Guillaume Siaudeau
Publié le 16/09/2011

Poème hamburger


Guillaume Siaudeau est né en 1980 et vit à Nantes. Il a publié quelques bouquins de poésie et contribué à quelques revues. Il est le créateur de la revue de poésie "Charogne". On peut retrouver ses écrits et publications sur son blog

 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 16 juillet 2011 à 09:21

Steak haché

Le merveilleux Hippocrate n’a rien perdu de son actualité. Et qu’on ne vienne plus l’appeler « vieux schnock » après la lecture de la présente ! D’aucuns s’obstinent à ne voir dans ses recommandations diététiques qu’un tissu de bêtises. Quant à moi, je suis tout à fait persuadé de la véracité de sa théorie des humeurs. Tout le monde a un voisin, ou un ami de type « sanguin » (la face rouge, la démarche joviale, les canines acérées), qui raffole de viande en sauce et de grands crus bordelais.   Il y a quelque temps, alors que je faisais des emplettes au supermarché, une femme qui déposait consciencieusement sur le tapis de caisse un ensemble d'articles retint mon attention. Pas une once de protéine ! En revanche on trouvait, çà et là, un genre de gâteau roulé sous les aisselles, une soupe de potirons du Larzac, une salade garantie 100% bio, et livrée avec ses limaces et ses pucerons… Joyeux délire organico-végétal !   C’est à ce moment que je convoquai mon cher Hippocrate. Mon Dieu, me dis-je (avec tout le respect que cette vénérable entité mérite), me voici face à un spécimen typique de flegmatique ! Aisément repérable, de surcroît : le teint pâle, la silhouette grêle et le regard proche de l'extase manifestaient une béatitude rarement atteinte chez les plus grands mystiques.   Ne peut-on entrevoir, pensai-je sans pédanterie aucune, l’essence même de notre époque actuelle ? La protéine animale ne convainc plus, son cours à la bourse est en berne. Pire, elle est de mèche avec les plus grands pontes du crime organisé : elle fricote avec les bactéries et les microbes les plus infâmes. Il se peut, me dis-je encore, que cette sainte femme nous montre alors la voie ! Comme elle, et de toute urgence, devenons des flegmatiques ascétiques !      Je revins tout à coup à la raison, et déposai à mon tour un steak sur le tapis de caisse, sans trembler.

Le 21 juillet 2010 à 08:53

Un maxi best of Proust s'il vous plaît !

Alors qu’hier soir, je franchissais gaiement le pas de ma porte dans le sens du retour, ma femme que j’aime bien et qui s’était approchée pour m’embrasser machinalement fut prise, à deux ou trois décimètres de ma personne, d’un vif mouvement de recul : « Ah mais… mais quelle horreur ! Tu pues la friture … ». Et bien oui chère femme que j’aime bien, j’ai lu Proust et maintenant je « pue » la friture, et alors ? Aurait-il été préférable que je rentre de ma journée de lecture parfumé de cuir et de tabac à pipe ? Aurait-ce été plus classe, plus raccord ? Moi, j’aime Proust et j’aime le Mac Do, et plus encore, j’aime lire Proust au Mac Do… Et Proust, c’est long ! Chère femme, chers tous, pourrais-je vivre un jour ma singularité en toute liberté, ou finirai-je ma vie seul, redoutant la mort qui me plongera dans l’enfer des monstrueux lecteurs, condamné pour l’éternité à me gaver d’interminables sandwichs de papier en cherchant en vain du regard quelques éclats littéraires sur les faces rugueuses de steaks hachés synthétiques ? Hermétique à ma soudaine désespérance, ma femme qui m’aime bien mais qui n’y connaît pas grand chose rayon bouquins, m’invita à aller terminer ma lecture sous la douche. Proust n’étant selon moi guère un auteur pour la douche, ce fut donc à poil en route pour la salle de bain que j’attrapai fièrement dans le couloir un recueil de poèmes de Paul Valery. J’aime lire Paul Valery sous la douche. Profondément, La Régie

Le 18 août 2013 à 09:52

Cheese

J'aimerais, une fois n'est pas couture, profiter de cet espace mis à ma disposition pour parler de quelque chose d'important. Pousser un cri d'alarme. Ça va cinq minutes de faire le guignol, mais il y a des moments où il faut savoir rester sérieux. Il y a des sujets avec lesquels on ne peut pas plaisanter. En réalité, je ne vois qu'un seul sujet avec lequel on ne peut pas plaisanter : le fromage.C'est pourquoi, j'aimerais le dire une fois de plus, car je constate, hélas, qu'il y a encore des gens qui l'ignorent. Et l'ignorance, comme on le sait, est mère de tous les vices.Il n'y a pas, il n'y a jamais eu, il n'y aura jamais de trous dans le Gruyère. Quand vous dites : "ohlala, c'est un vrai Gruyère", en parlant, je ne sais pas, moi, d'un ami à vous, par exemple, vous voulez dire qu'il vient de la riante ville de Gruyères, qu'il est un peu jeune et risque de faire trancher la fondue, qu'il est savoureux, débrouillez-vous, c'est votre ami, pas le mien, mais en aucun cas vous ne voulez dire qu'il est très troué.Je ne sais pas comment cette méprise est née. Peut-être d'un fromager qui avait un défaut de prononciation, il n'arrivait pas à dire "Emmental" alors il a appelé ça "Gruyère", c'est vrai que c'est assez voisin, comme sonorité, et comme c'était un fromager connu, c'est resté. Peut-être est-ce simplement le signe d'un complot mondial pour nuire à la réputation des fromages suisses. Peut-être, plus simplement, s'agit-il d'inculture : un malencontreux vendeur aura confondu, avec une touchante sincérité, un divin Gruyère avec un caoutchouteux Emmental mais, avec le bagoût qui le caractérie, aura réussi à semer le doute dans les esprits, au point qu'aujourd'hui, des millions de gens confondent. Parfois, on ne croit pas celui qui a le plus raison, mais celui qui parle le plus fort. Cela s'est vu, par le passé : ainsi, on a réussi à faire croire au monde entier qu'il traversait une terrible période de crise et que ça allait pas en s'améliorant, et donc que c'est pas le moment de faire la fine bouche au rayon fromages étrangers, juste en le disant souvent et très fort, on peut bien réussir à lui faire avaler n'importe quel fromage.

Le 13 mars 2015 à 17:36

Oh l'autre cuisine !

Oh l’autre. Oh l’autre cuisine ! Ça y est : j’ai réussi mon épineux transfert qui tient presque de la transfiguration proprement dite. L’objectif de l’opération miraculeuse, c’était de repêcher savamment ma chronique de février dernier prévue pour le dossier « Qu’est-ce qu’on mange demain ? » qui était restée misérablement sur la touche, étant donné que, très niguedouillement, j’avais oublié de l’expédier à l’intrépide Jean-Daniel Magnin.Place donc, grâce à mon madré subterfuge, à l’autre cuisine, la cuisine des temps prochains, que devraient mettre à l’honneur, et même magnifier, quelques-unes des recettes de prédilection de Pierre Desproges. Qu’est-ce qu’on mangera d’autre demain ? Des cigales melba et du chat grand veneur. C’est la réponse catégorique de Pierre Desproges. Il l’a fournie, comme un vignoble fournit du vin capiteux, dans sa dernière bombe glacée à retardement : le livre Encore des nouilles qui vient de sortir sous la bannière des Échappés, la maison d’édition de la bande à Charlie, ornée rabelaisiennement de dessins de… Wolinski, Cabu, Tignous, Charb, Luz, Riss (oui, c’est comme dans un rêve zinzin, ils sont tous là, à part Honoré !) Il s’agit d’un recueil des chroniques culinaires tordboyautantes que Desproges a frigoussées de septembre 1981 à novembre 1983 pour « la revue bourgeoise, repue et bien élevée » (dixit sa rédac-chef elle-même Élisabeth de Meurville) Cuisine et vins de France. Des chroniques, rassemblées pour la première fois en volume, qui ne plurent pas alors à tout le monde. Une abonnée fit même savoir à l’état-major du magazine qu’elle ne le lisait plus sans arracher préalablement la page du malotru. Au menu de Encore des nouilles : La cigale melba pour six personnes. « Comptez une douzaine de cigales (de la Havane, ce sont les meilleures). Enfoncez-les vivantes dans un teckel que vous aurez préalablement muselé pour éviter les morsures. Jetez le teckel dans un fait-tout avec deux litres d’eau salée. Quand l’eau frémit, le teckel aussi. S’il se sauve, faites-le revenir avec un oignon. À l’aide d’une écumoire, chassez le naturel. Attention : s’il revient au galop, ce n’est pas un teckel, c’est un cheval. En fin de cuisson, passez au chinois, ou au nègre si vous n’avez pas de chinois. » La recette du chat grand veneur : « Quand le chat pète, le mérou bout et quand le chat bout, le mérou pète. » Et « les salades niçoises concoctées dans la Meuse, surchargées d’olives en carton et de queues d’anchois marron merde où les quartiers de tomates anémiées, sauvagement tranchées à Verdun, à peine épépinées, jamais pelées, se gercent et se racornissent dans cet infâme vinaigre d’alcool où le plus pingre gargotier punit ses cornichons. » Mais qu’est-ce qu’on mangera d’autre demain une fois qu’on se sera gavé de cigales melba, de chats grand veneur et de salades niçoises surchargées de queues d’anchois marron merde ? La réponse vient encore de Pierre Desproges : De la « Petite Sucrée ». Ce qui s’avère être le nom familier du pot-au-feu Marie-Croquette, une recette inédite provenant du cahier de bons conseils familiaux de Monsieur Cyclopède qui aurait fait la joie de Jonathan Swift. « Prendre une petite Marie bien ferme, de 7 à 8 mois environ, si possible élevée au lait sans hormones, afin d’éviter le goût de poisson. L’œil doit être vif, le cuisseau dodu. Compter 500 grammes par personne, avec os. Plongez votre petite Marie dans une cocotte pleine d’eau froide. (Si elle se sauve, faites-la revenir avec des échalotes.) Ajoutez sel, poivre, thym, laurier, hochets, tétines, etc. Quand l’eau frémit, la Marie aussi. Lier alors avec 50 grammes de farine Galia premier âge, ou 30 grammes de moutarde à moutard. Après une demi-heure de cuisson à feu modéré, votre Marie ne doit plus se débattre, et la chair doit être d’un beau rouge vif. Il ne vous reste plus qu’à servir en robe des champs, avec une sauce poulette façon bonne femme, ou en croque-bébé avec sauce biquette. Ce plat est connu également sous le nom de « Petite Sucrée ». On peut aussi le confectionner avec un Jean-Marie : on obtiendra alors un « Petit Salé » ». Mais après-demain, quand on sera à court de cigales, de chats, de salades, de Petites Sucrées, que pourra-t-on bien manger d’autre ? Hé bien, en cette inquiétante période-là, et cette fois, la réponse est de moi, il ne nous restera plus en l’espèce qu’à manger la moitié de nos mots. On peut déjà s’y mettre. Encore des nouilles : Chroniques culinaires, de Pierre Desproges, Illustré par Cabu, Catherine, Charb, Luz, Riss, Tignous et Wolinski, et avec une préface d'Elisabeth de Meurville (éd. Echappés 2014)

Le 2 novembre 2011 à 08:45

France-Ethiopie

Carte postale d'Addis Abeba

Vue à travers les yeux de bon nombre d’Ethiopiens, la France est un Eldorado prodigieux où l’argent déborde des poches de tous comme d’une fontaine inépuisable, où les gens habitent dans de belles et vastes maisons remplies d’objets de prix, où personne ne meurt de faim, où l’on peut rire publiquement du gouvernement ; bref, où liberté et abondance sont les maîtres mots. Un paradis fermé, inaccessible, dont la clé est un visa. Saint-Pierre, qui la détient, habite à l’ambassade, derrière un guichet vitré. Il a laissé sa barbe et son sourire bonhomme quelque part dans les nuages. Il n’est pas très accommodant.   Moi qui suis français, je ne me laisse pas prendre à ces histoires d’une naïveté amusante. Je ne m’en laisse pas conter, non : je lis la presse en ligne. On y trouve toutes sortes de récits édifiants. Les cantines servent trop de viande, le PSG bat Lens sur le score de 3 à 1, les chiffres des derniers sondages baissent, l’immobilier monte, tel politique de droite gesticule vigoureusement, tel autre, à gauche, mouline des bras pour faire du vent (contraire). Je peux embrasser d’un seul coup d’œil cent petites phrases, mille analyses, cent mille faits divers, tous très importants.   A y bien réfléchir, on s’y perd un peu. Je ne la vois peut-être pas si bien, la France, là-dedans…   Si l’on ne peut croire ni le regard des Ethiopiens ni celui des médias, il me reste du moins les yeux du souvenir. Que vous dirai-je ? Vues d’Addis Abeba, les rues françaises manquent de chiens errants et d’ânes en goguette, de chats pelés, d’eucalyptus, de chèvres, d’odeurs de café frais mêlé d’encens, de soleils froids et rasants, de grands tissus blancs flottant derrière les femmes. Mais on peut y déguster en terrasse, dans ce petit restaurant de la rue de l’Arbre Sec, des planches couvertes de fromages et de charcuterie, arrosées d’un rouge léger de Loire dont la seule évocation me met les larmes aux yeux.   La voilà, tiens, la France que je préfère. Celle qui rigole à une table de bistro dans la fraîcheur automnale, les yeux allumés par le Bourgueil.   Cette table même où, il n’y a pas si longtemps, je rêvais de l’Ethiopie.

Le 20 mai 2011 à 08:55

Nous avons remplacé notre mémoire par l'image

Restons vieux jeu

L’image omniprésente au XXIe siècle a immortalisé ce que l’Homme a déjà : le regard et la mémoire. Cette parodie est révélatrice: les gens ne cessent de se prendre et de prendre à tout va en photos. Pourquoi un arrêt sur image ? L’Homme aurait-il peur d’oublier le présent ? Notre appareil remplace notre cerveau mémoriel. L’instantanéité remplace le temps du récit, le temps de l’orateur. Voler ces instants et les publier pour que tout le monde voie ce que vous avez vu. Partager l’illusion d’être ailleurs, alors que vous êtes devant votre écran à lire. Mais nous ne voyons pas plus. Nous restons coincés entre une machine photographique, nos souvenirs et un écran. Pourtant ces instants peuvent être racontés, partagés   Une amie me racontait ces voyages passés des années 80 en Russie et en Birmanie. Les tensions dans ces pays lors de ses séjours l’empêchaient de prendre des photos. Mais son regard sur place ne l’empêchait pas de mémoriser ses événements. Elle peut vous les raconter en détails comme si c’était hier. Aujourd’hui nous croyons pouvoir tout dire, tout faire derrière notre écran. L’image tant modifiable, « photoshopée » en perd sa vérité. Nous voulons montrer quelque chose qui n’existe pas.   La mémoire est donc l’outil le plus précieux. La mémoire conserve les images, les odeurs, les sensations vécues. L’Histoire ne s’oublie pas. Le passé raconté est riche d’images. Cela s’efface avec le temps ou se déforme, mais cela garde une authenticité humaine.

Le 29 avril 2012 à 07:36

Combien de temps ?

Cette nuit, moi j’ai rêvé que je perdais mes dents. Alors j’me suis levée, j'ai fait le tour de mes sentiments. Mais aussi le tour de ma vie pour voir si j’étais méritante. C’est pas bon signe le coup des dents... c’est signe de mort qu’on dit tout l'temps ! J’ai inspecté ma mémoire, j’voulais savoir... si j’aurais droit au paradis ou bien alors au purgatoire. Et j’ai même pensé à St Pierre avec sa barbe au fromage blanc, son air gentil, enfin j’espère, parce-ce… quand j’y pense: toutes les conneries que j’ai pu faire... c’est peut-être l’enfer qui m’attend !  Allez, demain c’est sûr, j’irai les voir, mes vrais amis et mes parents. J’vais rattraper tous mes retards, j'vais leur crier combien j’les aime, malgré l’existence qui nous saigne. Parce-que tout n’a qu’un  temps… mais pour combien, combien de temps ?   J’me suis pincée, j’me suis fait mal... c’était pas bon signe, j’ai rigolé. Je préfère rire que de penser que j’vais mourir, j’suis pas pressée ! C’est important de le savoir parce-qu’ici tout est illusoire... tout n’a qu’un temps… Et puis… j’me suis regardée dans le miroir pour voir si j’étais quelqu’un de bien. J’ai vidé même tous mes tiroirs pour être sûre que j’oubliais rien… Mais j’ai rien vu dans le miroir, y’avait personne, pas de reflet ! Alors tout est devenu noir, j’me suis même pas entendue crier. Y’avait personne dans le miroir! La mort m’avait donc prise en traître... mais comment peut-on disparaître, comme ça, sans s’en apercevoir ? Alors maintenant c’est sûr, j’peux plus les voir…  mes vrais amis et mes parents. J’peux plus rattraper mes retards, ni dévoiler mes sentiments à celui qui est mon seul amour, il ne le sait pas, mais c’est plus le jour ! J’peux plus crier combien j’les aime, à cause de la mort qui m’entraîne... j'peux plus crier, malgré tous mes efforts… Mais combien, combien de temps dure la mort ?      

Le 19 juillet 2010 à 12:53

Sous Les Toits

Boulevard Magenta, 7e étage, 9m² mansardés jusqu’à la raie, pas de douche, robinet d’eau froide et chiottes sur le palier, 400 euros par mois. Si le soleil ne tape pas trop fort, jette un coup d’œil tout là-haut, dans l’arrondi de la toiture en taule, derrière chaque vasistas se planque un type en manque de tout. Toute la journée, il guette, sa petite radio à piles posée sur les genoux, il écoute les Grosses Têtes, les infos 15 fois par jour, il attend, il renifle, il tousse, il se marre, il dit merde, il roule sur son matelas, en écrase deux bonnes heures. Quant t’es pauvre, y’a pas grand-chose à branler, surtout à Paris. Marcher, s’asseoir sur un banc, lire deux, trois feuilles d’un journal, se rentrer, bouffer un cassoulet, descendre 3 litre d’un rouge dégueulasse, et basta. Tous les jours comme ça. Jusqu’à plus soif. Et rien en vue. Jamais. On était vendredi soir, mon voisin avait recouvert de merde les murs presque blancs des chiottes du palier, et la femme de ménage ne serait pas là avant mardi. J’ai cogné à sa porte. Il a ouvert en ticheurte calbute douteux. Il était raide. – Qu’est-ce tu me veux ? il a dit. – Pourquoi t’as fait ça ? j’ai demandé. – Pourquoi j’ai fait quoi ? il a dit. – Les chiottes, j’ai dit. – Si t’es pas content, c’est le même prix. Il m’a claqué la lourde à la gueule. Je suis retourné dans ma piaule en maudissant cet enfant de salaud. 30 ans qu’il vivait là, qu’il faisait la manche devant l’église de la gare de l’Est, ça lui donnait un certain pouvoir, quelques droits. J’ai ouvert une boutanche, me suis versé un verre, allumé une tige, et j’ai commencé à taper un poème à la machine à écrire histoire de passer le temps. Le temps d’être complètement raide. Le temps que tous les souvenirs bien vaseux me remontent à la surface, d’enclencher la radio. Et de chialer sur des musiques bien niaises.

Le 29 novembre 2013 à 09:44
Le 20 février 2015 à 12:10
Le 26 juillet 2011 à 09:00

Steph & Max, des spectateurs pas tout à fait comme les autres

Ce duo de graphistes fait pour nous son festival d'Avignon

Certains les appellent « les p’tits ». Il faut dire qu’il reste de l’enfance dans le regard de ces trentenaires. Et pas seulement… Leur insatiable curiosité les conduit dans les capitales du monde, à la recherche de menus plaisirs esthétiques et de grandes joies gourmandes. Dernière capitale nommée, celle du théâtre, Avignon. « Steph & Max » (et non pas « Max & Steph ») ont planté leur tente à deux pas du Palais des Papes pour ne pas perdre une miette du Festival. Ils ont envoyé régulièrement leurs cartes postales graphiques à ventscontraires.net. Pour en savoir davantage sur ces tourteraux passionnés de graphisme et de théâtre, nous leur avons posé quelques questions…Qui êtes-vous ?Un binôme permanent!Vous êtes nos envoyés très spéciaux à la grand-messe d’Avignon, mais pour vous, c’est quoi, le festival ?C'est deux heures de patience pour tenter d'avoir quelqu'un au bout du fil le jour de l'ouverture des réservations. C'est l'excitation, la densité, c'est la cour Calvet, le cloître, l'électricité du public, ceux qui gueulent, ceux qui doublent, ceux qui hurlent au scandale, ceux qui ont été bouleversés.Comment sont faites les cartes postales que vous envoyez à ventscontraires.net ? Et quelle est cette phrase que vous choisissez ?C’est une interprétation subjective, une phrase qui s'échappe du spectacle. Pour le matériel : des feuilles bristol, un porte-mine, une gomme, un cutter, un x-acto, une planche à découper, de l’encre typographique, un pinceau-tampon et une application "scan" iPhone. En clair : un pochoir et un mail avec notre téléphone.Vos coups de cœur de ce festival ?«Enfants » et « La levée des conflits », de Boris Charmatz, « Cesena », le spectacle de l’aube par Anne-Teresa de Keersmaeker & Co et « I am the wind » de Patrice Chéreau. Beaucoup de danse, donc, cette année.Vos coins préférés là-bas ?Et puis quoi encore ? Trop contents d’avoir quelques havres de paix dans la grande foule, on se les garde, ou on les file aux copains!Vous y serez l’an prochain ?Oh oui.Et sur ventscontraires.net ?On fera de notre mieux. On a d'ailleurs quelques cartes postales de retard, prêtes à envoyer.Plus d'infos sur www.dupont-barbier.com

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
La masterclass d'Elise Noiraud
Live • 16/04/2021
La masterclass de Patrick Timsit
Live • 16/04/2021
La masterclass de Lolita Chammah
Live • 16/04/2021
La masterclass de Tania de Montaigne
Live • 08/03/2021
La masterclass de Sara Giraudeau
Live • 08/03/2021
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication