Jean-Michel Helvig
Publié le 04/09/2011

« Dans l'Essonne, où notre Coréen national va avoir chaud aux plumes »


Alain Marleix, chargé des élections à l'UMP, Public Sénat, vendredi 2 septembre 2011

Alain Marleix a chaud aux fesses depuis qu’il a proféré cette boutade aux relents xénophobes à l’égard de Jean-Vincent Placé, le bras droit de Cécile Duflot.  L’allusion aux racines biologiques de l’écologiste adopté dès son plus jeune âge par des parents normands, a provoqué un tollé. Même Jean-François Copé, camarade en chef du parti de Marleix a « regretté » un tel propos. L’élu du Cantal voulait souligner que Jean-Vincent Placé, candidat aux sénatoriales sur une liste PS-EELV dans l’Essonne, allait avoir quelques soucis avec une liste dissidente. Il n’a sans doute rien appris à l’intéressé qui a la réputation de faire, chez les écologistes, un peu le même boulot que Marleix à l’UMP. Ce n’est évidemment pas une raison. Alain Marleix pourrait bien sûr plaider qu’en associant « notre », « coréen » et « national » il a procédé à une sorte de régularisarion bienveillante de Jean-Vincent Placé. Même si, en faisant de l’impétrant un petit chef  emplumé, Marleix semble se représenter le pays du matin frais comme une réserve apache. Quand on ne s’occupe que de cartes électorales, on peut avoir des lacunes en géographie tout court. Et puis il n’y a pas péril en la demeure. Brice Hortefeux, auvergnat d’adoption comme Marleix (ils sont tous deux nés en région parisienne et parachutés au pays des Arvernes), a dû lui souffler que quand il y a un Coréen ça va, c’est quand il y en a beaucoup  qu’il y a des problèmes.

Journaliste longtemps fournisseur exclusif à Libération avant de diversifier ses livraisons (La République des Pyrénées, Le Républicain Lorrain, Mediapart), a ouvert une succursale dans l’édition où il a proposé divers ouvrages à caractère notoirement politique, dont un « Bêtisier raisonné de la campagne 2007 » (Robert Laffont) qui est loin d’avoir épuisé le sujet. 

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Le 29 juin 2010 à 12:15

Quai d'Orsay (chroniques diplomatiques)

Une bande dessinée sur le pouvoir qui arrive à nous faire rire!

Drôle d'idée de faire une BD sur un homme politique, un album qui ne soit ni une chronique, ni une critique, ni une satire. C'est pourtant celle qu'ont eue Christophe Blain et Abel Lanzac. il faut dire que si le premier, dessinateur primé au prestigieux festival d'Angoulême, a plutôt l'habitude des récits d'aventure (à sa manière très particulière), le second a fréquenté de très près les cabinets ministériels, et en l'occurrence, surtout celui de Dominique de Villepin, lorsque ce dernier était ministre des Affaires Etrangères. Un poste particulièrement exposé que celui de ministre de la diplomatie où il faut avoir du doigté encore davantage que dans tout autre ministère. Or le personnage de Quai d'Orsay (chroniques diplomatiques) n'en a guère, du moins avec ses collaborateurs qu'il presse comme des citrons, alternant ordres et contre-ordres, soufflant le chaud et le froid, et arrivant chaque matin avec une nouvelle phrase de son livre de chevet, écrit il y a quinze siècles par le philosophe grec Héraclite. Allez donc caser ça dans un discours sur la politique étrangère! Les hommes de l'ombre n'en peuvent plus et lui, il va toujours plus vite. Une suractivité fort habilement suggérée par le dessin et la mise en scène de Christophe Blain, qui n'hésite pas, parfois, à le transformer en Darkvador (de la Guerre des Etoiles)! On croit lire une BD sur les coulisses de la politique, il s'agit plutôt d'une aventure humaine, qui n'a rien de drôle et arrive pourtant, par un sens certain du burlesque, à nous faire rire. Vrai. Essayez donc.Quai d'Orsay (chroniques diplomatiques), de Christophe Blain et Abel Lanzac (Ed. Dargaud)

Le 23 septembre 2010 à 09:50

"Il faut juste être malade mental pour jouer la défaite de son camp"

Jean-François Copé, RTL, mercredi 22 septembre 2010

Déjà que les hôpitaux psychiatriques sont bondés, la situation empirerait si l’on suivait le diagnostic du président du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Eriger la duplicité politique au rang de pathologie mentale, c’est la charité qui se moque de l’hôpital. Charitable, ce Copé qui pense à la présidentielle le matin en se rasant, à midi en se curant les dents et le soir en se les brossant ? Selon lui les traîtres seraient des irresponsables. Certes. Mais l’irresponsabilité dans l’action criminelle permet d’échapper au procès populaire. Une aubaine alors pour les Chiraquiens qui, après avoir plombé Chaban en 1974 ont joué Mitterrand contre Giscard en 1981, les Communistes faisant l’inverse, les Mitterrandiens plantant Rocard aux européennes en 1994 au bénéfice de Tapie, les plus nostalgiques récidivant en 2007 pour le « jaurésiste » Sarkozy contre  l’« évangéliste » Royal, quand des Rocardo-strausskahniens faisaient un détour par Bayrou pour contourner Ségolène. Sans parler de récurrences comme le vote révolutionnaire à droite de l’extrême-gauche et le vote nationaliste à gauche de l’extrême-droite. Aujourd’hui, à droite, qui fantasme sur une défaite de Sarkozy en 2012 ? Le sieur Copé n’est pas exempt de pulsions en ce sens, lui qui visant ouvertement 2017 préfèrerait sans doute que le sarkozysme soit discrédité pour mieux apparaître comme le recours au coup suivant.  Qui a crié : « Au fou  » ?

Le 12 août 2010 à 14:38

Je ne comprends pas

"Merci", "S’il te plaît", "Pardon", ce sont des formules simples, faciles d’emploi, et qui rendent le monde plus agréable. Il y a d’autres formules, qu’on garde pour soi par timidité, ou par fierté mal placée. Parmi elles, il y en a une qui devrait être réhabilitée d’urgence, c’est le « je ne comprends pas ».  En disant « je ne comprends pas », on résiste aux discours formatés des conseillers en communication, grands manipulateurs de l’information. Je ne comprends pas pourquoi un individu deviendrait moins dangereux une fois déchu de sa nationalité ; pourquoi les fournisseurs d’accès à l’Internet devraient être tenus pour responsables du filtrage du net en ce qui concerne les jeux en ligne, alors qu’ils ne l’ont jamais été en ce qui concernait les sites pédopornographiques.   On résiste aussi aux campagnes publicitaires destinées à nous créer de nouveaux besoins. Je ne comprends pas pourquoi j’aurais besoin d’un écran plat, d’un téléphone 3G, d’une palette graphique…   Et enfin, on résiste à la culpabilisation qui s’abat sur nous lorsqu’on essaie de sortir de la norme. Je ne comprends pas pourquoi je n’aurais pas le droit de vivre dans une grange ; pourquoi, sous prétexte que mon petit frère télécharge ses dessins animés préférés, on veut me couper mon accès Internet, alors que j’en ai besoin pour mes études. Bref, le jour où tout le monde dira « je ne comprends pas » d’une seule voix, on arrêtera peut-être de nous prendre pour des imbéciles.

Le 1 août 2013 à 08:08

Belge comme le jour

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de la Suisse. Et ça tombe drôlement bien, puisqu'on m'a demandé : « plus belge, ta prochaine chronique ». Or, quand on y réfléchit bien, Suisses, Belges, tout ça, c'est un peu pareil. Ils ont des Flamands, nous avons des Suisses allemands, la langue est à peine différente et le pouvoir de nuisance est à peu près le même. Ils se débrouillent sans gouvernement, nous en avons un parce que c'est bien pratique pour dire que tout ça, c'est de sa faute, mais personne ne sait tellement qui est dedans. Ils ont un roi, nous avons trois cartes à l'as mit stöck et des combats de reines. Ils ont une équipe de foot surnommée les « Diables Rouges » mais qui est environ aussi diabolique qu'un best of de Kiss, notre équipe joue aussi en rouge. Ils ont Jacques Brel, nous avons Henri Dès. Ils ont des frites, on a des röstis. Ils ont réinventé la bande dessinée, nous avons Yakari. Ils disent 70, comme nous, alors que les Français disent 70, ce qui est parfaitement ridicule, tout le monde en conviendra. Personne n'a jamais très bien compris la Belgique, pareil pour la Suisse. C'est pourquoi je nourris secrètement un dessein politique ambitieux mais réaliste : la fusion de la Wallonie avec la Romandie, réunies sous la bannière de la République monarchique et patatière de Wallomandie. Dont je ne peux vous parler, puisque c'est un projet secret. Du coup, pour mener à bien ma mission, une chronique « plus belge », je vais me contenter de vous raconter des carabistouilles, alleïe, une fois.

Le 2 décembre 2010 à 07:40

"On est quand même dans un monde de schtroumpfs!"

Vincent Peillon, Radio J, dimanche 28 novembre 2010.

Bienvenue chez les Schtroumpfs !  Peillon n’a pas tort d’invoquer Peyo. L’agitation du village socialiste fait penser aux petits lutins bleus de l’illustre auteur de BD, avec leurs fantasques querelles et leur langue codée. Vincent Peillon, député socialiste européen, c’est un peu lui même le Schtroumpf à lunettes (qu’il ne porte pas, mais ça doit être une ruse !), celui qui ramène toujours sa science (de philosophe en l’espèce) et agace tout le monde tout le temps. Mais il ne croyait pas si bien dire. Son ironie, ce jour-là, visait ceux qui voulaient pousser Dominique Strauss-Kahn (le Grand Schtroumpf caché) à précipiter sa candidature aux primaires socialistes alors qu’il a bien plus important à faire à la tête du FMI, que de venir batailler ici avec François Hollande (Le Schtroumpf Farceur), Arnaud Monteboug (Le Schtroumpf Frimeur) ou Manuel Valls (Le Schtroumpf Joueur). Or le lendemain, stupeur et tremblements dans la forêt, c’est la Schtroumpfette Ségolène Royal qui annonçait sa propre candidature, frôlant même l’outrage à Grand Schtroumpf caché en lui promettant un poste de premier ministre si elle devenait Présidente. Certes elle a nuancé ensuite, mais la zizanie régnait à nouveau dans le monde des Schtroumpfs roses. Et tout ça pour un mot malheureux de Martine Aubry (La Schtroumpftaine ?) laissant croire que les primaires étaient pliées d’avance avec la complicité de la Schtroumpfette. Schtroumpf qui pourra !  

Le 18 octobre 2011 à 09:05

«C'est le rêve français que je veux réenchanter»

François Hollande, après le second tour de la « primaire citoyenne », dimanche 16 octobre 2011

A tout prendre une bouille molle avenante est plus sympathique qu’une bouille dure sectaire, ce n’est pas une raison pour taire la perplexité où nous a plongés, dès sa première déclaration, le candidat de la gauche socialiste, citoyenne, etc. Quand on reprend, posément, mot à mot, sa profession de foi, elle interpelle quelque part au niveau de la comprenette. Réenchanter un rêve, cela sous-entend qu’il y a des rêves désenchantés. En un certain sens, oui. Mais il n'est nul besoin de rêver la désespérance sociale, elle s’impose dès qu’on ouvre les yeux. Un aspirant président, son terrain de jeu ce n’est pas le sommeil agité de ses concitoyens mais les angoisses de leur quotidien. Bref qu’il parvienne seulement  à « réenchanter » la vie, le Merlin qui a terrassé la Martine, et ce serait déjà pas mal. Encore que la formule a des relents de calotte (signe ostentatoire commun aux monothéistes)  qui offusquent les narines rationalistes. Ainsi, quand Max Weber parlait du « désenchantement du monde » pour constater, en sociologue, que l’avènement des sciences et des techniques privait de sens, sinon de magie et de merveilleux les sociétés humaines, d’aucuns prétendaient qu’il régressait en deçà du « Siècle des Lumières.»  Dans ce cas, « réenchanter », serait plutôt réactionnaire. Au risque d’une autre régression, la remise en service du bon vieil « ascenseur social » aurait l’avantage de dire la même chose, de façon plus « normale ».

Le 1 mars 2011 à 19:07

Ceci n'est pas un parapluie

A l'heure où un collectif de diplomates dénonce la politique étrangère de la France sous le pseudonyme de "Marly", les équipes présidentielles de l'Élysée ont sans nul doute été sujettes à d'abondantes sueurs froides. On imagine bien la crise de panique élyséenne, entre deux bains de sang libyens, pour tenter de retirer quelques photos compromettantes de Nicolas Sarkozy offrant des courbettes disgracieuses à son ami Kadhafi à qui il déroula le tapis rouge quelques semaines seulement après son élection. Cachez donc ces amis que l'on ne saurait voir; et civilisez-moi donc ce web! Dans le même temps, une image subliminale aussi brève qu'une phrase de DSK inonde les télés du monde entier, nous forçant à nous gratter la tête : le parapluie déployé du colonel criminel nous interpelle, sans doute destiné à nous livrer, à nous les "chiens", un message en bonne et due forme. Officiellement, l'objectif était de prouver qu'il n'avait pas pris la fuite vers le Vénézuela. Rien sur cette image (qui s’apparente à une hallucination collective) ne permet de définir le lieu où elle a été tournée. Mais de quelle symbolique le parapluie est-il le nom? Si l'ombrelle est un symbole solaire, le parapluie serait associé à l'ombre, au repli sur soi, et symboliserait le besoin de protection, la crainte de la réalité, le manque de dignité et d'indépendance. On ne sait pas, en revanche, s'il s'agit du parapluie qu'on déploie ou de celui que l'on tient fermé comme un bâton de pèlerin. Toujours est-il qu'il pleut du sang en Libye et que tout n'est peut-être qu'une question de (trop longs) jours avant que celui qui prétend vouloir mourir en "martyr" ne finisse par rejoindre le clan des despotes renversés.

Le 21 novembre 2010 à 23:44

"Je suis le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas"

Jean-Luc Mélenchon, congrès du Parti de Gauche, Le Mans, 21 novembre 2010

C’est beau comme du Shakespeare, même si Macbeth est plus lucide lorsqu’il déclame : « La vie est un conte raconté par un idiot, plein de bruit et de fureur, qui ne signifie rien » (acte V, scène V). « Méluche », comme le surnomment ses camarades de troupe, ne veut pas en tout cas qu’on le prenne pour un idiot utile, acharné qu’il est à retourner ce rôle de benêt dévolu historiquement aux compagnons de route des communistes, contre Marie-Georges Buffet et son parti enjoints à jouer les supplétifs de sa candidature élyséenne en 2012. « Méluche » encore, n’est pas davantage habité par l’absurde de la vie. Il est de ceux qui préfèrent Sartre à Camus, ce qui est bien pratique quand il s’agit de s’abriter derrière l’auteur des « Mains sales » pour justifier d’avoir traité David Pujadas de « salaud ». Un tel esprit fort ne peut donner le meilleur de lui-même que dans le tumulte et le fracas de la tempête, mais de celles qu’il provoque, comme Prospero, de sa propre volonté. Avec un tel artiste le spectacle est assuré pour une campagne présidentielle, les tournées précédentes ayant à force épuisé les grandes gueules des bords extrèmes. Dans un registre jupitérien Mélenchon veut renouveler le répertoire. Encore faut-il que la foudre déclenchée ne lui fasse pas péter les plombs, et qu’il veille bien à ne pas s’asseoir par mégarde sur le paratonnerre.  

Le 26 février 2012 à 08:32

Tics et tocs

Nombre de nos concitoyens, voire de nos compatriotes se trouvent affligés de tics. Ce constat effectué, il convient de classifier ces petits désagréments. Nous les rangerons dans deux catégories distinctes : les tics polis ou polis tics et les tics pas polis autrement désignés sous la locution de malpolis tics.Nous traiterons ici de polis tics.Le clin d'œil. Cligner de l'œil ne représente pas un gros handicap, à part pour les borgnes. Il consiste à faire du pied avec son œil, c'est-à-dire inviter un interlocuteur à adhérer à son opinion, ou lui indiquer que l'on n'est pas aussi éloigné de lui que semblent l'affirmer les apparences. Le clin d'œil à l'adresse d'un borgne a un effet aléatoire, selon que le destinataire est susceptible de l'interpréter comme une moquerie.Le haussement d'épaules. Hausser les épaules consiste à faire dire à son corps la sottise émise par un contradicteur, ou le manque d'intérêt que suscite une question de journaliste. Il peut se verbaliser par une locution du genre « pauv' con ».Le jeter de menton. Projeter le menton en avant consiste à affirmer une position ou lancer un défi. Certains remplacent le menton par une épaule.Le raclement de gorge. Bien que peu harmonieux au micro, le raclement de gorge constitue un tic subtil. Car comme le rasoir à deux lames, il a une double utilité. Il indique en premier lieu le malaise que le locuteur ressent lors d'une prise de position contre nature, mais insiste sur son courage à l'avoir exprimée. Dans le domaine sexuel, on pourrait le comparer à la prime décomplexion du puceau.La logorrhée.Souvent assimilée à une diarrhée verbale, la logorrhée consiste à dire souvent, très fort et à n'importe quelle occasion n'importe quoi, et particulièrement des imbécillités. Elle a pour effet de marquer en amplifiant sa nature la différence entre les imbéciles de chaque camp. Elle provoque l'indignation en chaîne. Celle ou celui qui profère une énormité s'offusquera de l'indignation outrancière de celui ou celle qui, naturellement offensé, outragé, choqué aura réagi à la sortie originellement émise. On constatera par là que la logorrhée est auto-productive. Certains spécialistes rangent une certaine forme logorrhée, proche du syndrome de la Tourette, parmi les polis tocs plutôt que parmi les malpolis tics.Le lâcher de culotte, autrement appelé le baisser de pantalon. Hormis quelques cas, le baisser de pantalon ne heurte pas la morale, du moins celle que l'on accole au comportement sexuel. Il consiste à renier sa pensée profonde, se trahir et trahir ses proches, mais toujours dans la dignité en invoquant le changement des circonstances.

Le 7 juin 2010 à 15:19

« Il va nettement mieux que s'il allait plus mal, mais nettement moins bien que s'il allait mieux »

Raymond Domenech, conférence de presse à Saint-Pierre (Réunion), jeudi 3 juin 2010

Eric Cantona l’avait catalogué plus mauvais entraîneur de football depuis Louis XVI, le sélectionneur de l’équipe de France serait plutôt parmi ceux à avoir approché au plus près ce « degré zéro » de l’expression qui fascinait tant Barthes (le sémiologue pas le gardien de but).Raymond Domenech évoquait le mollet gauche de William Gallas, l’Histoire retiendra une formule faisant miroiter à son auteur des opportunités infinies de reconversion dans le porte-parolat. Qui d’autre que lui serait plus à même de commenter une hausse du taux de chômage, une prévision de croissance pour 2010, une baisse de popularité de l’Exécutif, l’état de l’endettement public, la situation du PS après les européennes, le nombre d’adhérents de l’UMP ou d’électeurs du NPA, voire même l’air du temps si une question lui était posée à ce sujet ? C’est moins pire que ce à quoi on s’attendait, mais c’est quand même mieux que ce qu’on craignait : un tel balancement est le sésame absolu pour embrouiller l’interlocuteur et soulager l’employeur.On va se l’arracher Domenech. Il offre par surcroît un profil intéressant de paratonnerre des foudres populaires, comme aujourd’hui face à des joueurs opérant dans la cour des glands et des dirigeants du football qui l’ont gardé parce que, justement, avec lui ça ne peut pas être pire.

Le 19 novembre 2012 à 09:01

"La journaliste Audrey Pulvar annonce la fin de sa relation avec Monsieur Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif."

Audrey Pulvar, SMS/AFP, dimanche 18 novembre 2012.

Ah ! que voilà un  genre d’information qui vous délivre des chassseurs de scoops et autres intermédiaires peu fiables. Le medium c’est le messsage, et vice versa. Vous voulez du people ? On vous en donne en prise directe. Ce n’est même pas dans la chambre à coucher que pénétre autrui, c’est dans le lit même, que dis-je, plus intime encore, dans la puce du mobile à touche qui vous « cordonbilicalise » ( désolé pour le neo-log. pas facile à tweeter) avec le monde extérieur. La méthode ouvre des espaces infinis à la transparence démocratique. Ainsi, et à titre d’exemples : «  François Fillon et Jean-François Copé vous annoncent qu’ils ne passeront pas Noël ensemble » ; « Nicolas Sarkozy fait savoir que son épouse Carla va devoir choisir entre son retour sur scène et un retour à la maison » ;  « Jean-Marc Ayrault dément toute liaison ( même aérienne) avec  Cécile Duflot »,  « Valérie Trierweiler accepte l’invitation à diner d’Arnaud Montebourg samedi soir au restaurant le Coq gaulois » ; « François Hollande demande à la journaliste brune qui lui a posé une question économique à sa conférence de presse, de lui communiquer ses coordonnées »; « Marine Le Pen a décidé de porter le voile, seulement à la maison » ; « Manuel Valls déteste le violon, mais souhaite que ça ne se rèpète pas. » Et enfin : « Audrey Pulvar se remet sur le marché, ministre s’abstenir. »

Le 16 avril 2010 à 03:03

Et pendant ce temps, les commentateurs... commentent

Un mot qui m'énerve.

Ça fait plusieurs fois ces dernières semaines que j’entends ce mot de « commentateurs » dans la bouche de nos hommes politiques, en l’occurrence (ne pas y voir de malice), ceux du parti présidentiel. La dernière fois, c’était dans celle de notre premier ministre et juste avant, dans celle du porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre. Les commentateurs, de ce que je comprends en écoutant mes dirigeants, c’est une masse informe et pleine de mauvaise volonté qui préfère parler, voire réfléchir, plutôt que d’agir. Ce qui, au royaume du pragmatisme, semble être le lèse-majesté suprême. Pour moi, et jusque-là, cette fonction avait un nom, ou plusieurs, le plus courant étant le terme générique d’ « opposition » ou, si je ne me trompe pas, de « journalistes », d’ « analystes » et même de « chercheurs ». Je gardais le terme de « commentateurs » pour des types qui hurlent dans des micros (alors qu’on les entend très bien hurler sans) dès que d’autres types poussant un ballon s’approchent d’un nouveau type aux grosses mains qui a l’air d’avoir très très peur dans sa cage en les voyant arriver (je ne voudrais pas être à sa place). Pour moi donc, les commentateurs, ce sont des gars qui crient très fort des choses que l’on ne comprend pas, alors qu’on les comprendrait très bien s’ils arrêtaient de crier. Ça m'énerve beaucoup. Et donc ça n'a rien à voir avec les individus sus-cités. Ce qui m'énerve encore plus.

Le 5 juillet 2010 à 10:15

« La politique économique que nous menons en France actuellement, c'est une politique de ri-lance"

Christine Lagarde, ministre de l'Economie, Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, 4 juillet 2010

Cacher un vilain mot que l’électeur ne saurait entendre, en atténuer un autre que le consommateur ne doit pas trop prendre… au mot, faire carburer les concepteurs d' « éléments de langage »,  produire en scène la ministre la plus rompue aux contractions anglo-saxonnes et nous voilà lestés de « ri-lance ».  C’est ce qu’on appelle un mot-valise où rigueur et relance sont rangées tête-bêche pour suggérer que tout est « under control ». Christine Lagarde n’est pas la plus antipathique des ministres en exercice et dans sa bouche « ri-lance » c’est du rire et de l’aisance, comme si tout ça n’était pas bien grave. La conduite des politiques économiques étant riche en métaphores routières on observera cependant que faire de la rigueur pour conjurer le crash budgétaire et de la relance pour éviter la panne de marché, c’est appuyer en même temps sur le frein et l’accélérateur. Généralement ça ne se termine pas très bien. De même d’ailleurs la « stagflation » des années 60 (stagnation et inflation vont dans la même valise !) où, cette fois, on débrayait et accélérait tout à la fois. L’avantage de « ri-lance », par les temps présents, c’est que pour sacrifier à la mode des « lipduds » on verrait bien les ténors UMP en faire la promotion sur du Mika : « rilance…relax...take it easy… ».

Le 13 septembre 2011 à 10:20

"Il y aura du ménage à faire. Et ce n'est pas plus mal que ce soit une femme qui soit élue pour faire le ménage"

Ségolène Royal, « Rencontre citoyenne » à Villeurbanne. Lundi 12 septembre 2011.

Alors là, les bras en tombent ! Voilà qu’elle virerait machiste la candidate perpétuelle qui planta naguère un compagnon intermittent des tâches domestiques, afin de porter bien haut le drapeau du genre féminin ?  On réprouve son idée que la présidence de la République devrait nécessairement revenir à une « ménagère » au seul prétexte qu’il y a des toiles d’araignée dans les recoins de l’Etat, de la poussière dans les caisses de Bercy, ou de l’argent sale qui déborde de mallettes africaines. Un homme pourrait tout aussi bien faire l’affaire.  Ou même ce serait une belle audace progressiste que de proposer une répartition égalitaire des travaux ménagers  sous forme d’un « ticket » paritaire à la primaire socialiste. Mais elle veut tout faire seule, Mme Royal. « Hop ! un coup de balai ! » a-t-elle renchéri à Villeurbanne. Effectivement, une seule personne suffit alors à tenir le manche.  Et puis maintenant ses enfants son grands, ils peuvent se garder tout seuls pendant que Maman brique la République. Un « ordre juste » c’est juste de l’ordre à remettre dans le grand désordre laissé par les hommes. D’ailleurs on a noté que sous la Vème République ce sont toujours des « Monsieur Afrique » à qui étaient dévolues les relations en eau trouble avec les potentats noirs. Faut que ça change. Avec une « Madame Afrique », sûr que tout redeviendrait nickel.

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