… Alors forcément on s’arrête. Il est 9 heures
30 du matin, y a déjà du monde
garé sur le bord de la US 190 à
l’entrée de Eunice, et la musique va bon train à l’intérieur. Chez Marc et Ann, un magasin plein d’accordéons et de
guitares en semaine, c’est comme
ça tous les samedis matins : on arrive avec son instrument, ou alors sans rien, dans ce cas on
s’asseoit, on écoute ou on
danse, tandis qu’une quinzaine de
musiciens, grosse majorité
d’anciens, plus quelques enfants, jouent les airs cajun. Derrière
le comptoir pour le petit déjeuner, y a du boudin (saucisse
fourrée au riz) plus ou moins épicé et aussi du café à volonté.
-Combien je vous dois ?
-Rien du tout, mais c’est gentil de demander.
Savent-ils que Wall Street dévisse ? La
porte semble étanche au reste du monde. Elle s’ouvre pourtant souvent. Encore un senior armé d’un violon. Charles, 74 ans, est venu avec son triangle, il a aussi une
carte de vétéran de l’armée américaine dans son portefeuille, un petit rectangle blanc dont les dates
laissent entendre qu’il a connu le pire.
Laisse
les bons temps rouler, comme ils disent. Les vieux
parlent encore un peu ce français là,
les jeunes le chantent sans le comprendre. Attendre, chez eux, ça se dit espérer.
Christine Lagarde, ministre de l'Economie, Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, 4 juillet 2010
Cacher un vilain mot que l’électeur ne saurait entendre,
en atténuer un autre que le
consommateur ne doit pas trop prendre… au mot, faire carburer les concepteurs d' « éléments de langage », produire en scène la ministre la plus rompue aux contractions
anglo-saxonnes et nous voilà lestés
de « ri-lance ». C’est
ce qu’on appelle un mot-valise où rigueur et relance sont rangées tête-bêche
pour suggérer que tout est « under control ».
Christine Lagarde n’est pas la plus antipathique des
ministres en exercice et dans sa bouche « ri-lance » c’est du rire et
de l’aisance, comme si tout ça n’était pas bien grave. La conduite des
politiques économiques étant riche en métaphores routières on observera cependant
que faire de la rigueur pour conjurer le crash budgétaire et de la relance pour
éviter la panne de marché, c’est appuyer en même temps sur le frein et l’accélérateur.
Généralement ça ne se termine pas très bien. De même d’ailleurs la « stagflation »
des années 60 (stagnation et inflation vont dans la même valise !) où, cette fois, on débrayait et accélérait
tout à la fois.
L’avantage de « ri-lance », par les temps présents,
c’est que pour sacrifier à la mode des « lipduds » on verrait bien les
ténors UMP en faire la promotion sur du Mika : « rilance…relax...take
it easy… ».
En hommage à Alexandre Vialatte qui ne l'était pas
Pour ne vexer ni César ni Auguste, l'auteur dramatique ne dissocie jamais juillet et août. Pour lui c'est un seul mois, comme Roux et Combaluzier sont un seul ascenseur. A cette période les mathématiques lui semblent accessibles, la fabrication de l'huile d'olive aussi. C'est souvent son anniversaire quand ce n'est pas en décembre. Il se lève à la belle étoile et se couche sous les nuages. Son numéro de téléphone préféré se termine par un 4, son musicien favori est Erik Satie et son ami d'enfance est bègue.