la flore, etc. Il est de plus en plus précis et ses conclusions sont plus alarmantes que jamais. On y voit clairement un lien entre les émissions de CO2 et le dérèglement du climat qu'on peut déjà observer à travers des événements qu'on ne prévoyait que pour dans plusieurs décennies. Les limites maximum de taux de CO2 dans l'atmosphère sont déjà dépassées depuis deux ans. Comme il faut beaucoup de connaissances pour apprécier les résultats complexes de ces travaux, un objectif symbolique et politique a été établi autour d'une limite du réchauffement global de l'athmosphère limité à 2°. Il s'agit d'une élévation de température moyenne pour l'ensemble de la planète, qui cache des réalité disparates, avec des régions déjà torrides où il fera 5 voire même 6 degrés de plus. Or certaines régions gagneront à ce réchauffement. En fondant la banquise arctique donne accès à des champs pétrolifères jusqu'alors inaccessibles. Vu de France, 2° ne semblent pas effrayants. Mais d'énormes bouleversements auront lieu, comme l'arrivée du moustique vecteur du chikungunya ou le déplacement des vignobles vers le nord...  

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